Delphine de Saxe-Cobourg

Delphine de Saxe-Cobourg
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Delphine de Saxe-Cobourg
Biographie
Titulature Princesse de Belgique
Dynastie Maison de Belgique
Nom de naissance Delphine Michèle Anne Marie Ghislaine Boël
Naissance (52 ans)
Uccle (Belgique)
Père Albert II
Jacques Boël (légal jusqu'en 2018)
Mère Sybille de Selys Longchamps
Conjoint James O'Hare
Enfants Joséphine, princesse de Belgique
Oscar, prince de Belgique
Résidence Bruxelles (Belgique)
Description de l'image Arms of a Princess of Belgium.svg.

Delphine de Saxe-Cobourg[N 1],[N 2], princesse de Belgique, née Delphine Boël le 22 février 1968 à Uccle, est une artiste belge qui réalise des œuvres multimédias. Fille adultérine du roi Albert II de Belgique et de la baronne Sybille de Selys Longchamps, elle est la demi-sœur du roi Philippe.

Biographie

Famille

À sa naissance, Delphine reçoit le nom de son père légal Jacques Pol Pascal Marie Ghislain Boël, écuyer, administrateur de sociétés, né en 1929, membre d'une famille d'industriels anoblis et époux de la mère de Delphine, la baronne Sybille de Selys Longchamps, maîtresse du prince de Liège (et futur roi Albert II) pendant plusieurs années.

Le combat judiciaire

« L'Affaire Delphine » commence le , lors de la publication d'une biographie de la reine Paola. Rédigée par Mario Danneels , un jeune journaliste flamand alors âgé de 18 ans, cette biographie, intitulée Paola, van la dolce vita tot koningin[3] fait mention d'une relation extra-conjugale entretenue par Albert, alors que son couple était en crise, dans les années 1960. De cette relation illégitime, serait née une fille dont la ressemblance physique avec le roi est saisissante[4]. Paola aurait à l'époque demandé le divorce, mais la raison d'État fut la plus forte. Le couple s'est ensuite réconcilié à l'aube des années 1980 et paraît depuis lors très soudé et très uni face aux médias : la reine Paola a soutenu publiquement son époux.

Delphine de Saxe-Cobourg avec sa fille Joséphine en 2008.

Il n'en fallut pas plus pour déclencher une vaste campagne médiatique. Le palais royal refusa d'abord de réagir à ce qu'il considérait comme des ragots. Finalement, le roi reconnut des problèmes conjugaux lors de son traditionnel discours de Noël, le , disant : « La reine et moi, nous nous sommes remémoré des périodes très heureuses, mais aussi la crise que notre couple a traversée il y a plus de 30 ans. »

Depuis 1999, Delphine a retrouvé son anonymat et n'est jamais apparue publiquement avec son père biologique supposé. Elle poursuit sa carrière artistique. En Belgique, elle a exposé ses œuvres à Ixelles en 2001, Coxyde en 2004 et à Laethem-Saint-Martin en 2008. En 2003, elle a participé à la Biennale de Venise en Italie, et en 2017 a eu une rétrospective au musée des beaux-arts d'Ixelles. Au printemps 2008, à la demande de la galerie Guy Pieters, elle publie un catalogue d'art autobiographique intitulée Couper le cordon, dans lequel elle décrit ses œuvres qui révèlent les épisodes de sa vie qui l'ont marquée et sur la façon dont elle les a passés — d'où le titre. En , le prince Laurent et la princesse Claire sont les premiers membres de la famille royale à s'être montrés aux côtés de Delphine à la fin d'un défilé de mode.

En , Delphine entend obtenir la reconnaissance officielle de sa filiation et saisit la justice pour obtenir un test ADN[5],[6]. Elle justifie cette action non pas parce qu’elle recherche un père, mais par sa détermination à faire cesser les discriminations dont elle est l’objet et contre lesquelles elle doit se doit battre[7].

Le , la presse annonce qu'une audience aura lieu le , audience à laquelle les trois parties sont convoquées (Delphine, Jacques Boël et Albert II). Alain Berenboom, conseil d'Albert II, annonce que ses avocats le représenteront lors de cette audience[8],[9]. La demande de contestation de paternité vis-à-vis de Jacques Boël a été estimée recevable mais non fondée en première instance ; elle fait appel de ce jugement[10]. Le , l'arrêt de la cour d'appel de Bruxelles ordonne au roi Albert II de se soumettre à un test ADN dans les trois mois[11]. Malgré cette mesure avant dire droit[N 3], le roi refuse le test ADN et se pourvoit en cassation contre ce jugement le . Finalement, le roi se soumet au test ADN le , à la suite de la décision de la cour. Les résultats de ce test sont confidentiels tant pour le roi que pour la cour qui a ordonné cette mesure.

Le , la Cour de cassation rejette le pourvoi d'Albert II.

Reconnaissance et fin de l'affaire

Le , le roi Albert II reconnaît être le père biologique de Delphine conformément aux résultats du test ADN ordonné par la cour d'appel de Bruxelles, ouvrant la voie à la fin d'une saga judiciaire qui dure depuis plusieurs années[12].

Le , deux jours avant les 86 ans du roi Albert, l'affaire est revenue sur le devant de la scène médiatique puisque la Cour d'appel de Bruxelles devait entendre une dernière fois les parties dans ce dossier, avant de rendre une décision définitive au sujet de cette affaire. Delphine Boël pourrait en effet prétendre à un nouveau nom de famille, à un titre ainsi qu'à « un quart » de l'héritage auquel « les autres enfants auront droit » à la mort du roi[13].

Princesse de Belgique

La Cour d'appel rend son arrêt définitif le et Delphine devient officiellement princesse de Belgique et prend le nom de son père biologique, de Saxe-Cobourg, avec prédicat d'altesse royale[14],[15],[16].

Le , un message commun du roi Philippe et de la princesse Delphine, signé « Philippe & Delphine », révèle que le frère et la sœur se sont rencontrés pour la première fois le au Château de Laeken, résidence du roi, et que ce nouveau lien « va désormais se développer dans un cadre familial »[17],[18].

Œuvres littéraires

Delphine de Saxe-Cobourg a publié deux ouvrages ; le premier à caractère autobiographique et le second davantage axé sur ses activités en qualité d'artiste plasticienne :

  • Delphine Boël, Couper le cordon, Bruxelles, Éditions Luc Pire, , 135 p. (ISBN 978-2-5070-0068-4).
  • Delphine Boel, Never Give up, Lormont, Bord de l'eau, , 96 p. (ISBN 978-2-3901-5012-1).

Titulature

  • À la naissance : Jonkvrouw (Demoiselle) Delphine Boël[N 4].
  • Depuis le  : Son Altesse royale Delphine de Saxe-Cobourg, princesse de Belgique (jugement).

Vie privée

Sur le plan privé, elle vit depuis 2003 avec James O'Hare, un Américain d'origine irlandaise qui travaille dans le secteur de la construction. Ils sont les parents de deux enfants, bénéficiant tous deux du titre de prince et princesse de Belgique avec prédicat d'altesse royale depuis le jugement du 1er octobre 2020 :

  • Joséphine O'Hare, princesse de Belgique (née le 17 octobre 2003 à Uccle)[16] ;
  • Oscar O'Hare, prince de Belgique (né le 28 avril 2008)[16].

Ascendance

Notes et références

Notes

  1. La raison de l'usage « incomplet » du patronyme de Saxe-Cobourg dans la Constitution au lieu de de Saxe-Cobourg-Gotha est la suivante : « La branche à laquelle appartenait le futur Léopold Ier a régné sur un duché composé des territoires de Cobourg et de Saalfeld, puis après un échange territorial dynastique, de ceux de Cobourg et de Gotha. […] Cet échange territorial n'ayant eu lieu qu'en [1826], le changement patronymique qui en résultat pour Léopold Ier et sa famille (Saxe-Cobourg-Saalfeld devenant Saxe-Cobourg-Gotha) n'était pas encore bien assimilé à l'époque de la rédaction de la constitution belge en [1831], raison pour laquelle on y mentionna le patronyme incomplet de Saxe-Cobourg (Constitution, art. 85, al. 1). »[1].
  2. Concernant le patronyme utilisé par la famille royale belge (de Saxe-Cobourg-Gotha vs. de Belgique) : « Si le nom de famille originel de la famille royale est Saxe-Cobourg-Gotha et quand bien même n'y a-t-il eu aucun acte officiel de renonciation à ce nom, les membres de la famille royale portent officiellement le patronyme de Belgique. C'est ainsi qu'ils signent et c'est le nom qui est repris sur leur documents d'état civil, comme leur carte d'identité, leurs actes de naissance et de mariage »[2].
  3. Un jugement avant dire droit est un jugement qui ordonne uniquement une mesure d'instruction ou une mesure provisoire au cours de l'instance, sans trancher le litige en droit.
  4. Prédicat de la fille d'un écuyer, voir: Jonkheer.

Références

  1. Monette 2002, p. 185-195.
  2. Monette 2002, p. 33.
  3. Traduction française : Mario Danneels, Paola, de la dolce vita à la couronne, Pire Luc éd., 2002 (ISBN 978-2930240824).
  4. « Delphine Boël, une fille en colère », L’Écho, 23 septembre 2014.
  5. « En Belgique, la fille adultérine d'Albert II exige une reconnaissance officielle », Le Monde, .
  6. « Une fille d'Albert II veut être reconnue », Le Figaro, .
  7. « Delphine Boël justifie son action en raison des discriminations dont elle est victime », sur LaLibre.be, (consulté le 5 octobre 2020).
  8. « Affaire Boël : l’avocat d’Albert II le représentera au tribunal le 21 février », Le Soir, .
  9. « Affaire Delphine Boël : Albert II convoqué par le tribunal », La Libre Belgique, .
  10. « Affaire Boël : l’avocat de Delphine va en appel », Le Soir, .
  11. « Belgique : Albert II va devoir faire un test de paternité », L'Express, .
  12. Fabien Van Eeckhaut, « L'ADN a parlé : Albert II« arrête le combat judiciaire et accepte que Delphine Boël devienne son quatrième enfant» », sur rtbf.be/info, (consulté le 27 janvier 2020).
  13. « Plus secrète encore que Delphine: la véritable fortune du roi Albert », sur 7sur7.be, (consulté le 3 octobre 2020).
  14. « Delphine Boël officiellement nommée princesse de Belgique », sur 7sur7.be, (consulté le 5 octobre 2020).
  15. « Delphine Boël est princesse de Belgique avec prédicat d'altesse royale: "une victoire judiciaire ne remplacera jamais l’amour d’un père" », sur rtbf.be, (consulté le 1er octobre 2020).
  16. a b et c « Pourquoi Delphine n'a-t-elle pas pris le nom de Belgique », sur histoiresroyales.fr, (consulté le 2 octobre 2020).
  17. Philippe de Belgique et Delphine de Saxe-Cobourg, « Message commun de Sa Majesté le Roi et de Son Altesse Royale la Princesse Delphine », sur monarchie.be, (consulté le 15 octobre 2020).
  18. « Le Roi Philippe a rencontré la Princesse Delphine au Château de Laeken », sur lalibre.be, (consulté le 17 octobre 2020).

Annexes

Bibliographie

  • Oscar Coomans de Brachène, État présent de la noblesse belge, Annuaire de 1984, Bruxelles, 1984.
  • Oscar Coomans de Brachène, État présent de la noblesse belge, Annuaire de 2003, Bruxelles, 2003.
  • Les plus belles anecdotes historiques et secrètes sur la Famille royale de Belgique, Les Éditions de l'Arbre, édition revue et augmentée 2009.
  • Bertrand Maus de Rolley e.a., ''État présent de la noblesse belge, Annuaire de 2018, Bruxelles, 2018.
  • Pierre-Yves Monette, Métier de Roi : Famille, Entourage, Pouvoir, de A à Z, Bruxelles, Alice Éditions, , 256 p. (ISBN 978-2-9301-8251-3).

Articles connexes

Liens externes