Dead Zone (film)

Dead Zone
Titre québécois La zone neutre
Titre original The Dead Zone
Réalisation David Cronenberg
Scénario Jeffrey Boam
Acteurs principaux
Sociétés de production Dino De Laurentiis Company
Lorimar Film Entertainment
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Fantastique
Durée 103 minutes
Sortie 1983

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Dead Zone (The Dead Zone) est un film américain de David Cronenberg sorti en 1983 et adapté du roman homonyme de Stephen King publié en 1979.

Résumé

À Castle Rock[a] dans l’État du Maine, Johnny Smith, un professeur de collège de la Nouvelle-Angleterre accompagne sa petite amie Sarah à une fête foraine. Le même soir, après l'avoir raccompagné chez elle, il est victime d'un accident de la route qui va le faire sombrer dans le coma et dont il ne se réveillera que cinq ans plus tard.

Émergeant de son coma à l’hôpital, Johnny reste un moment aux soins du neurologue le docteur Sam Weizak, le temps de récupérer. Il apprend alors qu'entretemps Sarah s'est mariée et a eu un enfant. Il découvre également qu'il possède maintenant la capacité psychique d'apprendre les secrets d'une personne par contact physique avec elle, en la touchant. Toujours alité, il a une vision de la fille de l'infirmière qui s'occupe de lui, ce qui permet de sauver l'enfant d'un incendie. Il voit également que la mère de Weizak, longtemps soupçonnée d'être morte pendant la Seconde Guerre mondiale, est toujours en vie, et découvre aussi avec sa vision que la sœur d'un journaliste s'est suicidée.

Tandis que la nouvelle de son « don » se répand, Johnny se voit demander de l'aide par le shérif George Bannerman pour une série de meurtres commis par le mystérieux « étrangleur de Castle Rock » mais, souhaitant rester seul, il refuse. Sarah lui rend visite avec son fils en bas âge, et elle et Johnny consomment leur précédente relation. Changeant d'état d'esprit, Johnny accepte d’aider Bannerman et découvre rapidement que le tueur est le shérif adjoint, Frank Dodd. Avant qu'ils puissent l'arrêter, Dodd se suicide. Johnny se fait ensuite tirer dessus par la mère de Dodd, qui est à son tour abattue par Bannerman.

Johnny, désillusionné et à peine capable de marcher, prend du recul et tente de mener une vie plus isolée. Il devient alors précepteur pour enfants, travaillant de chez lui jusqu'à ce qu'un homme riche, Roger Stuart, l'implore de venir rendre visite à son fils Chris, peu communicatif. Il accepte et se lie d’amitié avec Chris. Mais Johnny a la vision d'un accident où Chris et deux autres garçons tombent à travers la glace d'un lac gelé et se noient en raison du port d’équipement lourd de hockey pendant un match. Malgré le scepticisme de Roger Stuart qui se dispute avec Johnny, Chris croit ce dernier et reste à la maison le jour du match. Les deux autres garçons tombent dans la glace et se noient comme Johnny l'avait prédit, à la grande stupeur de Stuart. Johnny réalise alors qu'il a une « zone morte » (dead zone) dans ses visions, où il peut réellement changer le futur.

Par la suite, alors qu'il assiste à un meeting électoral pour lequel Sarah et son mari sont volontaires, Johnny se retrouve par hasard face au candidat Greg Stillson (qu'il avait déjà vu à la télévision chez Roger Stuart, ce dernier lui ayant avoué son mépris pour Stillson, qu'il considère comme un homme dangereux) qui concours à un siège au Sénat des États-Unis : en lui serrant la main, Johnny a une vision apocalyptique de l'avenir où Stillson, devenu président des États-Unis, déclenche une frappe nucléaire préventive contre la Russie, ce qui résulte en un holocauste nucléaire.

Johnny Smith est alors face à un dilemme : que peut-il faire pour empêcher cela ? Doit-il aller jusqu'à tuer cet homme, un fou apocalyptique en puissance ? Après en avoir discuté de manière détournée avec son médecin, le Dr Weizak, lui-même rescapé de la Shoah, en lui demandant, à titre d'exemple, s'il aurait tué Adolf Hitler s'il en avait eu l'occasion, sachant d'avance les atrocités qu'il allait commettre, Johnny se décide à assassiner Stillson. Il laisse une lettre à Sarah où il lui avoue ce qu'il est sur le point de faire, sachant bien que cela va lui coûter la vie, mais que c'est un sacrifice qu'il est prêt à accomplir.

Armé d'un fusil, Johnny s'introduit de nuit dans la salle où Stillson doit faire un discours le lendemain. Le lendemain, il est réveillé par le début du meeting électoral, auquel assiste Sarah accompagné de son mari et de leur enfant. Caché derrière une balustrade en hauteur, Johnny se relève, met en joue Stillson et lui tire dessus, mais manque son coup. Paniqué, Stillson se sert de l'enfant de Sarah (qui était sur le podium), le tenant devant lui comme un bouclier humain. Lors de l'échange de coups de feu avec le garde du corps de Stillson, Johnny est mortellement blessé et chute de la balustrade vers le sol. Avant de mourir, il touche Stillson et voit que celui-ci n'a plus aucun avenir. En effet, un photographe présent lors de la scène a pris un cliché de Stillson alors que celui-ci se servait de l'enfant pour se protéger. Johnny a une vison de son déclin, qui se termine par son suicide quand Stillson se tire une balle dans la tête. Johnny meurt alors dans les bras de Sarah, qui l'embrasse et lui dit qu'elle l'aime.

Fiche technique

Distribution

VF : version française.

Production

Les droits d'adaptation du roman Dead Zone sont achetés par la société de production Lorimar qui engage Stanley Donen pour réaliser le film[5]. Jeffrey Boam écrit un scénario tiré du roman de Stephen King en abandonnant sa structure en parallèle qui passe plusieurs fois de Johnny Smith à Greg Stillson, n'introduisant ce personnage que dans la troisième et dernière partie de son script[6],[7]. Le projet s'effondre à cause des difficultés financières de Lorimar mais le producteur Dino De Laurentiis récupère les droits. De Laurentiis, qui n'aime pas le scénario écrit par Boam, demande à Stephen King d'en écrire une autre version et engage Debra Hill pour superviser la production[5]. John Badham est approché pour la réalisation mais décline l'offre car le film, pouvant être interprété comme favorable aux assassinats politiques, est selon lui irresponsable[8].

Debra Hill fait alors appel à David Cronenberg pour diriger le film[5]. Cronenberg affirme que le sujet l'a « beaucoup touché » et que ce film lui est « très personnel » même s'il semble au premier abord très différent de ses films précédents[8]. Cronenberg et De Laurentiis n'aiment pas la version très violente du script écrite par King, et le producteur engage alors Andreï Kontchalovski pour en écrire un autre, qui est lui aussi rejeté[7]. Cronenberg, Hill et Boam joignent alors leurs efforts pour écrire une version définitive du scénario d'après celui écrit par Boam[7]. Cronenberg condense le scénario en éliminant certains points comme la tumeur au cerveau dont est atteint Johnny Smith[6].

Cronenberg envisage Nicholas Campbell, avec qui il a collaboré sur Chromosome 3, pour tenir le rôle principal mais De Laurentiis insiste pour avoir un acteur connu aux États-Unis pour le premier rôle[7]. Campbell est finalement engagé pour le rôle de Frank Todd. Bill Murray est le premier choix de Stephen King pour celui de Johnny Smith et est envisagé mais c'est finalement Christopher Walken, choix de De Laurentiis approuvé par Cronenberg, qui décroche le rôle[8].

Le tournage se déroule principalement dans les environs de Toronto et dans la municipalité régionale de Niagara, au Canada. Il commence le 10 janvier 1983 et dure dix semaines[9] sous des températures glaciales qui rendent le tournage difficile[8]. Cronenberg tourne un prologue, qui montre Johnny Smith enfant se blessant à la tête, et un épilogue avec le personnage de Sarah mais décide de les couper au montage[10].

Accueil

Box-office

Le film a connu un certain succès commercial, rapportant environ 20 766 000 $ au box-office en Amérique du Nord[11] pour un budget de 10 000 000 $. En France, il a réalisé 737 357 entrées[12].

Critique

Il a également reçu un accueil critique très favorable, recueillant 90 % de critiques positives, avec une note moyenne de 7,6/10 et sur la base de 41 critiques collectées, sur le site agrégateur de critiques Rotten Tomatoes[13].

Distinctions

Sauf mention contraire, cette liste provient d'informations de l'Internet Movie Database.

Récompenses

Nominations

Autour du film

  • Le film, tout comme le roman de Stephen King dont il est l'adaptation, sont tous deux basés sur la vie du parapsychologue Peter Hurkos. Celui-ci avait déclaré avoir acquis des pouvoirs de divination après être tombé d'une échelle et s'être violemment cogné la tête[8].
  • Dans le film, le personnage de Christopher Walken évoque à deux reprises l’œuvre de Washington Irving. Il conseille à ses élèves la lecture de la nouvelle La Légende de Sleepy Hollow, dont il interprètera plus tard l'adaptation par Tim Burton (Sleepy Hollow). Il compare également son coma avec le long sommeil du personnage de Rip Van Winkle, autre nouvelle d'Irving. Dans la VF, ces deux références sont indifféremment remplacées par un seul et même titre, inventé pour l'occasion, « La Légende du dormeur du val », peut-être en référence au poème de Rimbaud, Le Dormeur du val, mais sans rapport logique avec celui-ci (le poème évoque un soldat mort au combat et non une histoire de fantôme comme La Légende de Sleepy Hollow, ni un sommeil prodigieux comme dans Rip Van Winkle).
  • Martin Sheen, qui joue le rôle de Greg Stilson, un futur candidat aux élections présidentielles américaines, jouera par la suite le rôle du président des États-Unis dans la mini-série Kennedy  (1983) et, bien des années plus tard, dans la série À la Maison-Blanche.
  • Tom Skerritt, qui interprète le shérif Bannerman, tiendra le rôle du père de Johnny Smith (Herb Smith) dans la série télévisée Dead Zone.

Dans la culture populaire

Notes et références

Notes

  1. Castle Rock est une ville imaginaire créée par Stephen King. Elle se situe dans l'État du Maine, aux États-Unis et sert de cadre à plusieurs de ses récits. Elle apparaît pour la première fois dans Dead Zone et on la retrouve notamment dans Cujo, Le Corps (dans le recueil Différentes Saisons), La Part des ténèbres, Le Molosse surgi du soleil (dans le recueil Minuit 4) et Bazaar.

Références

  1. Producteur associé
  2. Producteur exécutif
  3. Non crédité
  4. (en) Dead Zone sur The Numbers.
  5. a b et c Von Doviak 2014, p. 70
  6. a et b (en) Tim Lucas, « The Dead Zone », Cinefantastique, no 14,‎ , p. 24–35
  7. a b c et d Von Doviak 2014, p. 71
  8. a b c d et e Cédric Delelée, « Mortelle randonnée », Mad Movies, no HS 22,‎ , p. 40-45
  9. (en) « The Dead Zone », sur afi.com (consulté le 17 juillet 2018)
  10. Von Doviak 2014, p. 72
  11. (en) Dead Zone sur Box Office Mojo.
  12. Dead Zone sur Jp's Box-Office.
  13. (en) Dead Zone sur Rotten Tomatoes.

Voir aussi

Bibliographie

  • (en) Scott Von Doviak, Stephen King Films FAQ, Applause, (ISBN 978-1-4803-5551-4)

Article connexe

Liens externes