Didier Deschamps

Didier Deschamps
Image illustrative de l'article Didier Deschamps
Deschamps avec l'Olympique de Marseille en 2011.
Situation actuelle
Équipe Drapeau : France France (sélectionneur)
Biographie
Nationalité Drapeau : France Français
Naissance (49 ans)
Lieu Bayonne
Taille 1,74 m (5 9)[1]
Période pro. 1985 - 2001
Poste Milieu défensif puis entraîneur
Parcours junior
Saisons Club
1976-1983 Drapeau : France Aviron bayonnais
1983-1985 Drapeau : France FC Nantes
Parcours professionnel 1
Saisons Club 0M.0(B.)
1985-1989 Drapeau : France FC Nantes 123 0(4)
1989-1994 Drapeau : France Olympique de Marseille 158 0(9)
1990-1991 Drapeau : France Girondins de Bordeaux 035 0(3)
1994-1999 Drapeau : Italie Juventus FC 180 0(4)
1999-2000 Drapeau : Angleterre Chelsea FC 047 0(1)
2000-2001 Drapeau : Espagne Valence CF 021 0(0)
Total 562 (21)
Sélections en équipe nationale 2
Années Équipe 0M.0(B.)
- Drapeau : France France minimes
- Drapeau : France France cadets
- Drapeau : France France juniors
1988-1989 Drapeau : France France espoirs 009 0(0)[2]
1989-2000 Drapeau : France France 103 0(4)
Équipes entraînées
Années Équipe Stats
2001-2005 Drapeau : France AS Monaco 47 %
2006-2007 Drapeau : Italie Juventus FC 67 %
2009-2012 Drapeau : France Olympique de Marseille 50 %
2012- Drapeau : France France 62 %
1 Compétitions officielles nationales et internationales.
2 Matchs officiels.
Dernière mise à jour : 3 avril 2017

Didier Deschamps, né le à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), est un footballeur international français reconverti en entraîneur.

Après avoir intégré le centre de formation du FC Nantes en 1983, il s'installe rapidement au poste de milieu défensif. Au terme des cinq années passées sous les couleurs nantaises, il est transféré à l'Olympique de Marseille. Prêté aux Girondins de Bordeaux lors de la saison 1990-1991, il revient à Marseille pour s'imposer et devenir capitaine du club. Avec l'OM, il remporte la Ligue des champions 1993 et deux titres de champion de France (1990 et 1992). En 1994, il rejoint la Juventus de Turin où il joue quatre finales européennes consécutives, remportant la Ligue des champions 1996 ainsi que trois Serie A (1995, 1997, 1998). En parallèle, appelé en équipe de France depuis 1989, il devient capitaine en 1994 (52 fois) et s'impose comme le relais sur le terrain de l'entraîneur Aimé Jacquet. Avec les Bleus, il gagne la Coupe du monde 1998 et le Championnat d'Europe 2000. Il signe à Chelsea en 1999, puis à Valence en 2000. À l'issue de la saison, il prend sa retraite de joueur. Joueur français de l'année en 1996, il est nommé au FIFA 100 (liste des meilleurs joueurs vivants) en 2004.

En 2001, il est nommé entraîneur de l'AS Monaco, club avec lequel il dispute la finale de Ligue des champions 2004. En 2006, il entraîne pendant une saison la Juventus reléguée administrativement en Serie B qu'il fait remonter malgré le retard de point. Après une pause de deux ans, il revient à l'OM où il remporte cinq titres sur huit possibles, dont celui de champion de France 2010. Ces résultats lui valent la distinction du meilleur entraîneur français de l'année à deux reprises (2003, 2010) par France Football et le trophée UNFP de meilleur entraîneur de Ligue 1 en 2004. Il quitte le club en 2012 pour prendre les rênes de l'équipe de France, qu'il emmène en quart de finale de la Coupe du monde 2014 au Brésil puis en finale de l'Euro 2016, perdue en prolongation face au Portugal (1-0).

Biographie

Jeunesse au Pays basque

Didier Deschamps naît à la clinique du quartier Lachepaillet, à Bayonne, et est le second fils de Pierre et Ginette. Les parents occupent avec Philippe, l’aîné de trois ans, une maison dans la campagne verdoyante du Pays basque. Ginette Deschamps est vendeuse de laine et son mari peintre en bâtiment à la Direction départementale de l’équipement. Pierre vit longtemps au rythme des rebonds amateurs du ballon ovale, troisième ligne aile sous le célèbre maillot du Biarritz Olympique. Sur les bancs du groupe scolaire Sutar, à Anglet, Didier est un élève calme et studieux. Une fois les devoirs finis, il s'empresse de jouer au ballon seul, avec ses voisins ou cousins. Pour autant, il ne veut pas intégrer un club de football : « J’aimais surtout jouer. J’avais quelques maillots, je regardais l’équipe de France à la télévision mais, pour moi, footballeur, c’était pas un métier ! » Didier préfère la nature au milieu de laquelle il grandit, explore, pêche puis se met à la chasse comme son père et son grand frère[3].

Deschamps essaye beaucoup de sports dont la pelote basque.

Puis, le gamin d’Anglet entre au collège catholique Saint-Bernard à Bayonne. Entre le catéchisme et la révision de ses cours, Didier découvre le sport avec ses amis. Il dribble à la récré, sur le petit terrain de l’établissement privé et s’essaie aussi à la natation, au cross-country et au demi-fond grâce à l’UNSS. En cinquième, dans la catégorie Minimes, il est sacré champion de France scolaires sur le 1 000 mètres. Didier touche aussi au handball, au saut en longueur et au rugby. Il déclare en 1985 : « J'ai arrêté le rugby lorsque je me suis aperçu qu'autour de moi, ils étaient beaucoup plus grands »[4]. Mais aussi aux parties de « mur à gauche », spécialité de pelote basque[5],[6], avec son père sur le fronton de Saint-Pierre-d'Irube. Il a onze ans quand il décide de tenter le football. « Je ne vais pas signer aux Genêts d’Anglet, lâche-t-il à ses parents sidérés. Aucun joueur ne sort de là-bas ! » L’Aviron Bayonnais, qu'il décide d'intégrer, a lui vu débuter Christian Sarramagna, Félix Lacuesta ou Jean-Louis Cazes[3].

Les dirigeants de l’Aviron sont tout de suite ébahis par Didier, Jacques Sorin en tête : « Il devait être Pupilles 2, mais il était grand, rapide et beaucoup plus costaud que les gamins de son âge. Il a tout de suite intégré l’équipe Minimes ». Attaquant, il inscrit but sur but. « Il s’est tout de suite transformé en patron sur le terrain, poursuit le dirigeant basque. Didier avait l’ascendant sur ses copains, même plus âgés. Il ne cherchait pas à s’imposer, c’était naturel chez lui ». Tout de suite surclassé, il connaît les différentes sélections : départementales, régionales et bientôt nationales. En Minimes 2, il endosse, en déplacement, son premier maillot bleu en Belgique (0-0). En bon capitaine, devenu milieu de terrain, il brandit en 1982 la Coupe nationale Minimes en Ligue d'Aquitaine. Une dizaine de clubs se manifestent, mais Pierre Garonnaire est le premier sur le coup. Le dénicheur de talents de l’AS Saint-Etienne lui propose une semaine de stage dans le Forez. « J’y suis allé avec Monsieur Sorin, pendant les vacances de Pâques. Les installations me plaisaient. Malheureusement, quelques jours après mon séjour stéphanois, l’affaire de la caisse noire a éclaté (avril 1982) ! »[3]

Guy Roux essaye de le faire venir à l'AJ Auxerre en vain.

Le contact est rompu avec l’ASSE et les Girondins de Bordeaux tentent alors une approche cavalière[note 1]. Plus tard, il répond à l’invitation du FC Nantes qui lui propose de venir assister à un match. Avec ses parents, Didier visite le centre de formation à La Jonelière. Le Basque s’installe à Nantes à l'été 1982, sans passer par l'AJ Auxerre qui, par l’intermédiaire de l’incontournable Guy Roux, multiplie les appels du pied. « Mes parents ont été formidables. Ils m’ont laissé choisir. J’ai opté pour le FCN parce que ce club me donnait des certitudes au niveau scolaire[6]. Mais, dans ma tête, les choses étaient désormais bien définies : je voulais décrocher un premier contrat professionnel »[3]. Il y côtoie Marcel Desailly qui sera plus tard son coéquipier à l'Olympique de Marseille, à Chelsea mais aussi en équipe de France.

Footballeur

Formation et débuts au FC Nantes (1983-1989)

À Nantes, Deschamps se lie d'amitié avec Marcel Desailly, qu'il retrouvera en Bleu et à Chelsea.

Didier Deschamps vit des premiers mois à Nantes pénibles. « Robert Budzynski m’avait fait trop de pub. Je passais pour le petit prodige et cela a suscité de la jalousie ». Timide et réservé, il est le souffre-douleur des plus anciens, dont certains ont quatre ans de plus que lui. L’hebdomadaire Pif Gadget lui consacre un article le présentant comme un grand espoir du football français, ce qui n'aide pas. Il vit en marge, s’enferme dans sa chambre après les entraînements, bosse une seconde qu’il prépare par correspondance. Il s’accroche et ne se plaint jamais pour ne pas affoler ses parents. Au bout de six mois, le jeune Deschamps est définitivement accepté. Il se lie d'amitié avec Marcel Desailly, le nouveau copain et bientôt le confident. Côté terrain, Didier débute avec les Cadets Nationaux de Raynald Denoueix, d’abord milieu de terrain, puis libéro. Il passe de deux entraînements par semaine à deux par jour. En 1984, il est finaliste de la Coupe Paul-Nicolas, contre Bordeaux, et demi-finaliste de la Gambardella la saison suivante. Chaque mois, ses parents montent faire le point avec Budzinski, le directeur sportif du FCN : « Il nous tenait régulièrement le même discours, raconte M. Deschamps. Si Didier n’a pas de pépins physiques, il sera pro et jouera en équipe de France ! »[7].

Pour son 1er match professionnel, il remplace Vahid Halilhodžić (ici en 2008).

À seize ans et demi, le jeune capitaine des Bleuets en Cadets se concentre sur l’essentiel et cravache. Outre le terrain, il garde le contact scolaire, en préparant un bac B (aujourd’hui filière ES) et peaufine son apprentissage balle au pied. Il dispute quelques matches alors en Division 4, avant d’intégrer l’équipe réserve en D3[7] où les jeunes Canaris terminent troisièmes du groupe Ouest à deux points du premier[8].

Au bout de deux ans de présence à Nantes, ses prestations en équipe B réussissent à convaincre Jean-Claude Suaudeau, entraîneur de l'équipe première, à l'intégrer au groupe professionnel à l'aube de la saison 1985-1986 où il côtoie les vedettes du club aux entraînements[8]. Le 27 septembre 1985, Didier effectue ses premiers dribbles en Division 1. « C’était à Brest, nous avions gagné 3-1, se remémore le sélectionneur. Je rentre vers la 20e minute, lorsque Vahid Halilhodžić se blesse. Une heure à ce niveau, ça m’a paru bien long ! » Le 11 décembre, le Basque remplace Loïc Amisse en Coupe de l’UEFA, pour les trois dernières minutes d’un Nantes-FK Spartak Moscou (1-1). Fort de ses sept apparitions au sein de l’élite, même s'il passe le plus clair de son temps en équipe réserve, l'équipe A finit vice-championne à trois points du PSG tout en ayant la meilleure défense avec 27 buts d'encaissés. Avec la réserve, Didier termine leader du groupe Ouest de D3 en ayant aussi la meilleure défense avec 18 buts d'encaissés[8]. Avec l'équipe des jeunes Canaris, il perd la finale de la coupe Gambardella contre l'AJ Auxerre[7] aux tirs au but (0-0 tab)[8].

La saison 1986-1987 voit le Bayonnais s'immiscer un peu plus dans le onze nantais en accumulant 19 présences sur les feuilles de match de l'élite où les Jaunes terminent à la douzième position. Il rajoute également à son actif deux rencontres européennes en disputant de nouveau la coupe UEFA où lui et ses partenaires ne dépassent pas le premier tour suite à leur défaite contre Torino (4-0 et 1-1). Avec l'équipe réserve nantaise, il participe à quelques rencontres du championnat de D3 où elle termine troisième du groupe Ouest avec la meilleure défense avec 22 buts d'encaissés. Pendant cette saison, Didier sort d'avantage en soirée. Budzinski lui dit d'en profiter à 18 ans du fait qu'il peut « se reprendre car à 24 ans c'est plus difficile ». À cette époque, il rencontre Claude, une bretonne de Concarneau qui effectue à Nantes des études d’orthophoniste et deviendra sa femme[7],[8].

Dès 1987, le protégé de Suaudeau paraphe son premier contrat professionnel et le voilà capitaine à 19 ans. Au poste de défenseur central, il avale une saison pleine et inscrit son premier but en L1, le 1er septembre 1987, contre l’Olympique de Marseille. « J’évoluais avec deux stoppeurs, Desailly et Antoine Kombouaré. Ce poste, je l’aimais bien. Il m’a beaucoup apporté par la suite, notamment parce qu’à l’époque, j’étais toujours face au jeu ». Recadré milieu défensif, on le compare alors à Henri Michel à La Beaujoire. Bien dans sa tête, Didier s’épanouit pleinement en jaune et vert malgré deux décès successifs dans sa famille[note 2],[7].

Il enchaîne par une bonne saison 1988-1989 durant laquelle il devient international français, convoqué par Michel Platini. Deschamps est capitaine du FCNA à seulement vingt ans[5] et déclare : « ça ne pose pas de problème d'être un si jeune capitaine. Sur le terrain, j'ai toujours beaucoup parlé, j'aime diriger mes partenaires. Chez moi, c'est naturel »[6]. Son appétit de victoires commence à le titiller mais, pour gagner, il faut quitter Nantes. En novembre 1989, Miroslav Blažević, alors entraîneur des Canaris, perd son homme majeur. Avec ses 131 matches en D1 (4 buts), Didier signe pour quatre ans à l’Olympique de Marseille[7].

Capitaine à l'Olympique de Marseille (1989-1994)

À l'OM, Deschamps est en conflit avec Tapie.

« En arrivant dans le sud, j’ai compris que je ne jouais plus le même championnat. A 21 ans, je quittais le cocon nantais pour me retrouver entouré de stars. J’étais déboussolé. En plus, les premiers contacts avec Bernard Tapie étaient compliqués, je n’arrivais pas à lui parler ! » Avec des coéquipiers comme Mozer, Papin ou Francescoli, Didier Deschamps ne parvient pas à se libérer. Ses débuts au stade Vélodrome sont hésitants. Pour sa première saison, il joue dix-sept bouts de matches en D1, une demi-finale européenne perdue contre Benfica Lisbonne pour ces débuts en C1 et remporte le titre de champion de France[7].

Pour la saison 1990-1991, il s'en va aux Girondins de Bordeaux, prêté pour une saison. Didier prend mal la nouvelle mais relève le défi. À peine arrivé, il subit une opération du triceps et des problèmes extra-sportifs viennent gangrener la vie du club. Cette saison 1990-1991, il connaît trois entraîneurs : Raymond Goethals, Gernot Rohr, puis Gérard Gili, et joue même deux mois gratuitement pour pouvoir partir[7]. Son coéquipier à Bordeaux, Christophe Dugarry explique au micro de Canal+ Sport qu’à son arrivée, Deschamps s’impose : « De suite, il s’occupe de tout. Il a envie de prendre des responsabilités. Il s’occupe un peu de tout, il participe à toutes les discussions et aux entraînements, il râle quand ça ne va pas et il replace »[5]. Didier, qui rêve d’une nouvelle chance sous le maillot olympien, entame un véritable bras de fer avec Tapie, le boss de l’OM. « Il voulait m’envoyer au PSG pour récupérer Jocelyn Angloma[8]. Alors, je l’ai appelé ! » Chez ses parents, Didier s’enferme dans une chambre et affronte son président au bout du fil. À force d'insister, Didier obtient le droit de rentrer à l'OM[7],[9].

Il rencontre Goethals (ici en 1977) en arrivant à Bordeaux avant de tout gagner avec lui à l'OM.

Deschamps gagne son pari. Il brille avec les Bleus lors de la campagne éliminatoire de l’Euro 1992 (huit matches, huit victoires) et s’affirme comme le ratisseur attitré de l’OM[7]. Le numéro 11[5] devient un cadre de l'équipe phocéenne en accumulant 44 rencontres toutes compétitions confondues pour quatre buts (tous en D1). Il est l'un des grands artisans du quatrième titre de champion de France consécutif de l'OM, son second personnel[7],[10], tout en ayant les meilleures attaques (67) et défenses (21). En coupe de France, les Olympiens atteignent les demi-finales qu'ils ne peuvent jouer contre le SC Bastia à cause de la catastrophe de Furiani. Le bémol de la saison de l'OM est son élimination dès le second tour de la coupe des Champions 4-4 score cumulé contre l'AC Sparta Prague (victoire 3-2 au stade Vélodrome et défaite 2-1 en République tchèque)[8].

Malgré l’échec français à l’Euro suédois, Didier, promu capitaine de l’OM suite au départ de Jean-Pierre Papin et à la place de Bernard Casoni[5], entre dans l’histoire le 26 mai 1993. Deschamps devient le premier capitaine d'une équipe française tout en étant le plus jeune (pas encore 25 ans) à soulever la Ligue des Champions[8]. À Munich, le club phocéen bat l’AC Milan (1-0). « Je n’oublierai jamais cette période de ma vie. Dans ce groupe, il y avait une vraie communion. Nous réussissons une saison extraordinaire. (...) Il y a la fête au Vélodrome, le défilé sur la Canebière et, malgré toute cette fatigue, on dynamite le PSG en championnat (3-1), dans le match du sacre »[7]. Les phocéens terminent pour la cinquième fois d'affilée champions de France tout en ayant la meilleure attaque (71)[8].

Mais l’affaire VA-OM éclate au grand jour. Le titre de champion de France 1993 est retiré aux Olympiens qui doivent entamer la saison 1993-1994 privés de Coupe d’Europe[7]. Malgré les secousses, l'ancien Bordelais décide de rester fidèle à Marseille et vit une saison plus que convenable avec une seconde place en championnat à huit points du PSG tout en ayant la meilleure attaque (56)[8].

Sur le toit de l'Europe à la Juventus (1994-1999)

Marcello Lippi est son entraîneur durant ses cinq ans à la Juve.

Le 6 mai 1994, il s’engage pour trois saisons avec le club italien de la Juventus de Turin[9]. Sur les bords du , la famille Deschamps s’installe sur une colline, à l’écart de la fourmilière industrielle. Une nouvelle épreuve commence pour le successeur de Michel Platini sous ce maillot bianconero. Blessé au tendon d'Achille, l’international français passe sur le billard. « J’ai dû m’arrêter six mois et j’ai eu peur de ne jamais retrouver mes moyens ». Le 19 février 1995, le milieu défensif est de retour. Il effectue ses débuts en Serie A face au SSC Naples (1-0). Son excellente prestation décide Marcello Lippi à le titulariser ensuite systématiquement dans son onze de départ. « Il possède une telle volonté de vaincre qu’il est très vite devenu un garçon indispensable dans notre groupe », se remémore Gianluca Vialli. À la fin de sa première saison, Deschamps et la Juventus s’offrent le doublé Coupe-Championnat. Deschamps, avec ses quatorze matches pour un but inscrit face au Parme AC, manque d’un rien un fabuleux triplé. Les Turinois échouent face à ce même Parme en finale de la Coupe UEFA. En Italie, il se transforme et progresse surtout techniquement et tactiquement. Associé à Antonio Conte, le Basque devient le relais sur le terrain de Marcello Lippi qui fait des deux hommes un duo de milieu de terrain complet[5].

Lors de la saison 1995-1996, il remporte sa seconde Ligue des champions contre l’Ajax Amsterdam (1-1 tab 4-2). Quelques jours avant, son fils Dylan naît[7]. L'ancien marseillais devient important au sein du onze de la Juve en accumulant quarante matchs toutes compétitions confondues pour deux buts en championnat et, en tant que titulaire, est vice-champion d'Italie[8]. Pendant l'été, Didier est demi-finaliste de l'Euro avec les Bleus[7].

En 1996-1997, Deschamps gagne avec les Bianconeri la Coupe intercontinentale et la Supercoupe de l'UEFA. Avec Zinédine Zidane, qui l’a rejoint au Stadio delle Alpi, il s’offre également deux Scudetti (1997 et 1998), mais s’incline à deux reprises en finale de la Champions League, face au Borussia Dortmund en 1996 (1-3), puis devant le Real Madrid CF l'année suivante (0-1)[7].

De retour de la Coupe du monde 1998, au bout de la saison, grosse déception : « Cette année suivant le titre suprême a été pénible à vivre. Les résultats ont été décevants avec la Juve. On n’a rien remporté et puis, il y a eu les enquêtes judiciaires liées aux affaires de dopage. Bref, j’ai ressenti une lassitude physique, mais aussi mentale »[7].

Fin de carrière à Chelsea puis Valence (1999-2001)

Didier Deschamps en août 2000.

Pendant l'été 1999, Didier est laissé libre par la Juventus et décide de tenter l'aventure dans un autre championnat. Il jette son dévolu sur la Premier League en s'engageant avec Chelsea dirigé par son ancien partenaire turinois, Gianluca Vialli, et où il y retrouve son ami Marcel Desailly. Les Blues ne finissent que cinquièmes en championnat et quart-finalistes de la Ligue des Champions. Deschamps rajoute tout de même un titre à son palmarès avec l'acquisition de la coupe d'Angleterre aux dépens d'Aston Villa[8],[10]. Avec les Bleus, il remporte l’Euro 2000 en Belgique et aux Pays-Bas[7].

Deschamps veut tenter un dernier challenge en signant en faveur de Valence CF[9], finaliste de la dernière C1, où il y retrouve son ancien équipier marseillais Jocelyn Angloma. Suite à quelques soucis physiques et une forte concurrence avec David Albelda et Ruben Baraja, l'ancien Turinois ne totalise que 21 rencontres toutes compétitions confondues. Il prend tout de même part à la cinquième position acquise en Liga tout en ayant la meilleure défense avec 34 buts d'encaissés et surtout à une nouvelle campagne de Ligue des Champions jusqu'en finale. Lors de la rencontre perdue aux tirs aux buts contre le Bayern Munich, Didier reste sur le banc. Au terme de cette saison 2000-2001, Deschamps décide de mettre un terme définitif à sa carrière alors qu'il approche de ses 33 ans[8].

Début 2001, la chaîne de télévision TPS lui confie une émission qui s'appelle Deschamps Contrechamp, une émission qu'il anime et dans laquelle il reçoit des invités du monde du football[11].

En sélection (1988-2000)

Débuts précoces et tristes (1988-1994)
Michel Platini fait débuter Deschamps en bleu.

Didier Deschamps connaît pratiquement toutes les équipes de France : minimes, cadets, juniors, espoirs et A[6] dont il est presque toujours capitaine[7]. Le 29 avril 1989 au Parc des Princes, face à la Yougoslavie (0-0) en éliminatoires de la Coupe du monde 1990, Didier Deschamps fait sa première apparition sous le maillot de l'équipe de France A. Michel Platini, alors sélectionneur des Bleus, le fait rentrer à la 74e minute à la place de Daniel Xuereb[12]. Le 11 octobre suivant, il signe son premier but avec les Bleus, toujours au Parc des Princes, face à l’Écosse (3-0). Avec la sélection dirigée par Platini, Didier n'est pas toujours titulaire mais fait néanmoins partie du groupe[7].

Après la non-qualification pour le Mondial 1990 puis son prêt à Bordeaux, Deschamps s’affirme comme le ratisseur attitré de l’OM en 1991-1992 et brille avec les Bleus lors de la campagne éliminatoire parfaite de l’Euro 1992 (huit matches, huit victoires)[13]. Mais la phase finale est un échec. En Suède, la France n'arrive pas à confirmer son parcours qualificatif et est éliminée dès le premier tour avec deux matchs nuls contre la Suède (1-1) et l'Angleterre (0-0) puis une défaite (1-2) contre le Danemark, futur vainqueur du tournoi[13]. Peu de temps après la compétition, Platini donne sa démission.

Après une saison réussie en club (champion de France et d'Europe avec l'OM), l'affaire VA-OM éclate au grand jour. L'équipe de France enchaîne les succès lors des éliminatoires de la Coupe du monde 1994, les Bleus semblent bien partis pour obtenir leur qualification. Mais ils s'effondrent dans la dernière ligne droite alors qu'un point lors des deux derniers matchs leur aurait suffi[14]; d'abord sur le score de (2-3) contre Israël (que les Tricolores battent 4-0 à l'aller), puis contre la Bulgarie (1-2), avec à chaque fois un but encaissé à la dernière minute[15], et ce, à domicile. « C’est peut-être l’année de trop. Après les auditions chez le juge, c’est la catastrophe avec l’équipe de France en novembre. Il y a ce France-Bulgarie qui nous prive de World Cup 1994. Ça, ça restera le point noir de ma carrière ! »[7].

Didier Deschamps s'affirme dès 1994 comme un homme clé du dispositif mis en place par le nouveau sélectionneur Aimé Jacquet qui trouve en lui le parfait relais de son discours auprès des joueurs. Deschamps est également l'un des interlocuteurs privilégiés du sélectionneur en dehors du terrain. Ses qualités pédagogiques et de meneur d'homme s'avèrent déterminantes.

Capitaine victorieux (1995-2000)
Aimé Jacquet fait de Deschamps son capitaine.

Devenu capitaine, Deschamps joue l'Euro 1996 avec les Bleus. En Angleterre, l’aventure s’arrête en demi-finales contre la République tchèque, aux tirs au but. Il déclare : « Nous sommes déçus et, à la fois, contents de rentrer, car le tournoi a été long. Une fois de plus, on est critiqués. Moi, je suis optimiste. Ce groupe est vivant et c’est plutôt bon signe pour l’avenir »[7].

En 1998, au top depuis trois ans avec la Juventus Turin, Deschamps veut plus et s’implique comme jamais aux côtés d’Aimé Jacquet, le sélectionneur des Bleus. « Dans le replacement comme dans le commandement verbal, Didier est capital, souffle le patron tricolore. C’est quand il n’est pas là qu’on mesure son importance ». Et le numéro 7 français répond présent. « Aimé est souvent venu à Turin pour discuter avec moi. À chaque visite, il me responsabilisait davantage »[7].

La France remporte la Coupe du monde. Deschamps en est un des principaux artisans, en donnant un cadre et une structure à l'équipe nationale[10]. Avant la compétition, le capitaine des Bleus semble donner des signes de fatigue. Mais devant l'échéance, Didier retrouve suffisamment de force pour réaliser une grande compétition. Hormis un passage à vide contre le Paraguay en huitième-de-finale et une certaine retenue face à la Croatie alors qu'il est sous le coup d'une suspension en cas d'avertissement, Deschamps est parfait dans son rôle de meneur d'homme et de ratisseur de ballon à toute épreuve. Lors de la finale, il réussit son meilleur match[16]. Face au Brésil, l’inoubliable 12 juillet 1998, Deschamps n’a pas besoin de puiser énormément pour motiver ses partenaires. « Pendant le trajet, de Clairefontaine au Stade de France, j’ai compris que cette finale ne nous échapperait pas. Il y avait une telle ferveur autour de nous que tous les gars étaient gonflés à bloc, galvanisés, prêts à livrer le match parfait. À la mi-temps (les Bleus mènent 2-0), je savais que c’était gagné. Ce jour-là, rien ne pouvait nous arriver ! » Presque toute sa famille est au stade sauf sa mère qui garde son fils qu'il s'empresse de retrouver. Le 17 juillet, une haie d’honneur de trente-cinq élèves de l’école de football de l’Aviron bayonnais fête le héros dont le stade est baptisé à son nom. Ils sont plus de deux mille sur la place de la Liberté[7].

Roger Lemerre le supplie de continuer en Bleu, en vain.

Pour sa centième sélection, le capitaine de l'équipe de France s'offre une qualification pour la finale du Championnat d'Europe 2000. Même gêné par des pépins physiques, il prouve lors de ce match contre le Portugal que son intelligence de jeu et son sens tactique sont indispensables aux Bleus[12]. Sur la lancée, il gagne également l'Euro 2000[10]. Au nez et à la barbe de ces Italiens qu’il a côtoyés pendant plusieurs mois, Didier soulève un nouveau trophée international sur la pelouse de Rotterdam (2-1 après prolongation). Après la remise de la coupe, le capitaine tricolore décide de stopper sa carrière internationale. Roger Lemerre le supplie de continuer, de poursuivre jusqu’au Mondial 2002 pour une éventuel second sacre au Japon. Mais Didier puise dans ses réserves depuis de longues semaines. Il veut aussi profiter de son fils, tout juste âgé de quatre ans et qu’il ne voit pas grandir[7].

Le 2 septembre 2000, Didier Deschamps se retire de l'équipe de France au terme d'un match amical contre l'Angleterre au Stade de France (1-1)[7]. Présent dans les duels, agressif, Deschamps perd très peu de ballons et ne manque pas sa sortie. En compagnie de Laurent Blanc et Bernard Lama, dont les carrières internationales prennent aussi fin, « La Desch » reçoit de Marie-George Buffet, ministre des sports, et Claude Simonet, président de la Fédération, un bouquet et une œuvre d'art : un serre-livre en cristal Lalique représentant un coq tricolore. Avec un match contre une sélection de la FIFA en août, le compteur de « DD » s'arrête à 103 sélections[17].

Entraîneur (depuis 2001)

Débuts prometteurs à l'AS Monaco (2001-2005)

Ludovic Giuly est déjà un cadre de l'équipe quand Deschamps prend l'équipe.

À peine les crampons raccrochés, à la croisée des chemins, le temps de se ressourcer chez lui à Anglet, au milieu des palombes et des goujons, et "DD" se lance dans une nouvelle vie. Personne ne tombe des nues et n’est surpris de le voir devenir entraîneur. Le 11 juin 2001, il signe pour quatre ans à l’AS Monaco[9] comme directeur technique[7]. Tout jeune retraité, Didier Deschamps passe donc de l’autre côté de la touche. Mais, au terme d’une saison sinueuse, Monaco termine 14e du championnat. L’équipe n’échappe que de trois points à la relégation et Deschamps se brouille avec Marco Simone. Deschamps doute profondément et son président, l’omnipotent Jean-Louis Campora, l’annonce même partant en juin 2002. À force de concession, l’ancien capitaine des Bleus sauve sa tête in extremis. En contrepartie, il doit accepter de travailler avec Jean Petit et Jean-Luc Ettori, venus le seconder. Le premier l’admet : « Sa première saison a été calamiteuse. Des joueurs aux dirigeants, tout le monde était contre lui ». Henri Biancheri, alors directeur sportif du club, apporte son éclaircissement : « Didier ne connaissait plus le football français et l’a peut-être sous-estimé. Mais, en type intelligent, il a vite rectifié le tir »[18].

Patrice Evra (ici en 2008) fait partie de la nouvelle vague monégasque créée par Deschamps.

Didier Deschamps en est convaincu : « Un entraîneur n’existe qu’à travers les résultats ! ». Après avoir fait écarter Simone[note 3], lui et son équipe remportent la victoire en Coupe de la Ligue 2003[10] contre le FC Sochaux (4-1)[18] et obtient une place de vice-champion à tout juste un petit point de l'Olympique lyonnais tout en ayant la meilleure attaque avec 66 buts d'inscrits[8].

Pour sa troisième saison sur le banc de l’ASM, Didier peut compter sur un groupe qui lui ressemble. Au milieu des joueurs issus de la formation, on retrouve des revanchards affamés qui vont faire de la scène européenne leur terrain de reconquête. Il met en place un jeu court qui va de l’avant, tout en verticalité, capable d’imposer un style offensif assumé. On loue le jeu sur les côtés, avec des paires qui s’entendent comme dans la cour d’école. D’un côté, Givet et Giuly à droite. De l’autre, Evra et Rothen à gauche. En pointe, Morientes, Nonda et Prso se régalent des offrandes de leurs partenaires de couloirs. En bon chef d'orchestre, Deschamps trouve les bons accords notamment en Ligue des champions. L'AS Monaco se retrouve ainsi sans trop de mal en quart de finale face au Real Madrid CF. Après avoir limité la casse à Santiago-Bernabéu (défaite 4-2), Monaco accueille les Merengues au retour. Dans le documentaire "Le périple rouge" diffusé sur Canal+, Deschamps booste idéalement ses hommes. Au coup de sifflet final, les hommes de Deschamps lèvent les bras (3-1). Au tour suivant, place à Chelsea. Gonflés à bloc, les Monégasques surprennent le club anglais (3-1) aux abords du port de Fontvieille. Au retour, l'ASM qui est pourtant menée 2-0 à Stamford Bridge, s’en sort encore car Ibarra puis Morientes font taire les supporters anglais médusés (2-2). Monaco tient sa finale de C1, et Deschamps n'y est pas pour rien. Le match contre le FC Porto est un duel entre deux jeunes loups aux dents déjà aiguisées, que sont alors Deschamps et José Mourinho. À Gelsenkirchen, la blessure prématurée de Giuly coupe l’élan d’un Monaco soudain conscient de l’enjeu. Finies l’insouciance et Deschamps ne trouve pas de remède (0-3)[18]. En championnat Monaco termine troisième derrière Lyon et le PSG[8].

La saison suivante, les tauliers sont partis (Morientes, Giuly, Rothen)[18] et l’ASM obtient une nouvelle troisième position en championnat, un huitième de finale en Ligue des champions et deux demi-finales en coupes nationales. L'aventure monégasque de Deschamps s'arrête en septembre 2005 à cause de résultats médiocres et surtout de l'élimination en Ligue des champions dès le troisième tour préliminaire[8].

Pour la coupe du monde 2006, Didier Deschamps rejoint la « Dream Team RMC », puis reste consultant pour la station de radio dans l'émission Luis Attaque aux côtés de Luis Fernandez chaque lundi pendant une demi-heure pour parler du football italien et de son club la Juventus.

Retour à la Juventus en Série B (2006-2007)

Après avoir joué à ses côtés, Del Piero est entraîné par Deschamps.

Après cette première expérience sur le banc au plus haut niveau, Deschamps respire et se ressource comme consultant d’une chaîne payante. Un retour en Italie l'attire. Quand se présente l’opportunité de prendre les rênes de la Juventus, le Basque ne tergiverse pas des heures. Même si les Bianconeri sont englués dans une sombre histoire de corruption d’arbitres et risquent une rétrogradation administrative. Malgré le risque de relégation, Deschamps signe chez la Vieille Dame le 10 juillet 2006. Finalement, non seulement la Juve est condamnée à la Serie B, mais subit aussi une pénalité de 17 points au classement (ramenée à 9 en octobre). En seconde division, le Basque peut s’appuyer sur un noyau dur des stars turinoises ayant fait le choix de rester (Buffon, Camoranesi, Trezeguet, Nedved, Del Piero)[5]. Malgré la sanction, le technicien français conduit le club piémontais vers la remontée immédiate au sein de l’élite italienne[10]. Les tifosi sont estomaqués par la discipline imposée et sa volonté de redorer le blason d’un club qui, durant de longs mois, a pataugé dans les eaux troubles du scandale. Il parvient à ce que le sportif a enfin repris le dessus[18].

Malgré ce retour express en Serie A, le divorce pointe. En désaccord avec le Directeur sportif juventino, Alessio Secco, Didier Deschamps met fin prématurément à sa mission sur les bords du . Des années après, au micro de "Sky Sports Italia", Didier déclare : « C’était une erreur de quitter la Juventus. Si je pouvais revenir à cet instant-là, je ne partirais plus ! Entraîner en Italie ? C’est toujours possible, même dans un autre club que la Juve. On ne sait jamais »[18].

Le président de la Ligue de football professionnel, Frédéric Thiriez, lui propose à l'automne 2007 de participer au projet Footpro 2012[Quoi ?]. Deschamps accepte cette proposition.

Après une année sabbatique, au cours de laquelle il est consultant sur la chaîne de télévision Canal+[18] de 2006 à 2009 entre autres dans l'émission le Canal Football Club le dimanche avec Hervé Mathoux aux commandes ainsi qu'aux commentaires de quelques matchs de Ligue 1 sur la chaîne cryptée, Didier Deschamps souhaite revenir sur un banc d'entraîneur.

En 2007, à la suite de sa démission de la Juventus, il intervient plus souvent dans Luis Attaque, une heure le lundi et une heure le jeudi. Après l'Euro 2008, Deschamps décide d'interrompre sa collaboration avec RMC.

Plusieurs titres à l'Olympique de Marseille (2009-2012)

Deschamps fait tout de suite venir Heinze.
Lucho Gonzalez, homme fort de l'OM de Deschamps.

Début mai 2009, l'Olympique de Marseille annonce que Didier Deschamps succède à Éric Gerets à la tête de l'équipe phocéenne[19]. Il prend ses fonctions d'entraîneur pour les deux années suivantes. Toutefois, sa nomination est fragilisée un temps à la suite du décès de l'actionnaire Robert Louis-Dreyfus et du départ de Pape Diouf, les deux hommes à l'origine de son arrivée à l'OM. Quelques jours plus tard, le nouveau président Jean-Claude Dassier, confirme Deschamps comme entraîneur[18].

Dès sa prise de fonction, Didier Deschamps recrute des joueurs expérimentés comme les internationaux argentins Lucho Gonzalez et Gabriel Heinze ainsi que Souleymane Diawara. L'OM joue rapidement les premiers rôles en championnat, l'équipe se maintient toujours dans les huit premières places. En coupe d'Europe, l'équipe qualifiée en Ligue des Champions est reversée en Ligue Europa où elle est sortie par le Benfica Lisbonne en huitième-de-finale. Fin mars, après un parcours sans fautes, Deschamps remporte la finale de la Coupe de la Ligue[10] 3-1 face aux Girondins de Bordeaux de son ex-coéquipier Laurent Blanc. Cette victoire, très attendue, brise la série de dix-sept ans (depuis 1993) sans titre majeur pour l'Olympique de Marseille. L'OM est ensuite sacré champion de France[10], deux journées avant la fin. Lors des trophées UNFP, Deschamps fait partie des quatre meilleurs entraîneurs de la saison en Ligue 1 mais est devancé par Jean Fernandez, entraineur de l'AJ Auxerre. Deschamps remporte le trophée France Football du meilleur entraîneur français 2010, trophée qu'il avait déjà remporté à l'issue de l'année 2003.

À l'ouverture de la saison 2010-2011, son équipe remporte le Trophée des champions[10] devant le Paris SG. De plus, l'OM se qualifie pour les huitièmes-de-finale de la Ligue des champions, onze ans après sa dernière qualification. Côté transferts, Niang et Ben Arfa quittent le club et sont remplacés par André-Pierre Gignac et Loïc Rémy. Après un début de saison compliqué en Ligue 1 et C1, l'OM redresse la tête et se qualifie pour les huitièmes-de-finale contre Manchester United. À l'inter-saison, Deschamps prolonge son contrat à l'Olympique de Marseille jusqu'en 2014 mettant ainsi fin aux rumeurs l'envoyant à Chelsea ou à l'AS Rome[20]. Éliminé par les Anglais (0-0 ; 2-1), l'Olympique de Marseille conserve la Coupe de la Ligue[10] (une première dans cette compétition), en l'emportant face à Montpellier sur le score de 1-0. Deschamps devient ainsi l'entraîneur le plus titré de la compétition. En championnat, le club phocéen termine vice-champion de France derrière le LOSC Lille.

Didier Deschamps, vainqueur du Trophée des Champions 2011.

L'OM 2011-2012 de Deschamps remporte de nouveau le Trophée des champions[10] face aux Lillois (5-4) dans un match riche en buts. Cependant, Deschamps et ses joueurs réalisent un très mauvais début de championnat (aucune victoire après 6 journées) et éprouve des difficultés à installer son nouveau style de jeu plus offensif[21]. La saison est marquée par une série de 13 matchs sans victoire en championnat, de février à mai, éloignant le club des places européennes[22]. Les Olympiens parviennent néanmoins à atteindre pour la première fois en 21 ans[note 4] les quarts de finale de la Ligue des champions après avoir éliminé l'Inter Milan mais butent sur le Bayern Munich[23]. Les Marseillais remportent pour la troisième fois consécutive la Coupe de la Ligue[10], victorieux de l'Olympique lyonnais sur le score de 1-0 après prolongation, s'assurant une place en Europa League[24]. Didier Deschamps devient ainsi le seul entraîneur à gagner à quatre reprises cette compétition et reste invaincu lors d'une finale au Stade de France.

La faiblesse des résultats en Ligue 1, classés seulement à la dixième place, et des tensions accrues avec le directeur sportif José Anigo marquent la fin de l'époque Deschamps à Marseille. Début juillet 2012, sans surprises, l'Olympique de Marseille et Didier Deschamps officialisent leur séparation, à l'amiable. Il touchera une indemnité de départ de 900 000 euros. [25],[26].

Sélectionneur de l'équipe de France (depuis 2012)

Lorsque Deschamps arrive, Évra (qu'il connaît de Monaco) est déjà un cadre des Bleus, et sur qui il s'appuie.

Laurent Blanc sur le départ du poste de sélectionneur de l'Équipe de France, Deschamps se met d’accord[27] avec Noël Le Graët, le président de la Fédération, pour un contrat de deux ans, reconductible en cas de qualification pour le Mondial 2014 au Brésil[28]. Dès sa première conférence de presse, le Basque veut faire le ménage. Le scandale de Knysna, aggravé par après les polémiques durant l'Euro 2012, irrite cet homme pour qui l’honneur de la patrie passe au-dessus de tout. « Les joueurs n’ont plus le droit à l’erreur », martèle un Deschamps, mâchoires serrées. Lui veut planter le décor d’entrée et imposer sa fermeté. « J’ose espérer que tout le monde ira dans le sens du collectif, de l’esprit de groupe, de la mentalité. Si j’estime qu’un joueur peut mettre en péril ces valeurs, ma fonction sera de trancher », prévient-il[29].

Pour sa première sortie sur le banc, lors d’un France-Uruguay au Havre (0-0), Didier ne révolutionne pas l’équipe. Il impose une charte de bonne conduite aux joueurs à Clairefontaine, avant d’intégrer de nouveaux joueurs dans le groupe[note 5]. Le début des éliminatoires en vue de la Coupe du monde 2014 est positif : les victoires en Finlande (1-0), puis contre la Biélorussie (3-1) rassurent. Sur le terrain, Deschamps s'appuie sur les cadres que sont Évra, Sakho, Cabaye, Valbuena et Ribéry, tandis que Karim Benzema fait face à une inefficacité chronique. Le 16 octobre 2012, les Bleus défient l’Espagne, championne du monde en titre et double championne d’Europe, chez elle. La France revient de Madrid avec le point du match nul (1-1). Le sélectionneur veut alors surfer sur une adhésion populaire retrouvée. Dans son esprit, impossible de franchir les étapes et d’atteindre le firmament sans le soutien de tout un pays. L’année s’achève par une victoire (2-1) en match amical contre une Italie surprise par la nouvelle assurance de Français redevenus conquérants[29].

Deschamps fait débuter Pogba en bleu.

Au printemps 2013, malgré l’avènement de Raphaël Varane et de Paul Pogba, les Bleus sont à l’arrêt en amical contre l’Allemagne au Stade de France (1-2) et, plus grave, contre l'Espagne revancharde (0-1), pour les qualifications au Mondial. En emmenant, en juin, son équipe en tournée sud-américaine, Didier Deschamps veut lui offrir la possibilité de réaffirmer sa cohésion. La virée se passe mal avec deux échecs en Uruguay (0-1), mais surtout au Brésil (0-3). Les Bleus doivent ensuite boucler leur parcours éliminatoire. Après avoir calé contre la Géorgie (0-0), et être sorti du piège biélorusse (4-2), la conclusion contre la Finlande rassure (3-0). Mais la France est devancée au classement par l’Espagne et doit franchir les matchs de barrages. Le 15 novembre 2013 à Kiev contre l'Ukraine, les Bleus déjouent (0-2). Le lendemain midi, au moment de la collation, Deschamps prend la parole. « Unité nationale, drapeau, révolte », le sélectionneur use d’un vocabulaire qui fait mouche. Jamais une équipe en barrages n’a remonté deux buts pour se qualifier. Au mental, la France arrache tout. Un but de Karim Benzema, mais surtout le doublé de Mamadou Sakho (3-0) envoient les Coqs au Brésil. Le patron des Bleus est porté en triomphe par ses hommes[29]. Ayant ainsi réussi son premier objectif, Deschamps est prolongé jusqu'à l'Euro 2016[30].

Avec un pouvoir accru et une légitimité renforcée, Didier Deschamps tranche quand arrive la date de communiquer sa liste des 23 pour le Mondial. « Je sais que sélectionner, c’est éliminer. Je sais que je vais faire des gens heureux, mais aussi des mécontents. J’assume mon rôle ». Il veut que son équipe soit la plus ambitieuse possible. Le patron exige que ses hommes se rapprochent des supporters, mais aussi des médias. Le premier tour se déroule comme dans un rêve. Le Honduras (3-0) et la Suisse (5-2) ne résistent pas, marquant 5 buts en un seul match de Coupe du monde pour la première fois depuis 1958. Après les étapes équatorienne (0-0), ce qui lui permet de terminer à la première place du groupe E, et nigériane (2-0) en huitième bien négociées, un quart de finale légendaire contre l'Allemagne se présente. L’expérience du très haut niveau des joueurs de la Nationalmannschaft fait la différence (0-1). « Il y a beaucoup de déception, de frustration, parce qu’on avait l’ambition de franchir ce tour, regrette après coup Deschamps. (…) Il nous a manqué de l’efficacité et de la réussite. J’ai un groupe très jeune, qui a fait de très bonnes choses ici, au Brésil. Il ne faut pas oublier ce que l’on a fait »[29].

Cabella et Griezmann contre l'Arménie en 2014, deux joueurs intégrés en Bleu par Deschamps

Qualifiée d’office en tant qu'organisateur de l'Euro 2016, l’équipe de France en est réduite à ne disputer que des matches amicaux durant deux ans. Le 12 février 2015, Deschamps prolonge son contrat avec l'équipe de France jusqu'en 2018. Profitant de ces figures imposées, Didier lance dans le grand bain quelques jeunes prometteurs au fil des mois[note 6] et en relancent d'autres[note 7]. Après les calamiteuses sorties de juin 2015 (Belgique 3-4, Albanie 0-1) et une nouvelle piqûre de rappel du sélectionneur, les Bleus repartent de l’avant à l’automne: quatre victoires au Portugal (1-0), contre la Serbie (2-1), l’Arménie (4-0) et le Danemark (2-1), avant les retrouvailles avec l’Allemagne mi-novembre. Le début du stage est pollué par une affaire de "sextape" et le sélectionneur ne convoque ni Benzema, ni Valbuena, irrité par ces nouveaux soubresauts. Pendant ce France-Allemagne pourtant bien négocié (2-0), les attentats de Paris et aux alentours du Stade de France changent la donne. Depuis Wembley quelques jours plus tard, et malgré une défaite anecdotique contre l'Angleterre (0-2), le sélectionneur et ses hommes sont définitivement soudés[29].

Quatre mois plus tard, malgré les attentats de Bruxelles cette fois, non loin de là à Amsterdam, les Bleus disputent le premier de leurs deux derniers matches amicaux avant l’annonce fatidique des joueurs sélectionnés pour l’Euro. Et que ce soit face aux Pays-Bas (3-2), ou face à la Russie (4-2), Didier Deschamps est rassuré de pouvoir compter sur des attaquants en pleine forme, ce qui finit de le convaincre au moment de se prononcer sur le cas Benzema, avec le président de la FFF Noël Le Graët. Toujours soucieux de « prendre les meilleurs », le sélectionneur fait une entorse à cette règle. Comme il l’a souvent fait tout au long de sa carrière, que ce soit en tant que joueur ou en tant qu’entraîneur, il favorise le collectif avec un seul et unique objectif : gagner[29].

L'Euro 2016 des français débute par une victoire 2 à 1 en match d'ouverture au Stade de France face à la Roumanie. Cinq jours plus tard, ils parviennent péniblement a battre l'Albanie, au Vélodrome, 2 à 0, et ainsi assurer sa place en huitième de finale de la compétition. Le troisième match contre la Suisse se soldera par un score nul et vierge, permettant aux hommes de Deschamps de finir en tête de leur groupe. En huitième de finale, ils héritent de l'Irlande. Malgré l'ouverture du score précoce des irlandais sur pénalty, les Bleus parviennent a renverser la tendance, grâce notamment à un Antoine Griezmann étincellant. Les Bleus battent l'Irlande 2 à 1 et se hisse en quart de finale de son euro. Face à un adversaire innatendu, l'Islande, les hommes de Didier Deschamps font le métier, et se qualifient pour les demies finales, en disposant de leur adversaire du soir par 5 à 2. Dans un stade Vélodrome plein a craquer et une ambiance de folie, les Bleus parviennent a éliminer les champions du monde en titre allemands grâce à un doublé d'Antoine Griezmann. Les Bleus qualifient la France pour la finale de son Euro. Hélas, elle passera à côté d'un troisième titre de champion d'Europe, en s'inclinant face au Portugal 1 à 0 après prolongation : une frappe des vingt-cinq mètres, imparable, d'Eder.

Après une victoire en amical contre l'Italie 3 à 2, les Bleus débutent leur campagne de qualification pour la Coupe du monde 2018 par un match nul face à la Biélorussie (0-0), avant d’enchaîner par trois victoires consécutives face à la Bulgarie, au Stade de France (4-1), les Pays-Bas à Amsterdam (0-1), puis face à la Suède, dans un match étriqué, que les Bleus remporteront finalement (2-1). Les Bleus terminent l'année 2016 par un match nul et vierge à Lens contre la Côte d'Ivoire.

Les Bleus entament l'année 2017 par une victoire au Luxembourg 3 à 1. Ce match est marqué par la première sélection de Kylian Mbappé. Trois jours plus tard, les hommes de Deschamps seront sèchement battus au Stade de France par l'Espagne (0-2), match durant lequel l'arbitrage vidéo est utilisé pour la première fois lors d'une rencontre internationale. Lors de la trêve internationale suivante, après un match amical facilement gagné à Rennes 5 à 0 face au Paraguay , les Bleus s'inclinent en Suède à cause d'une erreur de Hugo Lloris dans les dernières secondes. Il rate son dégagement et Ola Toïvonen en profite pour ajuster depuis le rond centrale un lobe millimétré, qui atterrit dans le but vide de Lloris. Cette défaite a de lourdes conséquences pour les Bleus : elle relance totalement le groupe et la Suède prend la tête de ce dernier, devant les Bleus, à égalité de point mais avec une différence de buts favorable. Les Pays Bas sont également relancés grâce à sa large victoire sur le Luxembourg 5 à 0. Les Bleus terminent leur saison par une victoire au stade de France 3 à 2 face aux anglais, mais l'émotion était ailleurs, puisque ce match à eu lieux quelques jours avec les attentats de Manchester. Comme les Anglais l'ont fait en 2015, le God Save the Queen été chanté par tous le Stade de France. Les Bleus battent les Anglais (3-2), malgré une réduction de l'effectif tricolore à 10 contre 11 à la suite d'une exclusion.

En septembre, les Bleus signent une performance de haute volée en infligeant une correction au Pays-Bas (4-0). Thomas Lemar se distingue en inscrivant une superbe reprise de volée. Mais trois jours plus tard, au Stadium de Toulouse, les Bleus n'arrivent pas à perforer le bloc Luxembourgeois. Le match se solde par un score nul et vierge, ce qui constitue une trés belle performance pour les Luxembourgeois, et une cuisante désillusion pour les hommes de Deschamps, qui espéraient prendre ses distances au classement par rapport à la Suède avant un déplacement piégeu en Bulgarie. En octobre, grâce à un but en tout début de match de Blaise Matuidi, les Bleus s'imposent à Sofia (1-0), malgré une performance générale terne, puis ils gagnent leur dernière rencontre au Stade de France en dominant la Biélorussie 2 à 1. Les Bleus terminent en tête de leur groupe, et participeront ainsi à la prochaine Coupe du monde en Russie.

Le 31 octobre, la Fédération française de football annonce la prolongation du contrat de Didier Deschamps pour deux annnées supplémentaires, jusqu'à l'Euro 2020. L'objectif affiché pour ce mondial est la demie finale, même si Noël Le Graët précise qu'il ira au bout de son contrat, quel que soit le résultat de l'équipe de France en Russie.

Style de jeu

Milieu récupérateur leader d'équipe

Didier Deschamps devient titulaire en Division 1 lors de la saison 1988-1989, au poste de libéro, et international français, comme milieu défensif. En octobre 1989, il déclare : « Libéro, cela convient peut-être plus à mes qualités. (...) En sélection, Platini pense que je peux apporter plus dans l'entre-jeu. Mon rôle est plus limité et obscur, mais je joue pour la collectivité »[6].

Didier Deschamps était un joueur au style défensif réputé pour ne rien lâcher, très conquérant à la perte du ballon. Dès ses débuts au FC Nantes, Deschamps se révèle être un joueur volontaire avec une forte personnalité. Milieu défensif, il se montre très vite entreprenant, ayant un rôle clé dans le jeu. Il récupère ainsi beaucoup de ballons et témoigne d'un tempérament d'organisateur et de relanceur hors pair. Il n'a certes pas la créativité de Zidane, mais il dispose de qualités d'endurance, de relance et d'organisation du jeu, essentielles pour une gestion au plus haut niveau.

Très tôt, dès ses 20 ans à Nantes, Deschamps est capitaine. « Çà ne pose pas de problème d'être un si jeune capitaine. Sur le terrain, j'ai toujours beaucoup parlé, j'aime diriger mes partenaires. Chez moi, c'est naturel »[6]. En leur temps, Eric Cantona, David Ginola et quelques autres se plaignent des manœuvres de la "Dèche" pour, juste avant le Mondial 1998, les évincer des Bleus. Ses plus farouches opposants le considèrent, sous son côté chambreur de façade, hautain, voire d’une rigidité maladive et peu enclin à faire de concessions[18]. Le joueur reste dans la mémoire des supporters des Bleus comme le meneur d'hommes, le patron, doté d'une forte personnalité et d'une vraie intelligence de jeu (compréhension, anticipation, organisation). Il a fortement contribué à créer une cohésion d'équipe au sein du groupe et réussit pendant plusieurs années à donner une identité forte à l'équipe de France.

Homme de dialogue, gagneur-né et leader naturel, Didier Deschamps est un atout à chaque équipe sur et en dehors du terrain. Avec son intelligence tactique et sa lecture du jeu, son volume physique et son inlassable activité, ce récupérateur-relanceur de ballon est un élément indispensable de l'équipe de France lors de ses grandes victoires. Son jeu de tête et sa frappe de balle sont ses points faibles[31].

Entraîneur : jeu court et offensif

Guy Stéphan, son fidèle adjoint depuis 2009 à l'OM.

Une fois imposé sur le banc de Monaco, Deschamps sait que ce n’est qu’une étape. Dans son rôle d’adjoint, Jean Petit le sait mieux que quiconque : « Didier sera un grand entraîneur dans un grand club. Il apprend vite, anticipe et connaît le foot. On sent l’empreinte d’Aimé Jacquet de Marcello Lippi. Il a la même idée du sérieux, du travail et de la droiture qu’un Arsène Wenger, mais en plus nerveux, plus réactif ». Il met en place un jeu court qui va de l’avant, tout en verticalité, capable d’imposer un style offensif assumé. On loue le jeu sur les côtés, avec des paires qui s’entendent comme dans la cour d’école[18].

À Turin, les tifosi sont estomaqués par la discipline imposée et sa volonté de redorer le blason d’un club qui, durant de longs mois, a pataugé dans les eaux troubles du scandale. Il parvient à ce que le sportif a enfin repris le dessus[18].

Avec l'Olympique de Marseille, Deschamps instaure un schéma en 4-3-3 en s'appuyant sur un jeu physique, basé sur une ligne arrière très athlétique, relayé rapidement vers une attaque rapide menée par son capitaine et meilleur buteur Mamadou Niang[32]. Le coach marseillais réussit également à imposer Stéphane Mbia (auparavant milieu défensif) en position d'arrière central et à construire une défense physique et solide.

Avec l'équipe de France durant l'Euro 2016, il alterne de dispositif : le traditionnel 4-3-3 et le 4-4-2 utilisé à partir de la deuxième mi-temps du huitième de finale face à la République d'Irlande.

Statistiques

Statistiques de joueur

Générales

Statistiques de Didier Deschamps au 30 juin 2006[33]
Saison Club Championnat Coupe(s) nationale(s) Supercoupe Compétition(s)
continentale(s)
Supercoupe de l'UEFA Coupe intercontinentale Drapeau : France France Total
Division M B M B M B C M B M B M B M B M B
1985-1986 Drapeau de la France FC Nantes D1 7 - - - - - C3 1 - - - - - - - 8 0
1986-1987 Drapeau de la France FC Nantes D1 19 - 1 - - - C3 2 - - - - - - - 22 0
1987-1988 Drapeau de la France FC Nantes D1 30 2 3 - - - - - - - - - - - - 33 2
1988-1989 Drapeau de la France FC Nantes D1 36 1 5 - - - - - - - - - - 1 - 42 1
1989-1990 Drapeau de la France FC Nantes D1 19 1 - - - - - - - - - - - 3 1 22 2
Sous-total 111 4 9 0 0 0 - 3 0 0 0 0 0 4 1 127 5
1989-1990 Drapeau de la France Olympique de Marseille D1 17 1 5 3 - - C1 4 - - - - - 4 2 30 6
1990-1991 Drapeau de la France Girondins de Bordeaux (prêt) D1 29 3 1 - - - C3 5 - - - - - 5 - 40 3
1991-1992 Drapeau de la France Olympique de Marseille D1 36 4 4 - - - C1 4 - - - - - 11 - 55 4
1992-1993 Drapeau de la France Olympique de Marseille D1 36 1 3 - - - C1 11 - - - - - 7 - 57 1
1993-1994 Drapeau de la France Olympique de Marseille D1 34 - 4 - - - - - - - - - - 8 - 46 0
Sous-total 123 6 16 3 0 0 - 19 0 0 0 0 0 30 2 188 11
1994-1995 Drapeau de l'Italie Juventus FC Serie A 14 1 3 - - - C3 6 - - - - - 2 - 25 1
1995-1996 Drapeau de l'Italie Juventus FC Serie A 30 2 1 - 1 - C1 10 - - - - - 13 - 55 2
1996-1997 Drapeau de l'Italie Juventus FC Serie A 26 1 3 - - - C1 10 - 1 - 1 - 7 1 48 2
1997-1998 Drapeau de l'Italie Juventus FC Serie A 25 - - - 1 - C1 8 - - - - - 15 - 49 0
1998-1999 Drapeau de l'Italie Juventus FC Serie A 29 - 1 - 1 - C1 9 - - - - - 9 - 49 0
Sous-total 124 4 8 0 3 0 - 43 0 1 0 1 0 46 1 226 5
1999-2000 Drapeau de l'Angleterre Chelsea FC PL 27 - 6 - - - C1 14 1 - - - - 16 - 63 1
2000-2001 Drapeau de l'Espagne Valencia CF Liga 13 - 1 - - - C1 7 - - - - - 2 - 23 0
Total sur la carrière 427 17 41 3 3 0 - 89 1 1 0 1 0 103 4 665 25

En équipe de France

  • 103 sélections[9] : 68 victoires, 23 nuls, 12 défaites - 4 buts
  • 1er match le 29 avril 1989 : Drapeau : France France - Drapeau : République fédérative socialiste de Yougoslavie Yougoslavie (0-0)
  • Dernier match le 2 septembre 2000 : Drapeau : France France - Drapeau : Angleterre Angleterre (1-1)
  • 52 fois capitaine
Buts internationaux
# Date Lieu Adversaire Score Résultats Compétitions
1 Paris, France Drapeau : Écosse Écosse 1-0 2-0 Éliminatoires de la Coupe du monde 1990
2 Toulouse, France Drapeau : Chypre Chypre 1-0 2-0 Éliminatoires de la Coupe du monde 1990
3 Koweït City, Koweït Drapeau : Allemagne de l'Est Allemagne de l'Est 3-0 3-0 Match amical
4 Braga, Portugal Drapeau : Portugal Portugal 1-0 2-0 Match amical

Statistiques d'entraîneur

Statistiques de Didier Deschamps comme entraîneur (màj : 14/11/2017)
Saison Club Division Matchs Victoires Nuls Défaites  % Victoires
2001-2002 Drapeau : France AS Monaco D1 41 14 13 14 34,10
2002-2003 Drapeau : France AS Monaco Ligue 1 44 24 10 10 54,50
2003-2004 Drapeau : France AS Monaco Ligue 1 56 29 16 11 51,80
2004-2005 Drapeau : France AS Monaco Ligue 1 57 28 18 11 49,10
Sept 2005 Drapeau : France AS Monaco Ligue 1 10 3 2 5 30,00
Sous-total 208 98 59 51 47,11
2006-2007 Drapeau : Italie Juventus FC Serie B 45 30 11 4 66,70
2009-2010 Drapeau : France Olympique de Marseille Ligue 1 54 32 11 11 60,00
2010-2011 Drapeau : France Olympique de Marseille Ligue 1 52 26 17 9 50,00
2011-2012 Drapeau : France Olympique de Marseille Ligue 1 57 24 13 20 42,11
Sous-total 163 82 41 40 50.30
2012 - 2013 Drapeau : France Équipe de France - 11 4 2 5 36,36
2013 - 2014 Drapeau : France Équipe de France - 16 10 4 2 62,50
2014 - 2015 Drapeau : France Équipe de France - 10 5 2 3 50,00
2015 - 2016 Drapeau : France Équipe de France - 17 14 1 2 82,35
2016 - 2017 Drapeau : France Équipe de France - 17 11 4 2 66,66
Sous-total 71 44 13 14 61.90
Total sur la carrière 479 249 122 108 51.98

Palmarès

Palmarès de joueur

Dans son mémo-foot du début de saison 1999-2000, Eugène Saccomano fait paraitre un classement mondial des plus beaux palmarès internationaux de tous les temps, établi sur la base d'un barème de point. Avant de gagner la Coupe d'Angleterre 2000 et l'Euro 2000, Deschamps est à la dix-septième place. Premier français, il est aussi le troisième joueur en activité derrière Maldini et Matthäus[12].

Avec le FC Nantes, il est finaliste de la Coupe Gambardella en 1986 et vice-champion de France lors de la même saison. Avec l'Olympique de Marseille ensuite il remporte la Ligue des champions en 1993 en battant le Milan AC 1-0[10]. Il est Champion de France en 1990 et en 1992[10] et vice-champion de France lors de la saison 1993-1994. Avec la Juventus, il remporte de nouveau la Ligue des Champions en 1996 aux tirs aux buts contre l'Ajax Amsterdam[10] et il est ensuite finaliste de l'épreuve en 1997 et 1998 battu par le Borussia Dortmund et le Real Madrid. Il remporte également la Coupe intercontinentale en 1996 contre River Plate[10] et la Supercoupe d'Europe en 1996[10] sur un large total de 9-1 (match aller-retour) contre le PSG. Il est également finaliste de la Coupe de l'UEFA en 1995 contre Parme. Au niveau national, il est Champion d'Italie en 1995, 1997 et 1998[10], remporte la Coupe d'Italie en 1995 contre Parme[10], la Supercoupe d'Italie en 1995 contre Parme (1-0) et 1997 contre Vicence Calcio (3-0). Il remporte également le Trophée amical Luigi Berlusconi en 1995 et en 1998. Il remporte ensuite la Coupe d'Angleterre en 2000 avec le Chelsea FC en battant Aston Villa 1-0. Lors de sa saison avec le Valence CF, il sera finaliste de la Ligue des Champions en 2001 pour la cinquième fois de sa carrière mais échouera contre le Bayern Munich.

En 103 sélections, il sera le joueur qui a porté le plus souvent le brassard de capitaine en le portant à 52 reprises avec l'Équipe de France entre 1989 et 2000. Il remporte la Coupe du monde en 1998 en battant le Brésil 3-0 et deux ans plus tard, il est Champion d'Europe en 2000 en battant l'Italie grâce au but en or. Il remporte également des tournois amicaux comme la Coupe Kirin en 1994 et le Tournoi Hassan-II en 1998 et en 2000.

En 1989, il est la révélation de l'année France Football[34] et Joueur français de l'année en 1996[34]. En 1998, il est fait chevalier de la Légion d'honneur et remporte le prix Orange France Football en 2001. Il est nommé au FIFA 100 (125 meilleurs joueurs vivants de tous les temps) en 2004[35].

Palmarès d'entraîneur

Avec l'AS Monaco, il remporte la Coupe de la Ligue en 2003[10] et il est finaliste de la Ligue des champions en 2004 battu par le FC Porto[36]. Avec la Juventus, il est Champion d'Italie de Série B en 2007. De retour à l'Olympique de Marseille après y être passé en tant que joueur, il met fin à une disette de 17 ans sans trophée à l'OM en étant Champion de France en 2010[10]. Il est vice-champion de France la saison suivante. Il remporte la Coupe de la Ligue en 2010 (3-1 contre les Girondins de Bordeaux), 2011 (1-0 contre le Montpellier Hérault Sport Club) et 2012 (1-0 contre l'Olympique lyonnais)[10] et le Trophée des champions en 2010 et 2011[10]. En tant que sélectionneur de l'équipe de France, il atteint la finale de l'Euro 2016, battu par le Portugal.

Il est élu entraîneur français de l'année France Football en 2003 et en 2010 et remporte le Trophée UNFP du meilleur entraîneur de Ligue 1 en 2004. Il reçoit le RMC Sport Award du manager sportif de l'année 2016[37].

Hommages

En son honneur, l'Aviron Bayonnais Football Club renomme en juillet 2000 son stade en stade Didier-Deschamps. L'ancien nom de ce stade d'une capacité de 3 000 places, dont 1 500 assises, est stade du grand basque. C'est à l'Aviron Bayonnais que Didier Deschamps fait ses premiers pas dans le football dans la catégorie benjamins à la fin des années 1970[38],[39]. Un deuxième stade portant le nom du joueur se trouve dans le département du Nord. Le samedi 31 août 2002, la commune d'Halluin rebaptise le stade principal de la ville en stade Didier-Deschamps en présence du joueur[40].

Notes et références

Notes

  1. Culottés et un rien provocateurs, Claude Bez et Didier Couécou déboulent à Bayonne un dimanche matin. En limousine, cigare au bec. Du classique avec le président girondin, dans son pur style Al Capone du ballon rond, et son Directeur sportif. « Combien voulez-vous pour votre fils ? », demandent-ils au chef de famille. Son père est choqué que désemparé. Le grand-père, lui, s’insurge devant de telles pratiques : «Dans le foot, ce sont tous des maquignons !» Et, déjà mature, Didier tranche : « Bordeaux, de toute façon, c’est trop près ! »
  2. Le 21 décembre 1988, le téléphone sonne à Concarneau. Chez ses beaux-parents, Didier apprend la disparition de son frère aîné. L’avion Bruxelles-Bordeaux, dans lequel se trouvait Philippe, s’est écrasé. Bouleversé, le cadet doit vite rejoindre les siens au Pays basque. Trois jours plus tard, c’est le père de Claude, sa compagne, qui, choqué par le drame, succombe à une crise cardiaque.
  3. En novembre 2002, lors d’un match contre Le Havre, son gardien Flavio Roma est expulsé. Le coach sort Marco Simone, ulcéré. L’altercation entre les deux hommes est violente. « Tu ne me serres plus la main, l’invective le Milanais. Tu n’es pas un homme, tu es une m… ! » Le sort de l’Italien est scellé. Pourtant premier défenseur de Simone, Jean-Louis Campora n’a d’autre choix que de soutenir son entraîneur. « Ma plus grande erreur de coach a été de confirmer l’Italien capitaine à mon arrivée », balance Deschamps à propos d’un Simone soudainement tricard.
  4. Le dernier quart de finale disputé remonte à 1991 ; en 1993, le club remporte certes l'épreuve, mais la formule de la compétition ne comporte alors pas de quarts de finale.
  5. Deschamps fait débuter en équipe de France Christophe Jallet, Mapou Yanga-Mbiwa, Etienne Capoue et Raphaël Varane.
  6. En 2015, Deschamps intègre Layvin Kurzawa, Kurt Zouma, Nabil Fekir, Paul-Georges Ntep, Anthony Martial et Kingsley Coman aux Bleus.
  7. En 2015, Deschamps relance Hatem Ben Arfa, André-Pierre Gignac, Lassana Diarra en Bleu.

Références

  1. Didier Deschamps sur le site de L'Équipe.
  2. « France - U-21 - International Results - Details », sur rsssf.com (consulté le 5 juin 2016)
  3. a, b, c et d « Didier Deschamps : une vie en bleu, les racines », sur sport.francetvinfo.fr (consulté le 27 juin 2017)
  4. France Football, p. 12, no 2064, 29 octobre 1985.
  5. a, b, c, d, e, f et g « Le portrait du jour : Didier Deschamps », sur ruedufootball.com, (consulté le 28 juin 2017)
  6. a, b, c, d, e et f Thierry Hubac, « Didier Deschamps, le jeune patron », Onze Mondial,‎ , p. 31-33
  7. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v, w, x, y, z et aa « Didier Deschamps : une vie en bleu, le capitaine », sur sport.francetvinfo.fr (consulté le 27 juin 2017)
  8. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o et p « Didier Deschamps », sur kurbos.skyrock.com, (consulté le 30 juin 2017)
  9. a, b, c, d et e Vincent Duluc et David Marmo, Football Management, Eyrolles, , 359 p. (ISBN 978-2-212-55641-4), p. 31
  10. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v et w Vincent Duluc et David Marmo, Football Management, Eyrolles, , 359 p. (ISBN 978-2-212-55641-4), p. 32
  11. Deschamps animateur sur TPS, sport.fr, 30 janvier 2011.
  12. a, b et c Deschamps, quelle œuvre !, p. 92
  13. a et b Les Bleus : le livre officiel de l'équipe de France, op. cit., p. 108 et 109, « La déception suédoise : Platini quitte la scène ».
  14. Le guide du football 2001, Denis Chaumier et Dominique Rocheteau, Éditions de la Lucarne, octobre 2000, « 1986-1993 : Du rouleau compresseur soviétique au coup de poignard bulgare » p. 55
  15. Les Bleus : le livre officiel de l'équipe de France, op. cit., p. 112 et 113, « 17 novembre 1993 : apocalypse now ».
  16. « Champions du monde : Didier Deschamps », Onze Mondial, no 115,‎ , p. 27 (ISSN 0995-6921)
  17. Adieux en armes, p. 124
  18. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k « Didier Deschamps : une vie en bleu, le coach », sur sport.francetvinfo.fr (consulté le 28 juin 2017)
  19. « Didier Deschamps succèdera à Erik Gerets », sur om.net, (consulté le 5 juin 2016)
  20. « Deschamps reste à l'OM », sur laprovence.com, (consulté le 6 juin 2011)
  21. « OM : Deschamps a opté pour un nouveau style de jeu et assume », sur maxifoot.fr (consulté le 5 juin 2016)
  22. Emmanuel Jean, « Le soulagement, et après? », sur om.net, (consulté le 6 mai 2012)
  23. Thierry Muratelle, « OM-Bayern : droit au rêve », (consulté le 6 mai 2012)
  24. Anne-Sophie Bourdet, « L'OM, la preuve par trois », sur lequipe.fr, (consulté le 6 mai 2012)
  25. Didier Deschamps quitte l'OM, Le Figaro, 2 juillet 2012.
  26. « L'OM et Deschamps officialisent leur séparation », sur om.net, (consulté le 2 juillet 2012)
  27. Foot : Deschamps nommé sélectionneur de l'équipe de France, Le Figaro, 8 juillet 2012.
  28. « Accord Deschamps-FFF », sur lequipe.fr (consulté le 5 juin 2016)
  29. a, b, c, d, e et f « Didier Deschamps : une vie en bleu, le patron », sur sport.francetvinfo.fr (consulté le 28 juin 2017)
  30. « Deschamps jusqu'à l'Euro », sur Sports.fr, (consulté le 20 novembre 2013)
  31. « Portrait, les hommes d'Aimé : Didier Deschamps », Onze Mondial, no 113,‎ , p. 41 (ISSN 0995-6921)
  32. « Didier Deschamps OM : actu, transfert, fiche, infos », sur footmarseille.com (consulté le 5 juin 2016)
  33. « Statistiques de Didier Deschamps », sur footballdatabase.eu
  34. a et b (en) « France - Footballer of the Year », sur rsssf.com, (consulté le 30 novembre 2009)
  35. « Top 100 des meilleurs joueurs de l'histoire de l'EURO », sur https://www.lequipe.fr,
  36. Vincent Duluc et David Marmo, Football Management, Eyrolles, , 359 p. (ISBN 978-2-212-55641-4), p. 48
  37. « Yoka, Mossely, Deschamps, Le Fur, Mayer… : le palmarès complet des RMC Sport Awards », sur rmcsport.bfmtv.com, (consulté le 11 décembre 2016)
  38. « En bref », Le Parisien,‎ , Sport (lire en ligne)
  39. PCM, « Didier Deschamps inaugure un stade à son nom au Pays Basque », TVA Nouvelles,‎ 2000 pages=sports (lire en ligne)
  40. Brandodean, « Le Champion du Monde de Football Didier Deschamps donne son nom à un stade d'Halluin », sur brandodean.over-blog.org, (consulté le 24 octobre 2011)

Annexes

Bibliographie

  • Dominique Rouch, Didier Deschamps : vainqueur dans l'âme, Édition no 1, , 216 p. (ISBN 2846120315)
  • Le livre de l'année 2000, SNC L'Équipe, , 194 p. (ISBN 2-9512031-3-6) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Vidéographie

  • DVD, Les Légendes de l'OM, 2011, Éditions France Télévisions Distribution
    • Didier Deschamps, vainqueur dans l'âme, film d'Antony Fayada, 25 minutes.

Liens externes