Domènec Terradellas

Domènec TerradellasDomenico Terradeglias
Description de cette image, également commentée ci-après
Gravure de Tarradellas apparue dans L'Avenç, en 1884
Nom de naissance Domènec Miquel Bernabé Terradellas
Naissance
Barcelone, Catalogne Catalogne
Décès (à 38 ans)
Rome, Flag of the Papal States (pre 1808).svg États pontificaux
Activité principale Compositeur
Formation Conservatorio dei Poveri di Gesù Cristo de Naples
Maîtres Francesc Valls, Francesco Durante, Gaetano Greco

Domènec Terradellas (Barcelone, - Rome, ), est un compositeur d'opéra catalano-italien du XVIIIe siècle. Il est connu[1] internationalement sous le nom de Domenico Terradeglias.

Biographie

Domènec Miquel Bernabé Terradellas est né au sein d'une famille paysanne. Il a été scolarisé et a reçu les premiers ordres cléricaux à la Cathédrale de Barcelone. Il a très probablement été élève de Francesc Valls. À dix-neuf ans, il s'est établi à Naples, où il a poursuivi ses études musicales avec Francesco Durante et Gaetano Greco au Conservatoire dei Poveri di Gesù Cristo (1732-1740). Au bout de peu de temps, il a créé à Naples sa première œuvre, l'oratorio Giuseppe riconosciuto (1736). En 1739, il a présenté l'oratorio Ermenegildo martire et Astarto, son premier opéra, et, l'année suivante, sa composition comique Gli intrighi dellà cantarine. Le succès de La Merope (1743) a eu pour conséquence que le cardinal Acquaviva, à qui il avait dédié la Cerere en 1740, a conseillé qu'on l'engage en 1743 comme maître de chapelle de l'église de San Giacomo degli Spagnuoli à Rome. Durant les deux années pendant lesquelles il a occupé ce poste, il a composé une grande quantité de musique sacrée, jusqu'à ce qu'il se démette de cette charge pour des problèmes personnels.

Durant les années 1746 et une partie de 1747, il a résidé à Londres, où il a été nommé directeur du King's Theater. Là il a présenté avec succès ses opéras Annibale in Capua, Mitridate et Bellerofonte. Après un bref passage par Bruxelles, il s'est établi pour un temps à Paris. Là il a pris contact avec l'opéra français (qui ne lui a pas plu), avec Rameau et avec Rousseau, lequel en a fait l'éloge[2] dans sa "Lettre sur la musique française". De retour en Italie, il a créé en 1750 à Turin Didone abbandonata et Imeneo in Atene à Venise. Établi à Rome, il a présenté en 1751 Sesostri, re d'Egitto, peut-être sa meilleure œuvre, disparaissant peu après à l'âge de trente-huit ans. La manière et les causes de sa mort[3] ont donné naissance à une légende noire.

On lui attribue une douzaine d'operas serias et un nombre égal d'œuvres comiques, créés dans les théâtres les plus prestigieux de l'époque. À côté de cela, il a composé de la musique sacrée (messes, psaumes, motets, un Te Deum) de style italianisant quand il exerçait comme maître de chapelle à Rome. À Bruxelles on conserve quelques motets qu'il a composé durant son bref séjour dans la cité. Il est considéré comme un des représentants les plus significatifs de l'École de Naples ainsi que comme une des figures clé de l'évolution de l'opéra vers le classicisme à côté d'autres auteurs comme Niccolò Jommelli, David Pérez ou Johann Adolf Hasse.

Œuvres

  • Annibale in Capua (1746), opéra de type pasticcio, avec une musique coécrite avec Johann Adolf Hasse, Giovanni Battista Lampugnani et Pietro Domenico Paradies, livret de Francesco Vanneschi. Créé le 4 novembre au King's Theatre (Haymarket) avec la présence du roi George II.
  • Artaserse (1743), opéra en trois actes avec un livret de Pietro Metastasio. Créé à Venise[4].
  • Artemisia (1740).
  • Astarto (1739), opéra, créé à Rome.
  • Bellerofonte (1747), opéra avec un livret de Francesco Vanneschi.
  • Cerere (1740).
  • Didone abbandonata (1750), opéra avec un livret de Pietro Metastasio, créé à Turin.
  • Ermenegildo, martire (1739), oratorio pour solistes, chœur et accompagnement instrumental, créé à Naples.
  • Giuseppe riconosciuto (1736), oratorio en trois actes para solistes, chœur et accompagnement instrumental, avec un livret de Pietro Metastasio.
  • Gli intrighi dellà canterine (1740), opéra comique.
  • Imeneo in Atene (1750), opéra avec un livret de Silvio Stampiglia, créé à Venise.
  • Issipile (1741).
  • La Mérope (1743), opéra en trois actes, avec un livret de Apostolo Zeno et H. Tagliazuchi, créé à Rome. Il a été édité par Roberto Gerhard et représenté pour la première fois à l'époque moderne à Barcelone en 1955.
  • Mitridate (1746), opéra avec un livret de Francesco Vanneschi.
  • Nocturna Procella, motet.
  • Plaudite populi, motet.
  • Romolo (1740), ensemble avec Gaetano Latilla.
  • Salm a 5 veus (Psaume à cinq voix), conservé dans les archives de musique du Sanctuaire d'Arantzazu.
  • Semiramide riconosciuta (1746).
  • Sesostri, re d'Egitto (Rome, 1751), opéra avec un livret de Apostolo Zeno y Pietro Pariati, créé en Catalogne au Teatre de la Santa Creu de Barcelone (août 1754). C'est le premier opéra écrit par un catalan[5].

Bibliographie

  • Hasse, Lampugnani, Terradeglias, Paradies The favourite songs in the opera call'd Anibale in Capua London: I. Walsh, 1746
  • Domènec Terradellas; livret de Pietro Metastasio, traduction de Manel Forcano Artaserse: Venecia 1744, òpera sèria en tres actes Barcelone: Festival d'estiu de Barcelone Grec 98, 1998
  • Terradellas; F. Vanneschi The favourite songs in the opera call'd Bellerofonte Londres: I.Walsh, 1747
  • Domenico Terradellas detto lo Spagnolo La Cerere : componimento per musica da cantarsi nel giorno natalizio della sagra real maestà di Carlo Borbone rè delle due Sicilie &c. per comandamento dell'eminentissimo e reverendissimo principe il signor cardinale d. Trojano Acquaviva d'Aragona Rome: Komarek, 1740
  • Terradellas; Pietro Metastasio Didone Turin: P.G.Zappata, 1750
  • Domingo Miguel Barnabas Terradellas Dudici Arie et due Duetti... Londres: I. Walsh, 1747
  • Domènec Terradellas; revisión y edición, Josep Dolcet e Ignacio Yepes Giuseppe riconosciuto : oratori en tres actes Barcelone: Tritó, 1996
  • Domingo Terradellas; transcripción, revisión e introducción de Robert Gerhard La Merope: ópera en tres actos Barcelone: Biblioteca Central, 1951
  • Terradellas, F. Vanneschi The favourite songs in the opera call'd Mitridate Londres: I. Walsh, 1746
  • Domenico Terradellas; introducción de Howard Mayer Brown Sesostri New York: Garland, 1978. Edición facsímil
  • Domingo Terradellas Sesostri Re de Egitto (Sesostris Rey de Egypto) Barcelone: P. Campins, 1754
  • Kenneth H. Groeppe Form and style in the arias of Domingo Terradellas Thèse doctorale inédite de l'Université de Louisville, États-Unis (1968)
  • Joseph Rafael Carreras i Bulbena Domènech Terradellas, compositor de la XVIII centúria Barcelone: Imp. Altés, 1908

Source

Références

  1. Domingo Terradellas est la forme normalisée en castillan et Domènec Terradellas la forme normale en catalan. Dans des œuvres de référence et sur internet il est possible de rencontrer de nombreuses combinaisons des trois formes du prénom et des trois formes du nom.
  2. Lettre sur la musique française (1743) "....Le musicien, passant brusquement d'un ton ou d'un mode à un autre, et supprimant, quand il le faut, les transitions intermédiaires et scolastiques, sait exprimer les réticences, les interruptions, les discours entrecoupés, qui sont le langage des passions impétueuses, que le bouillant Métastase a employé si souvent, que les Porpora, les Galuppi, les Cocchi, les Jumella, les Pérez, les Terradeglias, ont su rendre avec succès, et que nos poètes lyriques connoissent aussi peu que nos musiciens...". Voir le texte complet dans [1].
  3. Selon Carreras i Bulbena (qui reproduit l'acte de décès, voir la bibliographie) le compositeur est décédé le 21 mai, après avoir reçu les Saints Sacraments, et a été enterré dans l'église de San Laurencii in Lucine. Cinquante ans après, cependant, l'Allgemeine musikalische Zeitung du 12 mars 1800 affirme que le cadavre de Terradellas avait été retiré du Tibre après que le compositeur Niccolò Jommelli l'ait assassiné d'un coup de poignard; la cause de l'agression aurait été la jalousie professionnelle, car les opéras du disparu avaient plus de succès que les siennes. Aucun musicologue sérieux n'accepte cette version. Sans pouvoir la confronter aux archives de l'époque, il reste plausible d'imaginer, cependant, que des bandits ont pu agresser Terradellas et l'ont jeté dans le fleuve; repêché encore en vie, il serait mort dans son lit. On a aussi envisagé la possibilité d'un suicide.
  4. Voir une analyse plus complète de l'œuvre dans le contexte de l'époque sur la page de la Real Compañía opéra de Cámara de Barcelone.
  5. Roger Alier, L'òpera a Barcelona: orígens, desenvolupament i consolidació de l'òpera com a espectacle teatral a la Barcelona del segle XVIII, Barcelone, Institut d'Estudis Catalans, (ISBN 8472831655)

Liens externes