Deuxième maison d'Orléans

La deuxième maison capétienne d’Orléans est un rameau cadet de la maison capétienne de Valois. En 1498, ce rameau succède au trône de France à la suite de l'extinction de la lignée mâle des Valois directs.

Le prince fondateur de la deuxième maison capétienne d’Orléans est le duc Louis Ier d'Orléans (1372-1407), fils du roi Charles V le Sage et frère puiné du roi Charles VI le fou. Donnant à sa maison le nom de son apanage orléanais, prince ambitieux aussi bien que mécène fastueux, Louis Ier accroît son influence politique durant les crises intermittentes de son frère aîné atteint d'une maladie mentale. Ce faisant, le duc d'Orléans entre en conflit avec les ducs de Bourgogne, à savoir son oncle Philippe le Hardi puis le fils de celui-ci, Jean sans Peur. Ce dernier finit par faire assassiner son cousin Louis Ier, acte déclencheur de la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons.

La maison d'Orléans monte sur le trône de France en 1498 lorsque le duc Louis II d'Orléans, petit-fils de Louis Ier, devient le roi Louis XII. Quand ce dernier meurt en 1515, la branche aînée de la maison d'Orléans s'éteint avec lui. Lui succède alors le rameau cadet d’Angoulême en la personne du roi François Ier. Les souverains du rameau d'Angoulême règnent sur le royaume de France de 1515 à 1589, année marquant la disparition de la lignée mâle consécutivement à l'assassinat du roi Henri III.

L’apanage d’une dynastie

À sa naissance, le prince Louis de France, fils du roi Charles V, reçut en apanage à sa naissance le duché de Touraine ainsi que le duché de Valois, dont il ne put avoir la jouissance qu’à la mort de la duchesse douairière. Marié à Valentine Visconti, fille du duc de Milan Jean Galéas, il recevait le comté d’Asti.

À vingt ans, en 1392, Louis devint duc d’Orléans et comte de Beaumont. En 1394, il devint comte d’Angoulême, quand, en 1400, il obtint la baronnie de Coucy, le comté de Portien, et le comté du Périgord. En 1401, il prit la possession du comté de Dreux, en 1402, celui de Chiny, le duché de Luxembourg, et le comté de Vertus. Le domaine du prince s’était agrandi dans la même période d’un grand nombre de châtellenies, en premier lieu celles de Brie-Comte-Robert, Château-Thierry, Luzarches, Fère-en-Tardenois, Provins etc.

De même, celui qu’on appelle déjà « Louis Ier d’Orléans » en raison de son apanage, est à l’origine de la construction de deux château prestigieux ; celui de Pierrefonds et celui de la Ferté-Milon dont seule la façade de l’entrée a été terminée[1].

Domaines

À l’accession au trône de Louis XII, l’apanage fit retour à la Couronne, à l’exception du duché de Valois, transmis à son cadet — et héritier présomptif — François d’Angoulême, comte d’Angoulême. Lorsque ce dernier est devenu roi en 1515 — sous le nom de « François Ier » —, le duché de Valois a été transmis à sa sœur cadette, avant de retourner dans le domaine royal. Le duché d’Orléans a été concédé plusieurs fois au cours du XVIe siècle à des fils de France, mais retourna toujours à la Couronne en raison de décès ou d’accession au trône. Toutefois, l’union historique des duchés d’Orléans et de Valois consacrée par le temps se continua au siècle suivant, lors de la création de l’apanage de Gaston de France.

Chronologie des aînés de la maison

Henri III de FranceCharles IX de FranceFrançois II de FranceHenri II de FranceFrançois Ier de FranceLouis XII de FranceCharles Ier d'OrléansLouis Ier d'Orléans

La dynastie

Le rameau aîné : ducs d’Orléans et roi de France (1372-1515)

Louis Ier d’Orléans (1372-1407)

Le duc Louis d'Orléans. Miniature du Maître de la Cité des dames tirée de l'Épître Othéa, British Library, Harley MS 4431, fo 95, vers 1410-1414.

Du mariage (1389) de Louis Ier d’Orléans (1372-1407), duc d’Orléans (de 1392 à 1407) et de Valentine Visconti (1368-1408) :

Marié (1406) à Isabelle de France (dont un enfant).
Marié (1410) à Bonne d’Armagnac (sans postérité).
Marié (1440) à Marie de Clèves (dont six enfants).
Sans avoir été marié, il n’a qu’une descendance illégitime assez floue.
Marié (1449) à Marguerite de Rohan (dont trois enfants).

Charles Ier d’Orléans (1394-1465)

Le duc Charles d’Orléans recevant l'hommage d'un vassal.
Lettrine ornée, XVe siècle, Paris, Archives nationales, Q1 4771[2],[3].

Du mariage (1406) de Charles Ier d’Orléans (1394-1465), duc de Valois (de 1406 à 1465), et duc d’Orléans (de 1407 à 1465), et d’Isabelle de France (1389-1409) :

Mariée (1424) au duc d’Alençon Jean II (sans postérité).

Du mariage (1410) avec Bonne d’Armagnac aucune postérité.

Du mariage (1440) avec Marie de Clèves :

Mariée (1476) à Jean de Foix (dont postérité).
Marié (1476) à Jeanne de France (mariage annulé en 1498).
Marié (1499) à Anne de Bretagne (dont deux filles).
Marié (1514 à Marie d’Angleterre (sans postérité).
Anne devint (1477) abbesse de Fontevraud.

Louis XII de France (1462-1515)

Louis XII
(portrait par Jehan Perréal,
château de Windsor, XVIe siècle).

Du mariage (1479) de Louis II d’Orléans (1462-1515), duc d’Orléans (de 1465 à 1498) — qui devint Louis XII de France, roi de France (de 1498 à 1515) — et de Jeanne de France, aucune postérité.

Du mariage (1499) avec Anne de Bretagne :

Mariée (1515) à François Ier de France (dont postérité).
Mariée (1528) à Hercule II d’Este (dont postérité).

Du mariage (1514) avec Marie d’Angleterre, aucune postérité.

Le rameau d’Angoulême : rois de France (1515-1589)

Article détaillé : Maison capétienne d’Angoulême.

Faute d’héritiers mâles de la part de branche aînée (celle de Louis XII), la Couronne passe aux mains du rameau d’Angoulême, issu de Jean d’Orléans (1400-1467).

François Ier de France (1494-1547)

François Ier
(portrait par Jean Clouet,
musée du Louvre, vers 1530.

Du mariage (1479) de François d’Angoulême (1494-1547), comte d’Angoulême (de 1496 à 1515) et duc de Valois (de 1498 à 1515) — qui devint François Ier de France, roi de France (de 1515 à 1547) — et de Claude de France :

Elle meurt en bas-âge.
Elle meurt en bas-âge.
Il meurt adolescent, sans avoir été marié.
Marié (1533) à Catherine de Médicis (dont postérité).
Elle épouse le roi d’Écosse Jacques V (sans postérité).
Faute d’épouse, il n’admet pas de descendance.
Mariée (1559) à Emmanuel-Philibert de Savoie.

Henri II de France (1519-1559)

Henri II
(portrait d'après François Clouet, château de Versailles, XVIe siècle).

Du mariage de Henri II de France (1519-1559), roi de France (de 1547 à 1559) et de Catherine de Médicis :

Marié (1559) à Marie Ire d’Écosse (sans postérité).
Mariée (1559) à Philippe II d’Espagne (dont postérité).
Mariée (1559) à Charles III de Lorraine
Il meurt en bas-âge.
Marié (1570) à Élisabeth d’Autriche (sans postérité).
Marié (1575) à Louise de Lorraine-Vaudémont.
Mariée (1572 à Henri III de Navarre.
Faute de mariage, il n’a pas de descendance.
  • Jeanne de France (1559).
Elle ne vit qu’un jour.
  • Victoire de France (1559).
Sœur jumelle de la précédente, elle survit d’un mois.

François II de France (1544-1560)

Les trois frères, derniers souverains Valois : François II, Charles IX et Henri III. Les trois frères, derniers souverains Valois : François II, Charles IX et Henri III. Les trois frères, derniers souverains Valois : François II, Charles IX et Henri III.
Les trois frères, derniers souverains Valois : François II, Charles IX et Henri III.


Du mariage de François II de France (1544-1560), roi de France (de 1559 à 1560) et de Marie d’Écosse, aucune postérité.

Faute d’héritier, la Couronne incombe à l’aîné des frères survivants du roi, à savoir, Charles de France (1550-1574).

Charles IX de France (1550-1574)

Du mariage de Charles IX de France (1550-1574), roi de France (de 1560 à 1574) et d’Élisabeth d’Autriche :

Elle meurt en bas-âge.

Faute d’héritier mâle, la Couronne incombe à l’aîné des frères survivants du roi, à savoir, Alexandre-Édouard de France (1551-1589).

Henri III de France (1551-1589)

Du mariage de Henri III de France (1551-1589), roi de France (de 1574 à 1589) et de Louise de Lorraine-Vaudémont, aucune postérité.

Faute d’héritiers mâles, la dynastie s’éteint en lignée mâle. La Couronne incombe à un cousin du roi — un Bourbon —, Henri III de Navarre.

Branches bâtardes

Maison de Longueville

Article détaillé : Maison orléanaise de Longueville.

Issue de de Louis Ier d’Orléans et de Mariette d’Enghien, la maison illégitime est fondée par Jean d’Orléans (1402-1468), dit le « bâtard d’Orléans ». L’enfant est fait « comte de Dunoiscomte de Longueville, baron de Gex, seigneur de Parthenay, de Valbonais et de Claix ». La postérité retint le nom de « Longueville », du nom de la capitale du duché normand de Longueville, aujourd’hui correspondant à Longueville-sur-Scie (en Seine-Maritime). Aussi, la famille fut la maison régnante de la principauté de Neufchâtel de 1504 à 1707.

Notes et références

  1. Jean Mesqui et Claude Ribéra-Pervillé : Les châteaux de Louis d’Orléans et leurs architectes (1391-1407)
  2. André-Marie Joseph, vicomte de Croy, « Un portrait de Charles d'Orléans », Mémoires de la Société des sciences et lettres de Loir-et-Cher, t. XIX, p. 100-110, lire en ligne.
  3. Recension de l'étude du vicomte Joseph de Croy par Léon Mirot, lire en ligne.

Liens

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