Parti populaire national allemand

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Parti populaire national allemand
Deutschnationale Volkspartei
Présentation
Fondation 1918
Disparition 1933
Idéologie Conservatisme, nationalisme, monarchisme, antisémitisme
Convention du DNVP en 1932.

Le Parti populaire national allemand[1],[2],[3],[4] (ou Parti national du peuple allemand ; en allemand Deutschnationale Volkspartei, généralement abrégé en DNVP) était un parti politique allemand de tendance nationale-conservatrice à l'époque de la république de Weimar. Il reprenait en grande partie les cadres et les fondements idéologiques de l'ancien Parti conservateur allemand, actif sous l'Empire allemand.

Historique

Affiche de 1932 : « Faites gonfler les anciennes couleurs ».

Hostile à la Constitution de Weimar, le DNVP passa la plus grande partie de l'entre-deux-guerres dans l'opposition[5]. Il était soutenu par certains industriels, mais aussi par de nombreux grands propriétaires terriens de l'Est de l'Elbe[6]. Le DNVP était favorable au retour de la monarchie, et s'opposait de manière virulente aux mesures de rétorsion prises aux dépens de l'Allemagne dans le traité de Versailles.

Après l'échec du putsch de Kapp, le DNVP, très divisé sur l'approbation du plan Dawes, abandonne l'orientation monarchique et prône un régime présidentiel[7]. Son aile droite radicale est exclue en 1922. Soutenu par le groupe de presse d'Hugenberg, le parti atteint 950 000 adhérents l'année suivante[8]. Il accepte dès lors de soutenir certains gouvernements (Cuno) ou d'y participer (Luther). Cette participation est sanctionnée par un déclin électoral et le parti passe à une opposition radicale au régime après la prise de pouvoir d'Hugenberg en 1928.

En 1931, le parti forme une alliance avec le parti national-socialiste et le Stahlhelm (une organisation paramilitaire).

Le DNVP participe à une coalition avec le parti nazi après l'accession au pouvoir de celui-ci, au début 1933. Il se dissout le 29 juin 1933 sous la pression d'Adolf Hitler. Beaucoup de ses membres rejoignent alors le parti national-socialiste. Ceux qui s'y refusent sont contraints de quitter la vie politique.

Présidents

Élections à l'assemblée nationale

Année % Sièges
1919 10,3
44 / 423
1920 15,1
71 / 459
mai 1924 19,5
95 / 472
décembre 1924 20,5
103 / 493
1928 14,3
73 / 491
1930 7,0
41 / 577
juillet 1932 5,9
37 / 608
novembre 1932 8,7
52 / 584
mars 1933 8,0
51 / 647

Tentative de refondation

Le DNVP est brièvement recréé en 1962, par un ancien député du DNVP, Heinrich Fassbender , avant de rallier le Parti national-démocrate d'Allemagne à sa création en 1964, parti considéré comme ultra-nationaliste, voire néo-nazi.

Notes et références

  1. Stefan Breuer, Anatomie de la Révolution conservatrice, Paris, Éd. de la Maison des sciences de l'homme, 1996, p. 138.
  2. Manfred Kittel, « Le Zentrum et les protestants sous la république de Weimar » dans Sylvie Guillaume et Jean Garrigues (dir.), Centre et centrisme en Europe aux XIXe et XXe siècles, Bruxelles, Peter Lang, 2006, p. 86.
  3. Gerd Krumeich, « L'impossible sortie de guerre de l'Allemagne », dans Stéphane Audoin-Rouzeau, Christophe Prochasson (dir.), Sortir de la Grande Guerre. Le monde et l'après 1918, Paris, Tallandier, 2008, p. 159.
  4. Hans Mommsen, Le national-socialisme et la société allemande. Dix essais d'histoire sociale et politique, Paris, Éd. de la Maison des sciences de l'homme, 1997, p. 405.
  5. (en) John Wheeler-Bennett, The Nemesis of Power, Londres, Macmillan, , p. 207.
  6. (en) Heinrich August Winkler, Germany: The Long Road West, 1789–1933, Oxford University Press, , p. 352.
  7. (en) Hermann Beck, The Fateful Alliance: German Conservatives and Nazis in 1933, Oxford, Berghahn Books, , p. 42–43.
  8. Christian Baechler, L'Allemagne de Weimar 1919-1933, Fayard, 2007, p. 137-139.