Denzel Washington

Denzel Washington
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Denzel Washington à Paris lors de l'avant-première de Flight (2013).
Nom de naissance Denzel Hayes Washington Jr.
Naissance (63 ans)
Mount Vernon, État de New York
Drapeau des États-Unis États-Unis
Nationalité Américain
Profession Acteur
Réalisateur
Films notables voir filmographie

Denzel Washington est un acteur et un réalisateur américain né le à Mount Vernon (État de New York).

Il est l’un des membres les plus emblématiques de la génération des acteurs noirs masculins – avec Eddie Murphy, Morgan Freeman, Samuel L. Jackson, Wesley Snipes, Forest Whitaker, Will Smith ou Jamie Foxx – à être parvenu à se faire une place dans le cinéma hollywoodien à la fin du XXe siècle. Marchant dans les pas de Sidney Poitier, il s’est engagé contre le racisme anti-noir dans ses films, notamment dans Malcolm X réalisé par son ami noir Spike Lee, dans Hurricane Carter ou dans Le plus beau des combats. Il s’est engagé aussi dans d’autres luttes pour la justice et la tolérance à l’égard des minorités, les homosexuels par exemple dans Philadelphia de Jonathan Demme. Mais il a également joué dans des films plus légers, des thrillers en particulier, notamment à cinq reprises sous la direction de Tony Scott (Man on fire, USS Alabama, etc).

Il a remporté deux oscars, celui du Meilleur acteur pour son rôle de policier véreux dans le thriller Training Day – Il est le deuxième Afro-Américain, après Sidney Poitier, à avoir obtenu cette récompense – et celui du Meilleur acteur dans un second rôle pour Glory. Il a aussi été nommé à huit reprises aux Golden Globes et récompensé deux fois. Il a reçu de nombreux autres prix, notamment un Tony Awards, 16 Images Awards et un Cecil B. DeMille Award pour l'ensemble de sa carrière en 2016.

Biographie

Jeunesse

Denzel Hayes Washington Jr. est le fils d'un pasteur protestant, Denzel Washington Sr., originaire du comté de Buckingham (Virginie) et d'ascendance haïtienne, et de Lennis « Lynne », esthéticienne et propriétaire d'un salon de beauté, née en Géorgie et ayant passé son enfance à Harlem.

Il est scolarisé à la Pennington-Grimes Elementary School de Mount Vernon jusqu'au divorce de ses parents, en 1968, alors qu'il est âgé de 14 ans. Il est alors envoyé dans une école privée, la Oakland Military Academy, à New Windsor dans l'État de New York. À partir du début des années 1970, il fait ses études secondaires à la High School Maryland à Daytona Beach, en Floride.

Par la suite, il fait ses études à l'université Fordham, où il étudie d'abord la biologie et la médecine, mais préfère s'orienter vers le journalisme et le théâtre. Durant ses études de théâtre, il a incarné des personnages tels The Emperor Jones de Eugene O'Neill et Othello (de William Shakespeare) et obtient par la suite son Bachelor of Arts en théâtre et en journalisme. L'année suivante, il découvre aussi l'art dramatique et prend la décision de devenir comédien ; il s'inscrit à la Lincoln Center campus de la Fordham University et reçoit des encouragements pour suivre des études en art dramatique. Une fois diplômé, il quitte New York pour parfaire ses études en art dramatique à l'American Conservatory Theater San Francisco qui lui accorde une bourse pour étudier l'art dramatique pendant deux ans. Il débute en jouant des grandes pièces comme When the Chickens Come Home to Roost ; et pour son interprétation dans cette pièce dans laquelle il incarne Malcolm X, il reçoit l'Audelco Award. Après ses études, il retourne à New York pour entamer sa carrière d'acteur.

Carrière

Années 1980 : révélation télévisuelle et cinématographique

Il débute à la télévision avec deux téléfilms, en 1977, Wilma et, en 1981, Flesh and Blood réalisé par Jud Taylor. Il débute au cinéma avec le film Carbon Copy. En 1982, il apparaît dans la série télévisée St. Elsewhere. En 1987, il incarne Steve Biko, un leader noir qui lutte contre l'Apartheid. En 1989, il reçoit l'Oscar du meilleur second rôle masculin pour sa performance dans Glory[1].

En mars 1990, à l'occasion de la 62e cérémonie des Oscars.

Années 1990 : confirmation critique et commerciale

En 1990, Denzel Washington rencontre Spike Lee qui le fait jouer dans Mo’ Better Blues. Le succès du film Do the Right Thing (1989) permet à Spike Lee de se lancer dans l'aventure du biopic Malcolm X. Après l’éviction du projet de Norman Jewison[2], Lee offre le rôle-titre à l'acteur. Le film brosse un portrait positif de l'activiste afro-américain[2] « violent, insolent, et provocant »[2], comme l'indique le slogan du film sorti en 1992[2].

Washington incarne avec virtuosité le leader noir musulman[2], c'est cette performance qui le lance vraiment. L'acteur décroche une nomination aux Oscars[3] et devient une référence pour la communauté afro-américaine[4] aux côtés d'Eddie Murphy qui occupait l’avant-scène durant les années 80[5].

Néanmoins, il refuse d'incarner un autre grand leader noir, Martin Luther King, car il ne souhaite pas se laisser enfermer dans un seul type de rôle[1] ; il parvient à trouver des emplois moins marqués qui lui permettent de donner la réplique à des acteurs reconnus. Ainsi l'année 1993 est marquée par trois grands succès : il joue du Shakespeare[1] dans Beaucoup de bruit pour rien[1] sous la direction de Kenneth Branagh. Mais c'est dans le thriller politique L'Affaire Pélican, avec Julia Roberts pour partenaire, que Denzel Washington s‘impose aux yeux du grand public international. L’acteur noir y incarne un journaliste qui dénonce la corruption politique au péril de sa vie. La critique est plutôt négative, cette « affaire Pélican », totalement fictive, ressemble un peu trop à celle bien réelle du Watergate que le réalisateur, Alan Pakula, avait filmée 17 ans plus tôt.

Enfin, il livre une interprétation remarquée d'un avocat dans le mélodrame historique Philadelphia, aux côtés de Tom Hanks. Le long-métrage, qui a pour thème l'homophobie et le SIDA, et qui est inspiré d’un fait bien réel cette fois, est encensé par la critique et très apprécié par le public (2,7 millions d'entrées en salles en France[6]).

En 1995, il revient avec trois films d’action cette fois-ci. Le récit de science-fiction Programmé pour tuer, de Brett Leonard, est mal reçu, le film de guerre USS Alabama, de Tony Scott connaît un franc succès commercial, et le polar californien Le Diable en robe bleue, de Carl Franklin, est aussi un succès. Acteur fidèle, Washington retrouvera ces deux derniers cinéastes au cours la décennie suivante.

Si en 1996, La Femme du pasteur de Penny Marshall et À l'épreuve du feu sont, sur le territoire nord-américain, deux succès critiques et commerciaux, les années suivantes sont marquées par les échecs du thriller fantastique Le Témoin du Mal (Fallen) de Gregory Hoblit et de Couvre-feu, pour lequel il retrouvait le réalisateur Edward Zwick. Ce film prémonitoire – il raconte approximativement, 5 ans avant qu'il ait lieu, l'attentat du 11 septembre – a été jugé peu crédible par la critique lors de sa sortie.

Il est aussi à l’affiche des drames sportifs, He Got Game de Spike Lee, qui est un échec commercial[7], et Hurricane Carter, de Norman Jewison, où il prête ses traits au boxeur Rubin Carter et livre une performance remarquée. L'année 1999 est marquée par la sortie de The Bone Collector de Phillip Noyce, un thriller mal accueilli par la critique mais pas par le grand public qui se laisse séduire par le tandem que forme l'acteur noir avec la star montante du moment, Angelina Jolie.

Années 2000 : consécration et passage à la réalisation

L'acteur en mai 2005, à New York.

Après des années 1990 diversifiées, il se stabilise autour de quelques genres : tout d'abord le drame social, avec en 2000 le récit initiatique sportif Le Plus Beau des combats, puis le thriller, avec en 2002 John Q, huis clos psychologique mis en scène par Nick Cassavetes.

Mais cette année lui permet surtout de livrer une performance très remarquée dans le thriller psychologique urbain Training Day, aux côtés d’Ethan Hawke, qui lui vaut l’Oscar du meilleur acteur. Il remporte alors la statuette au détriment d'un autre acteur noir très populaire, Will Smith[8].

Fort de ce succès critique et commercial, il décide de passer à la réalisation en 2003 avec un premier long métrage, Antwone Fisher, qui raconte l’histoire d’un jeune noir de la marine américaine forcé de consulter un psychiatre de la Navy. L’accueil est mitigé aussi bien du côté de la critique que du public[10].

En 2004, il revient à l'action pure pour Out of Time de Carl Franklin, qui passe inaperçu, mais surtout avec Man on Fire, où il est dirigé une seconde fois par Tony Scott. Ce thriller psychologique violent déçoit la critique mais connait un véritable succès commercial. L'acteur a moins de chance avec le thriller politique de Jonathan Demme, Un crime dans la tête, remake du film éponyme.

L'année 2006 est marquée par ses retrouvailles avec deux autres cinéastes : Spike Lee pour le film de braquage Inside Man : L'Homme de l'intérieur, long-métrage qui plait à la fois à la critique et au public[11], puis Tony Scott pour le thriller romantique de science-fiction Déjà Vu, qui, s'il ne convainc pas la critique, s'impose au box-office.

En 2007, il est à l'affiche d'un projet attendu du frère de son cinéaste fétiche : le thriller American Gangster, de Ridley Scott, qui lui permet de prêter ses traits au criminel Frank Lucas. Le film est salué par la critique, et rencontre son public. Cette même année 2007, il change d'univers avec le drame social The Great Debaters, pour lequel il repasse derrière la caméra. Si les critiques sont positives pour cette seconde réalisation, le film est un échec public, il n’est pas distribué hors des États-Unis[12].

Il conclut cette décennie en retrouvant Tony Scott pour L'Attaque du métro 123, film d'action à gros budget dans lequel il partage la vedette avec John Travolta.

Années 2010 : retour à l'action

Aux côtés d'Anne Hathaway, au Nobel Peace Price Concert 2010.

Il entame les années 2010 avec le thriller post-apocalyptique Le Livre d'Eli d'Albert et Allen Hughes, aux côté de la jeune Mila Kunis. Il retrouve aussi pour une cinquième et dernière fois Tony Scott pour un film d'action, Unstoppable. Il confirme dans cette direction en 2012 avec le thriller d'action Sécurité rapprochée de Daniel Espinosa. Mais c'est avec sa performance dans le drame Flight, de Robert Zemeckis, qu'il renoue avec un rôle de l'envergure de ceux de ses décennies précédentes : le succès critique et public du film lui vaut une quatrième nomination pour l'Oscar du meilleur acteur.

En 2013, pour le thriller 2 Guns, de Baltasar Kormákur, il partage l'affiche avec Mark Wahlberg. L'année d'après, il tourne dans Equalizer sous la direction à nouveau d’Antoine Fuqua (Training Day). L’acteur est co-producteur de cette adaptation de la série télé éponyme. Equalizer a vocation à devenir un franchise, dans ce premier opus il est un justicier au passé violent, qui vient en aide à une jeune femme incarnée par Chloë Grace Moretz.

En janvier 2016, il reçoit des mains de son ami Tom Hanks, le prestigieux Cecil B. DeMille Award, qui le récompense pour l'ensemble de sa carrière. Il est le troisième acteur afro-américain à se voir remettre cette récompense, après Sidney Poitier et Morgan Freeman.

Il revient sur les écrans en septembre de cette même année, en leader des Sept Mercenaires, réunis par Antoine Fuqua. Ce remake de remake ne passionne pas la critique et guère plus le public[14].

En décembre, il dévoile son troisième long-métrage en tant que réalisateur, le drame Fences, adaptation de la pièce éponyme d'August Wilson. Il est également le principal interprète masculin, face à l'oscarisée Viola Davis. Le film est diversement apprécié, en France il n’est pas très bien accueilli par la critique et boudé par le public[16].

L'acteur enchaînera avec le deuxième épisode de sa franchise The Equalizer, dont la sortie est prévue pour septembre 2018.

Vie privée

En 1983, il se marie à l'actrice Pauletta Pearson rencontrée sur le tournage du téléfilm Wilma. Ils ont quatre enfants[17] : John David (né en 1984), Katia (née en 1986), et des jumeaux, Olivia et Malcolm (nés en 1991). Leur premier enfant a été joueur de football américain professionnel en UFL avant de se lancer dans une carrière d'acteur, il joue notamment le rôle de Ricky Jarrett dans la série Ballers.. Katia est titulaire d’un diplôme d'art de l'Université de Yale depuis 2010. Malcolm, lui, a fait des études de cinéma à l'Université de Pennsylvanie.

Denzel Washington est pentecôtiste (chrétien protestant) et déclare lire la Bible quotidiennement. Il est membre actif de l'Église West Angeles Church of God in Christ[18], située à Los Angeles, à laquelle il a fait un don de 2,5 millions de dollars en 1995[19]. Paradoxalement il a refusé d’incarner Martin Luther King qui était un pasteur protestant et a accepté d’endosser le rôle de Malcolm X qui était d’obédience musulmane.

Filmographie

Cinéma

Années 1970-80

Années 1990

Années 2000

Années 2010

Télévision

Théâtre

Distinctions

Récompenses

Nominations

Voix françaises

En France, Emmanuel Jacomy est la voix française régulière de Denzel Washington depuis Glory (1989). Jacques Martial l'a également doublé à sept reprises.

Au Québec, Jean-Luc Montminy est la voix québécoise de l'acteur.

Notes et références

  1. a, b, c et d Steven Jay Schneider, 501 acteurs, éditions Omnibus, 2010, p. 548-549
  2. a, b, c, d et e Ronald Bergman, Le Cinéma, éditions Gründ, 2007, p. 323
  3. « Histoire du cinéma », National Geographic, coll. « Les Essentiels », p. 389
  4. a et b Nos films de toujours, éditions Larousse, 2008, p. 299
  5. « Les acteurs », Le Dictionnaire du cinéma, Robert Laffont, 2007, p. 825-826
  6. « Philadelphia », sur JP's Box-Office
  7. « He Got Game », sur JP's Box-Office
  8. « Washington le nouveau symbole du cinéma noir-américain »
  9. « Antwone Fisher (26 774 entrées en salles en France) », sur JP's Box-Office
  10. « Inside Man (Plus d'un million d'entrées en salles en France) », sur JP's Box-Office
  11. « The Great Debaters », sur JP's Box-Office
  12. « Les Sept Mercenaires (631 947 d'entrées en salle en France) », sur JP's Box-Office
  13. « Fences (104 387 entrées en salles en France) », sur JP's Box-Office
  14. Prisma Média, « Denzel Washington - La biographie de Denzel Washington avec Gala.fr », sur Gala.fr (consulté le 18 septembre 2017)
  15. « West Angeles Church of God in Christ », sur westa.org
  16. http://www.christianismeaujourdhui.info/articles.php/il-garde-la-bible-en-film-comme-a-la-ville-3912.html
  17. (en) « Denzel Washington to Receive Cecil B. DeMille Award at Golden Globes », sur Variety, (consulté le 17 novembre 2015)
  18. a, b et c « Comédiens ayant doublé Denzel Washington au Québec », sur Doublage.qc.ca (consulté le 5 septembre 2014)

Annexes

Bibliographie

Liens externes