Découverte du Brésil

Allégorie du nouveau Monde.
Disputa entre cosmógrafos, José Antonio da Cunha Couto, 1892.

La découverte du Brésil désigne l'arrivée, en 1500, de la flotte commandée par Pedro Álvares Cabral sur la côte du territoire sud-américain où se trouve aujourd'hui l'État brésilien, et la prise de possession par le royaume du Portugal.

La flotte

Armada de Pedro Alvares Cabral. Livro de Lisuarte de Abreu, 1565

Confirmant le succès de la découverte de la voie maritime vers les Indes, le roi D. Manuel I prépare rapidement une nouvelle flotte pour les Indes bien plus importante que celle de Vasco de Gama.

Elle était composée de treize navires, mais la liste précise des bateaux de l'expédition reste incertaine.

Selon un document[1], elle comprenait les caraques Espírito Santo, Santa Cruz, Fror de la Mar, qui fit naufrage en 1511, São Pedro, Vitória et Espera, et le galion Trindade qui sont ceux qui rentrèrent à Lisbonne en revenant des Indes. D'autres documents[2] y ajoutent l'"Anunciada", le São Pedro, le El-Rei et le Berrio qui, commandé par Nicolau Coelho, participa à l'expédition de Vasco de Gama.

On estime qu'il y avait plus de mille hommes d'équipage. Pour la première fois, une flotte est commandée par un noble : Pedro Álvares Cabral, fils de Fernão Cabral, maire de Belmonte, sur le navire-amiral El-Rei. Le São Pedro était commandé par Pero de Atayade[3] et l'Annunciada commandé par Nuno Leitão.

Les autres commandants des navires étaient Sancho de Tovar[4] (sous-commandant de l'escadre), Simon de Miranda, Bartolomeu Dias, Pedro Dias, Gaspar de Lemos, Simon de Pina, Vasco de Ataíde[5], Nicolau Coelho, Ayres Gomes da Silva et Luis Pires[6]. Dans l'équipage, on comptait également l'astronome João Emenelaus[7] et le secrétaire Pero Vaz de Caminha, qui était envoyé au comptoir de Calecut.

L'escadre emportait des vivres pour 18 mois[8].

Un peu avant le départ, le roi fit célébrer une messe au monastère de Belém, présidée par Diogo Ortiz, évêque de Ceuta. On y bénit un drapeau avec les armes du royaume, qui fut donné personnellement par le roi à Cabral.

Vasco de Gama aurait fait de nombreuses recommandations pour le long voyage et notamment que la coordination entre les différents bateaux était cruciale pour ne pas se perdre les uns des autres : avant chaque modification de direction, le navire amiral devait tirer deux coups de canon et attendre la réponse de tous les autres.

Le voyage

L'arrivée de Pedro Álvares Cabral à Porto Seguro en 1500 par Oscar Pereira da Silva (1865–1939)

La grande flotte de 13 navires leva l'ancre du Restelo le avec l'objectif officiel d'établir des relations commerciales avec les ports de l'océan Indien de Calicut, Cananor et Sofala commencées par Vasco de Gama.

Le 14 mars, ils étaient aux îles Canaries et, le 22 mars, au Cap-Vert. Le jour suivant, le bateau de Vasco de Atayade disparut mystérieusement.

Le 22 avril (2 mai, grégorien), accident de parcours ou mission secrète d'officialiser une prise de possession, on voit «terra chã, com grandes arvoredos: ao monte» (une terre avec grande arborisation : un mont). Cette colline fut baptisée par Cabral de Monte Pascoal, et la terre, Terra da Vera Cruz (Terre de la Vraie Croix). C'est aujourd'hui Porto Seguro, dans l'État de Bahia.

Mettant à profit les alizés, l'escadre louvoya le long de la côte vers le nord à la recherche d'une crique, qui fut trouvée finalement un peu avant la tombée de la nuit du 24 avril, à un endroit qui sera appelée la baie Cabrália. Ils y restèrent jusqu'au 2 mai, lorsqu'ils reprirent la route vers les Indes, exécutant le plan officiel du voyage et laissant à terre deux condamnés et deux mousses qui avaient déserté. L'occupation du Brésil par les Européens commençait.

L'arrivée à Vera Cruz

Le 24 avril, Cabral reçoit des natifs à bord de son bateau. Accompagné de Sancho de Tovar, Simon de Miranda, Nicolau Coelho, Aires Correia et Pero Vaz de Caminha, il reçut un groupe d'indigènes dont on constata qu'ils savaient immédiatement identifier l'or et l'argent qui était sur le bateau (il s'agissait d'un fil d'or et d'un calice d'argent). Cela montrait aux Portugais que ces deux métaux existaient dans la région.

Le secrétaire de bord, Pero Vaz de Caminha, a très bien documenté cette rencontre dans une lettre fameuse. Le choc culturel est évident. Les indigènes, à l'exception d'un perroquet, ne reconnurent aucun des animaux amenés par les navigateurs. On leur offrit de la nourriture et du vin, qui furent rejetés[N 1].

Les indigènes commencèrent à prendre connaissance de la religion des Portugais, assistant à la première messe célébrée par le Père Henri de Coimbra le . La croix fut plantée dans le nouveau sol portugais, qui reçut le nom d'île de Vera Cruz. Après cette première messe, la flotte reprit le chemin des Indes, mais envoya au Portugal un navire commandé par Gaspar de Lemos, avec la lettre de Pero Vaz de Caminha.

Les peuples natifs

Les Tupinamba dans l'ouvrage de Hans Staden au XVIe siècle

Lors de la découverte du Brésil par les Portugais, le littoral était occupé par deux nations indigènes du tronc linguistique tupi : les Tupinambas, qui occupaient une bande incluse entre Camamu et l'embouchure du Rio São Francisco, et les Tupiniquins, qui s'étendaient de Camamu jusqu'à la limite de l'actuel État de Espirito Santo. Mais, à l'intérieur du pays, sur une bande parallèle à celle des Tupiniquins, il y avait les Aymorés. Ces groupes occupaient le territoire depuis à peine deux siècles, et venaient probablement du Haut-Xingu dans l'Amazonie.

Polémique

En 2000 ont été commémorés les 500 ans de la découverte du Brésil, ce qui provoqua beaucoup de discussions. Pour beaucoup, cette commémoration suppose que l'histoire du Brésil a cinq cents ans en 2000 dans une optique clairement eurocentrique, vu que cela suppose que le processus historique ne commence, dans les terres qui forment aujourd'hui le Brésil, qu'avec l'arrivée de la flotte de Cabral. Mais ce qui pouvait également être commémoré, c'est le fait que les habitants du territoire allaient bientôt commencer à souffrir, avec le développement de l'esclavage et les guerres d'extermination qu'entreprirent les nouveaux venus, sans omettre les maladies infectieuses apportées par les Européens, ou le processus d'assimilation, qui amenèrent la disparition de la plus grande partie des tribus amérindiennes aborigènes.

Un autre sujet de controverse est que peut-être d'autres Portugais seraient arrivés au Brésil en mission secrète avant la découverte officielle (comme Duarte Pacheco Pereira).

Les autorités, en organisant ces fêtes, considéraient que ces commémorations célèbraient un moment clef de l'histoire du Brésil.

Notes et références

Notes

  1. « Mostraram-lhes um papagaio pardo que o Capitão traz consigo; tomaram-no logo na mão e acenaram para a terra, como quem diz que os havia ali. Mostraram-lhes um carneiro: não fizeram caso. Mostraram-lhes uma galinha, quase tiveram medo dela: não lhe queriam pôr a mão; e depois a tomaram como que espantados ».

Références

  1. Document trouvé dans les Archives nationales de la Tour du Tombo par Varnhagen.
  2. cité par Varnhagen.
  3. Varnhagen écrit : Pero de Taide.
  4. Varnhagen écrit aussi Toar.
  5. Varnhagen écrit Vasco de Taide.
  6. Gaspar Correia dans Lendas da India, 1, 151 omet les noms des capitaines Aires Gomes da Silva et Pero de Ataíde qui sont cités par les autres historiens et ajoute les noms de Brás Matoso, André Gonçalves et Pero de Figueiró (signalé par Varnhagen).
  7. (pt) [PDF] Elementos de cartografia, p. 5.
  8. Ferdinand Denis, Histoire et description de tous les peuples, Brésil, Paris, Firmin Didot frères éditeurs, 1838.

Voir aussi

Sources partielles

Monument dédié à Pedro Álvares Cabral. Lisbonne

Articles connexes

Liens externes

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