Cyrille Aillet

Cyrille Aillet
Biographie
Naissance (43 ans)
à Cahors (Lot)
Nationalité Drapeau de la France Français
Thématique
Formation École normale supérieure (Ulm), Casa de Velázquez à Madrid
Titres Agrégation d'histoire (1999), docteur en histoire (2005)
Profession Historien
Employeur Université Paris-VIII et université Lumière Lyon-II
Travaux Les Mozarabes. Islamisation, arabisation et christianisme en péninsule Ibérique (IXe-XIIe siècle), 2010.
Approche Histoire de l’Islam médiéval, spécialement l’Occident musulman ; imaginaires politiques et écriture de l’histoire en Islam.

Cyrille Aillet, né en 1974[1] à Cahors (France) est un historien français, médiéviste, spécialiste de l’histoire culturelle et religieuse d'al-Andalus, des Mozarabes, et de l'ibadisme maghrébin.

Il est notamment l'auteur de : Les Mozarabes. Islamisation, arabisation et christianisme en péninsule Ibérique (IXe-XIIe siècle).

Porte mozarabe, église de Santiago de los Caballeros à Talavera de la Reina (Espagne).

Biographie

Cyrille Aillet est né le 22 octobre 1974 à Cahors (Lot) ; marié, un enfant[1].

Formation et diplômes

Cyrille Aillet a été élève de l'École normale supérieure (Ulm) de 1995 à 1999. Il est agrégé d'histoire depuis 1999[1]. Il a suivi une formation d'arabisant : «J'ai eu la chance d'apprendre l'arabe avec des maîtres engagés et passionnés, Houda Ayoub[2] la première, à l'ENS, puis Ghalib al-Hakkak[3] à la Sorbonne et Ali al-Waeida à Madrid»[4].

Il est ancien membre de l’École des hautes études hispaniques-Casa de Velázquez, à Madrid dans laquelle il a séjourné de 2001 à 2003[1].

Sa thèse de doctorat en histoire médiévale est intitulée : Les Mozarabes : christianisme et arabisation en Al-Andalus (IXe-XIIe siècle) ; elle a été soutenue en 2005, sous la direction de Gabriel Martinez-Gros[5].

Carrière

Cyrille AIllet a d'abord été assistant moniteur normalien (AMN) à l'université Paris-VIII de 1999 à 2001[1].

amphithéâtre Laprade, bât. Clio, Université Lyon-2.

Il a enseigné en collège et lycée de 2003 à 2006. A été chargé de cours à l'université Paris-VIII de 2005 à 2006[1].

En 2006, Cyrille Aillet devient maître de conférences en histoire des mondes musulmans médiévaux, à l'université Lyon-2. En 2013, il est nommé membre junior à l'Institut universitaire de France[1].

Il est directeur de deux programmes scientifiques :

  • programme Jeune Chercheur Maghribadite de l’ANR sur «L’ibadisme dans le Maghreb médiéval (VIIIe – XIIIe siècles) : espaces, réseaux, modèles» (2010-4). Ce programme mobilise une équipe euro-maghrébine de onze chercheurs (historiens, philologues, archéologues)[6]. Il s’agit d’un chantier exploratoire destiné à construire de nouvelles thématiques de recherche sur l’histoire des sociétés du Maghreb médiéval à partir du corpus largement inédit ou inexploité des sources ibadites[1].
  • programme «Peuplement et organisation de l’espace à l’époque médiévale dans l’oued Mya (Ouargla, Algérie )». Ce programme mobilise essentiellement trois chercheurs du CIHAM-UMR 5648 (C. Aillet, P. Cressier, S. Gilotte)[7]. Il est enchâssé dans le précédent, tout en étant consacré plus spécifiquement au bassin de Ouargla, l’un des principaux carrefours sahariens de l’époque médiévale, et au site archéologique[8] de Sedrata[1].

Apport à l'histoire des mozarabes

La question "mozarabe"

Dans l'historiographie espagnole, les mozarabes ont longtemps été perçus, par le courant catholique conservateur, comme les symboles de la résistance à l'islam en al-Andalus alors que les arabisants espagnols les marginalisaient pour les cantonner à une survie sous perfusion dans les royaumes chrétiens du nord de la Péninsule[9].

L'existence de chrétiens arabisés, dans la phase du passé espagnol marquée par la domination musulmane, a ainsi nourri deux sortes d'opposition :

  • celle qui divise les historiens médiévistes entre latinistes et arabisants, les premiers majorant la résistance chrétienne, les seconds la minorant face à l'emprise de l'arabisme et de l'Islam ;
  • celle qui dresse les partisans d'une hispanité nationale rétive à tout ferment extérieur, contre ceux qui admettent le caractère composite de l'identité de l'Espagne.
Monastère de San Millán de Suso, Xe siècle.

Pour Cyrille Aillet : «La question "mozarabe" offre une illustration éloquente du partage épistémologique et idéologique qui traditionnellement opposait les latinistes aux arabisants. Cette scission n'a pas favorisé une appréhension d'ensemble du christianisme en al-Andalus. Cependant, les deux camps possédaient un diagnostic commun : l'irrémédiable processus de déclin du christianisme autochtone après le IXe siècle. Pour les occidentalistes, il était lié à la disparition de la littérature latine après la vague des écrits martyriaux du milieu du siècle. Quant aux arabisants, la fréquentation des textes arabes les avait convaincus de la rareté des informations consacrées aux chrétiens locaux. Selon eux, cette minorité n'aurait joué qu'un rôle insignifiant dans la société et la culture d'al-Andalus. Les rares textes arabes des chrétiens d'al-Andalus ne semblaient d'ailleurs souffrir aucune comparaison avec le vaste patrimoine littéraire des chrétiens d'Orient. L'image d'une communauté fossile, étrangère au changement, jouissait donc d'un certain consensus»[10].

  • «La divergence portait sur la façon d'interpréter ce processus de déclin, qui semblait mettre l'élément chrétien en marge de l'histoire d'al-Andalus. Pour les uns, cette marginalité suffisait à disqualifier la pertinence historique du problème "mozarabe". Pour Simonet et ses disciples, elle était justement le signe que l'identité "espagnole" ne s'était jamais fondue dans le modèle oriental. Des marges, on revenait alors au cœur même de "l'être historique espagnol" : à savoir sa résistance à tout ce qui lui était extérieur»[10].

Perspective nouvelle

Son directeur de thèse, Gabriel Martinez-Gros, évalue le travail de Cyrille Aillet en regard de l'historiographie ancienne sur le sujet, notamment la thèse de Francisco Simonet (1829-1897). Ce dernier, «militant chrétien de l'Espagne conservatrice» ne voyait pas l'Espagne naître à Covadonga mais dans «les résistances populaires qui ont défié les Arabes (...) dans la Cordoue des martyrs», dans la geste d'Ibn Hafsun qui «retrouve dans la révolte contre l'autorité des Omeyyades les voies de la foi catholique»[11].

  • Cyrielle Aillet : «aborde donc un terrain alourdi par une historiographie vénérable et polémique. Il le fait de la seule manière possible sans doute, en remettant le dossier à plat, et en sollicitant de nouvelles sources. La collecte d'informations neuves qu'il a menée à bien est étonnante, étourdissante même si l'on songe que ce thème mozarabe a occupé pendant plus d'un siècle les devants de la scène du débat andalou. Ces mozarabes-ci ne ressemblent plus en rien à ce qu'on croyait savoir d'eux. Le terme même de "mozarabe", remarque l'auteur, n'apparaît jamais dans les sources arabes, du moins dans le sens de "chrétien arabisé d'al-Andalus" ; mais seulement dans les documents chrétiens - pour la première fois à León au début du XIe siècle [1024]. (...) le terme, et la réalité qu'il désigne, appartiennent à la langue chrétienne, et non à celle de l'Islam»[11].

L'identité mozarabe s'inscrit dans un contexte chrétien :

  • «Le mozarabisme ne s'est pas construit contre l'Islam, comme le voulait Francisco Simonet, mais dans le christianisme ibérique des IXe-XIe siècles. Non qu'il s'agisse de ressusciter les thèses des années tiers-mondistes qui faisaient des mozarabes de Tolède d'innocents et champêtres indigènes écrasés sous la botte de fer des armées reconquérantes étrangères venues du Nord de la Péninsule. Le document de 1024 prouve tout le contraire : des mozarabes, identifiés comme tels, fréquentent la cour de León, et ce sont des hommes de l'art, des tisserands qualifiés. Ils apportent un souffle, des savoir-faire, un art de vivre peut-être, qui exercent déjà une forme de fascination, non pas seulement sur les chrétiens d'al-Andalus, mais sur l'ensemble de la Péninsule»[11].

«La plus étonnante des conclusions de la patiente recherche de Cyrille Aillet, c'est que les mozarabes sont moins une "communauté" au sens où on l'entend aujourd'hui, un groupe humain fermé sur des traditions qui le distinguent et le séparent des autres, qu'une façon d'être - l'auteur dit très joliment qu'il existe "une situation" mozarabe»[11].

Le tarissement des écrits latins produits en al-Andalus à partir des années 860 avait conforté l'idée que le mouvement des martyrs de Cordoue entre 850 et 859 constituait le terminus du mozarabisme. Pour Cyrille Aillet, c'est tout le contraire : il en marque le point de départ, puisque c'est dans la seconde moitié du siècle, à Cordoue, que commence à se former une culture arabo-chrétienne[9].

Mesure du phénomène de conversion

Selon l'universitaire Isabelle Poutrin[12] évoque la méthodologie qui permet à Cyrille Aillet de mesurer la déchristianisation du territoire et l'avancée de l'islamisation en al-Andalus :

  • «l’historien est confronté à la rareté et au caractère discontinu des sources écrites qui, de plus, éclairent avant tout les zones urbaines et notamment Cordoue. Ainsi pour Tolède, ancienne capitale des Wisigoths, on perd toute trace de population chrétienne entre 893 et 1067 : les chrétiens du XIe siècle étaient-ils le prolongement de ceux du IXe, ou bien s’agit-il de nouveaux venus ?»[13].
  • «La même question concerne les lieux de culte chrétiens de la ville. L’archéologie se montre irremplaçable pour repérer les églises et les monastères ruraux, dater le moment de l’abandon des sanctuaires ou de leur emploi pour des fonctions non-religieuses. À Lisbonne par exemple, les fouilles archéologiques montrent que se succèdent sur le même emplacement une église wisigothique, restée sur pied jusqu’au XIe siècle, puis une mosquée, et enfin la cathédrale de la Sé édifiée au XIIe siècle. L’analyse des nécropoles, en particulier, met en évidence un processus de conversion qui ne s’accompagne pas d’un changement sociologique radical : c’est le cas à Tudmir, au sud de Dénia, où les premières tombes musulmanes apparaissent à côté de celles des chrétiens, sans séparation et avec la même orientation est-ouest, le seul indice du changement de religion étant la position du corps, enseveli sur le côté droit dans une fosse plus profonde et étroite»[13].
Site de Torreparedones à Baena, ermitage des «saints mozarabes».
  • «De cette géographie patiemment dessinée, avec les limites imposées par les lacunes de la documentation, émerge un panorama complexe. L’islamisation semble s’être réalisée par paliers, et la période du IXe siècle vit une diminution de moitié du nombre d’évêchés. Le dynamisme du christianisme autochtone se concentra à Cordoue, capitale du califat omeyyade, et en Bétique. La chute du califat en 1031 et les conflits du XIe siècle entraînèrent la minorité chrétienne dans un mouvement descendant. L’arrivée des Almohades, qui s’emparèrent de Cordoue en 1148, marqua aussi la disparition des structures chrétiennes en al-Andalus»[13].

L'église mozarabe

Dans son compte rendu de la thèse de Cyrille Aillet, l'historien médiéviste Henri Bresc résume la question de la présence religieuse mozarabe en al-Andalus.

  • «Déstructurée dans le Levante, plus islamisé, irrégulièrement présente dans la Marche supérieure et le Gharb, l’église mozarabe est concentrée sur la Bétique, autour de Cordoue : neuf, puis cinq évêchés, de nombreux monastères. C’est la région de la fitna, où les chrétiens "occultes" d’Ibn Ḥafṣūn et leurs alliés muwallads, convertis récents aux fortes connotations chrétiennes, affrontent le califat de 899 à 928[14]. C’est la région des débats théologiques, et d’abord sur le mouvement des martyrs volontaires de 851-859, de la production littéraire et libraire, des traductions et des publications en arabe»[15].
  • «Cette église a maintenu le latin comme langue de la liturgie et de l’étude, mais les gloses arabes inscrites dans les marges des manuscrits montrent à l’évidence la nécessité d’offrir au lecteur, déjà arabophone, un lexique du latin et des balises. Les gloses de trente manuscrits sont une des sources premières et presque nouvelles de la thèse : étudiées déjà par Pieter van Koningsveld[16] qui les attribuait aux mozarabes de Tolède, elles sont ici datées et classées à frais nouveaux. Rédigées à Cordoue à l’époque califale, elles montrent la maîtrise de l’arabe, devenu une langue savante et que les clercs cordouans transforment en langue apostolique. Ḥafṣ b. Albar[17] traduit les Psaumes en 889 et s’appuie sur le thème pentecôtiste de l’effusion des langues pour justifier et exalter le mouvement de traduction qui se prolonge par la Bible, les Évangiles, les Épîtres, les Canons, l’histoire, enfin, d’Orose. Ḥafṣ[17] critique le prétendu i‘jāz coranique, affirmant la pluralité des langues. Cyrille Aillet décrypte ainsi le manifeste d’une shu‘ūbiyya [résistance] chrétienne à l’intérieur de l’arabité et fait l’hypothèse de l’adoption, à cette occasion, du nom de musta‘rib pour définir cette identité»[15].

Arabisation des mozarabes

Cyrille Aillet a établi une chronologie assez précoce de l'arabisation des chrétiens d'al-Andalus[18].

  • «Le versant arabe de la culture chrétienne en al-Andalus n'a pas toujours retenu l'attention des chercheurs (à l'exception de G. Levi Della Vida, Adeline Rucquoi[19], Anne-Marie Eddé, et quelques études spécialisées). Quant à Simonet, qui étudia pourtant plusieurs textes qu'il qualifiait "d'arabo-mozarabes", il rejetait catégoriquement l'influence de la civilisation islamique sur "l'esprit national" des mozarabes»[18].
  • «L'étude et la publication de nouvelles sources arabo-chrétiennes ont pourtant confirmé l'existence d'un mouvement littéraire qui succéda à la production latine des années 850-860, ce qui remet en cause la thèse du déclin au profit d'une vision plus dynamique. Les textes conservés sont le plus souvent des traductions d'œuvres latines préexistantes : rarement originales, ces œuvres témoignent au contraire d'un souci de conserver les mêmes bases fondatrices tout en les adaptant à un nouveau contexte culturel et linguistique»[18].
  • «Il s'agit d'une littérature essentiellement religieuse, puisque principalement constituée de traductions bibliques. L'édition des Psaumes de Ḥafṣ ibn Albar[17] par Marie-Thérèse Urvoy en 1994 a prouvé que son auteur possédait un haut degré de connaissance de la langue arabe. Expert dans le maniement de la langue arabe, Ḥafṣ ibn Albar[17] expose une réflexion sur l'art de la traduction qui lui baut d'être cité en exemple par les auteurs juifs du XIe siècle. Désormais, on lui connaît d'autres œuvres : il a probablement effectué d'autres traductions bibliques (Salomon ibn Gabirol cite des versets des Proverbes dont il lui attribue la traduction), et l'on possède quelques fragments de son traité sur les rites du christianisme, rédigé sous forme de dialogue, très certainement entre un musulman et un chrétien»[18].

Arabisation et islamisation

Le lien stéréotypé entre l'usage de la langue arabe et l'assentiment religieux islamique ne peut plus être affirmé depuis les travaux de Cyrille Aillet. L'universitaire Dominique Valérian[20], spécialiste de l'histoire médiévale des pays d'Islam, a noté cette évolution historiographique.

Ermitage mozarabe de San Baudelio, province de Soria.
  • «Influencés par les propos d'Alvar, notable chrétien de Cordoue qui est devenu l'un des chefs de file du mouvement connu sous le nom "Crise des martyrs", survenue à Cordoue au milieu du IXe siècle, les historiens du mozarabisme ont toujours considéré que l'arabisation avait sonné le glas du christianisme sous domination musulmane en al-Andalus, prélude à sa marginalisation, puis à son extinction définitive au XIIe siècle. Le contexte historiographique favorisait, de fait, une vision d'affrontement entre deux cultures et, en l'occurrence, entre deux religions universalistes - qui ne pouvaient donc à terme accepter l'existence de l'autre. La perte des racines linguistiques et donc culturelles latines, selon les Mozarabes, conduisait inéluctablement à l'effacement du christianisme dans l'Occident musulman. Ce mouvement fut, pour une partie des historiens espagnols, un signe fort de la réussite durable et rapide de l'islamisation et de l'arabisation. Or, la thèse de Cyrille Ailllet introduit une dichotomie entre les deux processus d'assimilation, lorsqu'il constate que l'arabisation des élites chrétiennes de l'ancienne Bétique a permis, comme en Orient, au christianisme d'al-Andalus de prolonger jusqu'au terme du XIe siècle la production d'une littérature liturgique en arabe, les intégrant de plus en plus à la société dominée par les musulmans de langue et de culture arabes, et reflétant la vigueur des élites chrétiennes»[21].

Décloisonner la question mozarabe

Cyrille Aillet propose de nouvelles pistes de recherche sur «la position charnière du cas "mozarabe", témoin de l'islamisation d'al-Andalus, en tant que processus d'interaction sociale, associant d'une part la conversion des populations autochtones, d'autre part la construction et la diffusion des normes de l'Islam sur ce territoire, jusqu'à ce que ces normes s'enracinent localement»[22].

  • «Les connaissances sur la minorité chrétienne en al-Andalus ont progressé grâce aux recherches entreprises à partir des années 1990, qui ont toutes contribué à décloisonner la question "mozarabe", c'est-à-dire à l'insérer dans des problématiques d'histoire sociale et culturelles plus larges»[23].
  • «Le renouvellement a notamment éclairé la transition entre l'ère wisigothique et l'avènement du califat omeyyade : l'époque émirale bénéficie ainsi de l'intérêt croissant que lui portent les archéologues. Or, il s'agit d'une période décisive dans l'histoire de l'islamisation et dans l'évolution du christianisme en al-Andalus, comme le montrent à la fois les sources écrites, les études régionales sur le peuplement et plusieurs monographies locales. De plus, la relecture critique du dossier des martyrs de Cordoue, combinée avec l'analyse des sources chronistiques[24] et juridiques arabes, permet de dresser un portrait plus complet des tensions sociales qui accompagnèrent les processus de conversion et d'islamisation»[23].
Manuscrit du IXe siècle en minuscule wisigothique et carte légendée en arabe.
  • «La publication et l'étude de nouveaux textes arabo-chrétiens viennent confirmer la réalité et la profondeur de l'arabisation de la culture écrite, tout en permettant de mieux comprendre sur quels modèles elles s'est construite. C'est ainsi tout un pan de l'histoire "mozarabe" qui s'ouvre et nous guide jusqu'à ses prolongements tolédans des XIIe-XIIIe siècles, dont les liens avec la période antérieure demeurent cependant obscurs»[23].
  • «Enfin, la multiplication des publications de cartulaires monastiques et épiscopaux datant du haut Moyen Âge offre une vision plus complète des rapports entre les "mozarabes" et les sociétés du Nord de la Péninsule. Désormais, il est possible de dresser un tableau complet des migrations "mozarabes" vers le Nord. En outre, les études sur la frontière et sur l'onomastique favorisent une perception plus nuancée des influences exercées par la culture de l'Islam voisin sur les sociétés septentrionales»[25].

Publications

Ouvrages

  • Les Mozarabes. Islamisation, arabisation et christianisme en péninsule Ibérique (IXe-XIIe siècle), Madrid, Bibliothèque de la Casa de Velázquez, vol. 45, 2010, 418 p.
  • (dir.) L’ibadisme, une minorité au cœur de l’Islam, numéro spécial de la Revue des Mondes Musulmans et de la Méditerranée, n° 132, novembre 2012, 195 p. Disponible en ligne sur : http://remmm.revues.org/7711
  • (dir.) avec B. Tuil Leonetti, Dynamiques religieuses et territoires du sacré au Maghreb médiéval : Éléments d’enquête, Madrid, CSIC, Estudios árabes e islámicos, Serie Monografías, 20, 2015, 281 p.
  • (dir.) avec E. Tixier du Mesnil et E. Vallet, Gouverner en Islam, Xe-XVe s., Paris, Atlande, 2014, 605 p. Rédaction de l’introduction (p. 25-34) et des thèmes «Territoires et sociétés» (pp. 98-132), «Concepts et modèles» (p. 191-234), «Le  pouvoir et les non musulmans» (p. 433-446), «Révoltes, résistances et dissidences» (p. 477-492), «Les pouvoirs islamiques et le monde» (p. 493-510).
  • (dir.) avec M. Penelas et Ph. Roisse, ¿ Existe una identidad mozárabe ? Historia, lengua y cultura de los cristianos en al-Andalus (siglos IX-XII), Madrid, Collection de la Casa de Velázquez, vol. 101, 2008, 334 p.

Articles

  • «L’ibadisme maghrébin en contexte fatimide (Xe-XIe siècles)», dans A. Nef (éd.), Les Fatimides et la Méditerranée centrale, Xe-XIIe siècle, in Revue de la Méditerranée et des Mondes Musulmans, 139, 2016, 17 p.
  • «Archéologie, savoirs coloniaux et projet saharien : les cent premières années de recherche sur Sedrata (1845-1945)», Ikosim (Association algérienne pour la protection et la sauvegarde du patrimoine archéologique), 3, 2014, p. 67-88.
  • C. Aillet, P. Cressier, «Un carrefour du Sahara médiéval : Sedrata (Ouargla, Algérie). Bilan et perspectives historiques et archéologiques», dans Les séminaires du CNRA. Édition 2013, Alger, juin 2014, p. 106-135.
  • [en anglais] «Aflaḥ b. ‘Abd al-Wahhāb», Encyclopaedia of Islam, Three, éd. K. Fleet, G. Krämer, D. Matringe, J. Nawas, E. Rowson, Brill Online, 2014.
  • «Introduction», dans C. Aillet (éd.), L’ibadisme, une minorité au cœur de l’Islam, dossier de la Revue des Mondes Musulmans et de la Méditerranée, n° 132, novembre 2012, p. 13-36.
  • C. Aillet, S. Gilotte, «Sedrata : l’élaboration d’un lieu de mémoire», dans C. Aillet (éd.), L’ibadisme, une minorité au cœur de l’Islam, dossier de la Revue des Mondes Musulmans et de la Méditerranée, n° 132, novembre 2012, p. 91-114.
  • «Tāhart et l’imamat rustamide (c. 160/777-296/909) : matrice orientale et ancrage local», dans A. Nef et M. Tillier (dir.), Le polycentrisme dans l’Islam médiéval : les dynamiques régionales de l’innovation, numéro thématique des Annales islamologiques, nº 45, 2011, p. 47-78.
  • «La fitna, pierre de touche du califat de Cordoue (IIIe/IXe-IVe/Xe siècle)», dans G. Martinez-Gros, E. Tixier du Mesnil (éd.), La fitna, Le désordre politique dans l’Islam médiéval, in Médiévales, 60, 2011, pp. 67-83.
  • «L’ère du soupçon : l’identification de la frontière ethnique et religieuse dans les récits de la fitna andalouse (IIIe/IXe-IVe/Xe siècles)», dans I. Grangaud et N. Michel (dir.), L’identification, des origines de l’Islam au XIXe siècle, in Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée, 127, 2010, p.31-43.
  • [en espagnol] «El monasterio de Lorvão y los confines de la Beira (ss. IX-XII) : apuntes sobre la memoria histórica de un espacio de contacto», Studia Historica. Historia medieval, vol.27, 2009, p.71-95.
  • «Frontière religieuse et catégorisation sociale des convertis en al-Andalus (IIe-IVe/VIIIe-Xe siècles)», Annales islamologiques, 42, 2008, p. 1-28.
  • «Anthroponymie, migrations, frontières : notes sur la situation mozarabe dans le nord-ouest ibérique (IXe-XIe siècles)», Annales du Midi, t. 120, n° 261, 2008, p. 5-32.
  • «Entre chrétiens et musulmans : le monastère de Lorvão et les marges du Mondego (878-1064)», Revue Mabillon, 15 (t. 76), 2004, p. 27-49.

Contributions à des ouvrages collectifs

  • «El caso “mozárabe” (ss. IX-XIII) : algunas notas sobre la noción de identidad y su aplicación», dans F. Sabaté y Curull (éd.), Identitats, XIV Curs d'estiu - Reunió Científica Internacional : (Balaguer, 1, 2 i 3 de juliol de 2009), Lleida, Pagès Editors, 2012, p. 117-141.
  • «Islamisation et arabisation dans le monde musulman médiéval : une introduction au cas de l’Occident musulman (VIIe-XIIe siècle)», dans D. Valérian (éd.), Islamisation et arabisation de l’Occident musulman médiéval (VIIe-XIIe s.), Paris, Publications de la Sorbonne, Bibliothèque historique des pays d’Islam, 2, 2011, p. 7-34.
  • «Islamisation et évolution du peuplement chrétien en al-Andalus (VIIIe-XIIe siècles)» dans D. Valérian (éd.), Islamisation et arabisation de l’Occident musulman médiéval (VIIe-XIIe s.), Paris, Publications de la Sorbonne, Bibliothèque historique des pays d’Islam, 2, 2011, p. 151-192.
  • «Les chrétiens en terre d’Islam (VIIe-XIe siècle)», dans J.-R. Armogathe, P. Montaubin, M.-Y. Perrin (dir.), Histoire générale du christianisme, Paris, PUF, Quadrige, 2010, t. I, p. 845-876.
  • «Pope Hadrian’s epistles to Bishop Egila», dans D. Thomas et B. Roggema (éd.), Christian- Muslim Relations. A Bibliographical History, volume 1 (600-900), E.J. Brill, The History of Christian-Muslim Relations, 11, 2009, p. 338-342.
  • «The Chronicle of 741», dans D. Thomas et B. Roggema (éd.), Christian-Muslim Relations. A Bibliographical History, volume 1 (600-900), E.J. Brill, The History of Christian-Muslim Relations,11, 2009, p. 284-289.
  • «La question “mozarabe”. Bilan historiographique et nouvelles approches», dans M. Marín (dir.), Al-Andalus/España. Historiografías en contraste, siglos XVII-XX, Madrid, Collection de la Casa de Velázquez, vol. 109, 2009, p. 295-324.
  • «Islamización y arabización en al-Andalus a través de la evolución del cristianismo autóctono (ss.VIII-XII», dans F. Sabaté y Curull (dir.), La transformació de la frontera medieval musulmana, Arqueología Medieval, 2, Lleida, 2009, p. 39-52.
  • «Las glosas como fuente para la historia del cristianismo arabizado en la Península Ibérica (siglos IX-XIII)», dans I. Monteira Arias, A.B. Muñoz Martínez, F. Villaseñor Sebastián (éd.), Relegados al margen. Marginalidad y espacios marginales en la cultura medieval, Madrid, CSIC, Biblioteca de Historia del Arte, 2009, p. 19-30.
  • «Recherches sur le christianisme arabisé (IXe-XIIe siècle). Les manuscrits hispaniques annotés en arabe», dans C. Aillet, M. Penelas, Ph. Roisse (éd.), ¿ Existe una identidad mozárabe ? Historia, lengua y cultura de los cristianos en al-Andalus (siglos IX-XII ), Collection de la Casa de Velázquez, vol. 101, Madrid, 2008, p. 91-134.
  • «Al-Andalus, la construction d’une mémoire (VIII-XVe siècle)», dans F. Géal (dir.), Regards sur al-Andalus (VIII-XVe siècle), Madrid, Collection de la Casa de Velázquez, vol. 94, 2006, p. 1-11.
  • «Identité chrétienne, arabisation et conversion à Cordoue au IXe siècle», dans J.O. Boudon et F. Thélamon (dir.), Les chrétiens dans la ville, Publications des Universités de Rouen et du Havre, 2006, p. 65-79.
  • «Aux marges de l’Islam : le château des Deux Frères et le dernier des Ghassanides», dans Th. Deswarte et Ph. Sénac (dir.), Guerre, pouvoirs et idéologies dans l’Espagne chrétienne autour de l’an mil, Brepols, 2005, p. 25-35.
  • En collaboration avec G. Martinez-Gros, Ph. Gourdin, E. Caceres et S. Makariou, Pays d’Islam et monde latin, 950-1250, Paris, Atlande, 2001.

Distinctions

  • La publication de la thèse de Cyrille Aillet a obtenu le Prix Raoul Duseigneur de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres[26].
  • Mention spéciale du prix de la meilleure thèse en langue française sur le monde musulman de l’Institut d’Études de l’Islam et des Sociétés du Monde Musulman-EHESS (2005[1].

Bibliographie

Compte rendu de Les Mozarabes...

Voir aussi

  • Cyrille Aillet, «De l’usage du vocable "mozarabe" en Histoire médiévale», Ménestrel. Médiévistes sur le net, 14 février 2012.

Notes et Références

Références

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Curriculum vitae, Université Lumière Lyon 2, CIHAM UMR 5648, Histoire et Archéologie comparées des Sociétés Médiévales.
  2. «Houda Ayoub», ENS, 2017.
  3. Ghalib al-Hakkak, fiche date.bnf.fr.
  4. Cyrille Aillet, «Remerciements» dans le livre Les mozarabes. Christianisme, islamisation et arabisation en péninsule ibérique (IXe-XIIe siècle).
  5. Thèses.fr.
  6. Voir le site Maghribadite. L'ibadisme dans l'Islam et le Maghreb pré-ottomans.
  7. «Où en est le volume sur Sedrata ?», portail Moyen-Orient et mondes musulmans, juillet 2015.
  8. «Les vestiges archéologiques exceptionnels de Sedrata», Questions à Cyrille Aillet, Libération Africa4, 17 décembre 2017.
  9. a et b Cyrille Aillet, Archive ouverte en Sciences de l'Homme et de la Société", mars 2013.
  10. a et b Cyrille Aillet, «La question "mozarabe", bilan historiographique et nouvelles approches», Al-Andalus/España. Historiografías en contraste. Siglos XVII-XXI (en espagnol), Collection de la Casa de Velázquez, 2009, p. 295-296.
  11. a, b, c et d Gabriel Martinez-Gros, préface du livre Les mozarabes. Christianisme, islamisation et arabisation en péninsule ibérique (IXe-XIIe siècle).
  12. Université de Reims, Curriculum vitae.
  13. a, b et c «Les mozarabes, chrétiens arabisés dans l'Espagne médiévale », Conversion/Pouvoir et religion, (hypotheses.org), 8 juillet 2014.
  14. En réalité, il s'agit de l'émirat de Cordoue, puisque le califat est proclamé en 929.
  15. a et b Henri Bresc, «Aillet Cyrille, Les Mozarabes. Christianisme, islamisation et arabisation en péninsule ibérique (IXe-XIIe siècle), Madrid, Casa de Velázquez, 2010», Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée, juillet 2014.
  16. Professeur émérite d'études islamiques à Leyde.
  17. a, b, c et d Sur Ḥafṣ b. Albar, cf. data.bnf.fr.
  18. a, b, c et d Cyrille Aillet, «La question "mozarabe", bilan historiographique et nouvelles approches», Al-Andalus/España. Historiografías en contraste. Siglos XVII-XXI (en espagnol), Collection de la Casa de Velázquez, 2009, p. 317.
  19. Adeline Rucquoi, Ehess-CRH.
  20. Dominique Valérian, fiche biographique.
  21. Dominique Valérian, islamisation et arabisation de l'occident musulman médiéval (VIIe-XIIe siècle), éd. Publications de la Sorbonne, 2011, p. 55.
  22. Cyrille Aillet, «La question "mozarabe", bilan historiographique et nouvelles approches», Al-Andalus/España. Historiografías en contraste. Siglos XVII-XXI (en espagnol), Collection de la Casa de Velázquez, 2009, p. 310.
  23. a, b et c Cyrille Aillet, «La question "mozarabe", bilan historiographique et nouvelles approches», Al-Andalus/España. Historiografías en contraste. Siglos XVII-XXI (en espagnol), Collection de la Casa de Velázquez, 2009, p. 309.
  24. Chronistique : qui se rapporte aux chroniques.
  25. Cyrille Aillet, «La question "mozarabe", bilan historiographique et nouvelles approches», Al-Andalus/España. Historiografías en contraste. Siglos XVII-XXI (en espagnol), Collection de la Casa de Velázquez, 2009, p. 309-310.
  26. Casa de Velázquez. Voir aussi Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.

Articles connexes

Miniature mozarabe, 900-950.

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