Cyril Ramaphosa

Cyril Ramaphosa
Illustration.
Cyril Ramaphosa en 2015.
Fonctions
Président de la République
d'Afrique du Sud
En fonction depuis le [N 1]
(5 mois et 22 jours)
Élection
Vice-président David Mabuza
Gouvernement Ramaphosa
Prédécesseur Jacob Zuma
Président du Congrès national africain
En fonction depuis le
(7 mois et 18 jours)
Vice-président David Mabuza
Prédécesseur Jacob Zuma
Vice-président de la République

(3 ans, 8 mois et 12 jours)
Président Jacob Zuma
Lui-même (intérim)
Prédécesseur Kgalema Motlanthe
Successeur David Mabuza
Vice-président du Congrès national africain

(5 ans)
Président Jacob Zuma
Prédécesseur Kgalema Motlanthe
Successeur David Mabuza
Biographie
Nom de naissance Matamela Cyril Ramaphosa
Date de naissance (65 ans)
Lieu de naissance Soweto (Afrique du Sud)
Nationalité sud-africaine
Parti politique ANC
Conjoint Tshepo Motsepe
Diplômé de Université d'Afrique du Sud
Université du Limpopo
Profession Avocat
Syndicaliste
Vice-présidents de la République d'Afrique du Sud
Présidents de la République d'Afrique du Sud

Matamela Cyril Ramaphosa, né le à Soweto, est un homme d'État sud-africain, président de l'Afrique du Sud depuis le .

Syndicaliste et homme d'affaires, il est vice-président de la République d'Afrique du Sud de 2014 à 2018. Élu président du congrès national africain (ANC) en 2017, il devient président de la République en 2018, à la suite de la démission de Jacob Zuma.

Biographie

Origines, jeunesse et formation

Matamela Cyril Ramaphosa est né en 1952 à Johannesbourg dans le Western Native Township, dans une famille modeste originaire du Venda, d'un père policier et d'une mère au foyer. Alors qu'il est encore enfant, le quartier est rasé et sa famille relogée à Soweto. Cyril Ramaphosa passe ainsi son enfance dans le quartier de Tswhiahelo, parmi les membres de la communauté Venda[1].

À 20 ans, il entre à l'université du Nord pour étudier le droit. Il adhère à l'Organisation des étudiants sud-africains (SASO), et est arrêté en 1974. Il reste emprisonné pendant onze mois, puis de nouveau en 1976, après les émeutes de Soweto.

Syndicalisme et entrée en politique

Il termine ses études d'avocat à l'université d'Afrique du Sud en 1981, et est embauché par le Conseil des syndicats sud-africains (CUSA) comme conseiller juridique. En 1982, il devient le secrétaire général du Syndicat national des mineurs (NUM), nouvellement créé, et est à ce poste lors des grèves de 1987, les plus grandes de l'histoire du pays[2].

Très respecté en tant que négociateur habile et stratège redoutable, il joue un rôle crucial au cours des négociations du début des années 1990 pour parvenir à une issue pacifique à l'apartheid et orienter le pays vers ses premières élections nationales non raciales au suffrage universel en avril 1994. Le 24 mai 1994, il est élu président de l'Assemblée constituante[2]. Un temps considéré comme dauphin de Nelson Mandela, il s'éclipse finalement face à Thabo Mbeki et entame une traversée du désert politique[3].

Carrière dans le privé

Article connexe : Grève des mineurs à Marikana.

Devenu ensuite un homme d'affaires[4], il est considéré comme un autodidacte qui a su prospérer après l'instauration de la politique de discrimination positive en faveur des Noirs dans les années 1990[3]. A la direction du fonds d’investissement Shanduka, il prend des participations variées, notamment dans les mines, dans l’immobilier, et dans les chaînes sud-africaines de McDonald’s et Coca-Cola[1]. En 2005, d’après le magazine Forbes, il est la 42e plus grande fortune du continent, avec un capital estimé à près de 450 millions de dollars[1].

En 2012, alors qu'il est au conseil d'administration de la mine de Marikana, il est favorable à l'intervention des forces de l'ordre alors qu'une grève éclate, faisant 34 morts parmi les mineurs. Blanchi par une commission d'enquête, il présente ses excuses en 2017 pour son rôle dans ce drame[5].

Retour à la vie politique

En décembre 2012, il effectue son retour en politique en devenant vice-président du Congrès national africain (ANC).

Vice-président de la République (2014-2018)

Il accède la vice-présidence de la République d'Afrique du Sud le 3 juin 2014[1].

Le 18 décembre 2017, il est élu président de l'ANC avec 2 440 suffrages, contre 2 261 pour sa rivale, Nkosazana Dlamini-Zuma (ex-femme de Jacob Zuma et ex-présidente de la commission de l'Union africaine). Capitaliste et pragmatique, il s'est opposé à la vision radicale et panafricaine de son adversaire. Pour lutter contre les inégalités, il veut rendre l'université gratuite pour les plus pauvres[6]. Cette victoire est considérée, du fait du poids de l'ANC dans le pays, comme un boulevard vers la prochaine élection présidentielle, en 2019. La situation de l'ANC est cependant compliquée, ayant perdu des villes importantes lors des dernières élections locales, alors que le président de la République Jacob Zuma est touché par des affaires de corruption, que le chômage atteint 30 % et que les inégalités sont criantes[3].

Président de la République (depuis 2018)

Début , des négociations se tiennent entre l'ANC et Jacob Zuma au sujet de la démission de celui-ci au profit de Cyril Ramaphosa[7]. Zuma, après avoir dans un premier temps refusé, accepte finalement de démissionner le 14 février 2018, après avoir été menacé de destitution, et Ramaphosa lui succède comme président de la République par intérim[8],[9].

Le , le Parlement élit formellement Cyril Ramaphosa président de la République[10].

Il prévoit une réforme agraire, qui passe, selon le projet du Parlement, par l'expropriation sans compensation de certaines terres des fermiers blancs. L'opposition s'oppose à la réforme, estimant qu’elle « met sérieusement en danger l’économie nationale »[11]. En réponse, l'Australie propose d'accueillir les Blancs persécutés, des dizaines de fermiers blancs ayant par ailleurs été tués en 2016-2017[12].

Vie privée

Il est marié au Dr Tshepo Motsepe et il a quatre enfants.

Beau-frère du milliardaire Patrick Motsepe, Cyril Ramaphosa est classé en 2017 par le magazine Forbes comme l'un des hommes d'affaires les plus riches de son pays[13] et a par ailleurs été le premier milliardaire noir du pays[14].

Notes et références

Notes

  1. Par intérim du 14 février au .

Références

  1. a, b, c et d Afrique du Sud : cinq choses à savoir sur Cyril Ramaphosa, le nouveau chef de l’ANC, Le Monde, 18 décembre 2017
  2. a et b LM 1994, Le Monde.
  3. a, b et c Vincent Jolly, « Cyril Ramaphosa, nouveeau chef contesté de l'ANC », Le Figaro Magazine, semaine du 22 décembre 2017, page 26.
  4. Liste des sociétés liées à Cyril Ramaphosa
  5. Afrique du Sud: les excuses de Ramaphosa sur le drame de Marikana, RFI Afrique, 8 mai 2017
  6. Caroline Dumay, « Le pari de Jacob Zuma pour sauver l'ANC », Le Figaro, samedi 8 / dimanche 9 juillet 2017, page 8.
  7. « Jacob Zuma a accepté de démissionner à certaines conditions, selon la presse », sur www.lorientlejour.com, (consulté le 7 février 2018).
  8. « Afrique du Sud : le président Jacob Zuma démissionne avec « effet immédiat » », sur Le Monde, (consulté le 15 février 2018)
  9. « Cyril Ramaphosa, le nouvel homme fort de l'Afrique du Sud - France 24 », France 24,‎ (lire en ligne)
  10. « Cyril Ramaphosa élu président de l'Afrique du Sud », sur L'Orient-Le Jour (consulté le 15 février 2018)
  11. « Le Parlement sud-africain ouvre la voie à l’expropriation sans compensation des terres », lemonde.fr, 28 février 2018.
  12. Béatrice Début, « L'Australie courtise les Sud-Africains blancs persécutés, Pretoria enrage », francesoir.fr, 15 mars 2018.
  13. Caroline Dumay, « L'ANC se réunit pour choisir le futur président d'Afrique du Sud », Le Figaro, samedi 16 / dimanche 17 décembre 2017, page 9.
  14. « L’ANC, aux origines d’un parti-État », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne)

Annexes

Articles connexes

Liens externes

  • Notices d'autorité : Fichier d’autorité international virtuel • International Standard Name Identifier • Bibliothèque nationale de France (données) • Système universitaire de documentation • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • Bibliothèque royale des Pays-Bas • WorldCat
  • Rédaction LM, « Afrique du Sud : Cyril Ramaphosa, président de l'Assemblée constituante », Le Monde,‎ (lire en ligne)