Démographie de la France

Démographie de la France
Pyramide des âges de la France au 1er janvier 2019 [1]
Pyramide des âges de la France au 1er janvier 2019 [1]
Dynamique
Population 67 064 000 hab.
(2020) [2],[3]
Évolution de la population 0,28 % (2019)[4],[5]
Indice de fécondité 1,87 enfant par [6]
(2019)[7]
Taux de natalité 11,2  (2019)[8],[9]
Taux de mortalité 9,1  (2019)[10],[11]
Taux de mortalité infantile 3,8  (2019)[12],[13]
Âges
Espérance de vie à la naissance 82,0 ans (2019)[14]
Hommes : 79,7 ans
Femmes : 85,6 ans
Âge médian 41,5 ans (2018)[15]
Hommes : 39,7 ans
Femmes : 43,2 ans
Structure par âge 0-14 ans : 18,5 %
15-64 ans : 62,7 %
65 ans et plus : 18,8 %
Sex-ratio (2017[16])
À la naissance 105 /100
Flux migratoires (2017[16])
Solde migratoire +0,69 

La démographie de la France est l'étude quantitative et qualitative des caractéristiques de la population française et de ses dynamiques, à partir de thèmes tels que la natalité, la fécondité, la mortalité, la nuptialité (ou conjugalité) et la migration.

Deux organismes contribuent à une bonne connaissance de la démographie de la France : l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), chargé de la production, de l'analyse et de la publication des statistiques officielles en France, dont celles relatives à la population, recueillies au travers des divers recensements périodique, et d’en traduire différentes analyses tant nationales que locales, et l’Institut national d'études démographiques (Ined), un établissement public à caractère scientifique et technologique qui a pour mission de produire de la recherche, de former à la recherche et d’informer sur le résultat des recherches aussi bien la communauté scientifique que les pouvoirs publics ou le grand public dans le domaine de la démographie.

Au , la France, hors collectivités territoriales d'outre mer, compte 67,1 millions d'habitants, dont 64,9 millions en France métropolitaine et 2,2 millions dans les départements et régions d'outre-mer (DROM). Les collectivités d'outre-mer (COM) comptent 610 684 habitants (population légale)[17]. C'est en août 2019 que la population de la France dépasse officiellement 67 millions d'habitants. Les 66 millions avaient été dépassés en janvier 2014 et les 65 millions en mai 2011[18].

Pendant les années 2010, la population française (hors COM) est passée de 64,613 millions à 67,064 millions, soit une augmentation d'environ 2,5 million de personnes sur une période de dix ans, faisant de la France l'un des pays européens les plus dynamiques. La population de la France augmente d’environ 0,3% par an depuis 2017. Cette augmentation est moins rapide que par le passé (elle était de 0,4% par an entre 2014 et 2016, et de + 0,5 % par an entre 2008 et 2013)[19].

L’immigration en France joue un faible rôle dans la croissance de la population : ces cinq dernières années (de 2015 à 2019), le solde migratoire annuel est en moyenne de +48 600 par an. Selon la définition de l'Insee (« personne née étrangère à l'étranger et résidant en France »), en 2018 les immigrés sont au nombre de 6,5 millions soit 9,7 % de la population totale (66,9 millions) dont 4,3 millions (6,4 %) nés hors d'Europe. D'autre part, près de 3,5 millions de personnes nées en France vivraient à l’étranger[20],[21],[22].

L'indicateur conjoncturel de fécondité est de 1,87 en 2018, contre 2,9 en 1950 et 1,8 en 1990[23]. Quoique supérieur à la moyenne européenne, le taux de fécondité est insuffisant pour assurer le renouvellement des générations. La population continue toutefois d'augmenter en raison de la forme de la pyramide des âges, de l'immigration et de l'augmentation de l'espérance de vie, qui s'élève en 2017 à 85,3 ans pour les femmes et 79,5 ans pour les hommes, soit une hausse d'une dizaine d'années en cinquante ans [24].

Population au

Notion de population

La population d'un pays comprend l’ensemble des ressortissants du pays considéré, présents ou temporairement absents, ainsi que les étrangers résidant de manière permanente dans ce pays. La population totale inclut : les forces armées nationales stationnées à l'étranger, les marins marchands en mer, le personnel diplomatique à l'étranger, les étrangers civils résidant dans le pays et les personnes déplacées résidant dans le pays. Elle exclut : les forces armées étrangères stationnées dans le pays, le personnel diplomatique étranger, les civils étrangers résidant temporairement dans le pays[25]

En France on distingue la population totale et la population municipale, notions définies par le décret no 2003-485 publié au Journal officiel du , relatif au recensement de la population. La population municipale comprend les personnes ayant leur résidence habituelle (au sens du décret) sur le territoire de la commune, dans un logement ou une communauté, les personnes détenues dans les établissements pénitentiaires de la commune, les personnes sans-abri recensées sur le territoire de la commune et les personnes résidant habituellement dans une habitation mobile recensée sur le territoire de la commune. La population légale d’une commune comporte quant à elle trois indicateurs : sa population municipale, sa population comptée à part et sa population totale qui est la somme des deux précédentes. Le concept de population municipale est la notion de population utilisée usuellement en statistique car elle ne comporte pas de doubles comptes : chaque personne vivant en France est comptée une fois et une seule. Ainsi la population de la France est la somme des populations municipales des communes la composant[26],[27],[28].

Population de la France hors collectivités d'outre-mer

67 064 000 habitants
+ 0,28 % /

Au , la France, hors collectivités d'outre-mer, compte près de 67 millions d'habitants (67 064 000, arrondis aux mille près), en augmentation de 0,28 % par rapport au . Comme les années précédentes, cette progression est principalement due au solde naturel (+141 000 personnes), différence entre les nombres de naissances et de décès, bien que ce solde soit historiquement bas. Le solde migratoire est quant à lui évalué à +46 000 personnes en 2019[29].

Population des collectivités d'outre-mer

Concernant les Collectivités d'outre-mer, seules Saint-Pierre-et-Miquelon, Saint-Barthélemy, Saint-Martin entrent dans le cadre du dispositif général de recensement des divisions métropolitaines et d'outre-mer. La Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française et Wallis-et-Futuna procèdent, par dérogation (article 157), à des recensements généraux de la population tous les cinq ans. Le dernier recensement en Nouvelle-Calédonie a été réalisé en 2014, celui de la Polynésie française en 2017 et à Wallis-et-Futuna en 2018[30].

Type de collectivité Nom Population
municipale
Recensement
de référence
Collectivités régies par l'article 74 de la Constitution Polynésie française 275 918 2017[31]
Saint-Barthélemy 9 793 2016[30]
Saint-Martin 35 746 2016[30]
Saint-Pierre-et-Miquelon 6 008 2016[30]
Wallis-et-Futuna 11 558 2018[32]
Collectivité d'outre-mer à statut particulier (sui generis)
(Titre XIII de la Constitution)
Nouvelle-Calédonie 268 767 2014[33]

Évolution du nombre d'habitants

Recensements et populations légales

Les populations légales des différentes divisions administratives françaises sont définies par le décret no 2003-485 publié au Journal officiel du 8 juin 2003, relatif au recensement de la population. Jusqu'en 1999, les populations légales étaient déterminées à l'occasion de chaque recensement général de la population. Entre deux recensements elles pouvaient être modifiées par un recensement complémentaire. À partir de 2008, la nouvelle méthode de recensement basée sur des enquêtes de recensement annuelles permet de calculer chaque année des populations légales actualisées[34].

L’Insee a modifié son questionnaire de recensement en 2018 pour tenir compte des doubles résidences, pour les enfants en garde partagée ce qui se traduit par un chiffre révisé à la baisse pour 2018 de 66 891 000 personnes (contre 67,2 millions annoncés initialement en janvier 2018[35].

Évolution démographique

Évolution 2015-2020

L’Insee produit chaque année depuis 1975 une estimation de la population au de chaque année. De 1975 à 1989, les estimations de population sont disponibles uniquement pour la métropole. De 1990 à 2019 le champ couvre l'ensemble des départements de France. Mayotte, devenu un département d'outre-mer, est intégré au champ France à partir de l'année 2014. Les données de la Guadeloupe sont hors Saint-Martin[36].

Les estimations de la population française antérieures à 2017 sont composées de la somme des populations légales des différentes divisions administratives françaises, hors Mayotte, et des estimations de populations de Mayotte de 2014 à 2017. Les estimations pour les années 2018, 2019 et 2020 sont quant à elles provisoires. Elles seront révisées début 2021 lorsque seront disponibles les résultats définitifs du nouveau recensement daté du [36].

Les estimations de populations au des années 2015 à 2020 sont les suivantes :

Territoire
concerné
Population
[37]
Population
[37]
Population
[37]
Population
[37]
Population
[37]
Population
[37]
France métropolitaine 64 300 821 64 468 792 64 639 133 64 737 769 64 821 954 64 897 954
DROM 2 121 648 2 133 853 2 135 349 2 145 992 2 155 749 2 165 749
DROM hors Mayotte 1 889 459 1 892 866 1 885 206 1 886 086 1 886 278 1 886 278
Mayotte 232 189 240 987 250 143 259 906 269 471 279 471
Total 66 422 469 66 602 645 66 774 482 66 883 761 66 977 703 67 063 703

Données démographiques 1900-2015

Les données démographiques suivantes concernent la France métropolitaine et n'incluent pas les DROM :

Source : Ined[38], Our World in Data, Fondation Gapminder[39] et Insee[40]
Année Population (1er janvier) Naissances Décès Solde naturel Taux de natalité (‰) Taux de mortalité (‰) Taux d'accroissement naturel (‰) Taux de fécondité
(enfants par femme)
Taux de mortalité infantile (‰) Espérance de vie à la naissance (hommes) Espérance de vie à la naissance (femmes)
1900 885 200 818 900 66 300 2,80
1905 41 050 000 865 604 812 338 53 266 21,1 19,8 1,3 2,7059
1910 41 350 000 828 140 737 877 90 263 20,0 17,8 2,2 2,5705
1915 40 620 000 482 968 747 968 -265 000 11,9 18,4 -6,5 1,5194
1920 38 900 000 838 137 675 676 162 461 21,5 17,4 4,2 2,6946
1925 40 460 000 774 455 712 211 62 244 19,1 17,6 1,5 2,3884
1930 41 340 000 754 020 652 953 101 067 18,2 15,8 2,4 2,2953
1935 41 550 000 643 870 661 722 -17 852 15,5 15,9 -0,4 2,0696
1940 40 690 000 561 281 740 281 -179 000 13,8 18,2 -4,4 2,0025
1945 39 660 000 645 899 643 899 2 000 16,3 16,2 0,1 2,3102
1950 41 829 000 862 310 534 480 327 830 20,6 12,8 7,8 2,9466 52,0 63,4 69,2
1955 43 428 000 805 917 526 322 279 595 18,6 12,1 6,4 2,6835 38,6 65,2 71,5
1960 45 684 000 819 819 520 960 298 859 17,9 11,4 6,5 2,7396 27,4 67,0 73,6
1965 48 758 000 865 688 543 696 321 992 17,8 11,2 6,6 2,8492 21,9 67,5 74,7
1970 50 772 000 850 381 542 277 308 104 16,7 10,7 6,1 2,4803 18,2 68,4 75,9
1975 52 699 000 745 065 560 353 184 712 14,1 10,6 3,5 1,9272 13,8 69,0 76,9
1980 53 880 000 800 376 547 107 253 269 14,9 10,2 4,7 1,9450 10,0 70,2 78,4
1985 55 284 000 768 431 552 496 215 935 13,9 10,0 3,9 1,814 8,3 71,3 79,4
1990 56 709 000 762 407 526 201 236 206 13,4 9,3 4,2 1,778 7,3 72,7 81,0
1995 57 844 000 729 609 531 618 197 991 12,6 9,2 3,4 1,713 4,9 73,9 81,9
2000 59 049 000 774 782 530 864 243 918 13,1 9,0 4,1 1,874 4,4 75,3 82,8
2005 61 182 000 774 355 527 533 246 822 12,7 8,6 4,0 1,920 3,6 76,8 83,9
2010 62 765 000 802 224 540 469 261 755 12,8 8,6 4,2 2,016 3,6 78,0 84,7
2015 64 300 000 760 421 581 770 178 651 11,8 9,0 2,8 1,95 3,5 79,0 85,1

Évolution antérieure au XXe siècle

Carte Philosophique figurant la Population de la France (1830), par Armand Joseph Frère de Montizon.

Projections démographiques

Projection de la population (année de référence : 2015)[41],[42] :
Année Population (au 1er janvier) - Projection de référence
2020 67 818 978
2030 70 525 154
2040 72 915 525
2050 74 376 832
2060 75 525 269
2070 76 946 531
2080 78 688 730

La population totale de la France (DROM inclus) devrait atteindre 72,9 millions au et 78,7 millions d'habitants en 2080.

Natalité

Indice de fécondité et taux de natalité

Les chiffres suivants concernent la France y compris les DROM (Mayotte depuis 2014) :

Source : Insee[43] et Eurostat[44], Banque mondiale[45]
Année Naissances Taux de natalité (‰) Taux de fécondité
(enfants par femme)
1985 796 138 14,1
1990 793 071 13,6
1995 759 058 12,8
2000 807 405 13,3 1,89
2005 806 822 12,8 1,94
2010 832 799 12,9 2,03
2015 798 948 12,0 1,96
2016 11,8 1,92
2017 11,5 1,90
2018 11,3 1,88

En 2015, 800 000 personnes sont nées en France métropolitaine ou dans les départements d'outre mer. L'indicateur de fécondité se situe à 1,96 enfant par femme. À nouveau en baisse, la fécondité atteint 1,93 enfant par femme en 2016[46]. Ce chiffre est nettement supérieur à la moyenne de l'Union européenne (1,6), et a augmenté depuis le début des années 1990, période où il avait atteint son minimum de 1,6[47]. Toutefois, l'indice de fécondité reste nettement inférieur à ce qu'il était de 1946 à la fin des années 1960 et a baissé en 2015 : il était proche de 3 en 1960. Il est aussi légèrement insuffisant pour assurer le renouvellement des générations. Les femmes nées hors de l'Union européenne présentent un indice de fécondité de 3,2, très supérieur à celui des femmes nées en France.

Interruptions volontaires de grossesse

Les chiffres suivants concernent la France y compris les DROM (Mayotte depuis 2014) :

Source : Insee[48]
Année Total (15−49 ans) 15−17 ans 18−19 ans 20−24 ans 25−29 ans 30−34 ans 35−39 ans 40−44 ans 45−49 ans
1990 205 632 8 998 15 024 48 570 49 113 41 779 29 249 11 946 953
1995 191 064 8 756 14 196 47 053 43 071 38 357 27 351 11 170 1 110
2000 204 261 9 876 17 685 47 845 45 982 39 102 30 319 12 113 1 339
2005 218 367 13 263 18 968 55 523 45 216 40 848 30 270 13 080 1 199
2010 223 876 12 564 18 525 55 904 50 054 39 650 31 695 14 066 1 418
2014 222 940 10 126 15 973 54 053 51 874 43 978 30 885 14 517 1 534

Ces chiffres sont globalement stables depuis la fin des années 1980. 17,2 % des femmes sexuellement actives avaient recours à l'IVG au cours de leur vie en 2007[49].

Incidence des migrations sur la natalité

En 2016, 30,4 % des nouveau-nés en France métropolitaine ont au moins un parent né à l'étranger (22,4 % en 2000), quelle que soit sa nationalité, dont 26,5 % un parent né hors de l'Europe des Vingt-Huit (18,3 % en 2000)[50] et 2,5 % ont au moins un parent né dans un DOM-COM[50],[51].

Mortalité

En 2019, le nombre de personnes décédées s'est élevé à 612 000, nombre en progression régulière depuis 2004[52].

Avec 572 000 décès en 2013, le taux brut de mortalité était en de 8,7 , en augmentation par rapport aux années précédentes.

Le taux de mortalité infantile, c'est-à-dire le taux d'enfants décédés avant un an, était de 3,5  en 2013 (3,4  pour la France métropolitaine)[53].

En France, les maladies infectieuses sont la troisième cause de mortalité, derrière le cancer et les maladies cardio-vasculaires. Parmi ces maladies infectieuses :

Maladie Nombre de morts par an
en France
cancer 157 400 (224 pour 100 000 hab.)
maladie cardiovasculaire 150 000 (235 pour 100 000 hab.)
pneumonies et grippe 19 000 (30 pour 100 000 hab.)
sida 3 500 (5,6 pour 100 000 hab.)
septicémies 1 800 (3 pour 100 000 hab.)
endocardite 1 200 (2 pour 100 000 hab.)
appendicites et péritonite 1 000 (1,6 pour 100 000 hab.)
tuberculoses 700 (1,1 pour 100 000 hab.)
infections intestinales 600 (0,97 pour 100 000 hab.)
hépatite virale 335 (0,5 pour 100 000 hab.)

Espérance de vie

Espérance de vie à la naissance.

En 2019, l'espérance de vie à la naissance est supérieure à 82 ans, avec une différence relativement importante entre les sexes : 85,6 ans pour les femmes contre 79,7 ans pour les hommes[52].

Entre 1994 et 2014, l'espérance de vie à la naissance d'une personne de sexe masculin née et vivant en France a gagné un peu plus de six ans, tandis que celle d'une personne de sexe féminin née et vivant en France a gagné quatre ans. L'écart entre les espérances de vie à la naissance des deux sexes, qui avait tendu à s'accroître de 1949 (5,4 années en France métropolitaine) au début des années 1990 (8,3 ans en France métropolitaine) tend donc à se réduire : il était de 6,2 ans en 2014[54] et de 5,9 ans en 2019.

Il existe des différences significatives entre les régions : en 2009, l'espérance de vie s'élevait à près de 83 ans en Île-de-France contre 78,5 ans dans le Nord-Pas-de-Calais[55].

Il existe également des différences significatives entre les classes sociales : un ouvrier vit 6 à 7 ans de moins qu'un cadre supérieur[56].

Immigration

Selon Cris Beauchemin, chercheur à l'Ined, on peut estimer en 2018 que deux personnes sur cinq (soit 40 % de la population vivant en France) sont issues de l’immigration sur trois générations[57].

Selon la définition du Haut Conseil à l'Intégration (HCI) de 1991, est immigrée « toute personne née étrangère à l'étranger ». Cette définition est spécifique à la France car la plupart des autres pays, ainsi que des organisations internationales (OCDE, Commission européenne) considèrent comme immigrée toute personne née à l'étranger quelle que soit sa nationalité de naissance. Dans cette définition internationale, les Français de naissance nés à l'étranger (rapatriés d'Algérie, Harkisetc.), qui représentent une part importante des personnes nées à l'étranger, sont considérés comme immigrés. Dans la définition française, la population non-immigrée est composée, d'une part, des Français de naissance, quel que soit leur lieu de naissance, d'autre part, des étrangers de naissance nés en France.

Par sa situation géographique qui en fait un lieu de croisement des commerces et des populations, puis par son histoire d'ancienne puissance coloniale, la France est un pays de migration de longue date. À partir du milieu du XIXe siècle[58], la part des étrangers dans la population s'accroît, passant de 1 % en 1851 à 2,9 % en 1886, puis se stabilisant jusqu'à la Première Guerre mondiale (3 % en 1911). Le mouvement s'accélère après 1918, en raison des besoins en main-d'œuvre consécutifs au traumatisme démographique de la guerre, qui a décimé les jeunes adultes alors qu'arrivent sur le marché du travail les classes d'âge peu nombreuses nées à la fin du XIXe siècle (4 % d'étrangers en 1921, 6,6 % en 1931), se tasse des années 1930 au début des années 1950, puis reprend à partir de la fin des années 1950. Selon l'Ined, près de 14 millions de personnes vivaient en France en 1999 en étant immigré ou en ayant un parent ou grand-parent immigré, soit 23 % de la population[59]. Gérard Noiriel estimait en 2002 cette proportion à environ un tiers si l'on remonte jusqu'aux arrière-grands parents[60]. En 2015, selon Pascal Blanchard, entre 12 et 14 millions de Français, soit entre 18 et 22 % de la population totale, ont au moins un de leurs grands-parents né dans un territoire non européen[61].

En 2010, la France accueille, selon la définition internationale des Nations unies (« personne née dans un autre pays que celui où elle réside »), 7,2 millions d’immigrés soit 11,1 % de la population dont 5,1 millions (7,8 %) nés hors de l'Union européenne. Elle se classe au sixième rang mondial, derrière les États-Unis (42,8 millions), la Russie (12,3), l'Allemagne (9,8), l'Arabie saoudite (7,3), le Canada (7,2) mais elle devance en revanche le Royaume-Uni (7,0), l'Espagne (6,4) et l'Italie (4,8). En proportion de sa population totale, la France (11,1 %) se situe au 12e rang de l'UE 27, derrière le Luxembourg (32,5 %), Chypre (18,8 %), l'Estonie (16,3 %), la Lettonie (15,3 %), l'Autriche (15,2 %), la Suède (14,3 %), l'Espagne (14 %), l'Irlande (12,7 %), la Slovénie (12,4 %), l'Allemagne (12 %), le Royaume-Uni (11,3 %), et à égalité avec la Grèce (11,1 %) et les Pays-Bas (11,1 %)[62].

La France, en raison de l'histoire plus que séculaire de l'immigration vers son territoire, est également l'un des pays de l'Union européenne qui compte proportionnellement le plus de personnes issues de l'immigration (1re et 2e générations) parmi les personnes âgées de 25 à 54 ans avec 13,1 % d'immigrés et 7,7 % d'enfants de couple mixte et 5,3 % de deux parents immigrés, soit un total de 26,6 %, devant notamment le Royaume-Uni (24,4 %), les Pays-Bas (23,5 %), la Belgique (22,9 %), l'Allemagne (21,9 %) et l'Espagne (20,2 %), mais moins que le Luxembourg (61,9 %), l'Estonie (35,6 %) et la Lettonie (29,2 %)[63].

Selon la définition française (« personne née étrangère dans un pays étranger »), la France métropolitaine comptait en 2008, 5,3 millions d’immigrés, soit 1 120 000 de plus qu’en 1999 et 8,3 % de la population totale. 40 % d’entre eux avaient la nationalité française, qu’ils ont pu acquérir par naturalisation ou par mariage. D'autre part, 1,8 million de personnes nées françaises à l'étranger (dont les rapatriés des anciennes colonies) ne sont pas incluses dans ce total d'où la différence avec le chiffre de 7,2 millions donné par Eurostat qui inclut également ces personnes.

Au début de l'année 2013 les immigrés vivants en France métropolitaine venaient principalement d'Afrique (43,8 % dont 30,2 % du Maghreb), de l'Europe (37,4 % dont 32,8 % de l'UE27) et enfin de 14,3 % du reste du monde[64].

Sur l'année 2012, 230 000 immigrés sont arrivés en France. Ils venaient d'Europe (46 %), d'Afrique (30 %), d'Asie (14 %) et enfin d'Amérique et d'Océanie (10 %)[65].

Les enfants d’immigrés, descendants directs d’un ou de deux immigrés, représentaient, en 2008, 6,7 millions de personnes, soit 11 % de la population. Trois millions d’entre eux avaient leurs deux parents immigrés.

Au total, immigrés et enfants d'immigrés (seconde génération) sont donc près de 12 millions en 2008, soit 19 % de la population[66].

Sur trois générations, près de 40 % des nouveau-nés entre 2006 et 2008 ont au moins un grand-parent immigré dont 16 % un grand-parent immigré originaire du Maghreb. La moitié sont nés de couples mixtes[67].

Une étude conjointe de l'INSEE et de l'Ined, précise le parcours familial des populations qui ont une histoire avec les migrations. La définition de celle-ci est encore différente de la définition des immigrés, car elle intègre en plus les Français nés à l'étranger, dans les DROM, les rapatriés ainsi que tous leurs descendants. Cette étude révèle que 30 % de la population métropolitaine âgée de 18 à 50 ans a un lien avec la migration sur deux générations (12 % des 18-50 ans sont nés à l'étranger ou dans un DROM et 18 % sont des descendants directs). On peut aussi y voir que seul 16 % de cette population n'a pas d’ascendance française[68].

Population de 18 à 50 ans résidant en France
métropolitaine selon le lien à la migration (2008)
% de l'ensemble
Population majoritaire sans ascendance migratoire :
(descendants de métropolitains)
70
Immigrés 10
Descendants de 2 parents immigrés 6
Descendants d'un seul parent immigré 6
Natifs d’un DROM 1
Descendants de parent(s) natif(s) d’un DROM 1
Rapatriés 0
Descendants de rapatriés 3
Autres Français nés hors métropole 1
Descendants d’autres Français nés hors métropole 2

Répartition par origine géographique

Le tableau suivant montre la répartition par origine des immigrés et leurs enfants en 2008 selon l'Insee[69].

Pays/région Immigrés
(en milliers, en 2008)
Descendants d'immigrés (en milliers, en 2008) Total %
1 seul parent immigré 2 parents immigrés total
Drapeau de l'Espagne Espagne 257 405 215 620 877 7,3
Drapeau de l'Italie Italie 317 565 355 920 1 237 10,3
Drapeau du Portugal Portugal 581 300 360 660 1 241 10,3
Autres pays de l'UE 27 653 660 250 910 1 573 13,0
Autres pays européens 224 150 80 230 454 3,6
Total Europe 2 032 2 080 1 260 3 340 5 372 44,8
Drapeau de l'Algérie Algérie 713 400 610 1 010 1 723 14,4
Drapeau du Maroc Maroc 654 190 470 660 1 314 11,0
Drapeau de la Tunisie Tunisie 235 120 170 290 525 4,4
Total Maghreb 1 602 710 1 250 1 960 3 562 29,7
Afrique subsaharienne 669 200 370 570 1 239 10,3
Drapeau de la Turquie Turquie 239 50 180 230 469 3,9
Asie du Sud-Est 163 60 100 160 323 2,7
Autres pays d'Asie 355 100 120 220 575 4,8
Amérique/Océanie 282 90 80 170 452 3,8
Total autres régions 1 708 500 850 1 350 3 058 25,5
Total 5 342 3 290 3 360 6 650 11 992 100

Répartition par classe d'âge

Le tableau suivant montre la répartition par classe d'âges des immigrés et leurs enfants en 2008 selon l'Insee[69].

Immigrés et enfants d'immigrés en France en 2012, selon l'Insee[70],[71]
Origine Catégorie 0−18 ans* 18−24 ans* 25−34 ans 35−44 ans 45−54 ans 55 ans et +
Afrique Immigrés - 151 milliers 453 milliers 498 milliers 408 milliers 566 milliers
Enfant d'immigrés - 452 milliers 479 milliers 279 milliers 93 milliers 27 milliers
Amérique, Océanie Immigrés - 45 milliers 64 milliers 59 milliers 45 milliers 39 milliers
Enfant d'immigrés - 15 milliers 15 milliers 5 milliers 5 milliers 10 milliers
Asie Immigrés - 55 milliers 181 milliers 181 milliers 136 milliers 136 milliers
Enfant d'immigrés - 113 milliers 65 milliers 23 milliers 13 milliers 40 milliers
Europe Immigrés - 81 milliers 203 milliers 325 milliers 365 milliers 934 milliers
Enfant d'immigrés - 284 milliers 454 milliers 511 milliers 454 milliers 1 136 milliers
Enfants vivant dans une famille immigrée Moins de 18 ans 2 482 milliers - - - - -
Non immigrés Non immigrés 11 724 milliers 5 080 milliers 7 034 milliers 8 207 milliers 7 621 milliers 17 000 milliers
Total Ensemble 14 206 milliers 6 276 milliers 8 949 milliers 10 088 milliers 9 140 milliers 19 887 milliers
Dont immigrés et enfants d'immigrés 2 482 milliers 1 196 milliers 1 915 milliers 1 882 milliers 1 519 milliers 2 887 milliers
  • Origines non détaillées en dessous de 18 ans, le chiffre présenté correspond aux enfants vivant dans une famille immigrée
  • Chiffres arrondis entre 18 et 24 ans

Personnes de nationalité française résidant à l'étranger

Le nombre de personnes de nationalité française résidant hors de France est mal connu. Nombre d'entre eux sont enregistrés auprès d'un consulat, mais beaucoup ne le sont pas. Inversement, les personnes enregistrées auprès d'un consulat peuvent avoir quitté le pays ou être décédées sans que les autorités françaises n'en aient été informées.

Selon le ministère des Affaires étrangères, entre 2 et 2,5 millions de Français seraient établis à l'étranger. Environ 1 710 900 Français étaient enregistrés auprès d'un consulat à l'étranger au 31 décembre 2015, dont près de la moitié (49,7 %) dans un autre pays d'Europe, notamment en Suisse (175 700), au Royaume-Uni (127 800), en Belgique (120 700), en Allemagne (114 000) et en Espagne (86 000). 19,7 % résidaient en Amérique, en particulier aux États-Unis (141 900) et au Canada (92 100), 14,9 % en Afrique, 8,1 % au Proche et Moyen-Orient (dont 72 400 en Israël et dans les Territoires palestiniens) et 8,1 % en Asie-Océanie[72].

Répartition de la population

Répartition géographique de la population

Répartition de la population française en 2009.
En France, cinq régions sont principalement concernées par une densité de population très élevée.

La France — métropole et départements et régions d'Outre-mer (DROM) — est peuplée de 67,2 millions d'habitants en 2018. La densité de population en métropole est de 118 habitants au km2, ce qui est légèrement supérieur à la moyenne de l'Union européenne (114), mais assez faible comparé aux pays limitrophes (Espagne exceptée). Les espaces à très faible densité ont moins de 20 habitants au km2.

La population française est inégalement répartie. Les régions de montagneAlpes du Sud, Corse, Pyrénées et Massif central en particulier – mais aussi les plaines et les plateaux du Nord-Est (Ardenne, plateaux champenois et lorrains) et du centre de la France, ainsi que les régions rurales du Sud-Ouest, qui forment la « diagonale du vide », ont des densités inférieures à 50 hab./km2. Les grandes vallées fluviales de la Seine, du Rhône, de la Garonne, les franges de la mégalopole européenne (régions frontalières du Nord et de l'Est) et les littoraux concentrent les populations. Les départements insulaires d'outre-mer ont également de fortes densités (près de 250 hab./km2 en Guadeloupe, plus de 300 en Martinique, à Mayotte et à La Réunion). De plus, dans chacun de ces espaces, les Français vivent majoritairement dans les villes.

Généralement, les zones les plus denses sont aussi les plus petites en superficie. Ainsi, Levallois-Perret (superficie de 2,42 km2), dans les Hauts-de-Seine est la commune la plus densément peuplée de France (27 080 hab./km2) ; la majorité des 50 communes les plus densément peuplées se trouvant également en Île-de-France ; et Paris le département où la population est la plus concentrée (21 154 hab./km2) ; suivi respectivement par les Hauts-de-Seine (9 042), la Seine-Saint-Denis (6 578) et le Val-de-Marne (5 527)[73]. Certains arrondissements de Paris sont très densément peuplés : le 11e arrondissement a une densité de 42 074 hab./km2. Les 10e, 18e et 20e arrondissements ont tous les trois une densité de population dépassant les 33 000 hab./km2.

La population aussi est de plus en plus mobile. En effet, on constate que les migrations entre les régions s'intensifient. L'Île-de-France a un taux de migration négatif. Les vieilles régions industrielles du Nord et de l'Est ont également un solde migratoire négatif. Les régions du Sud (notamment autour de Toulouse, Montpellier, Lyon), de l'Ouest (notamment autour de Rennes, Nantes, Bordeaux) et alpines ont un solde migratoire positif.

Cette répartition de la population s'explique par une concentration des activités économiques et des richesses dans les aires urbaines et sur les littoraux. L'urbanisation de la population française date du XIXe siècle. La littoralisation est plus récente. La littoralisation est la concentration des activités et des populations sur le littoral. Le climat plus ensoleillé, l'attrait de la mer et l'image positive des littoraux atlantiques et méditerranéens et des régions alpines expliquent en partie ces dynamiques[74],[75].

La métropolisation et la littoralisation sont donc aujourd'hui des caractéristiques principales de la répartition de la population française.

82 % des Français vivent dans une aire urbaine. Avec plus de 12,5 millions d'habitants en 2015, l'aire urbaine de Paris domine largement les autres aires urbaines. Suivent les aires de Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux, Lille et Nice, dont la population est supérieure à un million d'habitants. L'urbanisation du territoire s'accompagne d'un étalement urbain. En effet, la majorité des urbains vivent désormais dans les banlieues ou les couronnes périurbaines.

La périurbanisation a entraîné un essor important des mobilités. Les migrations pendulaires correspondent au déplacement de population matin et soir pour se rendre et revenir de leur lieu de travail souvent situé dans le centre-ville. Il a donc fallu aménager un réseau de transport pour répondre aux besoins des populations. Ces aménagements ne sont plus entièrement financés par les pouvoirs publics : les entreprises privées participent de plus en plus à leur réalisation. Les transports en commun sont moins polluants et permettent d'assurer un développement plus durable.

L'étalement urbain a aussi un impact sur les espaces ruraux. Les campagnes proches des villes sont devenues des espaces d'habitation et de loisirs pour les urbains. Par contre, les espaces ruraux éloignés des villes, peu desservis par le réseau autoroutier ou ferroviaire, voient leur population diminuer et ont des difficultés à développer des activités économiques pour assurer leurs revenus[76],[77].

Répartition par sexe et par âge

La répartition des âges dans la population française en 2012[78] :

  • Moins de 15 ans (18,7 %)
  • Entre 15 et 64 ans (63,8 %)
  • Plus de 64 ans (17,5 %)
Évolution de la structure de la population de la France métropolitaine depuis 1950[43]
Année 0−19 ans (%) dont 0−14 ans (%) 20−59 ans (%) 60−64 ans (%) 65 ans ou plus (%) dont 75 ans ou plus (%)
1950 30,1 22,5 53,6 4,9 11,4 3,8
1960 32,3 26,2 51 5,1 11,6 4,3
1970 33,1 24,9 48,9 5,2 12,8 4,7
1980 30,6 22,5 52,4 3 14 5,7
1990 27,8 20,1 53,2 5,1 13,9 6,8
2000 25,6 18,9 53,8 4,6 16,0 7,2
2010 24,5 18,4 52,7 6,0 16,8 8,9

En 2014, la France comptait environ 33,93 millions de femmes et 31,89 millions d'hommes, soit 51,45 % de femmes pour 48,55 % d'hommes[79].

Répartition par lieu de naissance

Le tableau ci-dessous indique le lieu de naissance des personnes résidant en France métropolitaine en 2012 avec également leur nationalité à la naissance (française ou étrangère)[80].

Lieu de naissance (2012) Total % Né français % Né avec une
autre nationalité
%
Population France métropolitaine 63 375 438 100,0 56 680 015 89,4 6 695 423 10,6
Né en France métropolitaine 55 596 341 87,7 54 508 350 86,0 1 087 991 1,7
Total né à l'étranger 7 332 767 11,6 1 730 860 2,7 5 601 906* 8,8
Total né à l'étranger ou dans un DOM-TOM-COM 7 779 097 12,3 2 171 665 3,4 5 607 431 8,8
Drapeau du Portugal Portugal 625 500 1,0 26 018 0,0 599 482 0,9
Drapeau de l'Italie Italie 330 334 0,5 39 087 0,1 291 247 0,5
Drapeau de l'Espagne Espagne 281 456 0,4 37 331 0,1 244 125 0,4
Autres pays de l'Drapeau de l’Union européenne Union européenne à 27 884 652 1,4 186 463 0,3 698 189 1,1
Autres pays d'Europe 333 933 0,5 71 911 0,1 262 021 0,4
Total né en Europe 2 455 875 3,9 360 810 0,6 2 095 064 3,3
Drapeau de l'Algérie Algérie 1 355 686 2,1 607 651 1,0 748 035 1,2
Drapeau du Maroc Maroc 905 608 1,4 213 261 0,3 692 347 1,1
Drapeau de la Tunisie Tunisie 379 776 0,6 129 016 0,2 250 760 0,4
Total né au Maghreb 2 641 070 4,2 949 928 1,5 1 691 142 2,7
Autres pays d'Afrique 989 925 1,6 224 540 0,4 765 385 1,2
Total né en Afrique 3 630 995 5,7 1 174 468 1,9 2 456 527 3,9
Drapeau de la Turquie Turquie 259 532 0,4 11 446 0,0 248 086 0,4
Autres pays 986 365 1,6 184 136 0,3 802 229 1,3
Total né hors d'Europe 4 876 892 7,7 1 370 050 2,2 3 506 842 5,5
DOM-TOM-COM 446 330 0,7 440 805 0,7 5 525 0,0
Total né hors d'Europe ou dans un DOM-TOM-COM 5 323 222 8,4 1 810 855 2,9 3 512 367 5,5

* Nombre d'immigrés selon la définition de l'Insee (né étranger à l'étranger).

Note: Ce tableau inclut aussi bien des Français de naissance nés à l'étranger, par exemple les Pieds-noirs nés en Algérie française, ou dans un DOM (colonne « Né français ») que des immigrés, nés étranger à l'étranger selon la définition de l'Insee (colonne « Né avec une autre nationalité »). Il est donc différent des tableaux liés à l'immigration qui n'incluent que les immigrés (nés étranger à l'étranger).

Lecture : 11,6 % des personnes résidant en France métropolitaine en 2012 sont nées à l'étranger. Parmi ces personnes 2,7 % sont nées française et 8,8 % sont nées avec une autre nationalité. Ce dernier chiffre qui représente 5 601 906 de personnes correspond au nombre d'immigrés selon la définition de l'INSEE (né étranger à l'étranger). 8,4 % des personnes résidant en France métropolitaine en 2012 sont nées hors d'Europe ou dans un Dom. Parmi ces personnes 2,9 % sont nées française et 5,5 % sont nées avec une autre nationalité.

Nuptialité

Évolution du nombre de pacs et de mariages civils entre 2008 et 2018 d'après l'Insee.

Les chiffres suivants concernent la France y compris les DROM (Mayotte depuis 2014), hormis pour le taux de nuptialité qui concerne uniquement la France métropolitaine :

Source : Insee[81]
Année Mariages entre personnes de sexe différent Mariages entre personnes de même sexe Taux de nuptialité (‰) Divorces Pacs entre personnes de sexe différent Pacs entre personnes de même sexe
1970 394 000 0 7,8
1980 334 000 0 6,2
1990 287 000 0 5,1
2000 298 000 0 5,0 116 700 17 000 5 000
2005 283 000 0 155 300 56 000 5 000
2010 252 000 0 3,9 133 900 196 000 9 000
2015 229 000 8 000 3,6 123 700 182 000 7 000

En 2016, 235 000 mariages ont été célébrés, dont 228 000 entre personnes de sexe différent et 7 000 entre personnes de même sexe. Le nombre de mariages, qui baissait de manière quasi continue depuis le pic de l’an 2000, malgré quelques années de pause (2005, 2010 ou 2012), est relativement stable depuis 2013[81].

En 2015, 189 000 pacs ont été conclus, soit 15 000 de plus qu’en 2014. Après avoir atteint un niveau record en 2010, le nombre de pacs avait baissé en 2011, pour la première fois depuis sa création fin 1999, de façon concomitante avec l’aménagement de la fiscalité. Depuis, le nombre de pacs conclus augmente continûment. En 2015, quatre pacs ont été conclus pour cinq mariages célébrés, contre un pacs pour cinq mariages dix ans plus tôt[81].

En 2015, 123 668 divorces ont été prononcés, en baisse de plus de 8 % par rapport à 2010. Plus de la moitié l’ont été par consentement mutuel. Entre 1950 et 1970, le nombre de divorces était relativement stable et s’établissait à 33 000 par an en moyenne. Durant les quinze ans qui ont suivi, de plus en plus de couples mariés ont divorcé. La nouvelle législation de 1975 sur le divorce, qui introduit notamment le divorce par consentement mutuel, a accéléré le mouvement déjà en cours. En 1986, 108 400 divorces ont été prononcés. S’en est ensuivi une période de relative stabilité, jusqu’au début des années 2000. Une nouvelle augmentation du nombre de divorces s’est amorcée en 2003, avec un pic en 2005 (155 300 divorces). 2005 est en effet l’année qui suit l’adoption de la loi visant à simplifier les procédures de divorce. Le phénomène est à peu près stabilisé en 2007, année où l’on enregistre autant de divorces qu’en 2004. Par la suite, le nombre annuel de divorces tend à diminuer légèrement, de 133 900 divorces en 2010 à 123 500 en 2014. En 2015, la baisse du nombre de divorces s’interrompt[81].

Religion

D'après les deux études les plus récentes, réalisées par les instituts Ifop en 2011 et CSA en 2012[82] :

  • 58 % (selon le CSA) et 65 % (selon l'Ifop) des Français se déclarent chrétiens (dont une très large majorité de catholiques et 2 à 4 % de protestants) ;
  • 32 % (selon le CSA) et 25 % (selon l'Ifop) se déclarent sans religion ;
  • 6 à 7 % se déclarent musulmans ;
  • 1 % se déclare juif ;
  • 2 à 3 % se déclarent d'autres appartenances ou ne se prononcent pas.

Recensement

Le recensement de la population en France permet d'établir le nombre d'habitants légal de chaque commune française. Ce nombre est indispensable à l'application de 351 articles législatifs de 28 codes différents. En particulier, il permet le calcul :

  • de la dotation globale de fonctionnement (DGF) d'une commune, élément essentiel de ses ressources financières ;
  • du nombre de conseillers municipaux ;
  • des indemnités versées aux maires et adjoints au maire.

Ce nombre est également nécessaire à la gestion des communes pour :

  • la détermination du mode de scrutin ;
  • les implantations d'officines de pharmacie et des débits de tabac ;
  • les barèmes de certaines taxes (la publicité, les jeux, les spectacles, les débits de boissons) ;
  • la réglementation de l'affichage urbain.

Notes et références

Notes

Références

  • Cet article est partiellement ou en totalité issu de l'article intitulé « Densité de population » (voir la liste des auteurs).
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