Drapeau de la Guadeloupe

Aucun drapeau de la Guadeloupe autre que le drapeau national français n'a de statut officiel, bien que des drapeaux soient utilisés localement.

Drapeau de la Guadeloupe (indépendandiste)

Les indépendantistes de l'Union populaire pour la libération de la Guadeloupe arborent ce drapeau.

Les membres de l'Union populaire pour la libération de la Guadeloupe (mouvement indépendantiste guadeloupéen) arborent pour leur part un drapeau semblable au drapeau du Suriname (seule la position de l'étoile diffère) – non sans soulever des polémiques au Suriname[1] –. Le milieu culturel des Guadeloupéens afro-descendants s'identifie à celui-ci, étant considéré comme un symbole d'union et de force des groupes syndicalistes comme l'UGTG et le LKP[réf. nécessaire] qui l'utilisent régulièrement lors de manifestations.

Inspiré par l’apparition du mouvement rastafarien et de Bob Marley, ce serait le poète et militant Sonny Rupaire qui aurait trouvé les couleurs rouge, jaune et vert pour le drapeau guadeloupéen. Le rouge, le jaune et le vert font allusion aux couleurs des drapeaux de certains pays d’Afrique, continent dont est issue la majorité ethnique de la Guadeloupe. Il rend aussi hommage au drapeau de l’Éthiopie, le seul pays d’Afrique à n’avoir jamais été colonisé.

Drapeau de la Guadeloupe (non officiel)

Drapeau non officiel de la Guadeloupe.

Bien que non officiel et non-avalisé par les administrations et autorités compétentes, il existe un drapeau régional de la Guadeloupe principal basé sur les armoiries historiques de l'île. Ce drapeau est cependant largement utilisé, y compris par des administrations officielles, mais est rejeté par certains mouvements politiques autonomistes et indépendantistes. Il est composé de trois fleurs de lys (en référence historique à l'Ancien régime) sur fond bleu, d'un soleil rayonnant au centre sur un fagot de canne à sucre et un fond noir. Ce drapeau était hissé sur les navires négriers lors des grandes déportations (esclavage).Ce fanion ou drapeau était porté par tous les navires de commerce et autres basés en Guadeloupe ou se dirigeant vers la Guadeloupe. Il est faux de dire qu'il était hissé seulement sur les navires négriers. Ce phénomène est identique à celui de la Martinique avec son fanion ou drapeau.


Est dérivé du blason de la ville de Pointe-à-Pitre. Sur fond noir ou rouge figure une branche de canne à sucre – qui fut longtemps l’une des principales ressources économiques de l’île-, un soleil – qui fait référence aux conditions climatiques-, surmonté de 3 fleurs de lys sur fond bleu – ce qui rappelle que la Guadeloupe était propriété de la couronne de France (ce qui n'est plus le cas). Le fond noir symbolise le continent noir et le fondement africain du peuplement de la Guadeloupe et le fond rouge serait utilisé en référence à la défaite du commandant Ignace à Baimbridge qui avait retiré le drapeau tricolore sur le fortin qu’il défendait pour faire frotter un drapeau rouge en rappel du sang versé lors des luttes pour la liberté[2].

Un rappel sur les armoiries de la Guadeloupe (nécessaire pour comprendre le drapeau non officiel)

Il faut se rappeler que l'héraldique est polysémique, c'est à dire qu'elle fait appel à la symbolique qui offre généralement un éventail de sens. Ci-dessous est donc exposé un ensemble de signifiants qui sont donc portés, aussi, par le drapeau non officiel.

Les armoiries de la Guadeloupe sont très anciennes. Elles présentent un contenu qui véhicule du sens à forte signification symbolique. Au premier regard, ces armoiries impressionnent par la force, qui se dégage des symboles et des couleurs, qui les composent.

Dans le langage héraldique, les armoiries se lisent de la façon suivante:

"De sable, aux cannes à sucre feuillées de sinople, au soleil rayonnant d’or brochant sur le tout ; au chef d’azur semé de trois fleurs de lys d’or."

De sable: Il s’agit du fond noir principal. Il symbolise probablement plusieurs sens à la fois.

- en premier lieu: l’Afrique, le continent noir et le fondement du peuplement de la Guadeloupe

- en second: l’Egypte Ancienne car ce fond noir indique, en raison des cannes à sucre feuillées de sinople (vert), la Terre d’Egypte prise dans son symbole le plus fort, de Terre la plus fertile d’Afrique, le long du Nil, comme la Guadeloupe est l’île la plus fertile des petites Antilles, entre la Mer Caraïbe et l’Océan Atlantique. Il y a une analogie.

- en troisième: par ce fond noir, les armoiries sont chargées de spiritualité et porteuses en même temps de toute la souffrance historique de son fondement. Cette impression est probablement la résultante inconsciente et conjointe, de l’Afrique et de l’Egypte mythique, berceau de la spiritualité qui a accouché des trois religions du Livre. Mais cette impression est, probablement aussi, le résultat du geni de ces armoiries, qui ont su transmettre par ce fond noir, toute la douleur de la fondation initiale de l’Ile, car le vrai fondement initiatique, c’est toujours la douleur. La conjonction du noir, du jaune (l’Or), du vert et du bleu n’est pas anodine, ni sans effet. Le Noir représente l’origine de l’âme profonde de l’Ile dans son immanence; l’Or du Soleil, l’espoir, l’espérance et la voie; le Vert et le Bleu, l’Ile dans sa végétation luxuriante, entre ciel et mer… Ceci n’est pas sans rappeler ce chant ancien, “ Oh, mon île au soleil, paradis entre ciel et mer, où mes parents ont vu le jour, où mes enfants vivront à leur tour…” Et pourtant…

L’impression fortement historique et collective qui se dégage des armoiries, est confirmée par les cannes de sinople qui indiquent les raisons de la douleur: la culture de la canne, l’esclavage mais aussi l’espoir d’un avenir meilleur, ce soleil en brochant . Les cannes sont inclinées, de la gauche vers la droite, c’est à dire du Nord vers le Midi, où se trouve la base, c’est à dire les racines, dans un phénomène de glissement. Ce détail ne peut échapper à un initié: il y en a eu de nombreux parmi les Guadeloupéens. Il faut croire que le phénomène ne date pas d’aujourd’hui… Cette feuillée de cannes ressemble aussi à la palme des martyres, posée sur un fond noir et scellée du disque solaire. La force analogique de ce ternaire est imposante: on la ressent inconsciemment.

Mais le contenu principal, le meuble principal comme on dit en héraldique, c’est ce Soleil d’Or en surimpression (brochant) qui fait certes référence aux tropiques, mais qui ne peut se limiter à cette interprétation. C’est un retour à l’Egypte Ancienne, car le Soleil et la Terre Noire sont les deux symboles principaux de l’Egypte Ancienne, dans un ancrage symbolique qui représente tout l’apport Africain par une forte symbolisation, riche de sens. Un Soleil sur fond Noir! Une force de la représentation symbolique, qui crée un trouble par la puissance de sa vibration, au point que certains aient voulu transformer ce fond Noir, en fond rouge comme on le voit parfois. Les 30 Rayons de Soleil qui s’échappent en cercle, éclairent l’unité des 12 mois de l’année, celle du cercle du zodiac. Les  360 jours de l’année égyptienne ignorent les 5 jours de tous les malheurs de l’Homme, dans l’étoile à 5 branches qui peut, hélas, s’inverser… 

Le chef d’azur aux trois fleurs de lys d’or, est un élément historique qui nous rappelle l’époque de l’entrée de l’Ile dans l’histoire du nouveau monde, le royaume de France et le commanditaire du commerce triangulaire, la face cachée des trois fleurs de lys… C’est à cette époque, dans ce contexte, que s’est constituée dans la douleur d’un accouchement  difficile, le peuplement par des hommes et des femmes qui deviendront la souche Guadeloupéenne. Nous avons ici dans le nombre trois des fleurs de lys, une analogie à l’origine au contexte et au contenu du fondement.  Ce qui fait la richesse d’un symbole, ce sont ses différents niveaux de lecture et leur permanence dans le temps. En ce qui concerne cette banière de la Guadeloupe c’est tout simplement époustouflant!

Alors certains diront, mais il n’y a pas de rouge, symbole du sang, de la souffrance, et du combat. Non il n’y a pas de rouge, malgré le sang versé dans la douleur et dans la révolte. Il y a du noir, symbole du sang qui a coagulé parce qu’il n’a pas été pansé, bien qu’il ait coulé comme les pleurs, et qu’il ait fertilisé symboliquement la Terre Nouvelle,  le champs noir de l’écu. Symboliquement le noir prend alors une signification plus haute que le rouge; sa force vibratoire est d’un niveau supérieure au rouge. Le sang en sèchant devient noir et couleur de révolte. Le sang coagulé est  le sang de celui qui n’a rien à perdre, celui qui sait que personne ne pansera ses plaies, c’est la signification du drapeau noir de la révolte absolue. Il fallait oser sur un emblème collectif! C’est là aussi que le Soleil brochant prend toute sa force de Lumière et de rédemption. La force du contraste et disons du contraire,  des ténèbres et de la Lumière, qui en met plein les yeux à celui qui contemple ce drapeau.

Des armoiries splendides, dans la profondeur des symboles historiques, de la douleur et de l’espoir, véhiculés comme  symbole collectif fondateur.  Des armoiries qui mériteraient de flotter plus souvent dans les Alizés de la Guadeloupe, comme un pont entre le passé, l’avenir et l’espérance…

C’est par cette plénitude de représentation symbolique (armes parlantes), que ces armoiries ou blason, constituent un véritable drapeau régional de la Guadeloupe.

Notes et références

  1. La polémique au Suriname autour du drapeau indépendantiste guadeloupéen, France-Guyane, 3 août 2016.
  2. « Histoire des drapeaux des Antilles-Guyane | BLAKE’S », BLAKE’S,‎ (lire en ligne)

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