Démographie de la Guyane

Démographie de la Guyane
Évolution démographique de la Guyane (1961-2003)
Évolution démographique de la Guyane (1961-2003)
Dynamique
Population (2015) 259 865 hab.
Accroissement naturel 2,45 %
Indice de fécondité 3,62 enfants par
Taux de natalité 27,6
Taux de mortalité 3,1
Taux de mortalité infantile 11,76
Espérance de vie à la naissance 79,9 ans
Âge médian
Homme 29,6 ans
Femme 27,4 ans
Structure par âge (2013)
0-14 ans 34,0 %
15-64 ans 61,5 %
65 ans et plus 4,5 %
Sex-ratio
À la naissance 105 /100
Moins de 15 ans 105 /100
15-64 ans 116 /100
65 ans et plus 104 /100
Migration
Solde migratoire - 2,5
Composition linguistique
Français (officiel), Créole guyanais, Aluku  
Composition ethnique
Noirs et créoles guyanais 66 %
Européens 12 %
Amérindiens, asiatiques 12 %
Autres 10 %

La population de la Guyane est de 259 865 habitants en 2015[1]. Celle-ci est en forte augmentation, en raison d'un fort taux de croissance naturelle (excédent des naissances sur les décès) et du fait de l'immigration en provenance des pays limitrophes, jusqu'à la fin des années 2000. Cependant, on observe un ralentissement de la croissance démographique lié à une légère inflexion de la natalité et, surtout, à un retournement du solde migratoire, devenu négatif entre 2008 et 2013[2].

Densité

La densité de population est faible (3 hab/km², sauf à Cayenne qui atteint 2 318 hab/km²) en 2013, mais si l'on tient compte du fait que la population se répartit sur le littoral, soit sur seulement 10 % du territoire, la densité « effective » est plus proche de 29 habitants au km², ce qui reste largement inférieur à la moyenne nationale.

Records 
  • Maripasoula est la commune la plus étendue de France (18 761 km2 pour 10 477 habitants), Régina la deuxième (11 470 km2 pour 951 habitants) et Camopi la troisième (10 454 km2 pour 1 707 habitants), à comparer aux 105 km2 de Paris.
  • Cayenne, qui abrite le plus d'habitants, est la commune la plus petite de Guyane en superficie.

Natalité

La Guyane est, après Mayotte, le département français où le taux de natalité est le plus élevé et le taux de mortalité est le plus faible.

En 2016, l'indice de fécondité est de 3,62 enfants par femme[3]. Le taux de natalité est de 26,9 .

La Guyane connaît donc une croissance démographique comparable à celle de certains pays en voie de développement. C'est une population jeune : au 1er janvier 2012, l'âge médian était de 23 ans et 44 % de la population avait moins de 20 ans[4].

Évolution de la natalité en Guyane[5]
2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
Naissances 6 247 6 171 6 082 6 259 6 609 6 474 6 591 6 806 7 270
Indice de fécondité
(enfants par femme)
3,57 3,49 3,37 3,42 3,60 3,47 3,47 3,54 3,62
Taux de natalité
(naissances pour mille habitants)
28,2 ‰ 27,2 ‰ 26,1 ‰ 26,2 ‰ 27,3 ‰ 26,1 ‰ 25,9 ‰ 26,2 ‰ 26,9 ‰

Migration et composition culturelle

Origines coutumières des populations

Près d’un tiers des Guyanais sont d’origine étrangère, commençant par les Saint-Luciens et les Chinois au XIXe siècle et, au siècle suivant, les Brésiliens, Haïtiens et Surinamiens (dès les années 1960)[6].

Les informations sur les origines coutumières des populations de Guyane sont assez incomplètes puisque la République française ne reconnaissant ni "race", ni couleurs, ces informations sont estimées par des organismes étrangers et ne font pas l'objet de recensement.

  • Bushinengués (ou Noirs Marrons) : ce terme désigne en Guyane et au Suriname tous les esclaves noirs qui se sont révoltés et enfuis des plantations du XVIIe siècle au XIXe siècle pour se réfugier dans la forêt et sur les fleuves.
  • Créoles : les créoles descendants des esclaves noirs (guyanais, antillais, surinamiens, haïtiens), majoritaires en Guyane.
  • Européens : les populations d'origine européenne représentent environ 12 %[7] de la population guyanaise.
  • Brésiliens : Ils sont venus massivement dès 1965 (10 000 personnes, c'est la 3e communauté étrangère[6]).
  • Chinois : l’immigration chinoise est ancienne (depuis le XIXe siècle)[8], artisans et commerçants[9]
  • Surinamiens : l’immigration relativement récente surinamienne a atteint un maximum pendant le milieu des années 1980 lors de la guerre civile au Surinam[réf. nécessaire]. Les décennies suivantes ont vu aussi une continuation des nouveaux arrivants surinamiens, et, aujourd’hui, ils sont la 1re communauté étrangère (11 p. cent)[6].
  • Haïtiens : 2e communauté étrangère. L’immigration massive et clandestine a eu lieu dans les années 1970[6].

Immigration

L'immigration a été une composante importante de l'augmentation de la population de la Guyane dans les années 1980, plus limitée ensuite. Depuis 2007, le phénomène s'est inversé, le solde apparent des entrées-sorties étant devenu négatif (-0,25 % par an en moyenne sur la période 2008-2013), selon les données des recesements de l'Insee[10]. Désormais, les entrées s'effectuent majoritairement depuis la France métropolitaine et les autres DOM, le reste des immigrants venant de l'étranger.

Les immigrés (au sens des personnes nées étrangères à l'étranger et vivant en Guyane), étaient au nombre de 71 334 au 1er janvier 2013, soit 29,2 % de la population de la collectivité territoriale[11], proportion la plus forte des départements français devant la Seine-Saint-Denis.

Les étrangers étaient, quant à eux, plus nombreux que les immigrés, du fait de la présence d'étrangers nés dans le département mais n'ayant pas la nationalité française : 84 135 au 1er janvier 2013, soit 34,5 % de la population de la Guyane[12]. Trois nationalités fournissent la très grande majorité de ces étrangers (89 % en 2012) : les Surinamais (37 %), les Brésiliens (27 %) et les Haïtiens (25 %).

Évolution de la population

Année Population
1954 27 863
1961 33 505
1967 44 392
1974 55 125
1982 73 022
1990 114 678
1999 157 213
2006 205 954
2008 219 266
2011 237 549
2015 259 865
Source : Insee[13],[14]

Notes et références

  1. Insee - Population légale 2015, en vigueur le 1ᵉʳ janvier 2018, consulté le 18 février 2018
  2. Xavier Baert, « Poursuite de la transition démographique en Guyane - Légère inflexion de la natalité », dans Insee Analyses Guyane, n° 12, janvier 2016, consulté le 11 novembre 2016
  3. Insee - Indicateur conjoncturel de fécondité en 2016 : comparaisons régionales et départementales
  4. « La Guyane poursuit sa transition démographique », dans Antiane, n° 76, juin 2013, consulté le 12 novembre 2016
  5. Insee - La situation démographique en 2015
  6. a, b, c et d [PDF] Guyane, des peuples et des histoires, 2002
  7. Soutenance de la Thèse de Doctorat en Sociologie de Marion Thurmes
  8. a et b [PDF] Atlas des populations immigrées en Guyane, 2006
  9. le Littoral guyanais
  10. Insee - Série historique des résultats du recensement en Guyane en 2013 - Tableau POP T2D, consulté le 13 novembre 2013.
  11. Insee - Population par sexe, âge et situation quant à l'immigration en Guyane au recensement de 2013, consulté le 13 novembre 2016.
  12. Insee - Population par sexe, âge et nationalité en Guyane au recensement de 2013, consulté le 13 novembre 2016.
  13. Insee - Chiffres clés de l'évolution et de la structure de la population en Guyane de 2006 à 2011, consulté le 12 novembre 2016.
  14. Insee - Base de données macro-économiques - Population aux recensements en Guyane, consulté le 12 novembre 2016.