Didier Raoult

Didier Raoult
Fonctions
Directeur général (en)
Fondation Méditerranée Infection
depuis
Directeur
Unité de Recherche sur les Maladies Infectieuses et Tropicales Emergentes ()
-
Philippe Parola ()
Président d'université
Université de la Méditerranée - Aix-Marseille II
-
Claude Mercier ()
Biographie
Naissance
(68 ans)
Dakar
Nationalité
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didierraoult.com
Distinctions

Didier Raoult, né le à Dakar au Sénégal, est un infectiologue et professeur de microbiologie français. Il est spécialiste des maladies infectieuses tropicales émergentes à la faculté des sciences médicales et paramédicales de Marseille et à l'institut hospitalo-universitaire en maladies infectieuses de Marseille (IHU).

Lauréat du grand prix de l'Inserm en 2010, il décrit, avec son équipe marseillaise, des virus complexes. Il est l'un des chercheurs français les plus cités, avec de nombreuses publications scientifiques à son actif.

Connu pour son franc-parler et ses prises de position iconoclastes, il acquiert une notoriété médiatique internationale en 2020 quand, avec son équipe, il affirme avoir trouvé un traitement contre la maladie à coronavirus 2019.

Biographie

Marseille, ville de résidence et de travail de l'infectiologue, à l'origine du nom éponyme Marseillevirus, genre de girus découvert en 2009 par Raoult et son équipe[1].

Il naît le à Dakar au Sénégal. Son père est médecin militaire normand, fondateur de l'organisme de recherches sur l’alimentation et la nutrition africaines (Orana)[2],[3] et sa mère infirmière bretonne. La famille s'installe à Marseille en 1961.

Il effectue une partie de sa scolarité dans un lycée de Nice, puis dans un internat à Briançon[4]. Mauvais élève[3],[5], Didier Raoult part travailler à 17 ans[5], pendant deux ans, sur des bateaux (paquebot[5] et navire de la marine marchande[6]).

En 1972, il passe un baccalauréat littéraire en candidat libre puis s'inscrit à la faculté de médecine de Marseille[7] car « c’étaient les seules études que son père acceptait de financer »[3]. Il réussit l'internat et obtient un doctorat. Il souhaite devenir obstétricien, mais son classement en internat lui permet de devenir infectiologue, comme son arrière-grand-père Paul Legendre[8],[9].

Marié en 1982 avec Natacha Caïn, psychiatre, il est père de trois enfants[10].

Carrière professionnelle

Recherche

Didier Raoult découvre un moyen de cultiver les rickettsies[3], ce qui lui permet de les étudier[11] et en 1983, il crée l'Unité des rickettsies[5]. Devenu professeur, il dirige des thèses sur les maladies infectieuses à la faculté des sciences médicales et paramédicales de Marseille[12]. Il est président de l'université de la Méditerranée Aix-Marseille II de 1994 (où il est élu face à Michel Fougereau)[13] à 1999[14].

À la demande du gouvernement, après l'épidémie de SRAS, il rédige en 2003 un rapport sur le bioterrorisme et les risques épidémiologiques. Il y pointe l'impréparation du système de santé français en cas de pandémie. Il recommande un grand discours fondateur d'une nouvelle politique de santé qui serait capable de mieux anticiper les risques épidémiologiques, dont il voit qu'ils deviendront un des enjeux forts d'un monde interconnecté. Il met en garde contre les risques de débordement des services de santé français, et recommande de doter les hôpitaux d'infectiopôles, notamment d'unités de fabrication de tests, afin de repérer le plus vite possible, et le plus tôt possible, les premiers malades[15].

Il dirige de 2008 à 2017 l'Unité de recherche sur les maladies infectieuses et tropicales émergentes (Urmite) à Marseille et à Dakar au sein du campus de Hann, de l'Institut de recherche pour le développement (IRD) et de l'université Cheikh-Anta-Diop (UCAD)[16].

Son équipe est à l'origine de la création de quelques start-ups[17]. Toutefois[pas clair], en butte à des problèmes de financement, il critique le système « égalitariste » français et demande des évaluations individuelles[18][pas clair].

Le , il reçoit le grand prix Inserm 2010 pour l’ensemble de sa carrière[19],[20].

Grâce à la subvention la plus élevée accordée en France pour la recherche médicale (72,3 millions d’euros portés par l’ANR[21] dans le cadre du PIA (Programme investissements d'avenir)[22],[23], Didier Raoult fait construire un nouveau bâtiment pour accueillir l'IHU Méditerranée Infection, inauguré en 2018[24]. Cet institut est dédié au diagnostic, à la prise en charge et à l’étude des maladies infectieuses y compris les soins, la recherche et l’enseignement[25]. L'IHU Méditerranée Infection a pour membres fondateurs : université d'Aix-Marseille, Assistance publique - Hôpitaux de Marseille, BioMérieux, l'Établissement français du sang, l'IRD, le Service de santé des armées[26]. Il bénéficie de l'aide de l'Union européenne et du Fonds européen de développement régional ainsi que de nombreux partenariats[27].

Notoriété

Biologiste reconnu

La microbiologie, domaine de compétence du Professeur Raoult.
Bactérie Raoultella planticola dans un tube à essai.

Raoult jouit d'une notoriété internationale, et d'un statut d'éminent médecin biologiste[28]. Il est d'abord célèbre pour ses contributions à la recherche, qui ont ouvert un champ complètement inexploré[20], celui des girus. Les nombreuses récompenses qu'il accumule, notamment le prestigieux Grand Prix Inserm en 2010[19], décerné pour l'ensemble de ses travaux sur les agents pathogènes et sa co-découverte des virus géants, et le prix de la fondation Louis D. (Institut de France) en 2015 pour son étude sur le répertoire des microbes du tube digestif et l'évolution de son activité antibiotique[29],[30], contribuent à mettre en valeur ses découvertes scientifiques.

Chercheur iconoclaste et prolifique[18], il fait partie en 2015 des chercheurs Français les plus cités dans la communauté scientifique internationale, selon la Highly Cited Researcher list de Clarivate Analytics[31],[32].

L'un des meilleurs infectiologues de la planète selon Le Point[28], ponte de la recherche[33], Raoult est connu pour avoir fait évoluer, en collaboration avec son équipe, via leurs nombreux essais cliniques et leurs brevets[34], la science des bactéries de manière significative[35]. Le site américain Expertscape spécialisé dans le référencement de médecins experts[36] le classe 1er au monde pour les maladies transmissibles en 2020[37],[38].

Spécialiste en matière de maladies infectieuses et tropicales[39], il a reçu plusieurs décorations honorifiques françaises[40],[41].

Hommage scientifique, le nom éponyme Raoultella, nom d'un genre de protéobactéries de la famille des entérobactéries a été baptisé en référence à son patronyme[42],[43].

Médiatisation

Avec ses prises de position sur la pandémie de Covid-19, critiquées par une partie de la communauté scientifique mais soutenues par une autre, Didier Raoult est devenu en 2020 l'une des personnalités les plus suivies par les médias grand public et les réseaux sociaux en France et dans le monde. En mars 2020, il apparait en deuxième place du baromètre Odoxa des personnalités politiques préférées des Français. Sa chaîne Youtube de l'IHU de Marseille totalise des millions de vues, et son compte Twitter personnel compte plus de 100 000 abonnés. Il est soutenu par des personnalités populaires (Valérie Boyer, Christian Estrosi, Éric Cantona, Dieudonné, Laeticia Hallyday, Jean-Marie Bigard, Elon Musk...)[44],[28], des médecins reconnus (Philippe Douste-Blazy, Michèle Barzach, Marc Gentilini, Patrick Pelloux, Paul Trouillas, Martine Wonner...)[45], et des groupes de citoyens sur les réseaux sociaux[46] — entre autres des Gilets Jaunes[47]. Le groupe Facebook « Didier Raoult Vs Coronavirus », créé le , réunit en quelques jours 370 000 membres ; selon l'analyse de la Revue des médias de l'INA, le contenu de ce qui y est publié s'apparente à une communication institutionnelle de l'IHU de Marseille, ce qui limite la portée de la comparaison avec les « gilets jaunes »[46]. Selon certains médias, il acquiert un statut de lanceur d'alerte[48] et de figure centrale[49] dans les milieux complotistes. Sur les réseaux sociaux, certaines vidéos de Didier Raoult font l'object de commentaires antisémites[50][pertinence contestée]. Ces accusations et polémiques ajoutées au débat sur la chloroquine confèrent à Didier Raoult une immense notoriété médiatique[47]. Le nom de chloroquine est mentionné près de 250 fois sur la chaîne d'info BFM TV le [46].

Champs de recherche

Microbiologie clinique

Didier Raoult s'est investi dans la microbiologie clinique[51],[52].

Son équipe a été une des premières à utiliser un séquenceur d'ADN dans un laboratoire de microbiologie clinique pour obtenir le séquençage de l'ARN ribosomique 16S afin d’identifier les bactéries[53].

Son laboratoire a ensuite été le premier à utiliser systématiquement le MALDI-TOF pour l’identification des bactéries en routine[54]. Puis Didier Raoult a été le premier à installer un laboratoire de Point of care  dans un hôpital[55],[56].

L’équipe de Didier Raoult rapporte des cas d'endocardites à hémoculture négative et déterminé les étiologies de bactéries fastidieuses ou détruites par les antibiotiques[57]. Elle a proposé un traitement spécifique des endocardites à hémocultures négatives[58] et présente également une nouvelle référence dans la prise en charge des endocardites[59]. Concernant les péricardites, l’équipe de Didier Raoult a rapporté des séries de péricardites permettant le diagnostic étiologique de ces infections et la découverte de virus jusque-là inconnus dans cette situation[60].

L’équipe de Didier Raoult travaille depuis 1984 sur les maladies transmises par les tiques et a produit un grand nombre de publications sur les domaines concernant les rickettsioses, les borrélioses et les bartonelloses.

Virus géants

Virus Spoutnik.

Concernant les virus géants, il a identifié avec Bernard La Scola un virus géant d’amibe, mimivirus[61]. Depuis les recherches sur mimivirus se poursuivent avec la publication de son génome[62], la découverte de Spoutnik le premier virophage, c'est-à-dire un virus capable d'infecter un autre virus pour se reproduire[63] ; la mise en évidence dans mimivirus d'un mécanisme de défense empêchant l’implantation du virophage dans l’usine à virus (MIMIVIRE)[64] ; et enfin la mise en évidence que ce virophage pouvait s’intégrer aux cellules sous forme de pro-virophage et qu’il pouvait être associé à des transposon-like structures appelées transpovirons [65]. Une équipe chinoise a prouvé en 2018 que l'activité enzymatique de MIMIVIRE est comparable à celle de CRISPR[66].

Par ailleurs, son équipe a découvert les Marseillevirus[67],[1] et les Faustovirus [68],[69]. Sa co-découverte (avec l'équipe de Jean-Michel Claverie et Chantal Abergel[70],[71]) des virus géants remet profondément en cause la classification des virus. Didier Raoult a plusieurs fois rapporté qu'il considérait que les virus géants sont d’une nature différente des autres virus et qu'ils constituent une 4e branche des microbes connue sous le nom de TRUC pour Things Resisting Uncompleted Classifications soit en français « choses résistantes aux classifications incomplètes »[72],[73].

En 2018, l'équipe en collaboration avec des chercheurs français, brésiliens et suédois, découvre deux souches de nouveaux virus géants, les Tupanvirus, les virus les plus longs de la virosphère actuellement connue, et qui présentent une nouvelle étape vers la compréhension du monde des virus géants[74].

Bactéries nouvelles

Depuis les années 1990, il a identifié et décrit avec son équipe une centaine de nouvelles bactéries pathogènes[75]. Deux bactéries ont reçu son nom : Raoultella planticola  et Rickettsia raoultii [76].

Rickettsies, bartonella, fièvre Q

Avec son équipe, il a identifié dix nouvelles espèces de Rickettsies pathogènes pour l'homme. Il est cosignataire de deux articles[77],[78] où en particulier il est montré qu’à côté de la transmission par les poux, les puces et les tiques, une rickettsie est aussi susceptible d’être transmise par les moustiques ; c'est le cas de Rickettsia felis  qui est l'espèce la plus commune sous les tropiques[79].

Le laboratoire[Lequel ?] est un centre national de référence (partenariat avec l'Institut de veille sanitaire) et centre collaborateur de l'OMS.

Pour les Bartonellas, l'équipe a été la première à identifier leur rôle dans les endocardites[80].

Pour la fièvre Q, maladie transmise par l'agent bactérien Coxiella burnetii, il a été amené à en redéfinir les critères de diagnostic, à décrire tous les aspects de la maladie et à mettre en évidence le rôle de la bactérie dans la genèse des lymphomes non hodgkiniens[81].

Il a mis en évidence, avec son équipe, le rôle des anticorps anti-phospholipide dans les endocardites à Coxiella burnetii[82] et dans les thromboses. Il a récemment décrit les endocardites aiguës[83] et redéfini les endocardites persistantes. Il a mis au point les stratégies thérapeutiques actuellement utilisées par le monde médical (doxycycline et hydroxychloroquine) en utilisant pour la première fois le plaquenil pour alcaliniser la vacuole acide dans laquelle vivent les bactéries afin de permettre l’activité des antibiotiques inhibés par cette acidité[84].

Maladie de Whipple

Tropheryma whipplei, l'agent causal de la maladie de Whipple, décrite en 1907 par le docteur Georges Hoyt Whipple, a été isolé pour la première fois dans le laboratoire de Didier Raoult[85]. Son équipe est une des deux équipes mondiales à avoir séquencé le génome de la bactérie[86]. La découverte de Tropheryma whipplei a montré que la bactérie est relativement commune dans l'environnement ou sur les muqueuses des patients, sans nécessairement être associée à la pathologie[87].

Pour la maladie de Whipple il a mis en place un traitement par doxycycline et hydroxychloroquine[88] et décrit les formes aiguës de la maladie qui incluent les pneumopathies[89], les traitements de référence n'utilisant toutefois pas l'hydroxychloroquine[90].

Paléomicrobiologie

En collaborant avec des équipes d'anthropologues, Didier Raoult, Michel Drancourt et Gérard Aboudharam sont parmi les premiers à s’intéresser à la paléomicrobiologie. Ils ont développé une technique d'extraction d'ADN de la pulpe dentaire et établi le premier diagnostic rétrospectif de la peste du Moyen Âge dont une résurgence avait eu lieu à Marseille au début du XVIIIe siècle[91] puis la confirmation, sur des prélèvements de la peste du XIVe siècle, que Yersinia pestis est l'agent causal de la peste noire[92]. Ce travail a fait l’objet d’une contestation par Marcus Thomas Pius Gilbert [93].

L’équipe de Didier Raoult a également mis en évidence que la peste justinienne était due elle-aussi à Yersinia pestis et son équipe a postulé que la transmission extrêmement rapide de cette bactérie était due à l’infection du pou qui a probablement joué le rôle de relais dans cette épidémie[94].

Ces techniques ont également conduit à la mise en évidence de la cause de la mort d'une partie des soldats de l'armée de Napoléon Ier au cours de la retraite de Russie à partir des fosses communes découvertes à Vilnius[95].

Microbiogénomique

En 1999, Didier Raoult décide de démarrer un nouveau programme de génomique et de l'appliquer à la microbiologie et aux maladies infectieuses. L'équipe a commencé avec Rickettsia conorii[96].

Analyse du microbiote humain

L'analyse du microbiote humain, ou « culturomique microbienne »[97] pour reprendre le néologisme inventé par les équipes de Didier Raoult, a donné lieu à des publications dont la première recensée (J. C. Lagier et al.) date de 2012, et est considérée comme appartenant aux 1 000 premières cultures de microbiotes connues[98]. Ces recherches ont été menées pour exprimer la multiplication des techniques de culture, identification par MALDI-TOF et confirmation par séquençage de l'ARN ribosomique 16S. L'équipe du professeur Raoult, l'a décrite dans un encart de la revue Science de mars 2018[99].

Cette nouvelle approche technique donne lieu à l'analyse de près de 1 000 échantillons provenant du tube digestif humain (selles, estomac, intestin grêle et colon), et à la mise en culture de 1 170 bactéries différentes présentes dans le tube digestif, dont 247 espèces de bactéries entièrement nouvelles. Par ailleurs, ont été isolées pour la première fois chez l'homme 269 bactéries qui étaient connues uniquement dans l’environnement et 250 bactéries qui avaient déjà été isolées chez l’homme mais jamais dans le tube digestif. L’ensemble de ces nouvelles espèces de bactéries sont disponibles dans des collections de souches internationales (Collection de Souches de l’Unité des Rickettsies, et Deutsche Sammlung von Mikroorganismen und Zellkulturen). de la biodiversité est appliquée aux microbiotes humains. Ainsi dans l'étude décrite dans la revue Nature Microbiology  en 2016[100].

Après un travail réalisé par le laboratoire et publié dans Clinical Microbiology and Infection en septembre 2012[101], l'équipe considère que cette approche du microbiote digestif a amené à repenser le rôle du microbiote dans la malnutrition[102].

Selon lui ou son équipe, cette production à haut débit d’espèces nouvelles, a rendu obligatoire la création d’une nouvelle approche de la description des espèces appelée Taxonogénomique[103],[104].

Microbiotes et cancer

Didier Raoult développe entre 2015 et 2018, en collaboration avec d'autres équipes, des recherches sur les relations entre microbiote et cancer, en particulier sur les modifications du système immunitaire selon la composition du microbiote intestinal[105],[106]. En effet, la structure du microbiome peut induire des modifications du système immunitaire et moduler la pharmacodynamique des médicaments chimiothérapeutiques et ainsi la réponse des malades aux thérapies[99].

Étude sur les probiotiques

L'un des champs de recherche développé par Didier Raoult est très controversé, mais représente selon lui une question majeure de santé publique. Il concerne les manipulations de la flore intestinale et l'obésité[107].

Dans la revue scientifique Nature Reviews Microbiology[108] de septembre 2009, Didier Raoult indique : « les yaourts et les boissons lactées aux probiotiques, depuis près de vingt ans, auraient leur part de responsabilité dans l'épidémie d'obésité… »

Il affirme que « les probiotiques sont utilisés comme promoteurs de croissance dans le secteur agricole. De nouvelles études devraient être effectuées pour confirmer qu'ils soient sûrs pour l'usage chez l'homme ».

VIH en route vers l'endogénéisation

Un travail conduit par Didier Raoult et publié en 2014 fait l’analogie entre l’évolution de rétrovirus du koala [109] actuellement en cours d’endogénéisation et une apparente guérison spontanée de l’infection par le VIH chez deux patients jamais traités par antirétroviraux et n’ayant aucun symptôme clinique lié au VIH ni aucun acide nucléique VIH détectable dans le sang par les tests diagnostics standards. Les séquences VIH obtenues chez ces deux patients à l’aide de techniques modernes de séquençage ont montré que les gènes VIH étaient inactivés par le remplacement des codons tryptophane par des codons-stop, ce qui est probablement dû à l’action d’une enzyme cellulaire, APOBEC [110].

Prises de position

Les prises de position de Didier Raoult, médecin sûr de lui[111] multipliant les interventions sur les médias, sont qualifiées de parfois iconoclastes, mais à coup sûr de polarisantes, ce qui lui vaut de soutiens hétéroclites, dont celui de nombreux conspirationnistes et autres amateurs de la théorie du complot[112],[113].

Actualité politique

Le professeur Didier Raoult intervient régulièrement dans les médias. Il anime une chronique, où il commente entre autres l’actualité politique, dans le journal Le Figaro de 1998 à 2001[114], puis dans le magazine Le Point[115] de 2011 à 2018[116] et depuis 2017, environ trimestriellement, dans le quotidien Les Échos[117].

Hiérarchisation des risques : ce qui arrive contre ce qui pourrait arriver

Lors de ses interventions dans le débat public, Didier Raoult plaide pour une hiérarchisation des risques, en donnant moins de priorité aux risques « qui pourraient arriver », fruits de modèles prédictifs (épidémie mondiale, bioterrorisme, crises liées au réchauffement climatique), et plus de priorités aux risques « qui arrivent » tels les décès liés au sucre, au sel, au tabac. Il consacre son ouvrage Votre santé à cette question[118].

Par exemple, dans un article du 25 janvier 2015, il compare la mortalité des déplacements à vélo, selon lui plus importante que celles qui ont une place de choix dans les médias, telles que « la crise de la vache folle, la grippe aviaire, Ebola, le bioterrorisme, le Chikungunya, le SRAS et le coronavirus du Moyen-Orient »[119].

Pandémie de Covid-19

Le , sur la chaîne YouTube de l'IHU, Didier Raoult relativise la portée la pandémie de maladie à coronavirus de 2020 en France en affirmant : « Il y a trois Chinois qui meurent et ça fait une alerte mondiale. L’OMS s’en mêle, on en parle à la télévision et à la radio. Tout cela est fou, il n’y a plus aucune lucidité »[4],[120]. Début février dans le JDD, il persiste : « ce virus n'est pas si méchant »[121],[122].

En février 2020, avec ses équipes, il surveille médicalement les 181 personnes rapatriées de Wuhan (Chine) et confinées en quarantaine à Carry-le-Rouet à cause de l'épidémie de Covid-19[8].

Il annonce la « fin de partie » pour le coronavirus le , estimant que l'hydroxychloroquine (un médicament apparenté à l'antipaludéen chloroquine) est « probablement le traitement le moins cher et le plus simple pour traiter le coronavirus de la Covid-19 »[122],[123],[124]. Sa prise de position[125] fait suite à deux communications chinoises : la première le faisait état d'une grande efficacité in vitro, la seconde le de résultats préliminaires positifs sur une centaine de malades[126]. Elle fait l'objet de nombreuses mises en garde[127], en raison de nombreux échecs à traiter d'autres virus à la suite des résultats in vitro pourtant prometteurs, de l'absence de données cliniques et de contre-indications, effets secondaires, risques de surdosage et problèmes d'interactions médicamenteuses connus[122],[128]. Le , une première étude randomisée chinoise effectuée sur une petite cohorte de patients ne démontre pas une plus grande efficacité de l'hydroxychloroquine à faire disparaître le Covid-19 dans un test au septième jour de traitement, ce résultat étant massivement atteint avec le traitement classique[129]. Le ministère de la Santé affirme alors qu’aucune étude rigoureuse, publiée dans une revue internationale à comité de lecture indépendant, ne démontre l’efficacité de la chloroquine pour soigner le coronavirus[130].

Didier Raoult aurait reçu des menaces de mort, les et , pour le dissuader de préconiser la chloroquine[131].

Le , Didier Raoult devient l'un des 11 experts choisis pour faire partie du conseil scientifique Covid-19, chargé d'éclairer les décisions à prendre par les autorités pour lutter contre la pandémie en France[132], mais il n'assiste à aucune des séances et annonce le 24 mars qu'il refuse d'y participer[4],[133],[134]. Il se positionne rapidement à contre-courant de la politique de faible dépistage et se désolidarise des mesures de confinement prises en France[135], estimant que « confiner des gens infectés, qui ne le savent pas, avec d’autres qui ne le sont pas, c’est une curieuse méthode »[136]. Jugeant que la mortalité due à la maladie est peu significative eu égard à sa faible létalité enregistrée, qui concerne alors dans sa zone géographique (PACA) seulement deux personnes de plus de 87 ans pour cent vingt cas confirmés, il blâme l'intense surmédiatisation du virus sans base scientifique, en comparant ces chiffres à ceux du Diamond Princess[137].

Le , il diffuse une vidéo enregistrée devant ses étudiants dans laquelle il annonce les résultats positifs de sa propre étude clinique[122],[138],[139], qui seront publiés le .

Dans un premier temps, l'hydroxychloroquine ne fait pas partie des médicaments testés dans le premier essai clinique national annoncé le . La justification alors donnée est le risque d'interaction médicamenteuse avec les traitements de réanimation, les effets secondaires et l'absence de l'hydroxychloroquine sur la liste des traitements prioritaires recommandés par l’OMS[140]. Néanmoins, le , le ministre de la santé Olivier Véran, jugeant « prometteurs » les résultats de Didier Raoult et son équipe, donne l'autorisation pour que d'autres équipes entreprennent un essai plus vaste dans « les plus brefs délais »[141].

Le , Donald Trump déclare qu'il a « approuvé » le recours à l'hydroxychloroquine qui a selon lui « montré des résultats préliminaires très encourageants » pour lutter contre la Covid-19[142]. Selon toute vraisemblance il fait référence et a été influencé par les travaux de Didier Raoult[143],[144]. Il est immédiatement tempéré par la FDA, qui souhaite prendre plus de temps pour évaluer ce traitement et lancer « un essai clinique étendu »[145],[146], mais autorise le 28 mars la prescription hospitalière de chloroquine et d'hydroxychloroquine en se basant sur les données françaises, qu'elle qualifie d'« anecdotiques »[147].

Le , les résultats préliminaires de cette expérimentation sont publiés sous le titre « Hydroxychloroquine and Azithromycin as a treatment of COVID-19: preliminary results of an open-label non-randomized clinical trial », sous forme d'une « pré-publication » non validée par les pairs sur le site MedRxiv[148], et dans le journal International Journal of Antimicrobial Agents[149]. Des critiques principalement axées sur la faiblesse méthodologique de l'étude sont émises par la communauté scientifique[4],[147],[150],[151],[152],[153], le conseil scientifique Covid-19[154], la société savante (International Society of Antimicrobial Chemotherapy) propriétaire du journal qui a publié l'étude[155],[156], et sur le site PubPeer[157].

L'hydroxychloroquine rejoint de nombreux essais cliniques rigoureux[122], y compris l'essai clinique européen Discovery[158],[159] dont elle avait été exclue dans un premier temps[160],[161]. Cet essai clinique est critiqué sur deux points, d'abord parce qu'il ne répondra pas à la question de l'efficacité du traitement proposé par Didier Raoult, ensuite par son manque d'éthique[162]. Les annonces de Didier Raoult compliquent leur réalisation, des patients exigeant d'être traités à l'hydroxychlorine[163].

L'équipe de Raoult annonce le qu'elle proposera à tous les patients infectés un traitement en associant l'hydroxychloroquine et l'antibiotique azithromycine, hors AMM[164],[165]. Le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) recommande de ne pas utiliser cette molécule dans ce contexte, à l’exception de formes graves hospitalières de la maladie[122]. Le 23 mars, le ministre de la Santé français annonce qu'il autorise l'usage de l'hydroxychloroquine hors AMM pour la Covid-19 dans ses « formes graves, hospitalières, sur décision collégiale des médecins et sous surveillance stricte » (autorisation effective le 26 mars 2020[166],[167]). Elle reste déconseillée dans les autres cas, dans l'attente de preuves de son efficacité[168]. Selon la Revue des médias de l'INA, les médias et les réseaux sociaux diffusent très largement la nouvelle[46].

Didier Raoult continue de défendre le traitement qu'il propose pour « les cas modérés à sévères. Quand les patients sont en réanimation, c’est trop tard »[169]. Le 27 mars, il publie sur le site de l’IHU le résultat de sa nouvelle étude sur l'effet de l'association hydroxychloroquine + azithromycine sur 80 patients présentant des symptômes légers, étude qui selon lui démontre l'efficacité du protocole[170],[171] ; elle est rapidement critiquée, d'une part parce que la majorité des patients se remettent de la maladie avec ou sans traitement, d'autre part parce qu’elle ne comporte pas de comparaison avec un groupe de contrôle[147],[159],[172].

L’affaire prend alors la dimension d’une polémique nationale, ce qui entretient énormément de confusion sur les faits réels.

Rony Brauman, directeur d'études et ancien président de Médecins sans frontières, considère alors que « la façon dont Didier Raoult a présenté la chloroquine comme un médicament miracle appartient plus à un prophète qu'à un spécialiste de santé. [...] Didier Raoult a un passé de chercheur sérieux, mais son personnage de génie autoproclamé n'incite pas à la confiance. Quant à la validité de son essai, elle a été très précisément analysée »[173]. Pour le journaliste scientifique Nicolas Martin, que l’étude de Raoult ne suive pas la méthode scientifique n’est pas qu’une simple question de procédure académique : « Dans l’esprit collectif, beaucoup semblent croire que ce sont juste des scientifiques et des journalistes scientifiques qui râlent alors qu’il y a des résultats positifs : mais non, il n’y a pas de résultats positifs que l’on peut attester. L’étude ne respecte aucune méthode, alors c’est comme construire un mur sans ciment, si on s’appuie dessus, il s’écroule »[174].

Pour le professeur Christian Perronne, chef du service infectiologie de l'hôpital Raymond-Poincaré de Garches, « il est consternant de constater que dans la médecine actuelle la démarche empirique puisse être méprisée, sous prétexte qu'on n'ait pas recouru à des tests en randomisation avec tirage au sort »[175]. Certains médecins, comme l’ancien ministre de la Santé Philippe Douste-Blazy[176] (membre du conseil d'administration de l'IHU Méditerranée Infection[177]) ou le chef de service des urgences de l'hôpital européen Georges-Pompidou, Philippe Juvin[178], apportent leur soutien à Didier Raoult, notamment dans une pétition signée le 3 avril par de nombreuses personnalités[179],[180], et dans une tribune le 6 avril 2020 recommandant d’appliquer le traitement dès l’apparition des premiers symptômes du coronavirus[181], et demandent la généralisation de l'utilisation du Plaquenil par l'ensemble mes médecins hospitaliers et libéraux.

Néanmoins, la revue médicale indépendante Prescrire signale que l'hydroxychloroquine pourrait aggraver la Covid-19, en se basant sur les premiers résultats d'un test randomisé effectué en Chine durant le mois de février[182].

Controverses

Didier Raoult n'aime ni les consortiums ni le consensus. Dans le portrait du chercheur dressé par l'Inserm[7], il se réjouit des controverses : « Rien ne m'amuse plus que de détruire des théories si bien établies. »

Changement climatique

En 2013, Didier Raoult publie un article où il fait part de son scepticisme face aux modèles mathématiques de prédiction du climat[183]. Il dit notamment que les modèles mathématiques sont la version moderne de la divination. Dans un article du [184], il note ironiquement, à propos de la « pause » constatée dans le réchauffement climatique depuis la fin des années 1990, que « la nature a oublié d’obéir aux prédictions. » Dans la même publication, au sujet d'un article paru peu avant dans la revue Nature et selon lequel la température globale de la Terre ne serait plus le bon indicateur du réchauffement climatique, il fait ce commentaire : « Il vaut mieux casser le thermomètre qui vous contredit ! »

Dans Le Point, en juin 2014, il estime qu’« après une poussée thermique notable dans les années 1990, la Terre a globalement arrêté de se réchauffer depuis 1998. » Il conclut que « le réchauffement climatique est incertain et la responsabilité de l’homme discutable[185] ».

Stéphane Foucart, journaliste scientifique au Monde, le critique comme faisant partie de ceux qui propagent les « hoax climatiques »[186].

Accusations de sexisme au sein de son unité

Dans une lettre anonyme, datée du et adressée aux comités d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) de l'Inserm, du CNRS, et de l'université d'Aix-Marseille, douze ingénieurs et personnels techniques mettent en évidence de graves dysfonctionnements au sens de l'Urmite et de ses unités filles, et dénoncent des conditions de travail déplorables et une situation « insupportable et dégradante ». En outre, ils dénoncent l'absence totale de reconnaissance et de considération, le comportement inapproprié, par des humiliations, altercations verbales et menaces répétées, de certains personnels et directeurs de recherche, l'absence de représentants élus, ainsi que des conditions de travail « en dehors de toute règles »[187],[188],[189]. Quatre plaintes pour harcèlement ou agression sexuels sont déposées à l'encontre de chercheurs ou d'enseignants de l'Urmite[190],[191].

Didier Raoult nie la présence de tout climat malsain au sein de son unité. D'après lui, ces accusations seraient le résultat d'une minorité de détracteurs, jaloux du succès du l'IHU[187],[192]. En ce qui concerne les accusations de harcèlement et agressions sexuelles, il affirme avoir réglé le problème et dénonce le fait que le CNRS ait voulu rendre justice lui-même en révoquant le chercheur accusé de harcèlement[193],[194],[195].

Après enquête, les CHSCT de l'Inserm, du CNRS, de l'université d'Aix-Marseille, et de l'Institut de recherche pour le développement (IRD) confirment les faits dénoncés par le personnel de l'unité, mentionnant notamment un harcèlement quotidien de la part de Didier Raoult et de ses collaborateurs, des conditions de travail déplorables, au niveau des amplitudes de travail, des locaux et des rapports hiérarchiques, ainsi que des manquements graves et répétés aux règles de sécurité, pourtant extrêmement strictes en ce qui concerne les agents pathogènes manipulés dans ce genre d'installations[196],[197].

Relations avec les institutions

Didier Raoult attribue à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) la perte d'influence de la recherche médicale française dans le monde considérant que « l’Inserm ne finance pas la recherche médicale, mais la recherche à propos de la médecine ». Ses critiques s'accentuent avec la nomination d'Yves Lévy à la tête de l'organisme en 2014. Depuis longtemps Didier Raoult critique l'engagement de fonds colossaux dans la recherche d'un vaccin contre le sida, domaine d'expertise d'Yves Lévy. La nomination d'Agnès Buzyn, épouse d'Yves Lévy, au poste de ministre de la Santé est suivie d'une décision ministérielle le visant à ramener les Instituts hospitalo-universitaires (IHU) dans le giron de l'Inserm tout en divisant leurs crédits par deux, le tout selon les critères demandés par son mari, alimentant le soupçon de conflit d'intérêts. Raoult, très attaché au statut de « fondation » des IHU, est soutenu par le neuroscientifique Richard Frackowiak qui démissionne « avec fracas » le de la présidence du jury international des IHU déclarant : « J'avais vu les liens entre le ministère et l'Inserm. J'ai alors présenté ma démission en défendant le modèle des IHU et les 200 millions qu’on nous prenait. Finalement j’ai obtenu gain de cause car leur position était intenable »[198],[199].

En 2018, les labels de l'Inserm et du CNRS sont retirés aux unités de recherches de Dider Raoult, en raison d'une mauvaise évaluation par le Haut Conseil de l'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur (HCERES) et d'accusations de harcèlement à l'IHU[4],[200]. Ni Agnès Buzyn, ni Frédérique Vidal ne sont présentes à l'inauguration des nouveaux locaux[193].

Plus généralement il affiche un large mépris à l'encontre d'une partie de ses confrères et des journalistes[8].

Suspicions de fraude scientifique

Selon les chercheurs Leonid Schneider[201] et Elisabeth Bik[202], plusieurs articles publiés par Didier Raoult et ses équipes à partir de 2005 présentent des problèmes de méthodologie et de falsification ou manipulation des données[120],[4]. L'étude sur la Covid-19 qu'il a cosignée en février est aussi accusée d'être entachée de fraude[203]. À ce sujet, un aréopage de médecins issus de différentes universités internationales mentionne des problèmes avec les données mesurées et restituées, des mesures de PCR manquantes dans le groupe témoin car non effectuées ayant été remplacées par des données mesurées d'autres jours[153].

Interdiction temporaire de publication dans la revue American Society for Microbiology

En 2006, Didier Raoult et quatre de ses co-auteurs ont été interdit de publication dans les revues de la Société américaine de microbiologie (ASM), comme l'a révélé en 2012 un article sur Didier Raoult publié dans la revue Science[204],[120],[4]. La sanction fait suite à un de leurs articles publié en 2006 dans le journal Infection and Immunity, qui présentait avec la même figure des résultats d'expériences prétendument différentes[204], ce qui caractérise un manquement éthique selon les représentants de l'ASM[204]. En réponse à l'ASM, le deuxième et dernier auteurs ont plaidé une simple erreur et ont voulu en assumer la pleine responsabilité, expliquant qu'il n'avaient montré l'article aux autres auteurs alors en vacances[204]. L'ASM, non convaincue par les réponses apportées, a interdit aux cinq auteurs dont Didier Raoult de publier dans ses revues pendant une année[204]. Didier Raoult a fait appel de l’interdiction (sans succès), démissionné du panel éditorial de deux autres revues de l’ASM, annulé son adhésion et interdit aux membres de son laboratoire de publier dans les revues de l'ASM[204].

Publications et ouvrages

Nombre de publications et taux de citations

Didier Raoult est un fervent défenseur de la bibliométrie, dont il explique qu'elle permet de rationaliser la compétition entre les savants grâce à des algorithmes qui évaluent les chercheurs en quantifiant leurs publications et l'impact de celles-ci[71],[205]. Selon l'analyse du journaliste Benoit Gilles de Marsactu, il l'utilise comme un moyen de construire sa réputation et ses réseaux, en s'appuyant sur une stratégie de publication destinée à le placer au premier rang[205]. Didier Raoult a co-signé de très nombreux articles (plus de 3 000 dans sa carrière[71]), certains dans des revues très prestigieuses, mais l'immense majorité dans des revues à faible impact[71],[200], dont plusieurs centaines dans des revues éditées par ses propres collaborateurs[4],[200].

En 2008 il est classé parmi les dix premiers chercheurs français par la revue Nature en termes de nombre de publications comme de citations reprenant ses travaux[18]. Par ailleurs, selon la source ISI Web of Knowledge Didier Raoult est un des chercheurs qui publie le plus en France[32]. Début 2019, sur Google Scholar citations, il cumule plus de 135 397 citations et un indice h de 166[206]. En 2015, il figure dans le classement des 1 000 chercheurs scientifiques français les plus cités au monde (dont 69 Français selon lui)[31], « Highly Cited Researchers » de Clarivate Analytics (anciennement publiée par Thomson Reuters)[207], qui répertorie les chercheurs qui influencent le plus la recherche dans leurs domaines, et dont les publications sont parmi les 1 % des plus citées dans les revues académiques. En 2017, il y apparaît comme l'un des 99 microbiologistes mondiaux et l'un des 73 scientifiques français les plus cités[208],[209]. Il fait également partie de la liste des 400 auteurs les plus cités du domaine biomédical[210]. Selon l'analyse des publications de 2007 à 2013, par Kathleen Gransalke, pour Labtimes en février 2017, Didier Raoult apparaît au sommet du classement européen avec 18 128 citations[211].

Ce nombre élevé de publications est important pour le financement de l'IHU : le système d’interrogation de gestion, d’analyse des publications scientifiques (Sigaps) lie la dotation annuelle de chaque IHU au nombre de publications de ses chercheurs et praticiens[71],[212],[200]. En 2018, Didier Raoult expliquait : « Je rapporte au moins onze millions d’euros par an à l’AP-HM »[71].

Rapport

À la demande du ministre de la Santé, Jean-François Mattei, il rédige un rapport, publié en juillet 2003, visant à élaborer un plan d’action en cas d’attaque bioterroriste ou de retour d’épidémies[213]. Selon celui-ci, la France n'est pas préparée « à un problème d'épidémie massive »[214].

Livres publiés

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  • (en) Antimicrobial Agents and Intracellular Parasites. Boca Raton: CRC Press Book, 1993
  • Jean-Louis Mège, Didier Raoult et Jean-Pierre Revillard, Immunité et infection : concepts immunopathologiques et perspectives thérapeutiques, Paris, Arnette, , XII-448 p. (ISBN 2-7184-0855-3, notice BnF no FRBNF36698987).
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  • Dictionnaire de maladies infectieuses : diagnostic, épidémiologie, répartition géographique, taxonomie, symptomatologie, Paris, Editions scientifiques et médicales Elsevier, , 1162 p. (ISBN 978-2-84299-036-7, notice BnF no FRBNF38439044, lire en ligne)
  • Didier Raoult et Philippe Brouqui, Les rickettsioses, Paris, Elsevier, , 190 p. (ISBN 2-84299-064-1, notice BnF no FRBNF37002841, lire en ligne)
  • (en) Collectif: Yu VL, Merigan TC, Barriere SL, et al. Antimicrobial Therapy and Vaccines. Williams & Wilkins, 1998
  • Une ambition pour la recherche française, Paris, Association des amis de Jacques Chirac, coll. « Les Notes de l'Association des amis de Jacques Chirac », , 33 p. (ISBN 2-9513375-4-X, notice BnF no FRBNF37083883).
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  • De l'ignorance et de l'aveuglement : pour une science postmoderne Ebook Kindle, Amazon, 2012. (en) Of Ignorance and Blindness, 2013, Ebook Kindle, Amazon
  • Didier Raoult et Sabine Casalonga, Votre santé : tous les mensonges qu'on vous raconte et comment la science vous aide à y voir clair, Neuilly-sur-Seine, Éditions Michel Lafon, , 302 p. (ISBN 978-2-7499-2555-4, notice BnF no FRBNF44313859).
  • Arrêtons d'avoir peur ! : santé, environnement, climat, flux migratoires et société : la science vous aide à y voir clair, Neuilly-sur-Seine, Éditions Michel Lafon, , 347 p. (ISBN 978-2-7499-3003-9, notice BnF no FRBNF45031036, lire en ligne)
  • Mieux vaut guérir que prédire : santé, société, vivre ensemble, Neuilly-sur-Seine, Éditions Michel Lafon, , 280 p. (ISBN 978-2-7499-3149-4, notice BnF no FRBNF45184038, lire en ligne)
  • Didier Raoult et Olivia Recasens, La vérité sur les vaccins : tout ce que vous devez savoir pour faire le bon choix, Neuilly-sur-Seine, Éditions Michel Lafon, , 221 p. (ISBN 978-2-7499-3136-4, notice BnF no FRBNF45424036, lire en ligne)
  • Hervé Vaudoit, L'IHU méditerranée infection - Le défi de la recherche et de la médecine intégrée, Éditions Michel Lafon, , 267 p. (ISBN 9782749933832, lire en ligne [Kindle])
  • Didier Raoult, Epidémies : vrais dangers et fausses alertes, Éditions Michel Lafon, (ISBN 9782749944241)

Distinctions

Prix et récompenses

Décorations

Références

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Voir aussi

Liens externes

Articles connexes