Drapeau de la Roumanie

Drapeau de la Roumanie
Drapeau de la Roumanie
Drapeau national de la Roumanie
Drapeau national de la Roumanie
Utilisation Drapeau et pavillon national Version officielle
Caractéristiques
Proportions 2:3
Adoption , à nouveau le
Éléments Trois bandes verticales bleu cobalt, jaune chrome et rouge vermillon

Le drapeau de la Roumanie est le pavillon national, le drapeau civil et le drapeau d'État de la Roumanie. Il est composé de trois couleurs : bleu, jaune et rouge. Il ressemble au drapeau du Tchad sauf que les teintes de bleu sont différentes entre ces deux drapeaux. Selon une légende très répandue aujourd'hui en Roumanie, ces couleurs symboliseraient les trois pays historiques unifiés entre 1859 et 1918 : la Transylvanie, la Valachie et la Moldavie. Ce drapeau, dans sa forme actuelle, remonte à la période 1867-1948 : il a été ré-adopté en 1989 par simple suppression des armoiries du régime communiste.

Histoire

Le tricolore bleu-jaune-rouge de 1848 avec les mentions « Équité Fraternité » (Dreptate, Frăție). Aquarelle de C. Petrescu.

Le plus ancien drapeau roumain tricolore conservé date de 1834 mais les couleurs concernées ont une signification remontant à la révolution de 1821. Initialement, elles étaient placées horizontalement. Pendant les révolutions de 1821 et de 1848, le bleu (ciel) symbolisait la liberté, le jaune d'or la prospérité (champs de blé), l'égalité et la justice, et le rouge (sang) la fraternité. Ces révolutions échouèrent, mais le tricolore devint le symbole de la volonté d'union des roumanophones de Valachie, de Moldavie, d'Autriche-Hongrie (Banat, Crișana, Marmatie, Transylvanie et Bucovine), de l'Empire ottoman (Dobrogée) et de l'Empire russe (Bessarabie). Lorsque Moldavie (occidentale) et Valachie s'unirent en 1859 sous le règne d'Alexandru Ioan Cuza pour former la Roumanie, le tricolore horizontal en devint le drapeau officiel.

Durant la première année du règne de Carol Ier (1866), les couleurs restèrent horizontales ; en 1867 elles furent placées verticalement, le bleu près de la hampe, pour satisfaire à la francophilie de l'opinion roumaine à l'époque[1].

Le drapeau roumain avec les armoiries royales et le monogramme de SM Roi Michel Ier
Le drapeau militaire roumain, version de la Seconde Guerre mondiale, avec les armoiries royales et le monogramme de SM Roi Michel Ier

Au cours de 1918-1947 („le Royaume de la Grande Roumanie”), le drapeau de Roumanie portant au centre les armoiries royales (la grande version) et le monogramme royal du souverain (courant) aux ses quatre coins. Ce drapeau a été utilisé jusqu'à le coup d'État communiste qui a renversé la Monarchie par un acte de force contraire à la Constitution, le .

Les drapeaux de l'insurrection de 1989 : les manifestants ont découpé l'emblème communiste qui figurait imprimé au centre de la bande jaune (musée national militaire, Bucarest).

En 1948, le régime communiste y ajouta au centre ses armoiries, que les manifestants de la Révolution roumaine de 1989 découpèrent, amenant le gouvernement du Front de salut national constitué lors de la chute du président Ceaușescu à revenir, le , au tricolore sans armoiries d'avant 1948. Ce faisant, la Roumanie se trouva avoir (à la nuance du bleu près) presque le même drapeau que le Tchad qui avait adopté son tricolore lors de son indépendance en 1960.

Le drapeau actuel est officiellement réglementé par la loi no 75[2] prise par le gouvernement roumain le .

Avant 1859, il n'y avait pas de drapeau national roumain mais des drapeaux hérités du passé[3],[4],[5] :

Drapeaux similaires

Le drapeau roumain est proche des drapeaux d'Andorre, de Moldavie et du Tchad. Les couleurs et les proportions sont semblables mais non identiques. Il faut l'œil avisé d'un vexillologue pour réussir à distinguer les drapeaux tchadien et roumain.

Références

  1. Catherine Durandin, Histoire des Roumains, Fayard, 1995.
  2. (ro) Lege nr. 75 (en anglais) du définissant la taille du drapeau, les couleurs et les conditions d'utilisation.
  3. Jean Ranele, Bergshammarvappenboken (Armorial Bergshammar, 1435), dans Mideltidsheraldisk studie, Lund, Suède, 1975
  4. a et b (ro) Dan Cernovodeanu, Știința și arta heraldică în România, Editura Științifică și Enciclopedică, (lire en ligne)
  5. a et b (ro) Grigore Jitaru: Contribuții la istoricul blazonului Basarabilor, Anuarul Muzeului de Istorie a Moldovei, Chișinău, I, 1992, p. 27-36, & II, 1995, p. 19-40