D. H. Lawrence

David Herbert Lawrence
Description de l'image D H Lawrence passport photograph.jpg.
Nom de naissance David Herbert Lawrence
Naissance
Eastwood, Nottinghamshire, Royaume-Uni
Décès (à 44 ans)
Vence, Alpes-Maritimes, France
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture Anglais britannique
Mouvement Littérature moderniste, réalisme

Œuvres principales

David Herbert Lawrence, plus connu comme D. H. Lawrence, ( à Eastwood au Royaume-Uni - à Vence en France) est un écrivain britannique. Auteur de nouvelles, romans, poèmes, pièces de théâtre, essais, livres de voyage, traductions et lettres, il est célèbre pour son sulfureux roman L’Amant de lady Chatterley.

Biographie

D. H. Lawrence à 21 ans en 1906.

Jeunesse et formation

Fils de Arthur John Lawrence, un mineur, et de Lydia Beardsall, David Herbert Richards Lawrence voit le jour à Eastwood[1], dans le Nottinghamshire, le 11 septembre 1885. Après l'école primaire, il poursuit sa scolarité à la Nottingham High School de 1898 à 1901. De 1902 à 1906, Lawrence enseigne dans le primaire, dans une école d'Eastwood. En 1908, il obtient son certificat d'aptitude au professorat à l'université de Nottingham. Durant ses premières années professionnelles, il écrit ses premiers poèmes et quelques nouvelles.

En 1908, il s'installe près de Londres, pour enseigner à Croydon. Ses écrits sont remarqués par Ford Madox Ford, puis par Edward Garnett, deux critiques littéraires, à la fois écrivains et éditeurs. Après une sévère pneumonie en 1911, Lawrence décide de se consacrer pleinement à la littérature. De retour à Nottingham en 1912, il rencontre la baronne Frieda von Richthofen, l'épouse d'un de ses anciens professeurs. De six ans son aînée, Frieda l'initie aux plaisirs charnels, alors qu'il lui fait découvrir la poésie. Il l'épouse deux ans plus tard, après un périple, riche en péripéties, en Allemagne et en Italie.

Maturité et voyage

Juste après la guerre, en 1919, Lawrence quitte l'Angleterre et mène une vie d'errance. Il voyage ainsi en Australie, en Italie, à Ceylan, aux États-Unis, au Mexique et dans le Sud de la France. La première étape de son voyage le mène en Italie, dans la région des Abruzzes, puis à Capri et à Taormina en Sicile. Depuis la Sicile, il rayonne en Sardaigne, à Malte, dans le nord de l'Italie, en Autriche et dans le sud de l'Allemagne. Profitant de ses voyages pour expérimenter de nouvelles sensations, Lawrence continue à écrire régulièrement. Pendant cette période, il écrit notamment Women in Love (Femmes amoureuses), et The Lost Girl (La Fille perdue).

Répondant en 1922, à l’invitation d'une riche américaine, le couple s’embarque pour les États-Unis. Après une escale à Ceylan, puis une autre en Australie, qui inspirera l'auteur pour ses romans Kangaroo et Jack dans la brousse, ils font escale en Nouvelle-Zélande, et enfin à Tahiti. En septembre 1922, ils débarquent en Amérique, où ils demeureront jusqu’en 1925.

En mai 1923, Lawrence et Frieda s’installent au Mexique, près de Guadalajara, où l’auteur s’intéresse à la civilisation indienne. Il écrit alors Le Serpent à plumes. À l’automne, le couple regagne l’Europe, visite Paris et Baden-Baden. L'année suivante, ils repartent pour New York, en compagnie d’une jeune anglaise, Dorothy Brett. En 1925, l'auteur écrit St Mawr (L’Étalon). Apprenant qu’il est condamné par la tuberculose, Lawrence regagne l’Europe à l’automne. Le couple mène dès lors une vie errante, en Angleterre, Allemagne, France, Espagne, Suisse et surtout Italie. En 1926, Lawrence publie The Plumed Serpent. Il effectue son dernier séjour en Angleterre. À Florence, les époux Lawrence se lient d’amitié avec Aldous Huxley et son épouse.

Malgré son état de santé, Lawrence entame, en 1927, la rédaction de Lady Chatterley’s Lover (L’Amant de Lady Chatterley), un roman qu’il publiera l’année suivante, à Florence. Le livre fait scandale, il est saisi par les autorités britanniques et américaines. Il faudra attendre 1960 pour que paraisse dans ces pays une version non expurgée du texte.

En 1929, il publie un recueil de poèmes Pansies (Pensées) qui est confisqué par la justice. Une exposition de ses peintures provoque un scandale à Londres, et ses tableaux sont aussi saisis par la police. Pour son honneur et la défense de son œuvre, il publie A Propos of Lady Chatterley’s Lover (Défense de Lady Chatterley) en 1930.

Rattrapé par la maladie, Lawrence s’éteint le 2 mars 1930, à Vence, où il séjourne en compagnie de son épouse Frieda et des Huxley »

Son œuvre

Lawrence est reconnu comme un des meilleurs auteurs de récits de voyage. En 1921, il a écrit Sardaigne et Méditerranée, un récit du mode de vie des Méditerranéens.

Son roman Amants et Fils raconte l'enfance troublée de Paul Morel, entre un père mineur alcoolique et une mère mal mariée, avide de voir ses fils se promouvoir socialement, ainsi que ses difficultés sentimentales au cours de ses premières amours résultant de son attachement affectif extrême à cette mère. Ses œuvres sont une réflexion sur les effets déshumanisants de la modernité et de l'industrialisation, ce à quoi il se réfère en parlant de « monde mécanique » par opposition à un monde « organique » ou « phallique » où la « tendresse », c'est-à-dire une sexualité dépourvue de culpabilité, peut apporter un remède. Lawrence confronte des considérations relatives à la force des émotions et à la force vitale, à la spontanéité, à la sexualité et aux comportements instinctifs faisant de lui une icône dans une période influencée par Freud et Nietzsche.

Ayant passé plusieurs années au Mexique et au Nouveau-Mexique, Lawrence a aussi été très impressionné par les religions ancestrales des Indiens, et a ainsi cherché à explorer les possibilités de régénération de l'homme blanc par un retour au « sacré primitif ». Il se fait ainsi l'un des représentants modernistes fortement influencés par l'œuvre ethnographique de James George Frazer.

Les opinions de Lawrence sur la démocratie, la sexualité, les femmes, la virilité, les races, lui attirèrent beaucoup d'ennemis de son vivant, une persécution officielle, la censure et une mauvaise perception de son œuvre créative durant la seconde partie de sa vie, qu'il passa volontairement en exil se décrivant lui-même comme un « pèlerin sauvage ». L'influent T. S. Eliot participa dans une grande mesure à répandre l'idée que Lawrence était un écrivain « sans moralité » (dans After Strange Gods). À sa mort, sa réputation de pornographe a masqué son véritable talent. À la suite d'Aldous Huxley, Edward Morgan Forster, dans une nécrologie, a contesté cette perception, le décrivant comme « le plus imaginatif des romanciers de notre génération ». La réhabilitation de l'écrivain a débuté dans les années 1950, notamment grâce au critique influent de Cambridge F. R. Leavis, qui a mis en avant son intégrité artistique et son sérieux moral, situant la plupart des œuvres de fiction de Lawrence dans la « grande tradition » du roman anglais.

Ayant senti le lien profond[Lequel ?] existant entre esthétique, sexualité et idéologie, D. H. Lawrence est aujourd'hui considéré comme un penseur visionnaire et un représentant significatif du modernisme britannique, bien que quelques féministes aient mis en cause certains propos sur les femmes et la sexualité que recèlent ses œuvres (Kate Millett, Sexual Politics, Virago, 1970). L'un de leurs principaux arguments repose sur le « phallocentrisme » de Lawrence qui est sujet à interprétation. En prônant un respect mystique à l'égard de ce qu'il nomme le « phallus », Lawrence se rapporte davantage aux cultes dionysiaques phalliques des Grecs Antiques ou au lingam de l'hindouisme qu'à un phallocratisme idéologique tel qu'on pouvait le comprendre après le discours féministe des années 1970.

Publications

Livres et recueils

Sont ici indiqués les romans, pièces de théâtres, recueils de nouvelles, de poèmes, d'articles ou d'essais selon leur date de parution.

  • Le Paon blanc (The White Peacock), roman, 1911.
  • La Mort de Siegmund (The Trespasser), roman, 1912.
  • The Daughter-in-Law, théâtre, 1912.
  • Amants et Fils (Sons and Lovers), roman, 1913.
  • Love Poems and others, poésie, 1913.
  • L'Officier prussien et autres nouvelles (The Prussian Officer and Other Stories), nouvelles, 1914.
  • The Widowing of Mrs Holroyd, théâtre, 1914.
  • Study of Thomas Hardy and other essays, critique littéraire, 1914.
  • Etudes sur Thomas Hardy (Study of Thomas Hardy), essai, 1914.
  • L'Arc-en-ciel (The Rainbow), roman, 1915.
  • Amores, poésie, 1916.
  • Crépuscule sur l'Italie (Twilight in Italy and Other Essays), récits de voyage, 1916.
  • Look! We have come through!, poésie, 1917.
  • New Poems, poésie, 1918.
  • Bay: a book of poems, poésie, 1919.
  • Femmes amoureuses (Women in Love, roman, 1920.
  • La Fille perdue (The Lost Girl), roman, 1920. Prix James Tait Black de la fiction 1920.
  • Touch and Go, théâtre, 1920.
  • Tortoises, poésie, 1921.
  • Sardaigne et Méditerranée (Sea and Sardinia), récit de voyage, 1921.
  • Psychanalyse et Inconscient (Psychoanalysis and the Unconscious), essai, 1921.
  • Movements in European History, manuel d'histoire, 1921. Publié sous le pseudonyme Lawrence H. Davison.
  • La Verge d'Aaron (Aaron's Rod), roman, 1922.
  • Chère, ô chère Angleterre (England, My England and Other Stories), nouvelles, 1922.
  • The Fox, court roman, 1922.
  • Fantaisie de l'inconscient (Fantasia of the Unconscious), essai, 1922.
  • Kangourou (Kangaroo), roman, 1923.
  • L'Homme et la Poupée ( The Captain's Doll), court roman, 1923.
  • The Ladybird, court roman, 1923.
  • Birds, Beasts and Flowers, poésie, 1923.
  • Studies in Classic American Literature, critique littéraire, 1923.
  • Jack dans la brousse (The Boy in the Bush), roman, 1924.
  • L'Étalon (St Mawr and other stories), nouvelles, 1925.
  • Reflections on the Death of a Porcupine and other essays, essai, 1925.
  • Le Serpent à plumes (The Plumed Serpent), roman, 1926.
  • David, théâtre, 1926.
  • Lady Chatterley et l'Homme des bois (John Thomas and Lady Jane), roman, 1927.
  • Mâtinées mexicaines (Mornings in Mexico and Other Essays), récits de voyage, 1927.
  • L'Amant de lady Chatterley (Lady Chatterley's Lover), roman, 1928.
  • A Propos of Lady Chatterley's Lover, essai, 1929.
  • La Femme qui s'enfuit (The Woman who Rode Away and other stories), nouvelles, 1928.
  • The Collected Poems of D. H. Lawrence, poésie, 1928.
  • L'Homme qui était mort (The Escaped Cock, puis Than Man Who Died), roman, 1929.
  • Pansies, poésie, 1929.
  • Étreintes aux champs et autres nouvelles, (Love Among the Haystacks and other stories), nouvelles, 1930.
  • La Vierge et le Gitan (The Virgin and the Gipsy and Other Stories), nouvelles, 1930. Contient L'Homme qui aimait les îles (The Man Who Loved Islands).
  • Nettles, poésie, 1930.
  • Pornographie et Obscénité, essai, 1930. Initialement publié en 1929.
  • Apocalypse, essai, 1931.
  • Last Poems, poésie, 1932.
  • Croquis étrusques (Sketches of Etruscan Places and other Italian essays), récits de voyage, 1932.
  • The Fight for Barbara, théâtre, 1933.
  • A Collier's Friday Night, théâtre, 1934.
  • The Married Man, théâtre, 1940.
  • The Merry-Go-Round, théâtre, 1941.
  • Fire and other poems, poésie, 1940.
  • The White Horse, poésie, 1964.

Traduction

  • Léon Chestov, All Things are Possible, 1920 [1905].
  • Ivan Bounine, The Gentleman from San Francisco, 1922 [1915]. Traduction avec S. S. Koteliansky  du Monsieur de San Francisco.
  • Giovanni Verga, Mastro-Don Gesualdo, 1923 [1888].
  • Giovanni Verga, Little Novels of Sicily, 1925.
  • Giovanni Verga, Cavalleria Rusticana and other stories, 1928.
  • Anton Francesco Grazzini, The Story of Doctor Manente, 1929 [1549].

Compilations posthumes

Sont indiquées les principales compilations en langue anglaise et française.

  • (en) Phoenix: The Posthumous Papers of D. H. Lawrence, essais et articles, The Viking Press, 1936.
  • (en) The Complete Poems of D. H. Lawrence, poésie, The Viking Press, 1964. Première édition intégrale de la poésie de Lawrence.
  • (en) The Complete Plays of D. H. Lawrence, théâtre, The Viking Press, 1965. Première édition intégrale du théâtre de Lawrence.
  • (en) Phoenix II: Uncollected, Unpublished and Other Prose Works by D. H. Lawrence, essais et articles, Viking Press, 1968.
  • (fr) Éros et les Chiens, essais, C. Bourgois, 1969. Sélection de textes issus de Phoenix et Phoenix II.
  • (fr) Corps social, essais, C. Bourgois, 1974. Sélection de textes issus de Phoenix et Phoenix II.
  • (fr) L'Amour, le Sexe, les Hommes et les Femmes, essais, Éditions du Rocher, 2003. Sélection d'essais.
  • (en) Introductions and Reviews, critique littéraire, Cambridge University Press, 2004. Première édition intégrale des préfaces et critiques de Lawrence.
  • (en) Late Essays and Articles, essais et articles, Cambridge University Press , 2004. Première éditions des essais et articles de Lawrence non publiés de son vivant.
  • (fr) De la rébellion à la réaction, essais, Éditions du Rocher, 2004. Sélection de textes issus de Phoenix.
  • (fr) Poèmes, poésie, L'Âge d'homme, 2007. Première édition intégrale en français de la poésie de Lawrence.

Adaptations cinématographiques

Études de l'œuvre

  • Ginette Katz Roy, Myriam Librach (dir.), Cahier Lawrence, éditions de l'Herne, Cahiers de l'Herne, n° 56, Paris, 1988, 398 p. ( (ISBN 9782851970633))
  • Anaïs Nin, D.H. Lawrence : une étude non professionnelle, 1932
  • Henry Miller, Le Monde de D.H. Lawrence : Une appréciation passionnée, Buchet/Chastel, 1986
  • Jean-Paul Pichardie, D.H. Lawrence : la tentation utopique, université de Rouen, 1988
  • Anthony Burgess, D.H. Lawrence ou le Feu au cœur, Grasset, 1990
  • Frédéric Monneyron, Bisexualité et littérature. Autour de D.H. Lawrence et Virginia Woolf, L'Harmattan, 1998
  • Simon Leys, L'Ange et le cachalot, Seuil, 1998 : un chapitre sur le roman Kangourou de D.H. Lawrence et sur son séjour en Australie (page 93 à 116)

Notes et références

  1. Sa maison natale, 8a Victoria Street, est aujourd'hui un musée [1].

Liens externes