Détroit (Michigan)

Détroit
Héraldique.
Héraldique.
Drapeau.
Drapeau.
Image illustrative de l'article Détroit (Michigan)
Administration
Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
État Drapeau du Michigan Michigan
Comté Wayne
Type de localité City
Maire
Mandat
Mike Duggan (D)
Depuis 2014
Code FIPS 26-22000
GNIS 1617959
Démographie
Population 672 795 hab.[1] (2016 en diminution)
Densité 1 817 hab./km2
Population aire urbaine 4 292 060 hab. (2013)
Géographie
Coordonnées 42° 19′ 54″ nord, 83° 02′ 51″ ouest
Superficie 37 020 ha = 370,2 km2
· dont terre 359,4 km2 (97,08 %)
· dont eau 10,8 km2 (2,92 %)
Fuseau horaire EST (UTC-5)
Divers
Fondation 1701
Municipalité depuis 1806
Devise Speramus Meliora; Resurget Cineribus[2]
Surnom « Motor City » (la ville du moteur)
« Motown » (contraction de Motor Town)
« Hitsville » (la ville des hits)
« Hockeytown » (la ville du hockey sur glace)
Localisation
Carte du comté de Wayne.
Carte du comté de Wayne.

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Détroit

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Détroit

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Détroit
Liens
Site web detroitmi.gov
Carte des Grands Lacs et du « détroit » par Guillaume Delisle en 1718.

Détroit (en anglais : Detroit, prononcé /dɪˈtɹɔɪt/) est la principale ville de l'État du Michigan aux États-Unis, largement plus connue que sa capitale Lansing, et siège du comté de Wayne. Cité portuaire importante, située sur la rivière Détroit dans le Midwest américain, la ville a été fondée en 1701 par un Français, Antoine de Lamothe-Cadillac. Son nom provient d'ailleurs du mot français « détroit », en référence à la rivière reliant les deux lacs Sainte-Claire et Érié.

Entre 1900 et 1930, l'industrie automobile lui a donné son surnom : « the Motor City » ou « Motown » et a été à l'origine de son développement considérable, sa population passant de 265 000 à plus de 1,5 million d'habitants.

Entre 1950 et 1960 le développement du système de l'Interstate highway permet à ses habitants de se déplacer en banlieue et d'aller au travail en voiture.

À partir de 1950, la population (de 1 850 000 habitants) a commencé à baisser. La population blanche a alors diminué, tandis que des Noirs pauvres du Sud y ont émigré. Le , de violentes émeutes ont éclaté dans les quartiers est, qui restent les plus sanglantes de l'histoire des États-Unis. La réputation de la ville s'en est ressentie, la population blanche la quittant massivement. En 1973, le premier maire noir (Coleman Young) a été élu. À partir du début des années 1980, les Afro-Américains ont constitué la majorité de la population.

En 2016, avec ses 672 795 habitants[1], Détroit n'était plus que la dix-huitième ville du pays par sa population, son agglomération (Metro Detroit, 4 467 592 habitants[3]) étant la onzième du pays. En 2013, elle a été la première grande ville américaine à demander une mise en faillite[4], ayant cumulé depuis des années une dette, devenue impayable, d'environ 18,5 milliards de dollars américains. En 2017, Détroit essaie de conjurer ce déclin, montrant des signes de renaissance dans quelques quartiers tandis que les relations avec les milieux d'affaires sont peu à peu rétablies.

Ses habitants sont appelés les Détroitiens.

Histoire

Article détaillé : Histoire de Détroit.

Période française

Article détaillé : Fort Pontchartrain du Détroit.

La ville est fondée en 1701 par le Français Antoine de Lamothe-Cadillac. La colonie est baptisée « Fort Pontchartrain du Détroit » en l'honneur de Louis II Phélypeaux de Pontchartrain, ministre de la Marine de Louis XIV, et selon la configuration des lacs Sainte-Claire et Érié dont elle occupe les rives occidentales. La colonie se développe à Détroit, mais sa présence ne consolide pas les liens entre les tribus de l'ouest et les Français, presque toutes les fourrures prenant la route de New York. En 1749 afin d'augmenter l'influence française dans la région, la couronne offre des terres gratuitement aux familles désireuses de s'y installer[5].

Période britannique

Après la capitulation de Montréal en 1760, le major Rogers et ses 200 Rangers sont envoyés pour prendre possession de Détroit, alors sous le commandement français de François-Marie Picoté. Ils rencontrent le chef amérindien Pontiac en chemin et ce dernier se montre pacifique avec ces hommes, qui tout récemment encore étaient ses ennemis. Les Britanniques ont promis aux Indiens de l'ouest des échanges commerciaux plus avantageux dans le but d'acquérir leur loyauté. Cependant, les intentions des Britanniques sont bien différentes de leurs promesses. Les Français ont l'habitude d'approvisionner leurs alliés indiens en fusils et en munitions ainsi que de leur assurer certains services gratuitement. Le général Amherst décide que, dorénavant, s'ils désirent des armes, les Indiens doivent les obtenir grâce à des échanges commerciaux. De plus, les tribus doivent maintenant se rendre elles-mêmes aux postes de traite britanniques pour commercer et il est interdit en outre aux commerçants britanniques d'acheter leurs biens avec du rhum. Les Indiens sont furieux et ne manquent pas de protester. En , selon le nouveau commandant de Détroit Donald Campbell, les Outaouais incitent « toutes les nations de la Nouvelle-Écosse jusqu'à l'Illinois à prendre la hache de guerre contre les Anglais ».

Lorsque les troupes britanniques arrivent à Détroit, elles ont en leur possession le texte du traité de Paris par lequel la France renonce à ses possessions en Nouvelle-France. Les Nations amérindiennes alliées des Français refusent cette situation et continuent la guerre contre les Britanniques.

Le , le chef Pontiac parlemente lors d'un conseil des chefs des différentes Nations amérindiennes, à environ une quinzaine de kilomètres au sud du fort de Détroit. Il rappelle les enseignements du sage prophète Neolin qui prônait l'unité des Nations amérindiennes. Pontiac convainc un certain nombre de Nations, telles que les Outaouais, Ojibwés, Potéouatamis et Hurons-Wendat à se joindre à lui dans une tentative de s'emparer du fort de Détroit. Commence en mai 1763 le siège de Fort Détroit pour en chasser les Britanniques.

Finalement, les Potowatomis et les Hurons se dissocient alors de Pontiac et brisent l'alliance. Le 25 juillet, Jacques Godfroy revient du fort de Chartres en Louisiane française avec une mauvaise nouvelle : la France n'enverra aucun renfort pour venir en aide à Pontiac. Le moral est au plus bas lorsque, le 29 juillet, les Britanniques organisent une contre-attaque et 247 soldats surgissent du fort Détroit. Pontiac et ses hommes ont été informés de l'attaque par des Canadiens français et attendent les soldats britanniques, qui sont mis en pièces.

Pontiac entreprend alors de se rendre lui-même en Louisiane pour demander des renforts au commandant Neyon. Il arrive sur les lieux en et Neyon lui explique qu'il ne peut se battre puisque la France et la Grande-Bretagne sont à nouveau en paix. Pendant son absence, un rival de Pontiac nommé Manitou entreprend de mettre fin aux hostilités et de pacifier les derniers partisans de Pontiac.

Depuis l'indépendance

Selon les termes du traité de Paris, en 1783, Détroit est cédée au nouveau pays indépendant, les États-Unis d'Amérique. Les Britanniques, cependant, refusent de se plier à cette clause du traité. Les Américains ne peuvent prendre possession de Détroit qu'en 1796, au terme du traité de Londres[5].

En 1805, Détroit subit un incendie dévastateur, qui détruit la majeure partie de l'architecture coloniale française de la ville. Seuls un ancien entrepôt près de la rivière ainsi que les cheminées en briques subsistent[6]. Peu après, le père Gabriel Richard prononce la fameuse sentence latine, Meliora speramus ; cineribus resurget (« nous espérons des temps meilleurs ; elle renaîtra de ses cendres ») qui est devenu la devise officielle de la ville. Le juge Augustus B. Woodward dessine un plan, semblable à la conception de Pierre Charles L'Enfant pour la ville de Washington. Celui-ci organise un quadrillage de rues perpendiculaires autour d'une artère principale, nommée Woodward, elle-même perpendiculaire à la rivière. Ce plan crée également les quartiers de Grand Circus Park et Campus Martius[7].

De 1805 à 1847, Détroit est la capitale du Territoire, puis de l'État du Michigan. La ville tombe aux mains des Britanniques durant la guerre anglo-américaine de 1812, puis est reconquise par les Américains en 1813.

Avant la guerre de Sécession, la proximité de la frontière canadienne fait de Détroit un arrêt stratégique le long du chemin de fer clandestin[8].

Au cours du XIXe siècle, les urbanistes, suivant la philosophie de City Beautiful construisent un certain nombre de bâtiments des styles Beaux-Arts et baroque. Vers la fin du siècle, Détroit est alors surnommée le « Paris du Midwest » pour son architecture élégante et ses espaces publics ouverts[9].

Cadillac Motor Co. (1910).

La situation stratégique de Détroit au cœur des voies navigables des Grands Lacs en fait un centre logistique. La ville a continuellement grandi à partir de 1830 autour du transport lacustre, des chantiers navals et des industries manufacturières. En 1896, Henry Ford y construit sa première fabrique automobile dans un atelier situé sur Mack Avenue. En 1904, il fonde la Ford Motor Company. Ford, ainsi que d'autres pionniers de l'automobile comme William Crapo Durant, les frères Dodge, Packard, et Walter Chrysler contribuent au statut de capitale mondiale de l'automobile attribué à Détroit. Gourmande en espace, l'industrie automobile se déplace cependant rapidement en banlieue, à Hamtramck et Highland Park.

Entre 1900 et 1930, la ville se développe énormément, sa population augmente de 265 000 à plus de 1,5 million d'habitants. La croissance explosive de la cité ne se fait pas sans dommages. L'air et l'eau de la région sont pollués, et les rives du lac sont outrancièrement industrialisées et interdites aux résidents. Les taudis se sont développés dans plusieurs quartiers, en particulier la partie est, de plus en plus peuplée par les Afro-Américains, dès 1920. La tension raciale entre les résidents noirs et blancs mène à des émeutes, en 1943[10]. En 1950, Détroit affiche une population de 1 850 000 habitants.

Déclin de la ville

Le bâtiment du Park Avenue Hotel en état de délabrement, 2008.

Tandis que la population blanche de la ville diminue après 1950, sa population noire continue à se développer. Les noirs pauvres du Sud ont émigré en ville. Le , des émeutes éclatèrent dans le nord-ouest de la ville. Ce sont les émeutes les plus sanglantes et les plus destructrices de l'histoire des États-Unis, avec 43 morts, 467 blessés et plus de 2 000 bâtiments détruits.

La réputation de la ville s'en est ressentie et la population blanche quitte massivement la ville au début des années 1970, les Afro-Américains constituent désormais la majorité de la population et en 1973 le premier maire noir de la ville, Coleman Young, est élu. Young, membre de la gauche du Parti démocrate, est un homme controversé. Tandis qu'il est apprécié d'une grande partie des habitants noirs de la ville, il est impopulaire parmi les blancs et les hommes d'affaires. La tendance démographique et le déclin économique de la ville continuent sous son mandat, qui s'achève en 1993.

Un des premiers signes du déclin économique de la ville a lieu en 1958 avec la fermeture de l'usine automobile Packard. De nombreux centres commerciaux, bibliothèques, hôtels et banques du centre ville sont désertés et laissés à l'abandon, laissant un paysage post-apocalyptique[11]. Détroit s'illustre également par son taux de criminalité record, la classant comme la ville la plus dangereuse des États-Unis et parmi les dix premières au monde pour le taux d'homicide (43.7 crimes pour 100 000 habitants par an)[12].

En mars 2013, le gouverneur de l'État du Michigan, Rick Snyder, entame une procédure de mise sous tutelle de la ville qui fait face à un passif de plus de 14 milliards de dollars américains[13]. Le , la ville de Détroit déclare faillite alors que sa dette atteint 18,5 milliards de dollars[14]. En septembre 2013, la Maison-Blanche offre 320 millions de dollars à la ville pour qu'elle puisse détruire ou réparer les maisons abandonnées et améliorer son réseau de transport public.

En décembre 2014, la ville connaît une grave panne d'électricité montrant la vétusté des infrastructures[15].

Réorganisation autonome des habitants

Aujourd'hui, la ville tente de conjurer ce déclin. Ainsi montre-t-elle certains signes de renaissance dans quelques quartiers, notamment dans le centre-ville et le long de la rivière, et les relations avec le milieu des affaires sont rétablies. Néanmoins, la population municipale continue sa chute: Détroit a perdu un quart de ses habitants entre 2000 et 2010.

D'autre part, des mouvements autonomes d'autogestion, reprenant en grande partie le mouvement des Piqueteros, en Argentine, dans les années 1990, apparaissent à la suite de la crise économique. Leur mode de vie est basé sur[16] :

  • Le « Do It Ourselves » (« faisons-le nous-mêmes » en anglais), reprenant le mouvement international du « Do it yourself » (« fais-le toi-même » en anglais), dont l'un des grands principes est la réappropriation de la production par des moyens simples, permettant de s'affranchir des industriels ayant délocalisé.
  • La consommation collaborative: jardins communautaires improvisés, entraide collaborative pour l'isolation des maisons, réutilisation des technologies pour la fabrication à la manière des fab lab et débrouille en tout genre.

Géographie

Communes limitrophes

Topographie

Image satellite de l'agglomération de Détroit.

Selon le Bureau du recensement des États-Unis, la superficie de la ville est de 370,2 km², dont 10,8 km² sont des surfaces lacustres ou fluviales. Le point le plus élevé de Détroit est au nord de la ville, à 204 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le point le plus bas est au bord de la rivière Détroit, à 176 m d'altitude. Les villes d'Highland Park et Hamtramck sont complètement entourées par Détroit ; les cinq communautés favorisées de Grosse Pointe sont à l'est de la ville, sur la rive du lac Sainte-Claire. À l'ouest de Détroit se trouvent Redford Township et la ville de Dearborn. Au nord, la ville et les comtés d'Oakland et de Macomb sont séparées par l'Eight Mile Road, une ligne historique de la démarcation raciale. Alter Road sépare la ville et la banlieue de Grosse Pointe Park, et est aussi connue comme une ligne de partage ; certains des quartiers les plus pauvres de Détroit sont situées d'un côté alors que ceux de l'autre sont riches.

Trois systèmes routiers y sont enchevêtrés : le système original français, le système d'avenues radiales organisé par Woodward et le système Nord-Sud issu de l'ordonnance du Nord-Ouest.

Détroit est située au nord de la ville de Windsor en Ontario. Elle est la seule ville majeure le long de la frontière entre le Canada et les États-Unis où l'on doive aller vers le sud afin d'entrer au Canada. La cité possède quatre passages de frontière : le pont Ambassadeur et le tunnel de Détroit-Windsor, pour le trafic routier ; le tunnel Michigan Central Railway, pour le chemin de fer et le Détroit-Windsor Truck Ferry, qui permet aux camions de traverser la rivière. La frontière Détroit-Windsor étant le point de passage entre les États-Unis et la Canada le plus emprunté, la construction d'un deuxième pont routier est à l'étude. La ville est à mi-chemin entre Chicago et Toronto.

Climat

Détroit a un climat continental, qui est influencé par les Grands Lacs. Les hivers sont généralement froids, avec les températures minimales pouvant descendre sous −10 °C, alors que les étés peuvent être chauds et humides, avec les températures qui souvent excèdent 32 °C. Les précipitations mensuelles varient entre 40 et 100 millimètres selon le mois de l'année, l'été étant la saison la plus arrosée. Les chutes de neiges se produisent typiquement de novembre à début avril. Leur hauteur est comprise en moyenne entre 3 et 25 centimètres par mois.

Relevé météorologique de Détroit (période 1961-1990)
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) −9,1 −8 −2,8 2,7 8,4 13,5 16,3 15,3 11,4 4,9 0,1 −5,9 3,9
Température moyenne (°C) −5,1 −3,7 2,1 8,5 14,7 19,8 22,4 21,4 17,3 10,7 4,6 −2,1 9,2
Température maximale moyenne (°C) −0,9 0,7 6,9 14,3 20,9 26,1 28,5 27,4 23,3 16,4 8,9 1,8 14,5
Précipitations (mm) 44,7 44,2 64,8 74,9 74,2 91,7 80,8 87,1 73,4 53,3 67,8 71,6 828,5
Nombre de jours avec précipitations 7,7 7,3 9,4 9,6 8,3 8,5 7,7 7,3 7,8 7 8,6 9,9
Source : Le climat à Détroit (en °C et mm, moyennes mensuelles)climate zone.com


Quartiers

Article détaillé : Liste des quartiers de Détroit.

Population

Évolution et répartition

Historique des recensements
Ann. Pop.  %±
1820 1 422
1830 2 222 56,3 %
1840 9 102 309,6 %
1850 21 019 130,9 %
1860 45 619 117,0 %
1870 79 577 74,4 %
1880 116 340 46,2 %
1890 205 876 77,0 %
1900 285 704 38,8 %
1910 465 766 63,0 %
1920 993 078 113,2 %
1930 1 568 662 58,0 %
1940 1 623 452 3,5 %
1950 1 849 568 13,9 %
1960 1 670 144 -9,7 %
1970 1 511 482 -9,5 %
1980 1 203 339 -20,4 %
1990 1 027 974 -14,6 %
2000 951 270 -7,5 %
2010 713 777 -25,0 %
Est. 2016 672 795 -5,7 %
Bureau du recensement des États-Unis[17],[1]

Au cours du XIXe siècle, la population de Détroit croît rapidement. La ville n'est cependant pas l'une des plus grandes du pays ; elle reste beaucoup plus petite que les villes de New York et Chicago. Cependant lors de la première moitié du XXe siècle, la population s'accroit de manière soutenue, surtout du fait du développement de l'industrie automobile, grâce à l'immigration européenne et aussi à la migration des populations (blanches et noires) du Sud des États-Unis. En 1930, Détroit est ainsi devenue la quatrième ville du pays, derrière New York, Chicago et Philadelphie. En 1950, la population atteint son maximum, avec 1 849 568 habitants.

Au cours de la deuxième moitié du XXe siècle, la ville connait une évolution exactement inverse : entre 1950 et 2000, Détroit perd plus d'un million d'habitants[18], passant de 1 849 568 habitants en 1950 à 689 000 habitants en 2013[19]. À cela s’ajoute l’impossibilité, pour des milliers de particuliers ayant emprunté, de rembourser leur dette en raison de la hausse des intérêts de leur prêt : selon la municipalité, 67 000 habitations auraient été saisies en trois ans. Malgré la politique de revitalisation de certains quartiers et la gentrification en cours, la tendance à la baisse continue à un rythme élevé : - 25 % entre 2000 et 2010[20].

Caractéristiques ethniques et sociales

Distribution des groupes ethniques en 2010. Chaque point représente 25 personnes : Blancs non hispaniques, Noirs, Asiatiques, Latinos et Autres (jaune)
Composition de la population en % (2010)[21],[22]
Groupe Détroit Drapeau du Michigan Michigan Drapeau des États-Unis États-Unis
Afro-Américains 82,7 14,2 12,6
Blancs 10,6 79,0 72,4
Autres 3,0 1,5 6,4
Métis 2,2 2,3 2,9
Asiatiques 1,1 2,4 4,8
Amérindiens 0,4 0,6 0,9
Total 100 100 100
Hispaniques et Latino-Américains 6,8 4,4 16,7

La répartition ethnique de la ville de Détroit se caractérise par une importante population afro-américaine, et une population blanche qui tend à diminuer ; la vaste majorité de la population blanche de la région métropolitaine vit dans la banlieue. En 2000, la population de la ville elle-même représentait 23 % de la population métropolitaine mais concentrait 75 % des Afro-Américains de l'agglomération[23].

Aujourd'hui les Afro-Américains forment une communauté très importante et en augmentation. Ce groupe se trouve dans tous les secteurs de la ville. La part des Blancs est beaucoup plus faible que la moyenne nationale ; elle se concentre dans quelques quartiers du nord-ouest (comme Palmer Woods) et de l'est (Indian Village). La proportion des Latinos est plus faible que dans le reste du pays, mais leur effectif augmente. Cette population se concentre au sud-ouest de la ville, notamment dans le quartier de Mexicantown.

Selon l'American Community Survey, pour la période 2011-2015, 89,55 % de la population âgée de plus de 5 ans déclare parler anglais à la maison, alors que 6,62 % déclare parler l'espagnol, 1,35 % l'arabe et 2,48 % une autre langue[24].

Selon l'American Community Survey, pour la période 2011-2015, 40,3 % de la population vit sous le seuil de pauvreté (15,5 % au niveau national)[25].

Administration

Article détaillé : Administration de Détroit.

Économie

The Renaissance Center siège social Mondial de General Motors.

Industries

Détroit est la capitale de l'automobile américaine : les trois grandes firmes américaines (General Motors, Ford et Chrysler) y sont implantées. Le secteur automobile est représenté aussi par des entreprises françaises comme Renault, PSA, Michelin, Plastic Omnium, Faurecia et Valeo. Au total, les entreprises françaises y emploient 22 000 personnes selon le Figaro, édition du 1er juillet 2005.

Une ville en faillite

En 2011, la ville de Détroit est dans une situation de faillite économique[26],[27],[28],[29], doublée d’une désertification industrielle et d’une chute démographique.

Au niveau industriel, les trois grands constructeurs automobiles implantés à Détroit (General Motors, Ford et Chrysler), en plus d’une délocalisation de leur production depuis 1950, connaissent une crise sans précédent : en tout, ce sont 400 000 emplois qui ont été perdus depuis 2008[30]. Dans certains quartiers, le taux de chômage à Détroit atteint ainsi les 50 %[31].

En 2013, avec une dette de 18,5 milliards, la ville demande sa mise en faillite.

Architecture et urbanisme

Durant les années fastes d'avant la Seconde Guerre mondiale, un certain nombre de gratte-ciel de style Art déco ont été construits. Avec son agglomération Detroit compte en 2014, 33 immeubles d'au moins 100 mètres de hauteur.

Durant les années 1970 a été construit le Renaissance Center qui comprend l'immeuble le plus haut de la ville.

Du fait de la baisse du nombre d'habitants beaucoup de maisons ont été rasées. Detroit est une des villes des États-Unis où l'immobilier est le moins cher.

Sociologie

Vitres de Détroit

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Centre-ville de Détroit.

Des chercheurs de l'université Georgia Tech. ont mené une étude, très sérieuse, sur le nombre moyen de vitres dans le champ de vision d’un habitant, pour les 15 plus grandes villes des États-Unis. Et si l'on compte l’agglomération, c’est Détroit qui arrive largement en tête, avec 3 200 vitres en moyenne dans le champ de vision d’un habitant. Loin devant l'agglomération de Chicago (1 200) et l’immense agglomération de New York (moins de 1 000).

Pour Détroit, ce résultat s’explique par le fait que 3 des 7 hautes tours de General Motors donnent directement sur un environnement urbain aplati par les nombreux parkings, ce qui fait que la vision d’un citadin, même banlieusard, peut toujours s’épanouir sur ces 3 tours. Et dans une moindre mesure par le fait que certains bâtiments de banlieue sont relativement hauts ; on compte 5 gratte-ciels au-dessus de 100 mètres dans la région « Metro Detroit ». Les habitants qui regardent ailleurs qu’au centre-ville n’abaissent donc pas la moyenne, ou très peu, alors qu’ils l’abaissent fortement à Chicago ou à New York. Pour résumer simplement, Détroit est une ville dont la hauteur des bâtiments est très variable : une tour de 73 étages, un parking, un immeuble de 7 étages, un parking, une tour de 25 étages, un parking, etc., ce qui laisse de nombreux trous, et donc de nombreuses vitres, au loin, dans le champ de vision.

Selon les sociologues, les 3 000 miroirs de ce formidable léviathan jouent le rôle de « social hammer », qu’on pourrait traduire par « enclume sociale ». La pression exercée par ces 3 000 regards potentiels, à chaque seconde, est trois fois plus forte que partout ailleurs aux États-Unis, et en moyenne 15 fois plus forte qu’en Europe.[réf. nécessaire]

Culture

Au plan musical, Détroit a abrité le siège de la Motown (compagnie discographique consacrée à la musique soul) qui y possède son propre musée (Motown Museum) ; elle a été le berceau de plusieurs styles musicaux, comme le punk et la techno et a vu débuter de nombreux artistes tels Iggy Pop, Kid Rock, Martha and the Vandellas, Eminem, Insane Clown Posse, Smokey Robinson, Roland Hanna, Diana Ross, Marvin Gaye, Stevie Wonder, The Temptations, MC5, The Stooges et The Supremes, The Marvelettes, Aaliyah, The Jackson Five, Mary Wells, The Four Tops, J Dilla, Mike Banks, Juan Atkins, Derrick May, Kevin Saunderson, Jeff Mills, D12, Obie Trice, The White Stripes, Mike Posner, Sixto Rodriguez, Walls of Jericho

Détroit possède également un remarquable orchestre symphonique, autrefois dirigé par Paul Paray et Antal Doráti notamment.

Musées

  • Detroit Institute of Arts. Le D.I.A. possède des collections particulièrement prestigieuses dans le domaine des arts anciens français et européens, du Moyen Âge au XIXe siècle, ainsi qu'en art moderne en général.
  • Charles H. Wright Museum of African American History
  • Motown Historical Museum
  • Detroit Historical Museum
  • Detroit Science Center

Médias

  • Deux principaux journaux :
    • The Detroit News
    • Detroit Free Press
  • Magazine d’informations :
    • The Metro Times
    • Crain's Detroit Business
    • Michigan Chronicle
    • Michigan Citizen
    • Hour Detroit
    • Detroit Home
    • DBusiness
  • Radio :
    • WDET (radio du service public)

Religion

Église catholique

Façade de l'église Sainte-Thérèse-d'Avila.

Église catholique chaldéenne

Sports

Article détaillé : Sport à Détroit.
Équipe Ligue Stade Création Titres
Red Wings de Détroit NHL (hockey sur glace) Little Caesars Arena 1926 11
Tigers de Détroit MLB (baseball) Comerica Park 1894 4
Lions de Détroit NFL (football américain) Ford Field 1930 4
Pistons de Détroit NBA (basket-ball) Little Caesars Arena 1941 3

Voies de communication et transports

La gare Michigan Central Station, désaffectée depuis 1988.

La proximité de Détroit avec le Canada et son rôle industriel ont fait de Détroit un centre important bien relié par les réseaux de transport. Ceux-ci consistent en plusieurs autoroutes majeures, l'Interstate 94, l'Interstate 96, l'Interstate 75, l'Interstate 696, l'Interstate 275 et l'Interstate 375 en des connexions ferroviaires (bien que la grande gare voyageur de Michigan Central Station soit fermée depuis 1988) et en un aéroport important, l'Aéroport métropolitain de Détroit. Le transport dans la région métropolitaine de Détroit est assurée par un système complet de services de transit, les aéroports et un réseau avancé de autoroutes qui relient la ville et la région. Le Michigan Department of Transportation (MDOT) administre le réseau régional de routes principales et autoroutes.

Au niveau du transport en commun, la ville est dirigée par Detroit Department of Transportation (DOT) et ses banlieues par la Suburban Mobility Authority for Regional Transportation (SMART). La ville dispose d'un transport hectométrique, le Detroit People Mover.

Personnages célèbres liés, nés ou décédés à Détroit

Musique

Sport

  • Joe Louis, boxeur détenant le plus long règne en tant que champion du monde de boxe poids lourds. Il a vécu son adolescence ainsi qu'une grande partie de sa vie à Détroit. Le Monument to Joe Louis  a été érigé en son honneur proche de Hart Plaza en 1986.
  • Sugar Ray Robinson, boxeur, né
  • Louis Chevrolet, mécanicien, coureur automobile et fondateur de la marque Chevrolet, décédé
  • John Vanbiesbrouck, joueur de hockey retraité, né
  • Kevin Nash, catcheur, né le
  • George Gervin, joueur de basket-ball, né le
  • Chris Webber, joueur de basket-ball, né le
  • Sabu, catcheur né le
  • Chris Sabin, catcheur, né le
  • Alex Shelley, catcheur, né le
  • Rhino, catcheur né le
  • Mark Howe, joueur canado-américain de hockey retraité (fils du célèbre joueur de hockey Gordie Howe), né le

Cinéma

Littérature

Divers

Jumelages

Détroit est jumelée avec :

Détroit a également un rapport très étroit avec la ville voisine :

Dans la fiction

Films et séries

Littérature

Jeux vidéo

Notes et références

  1. a, b et c (en) « U.S. Census Bureau QuickFacts selected: Détroit city, Michigan », sur www.census.gov.
  2. Cette devise latine a été inscrite sur le drapeau de la ville, de chaque côté du sceau qui occupe son centre, à l'initiative de Gabriel Richard, après l'incendie de 1805.
  3. (en) Bureau US du recensement, « Estimates of Population Change for Metropolitan Statistical Areas and Rankings: July 1, 2006 to July 1, 2007 », sur census.gov (consulté le 11 octobre 2008).
  4. « La ville de Détroit est déclarée en faillite », sur La Presse, .
  5. a et b « L'Ontario français durant les 17e et 18e siècles - Détroit » (consulté le 11 octobre 2008).
  6. (en) « Ste. Anne de Détroit » (consulté le 13 octobre 2008).
  7. (en) Michigan History Magazine (Sept-Oct 1999), Campus Martius (Detroit's Field of Mars), David Lee Poremba.
  8. (en) Charles Blockson, Henry Chase, « American Visions », (consulté le 13 octobre 2008).
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  10. (en) Baulch, Vivian M. et Patricia Zacharias (11 février 1999). 1943 Detroit race riots. Michigan History, The Detroit News. Consulté le 19 octobre 2008.
  11. The Ruins of Detroit par les photographes français Yves Marchand et Romain Meffre
  12. « Les villes les plus dangereuses du monde », sur www.americas-fr.com, (consulté le 17 mars 2016).
  13. « La Ville de Détroit vers une mise sous tutelle | ICI.Radio-Canada.ca », sur Radio-Canada.ca, (consulté le 17 mars 2016).
  14. « La ville américaine de Detroit se déclare en faillite », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne).
  15. « Panne d'électricité massive à Detroit », sur Le Figaro, (consulté le 17 mars 2016).
  16. Anne-Sophie Novel, « Détroit, tu l’aimes ou tu la quittes… pas ! », sur alternatives.blog.lemonde.fr, (consulté le 20 novembre 2016).
  17. (en) « Source : données du Bureau du recensement », sur census.gov.
  18. Voir notamment Detroit : ruin of a city (2005), un film documentaire de Michael Chanan et George Steinmetz sur Détroit et son industrie automobile
  19. Constance Jamet, « Panne d'électricité massive à Detroit », Le Figaro,‎ (ISSN 0182-5852, lire en ligne).
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  21. (en) « Detroit, MI Population - Census 2010 and 2000 », sur censusviewer.com.
  22. (en) « Population of Michigan - Census 2010 and 2000 », sur censusviewer.com.
  23. Cynthia Ghorra-Gobin, « De la ville à l'urban sprawl, la question métropolitaine aux États-Unis », Cercles, 13, 2001.
  24. (en) « Language spoken at home by ability to speak English for the population 5 years and over », sur factfinder.census.gov (consulté le 26 avril 2017).
  25. (en) « Poverty status in the past 12 months », sur factfinder.census.gov.
  26. Allan Popelard et Paul Vannier, « Detroit, la ville afro-américaine qui rétrécit : Bilan d’étape pour M. Obama », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne).
  27. John Nichols, « Nous avons perdu Detroit : Faillites municipales en série aux États-Unis », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne).
  28. « ÉTATS-UNIS. Il faut sauver Detroit », Courrier international,‎ (lire en ligne).
  29. « La ville de Détroit au bord de la faillite », News 26, 22 novembre 2011.
  30. « Detroit la sinistrée tourne le dos aux démocrates », Le Figaro, 27 octobre 2010.
  31. « Le taux de chômage de Détroit atteint presque 50 % », Melvine en Action, 16 décembre 2009.

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes