Crise ukrainienne

Crise ukrainienne
Description de cette image, également commentée ci-après

Manifestation pendant l'Euromaïdan, au début de la crise.

Date Depuis le 21 novembre 2013[1]
(3 ans 4 mois et 25 jours)
Lieu Ukraine : Kiev et grandes villes (Euromaïdan), Crimée (crise de Crimée), Est de l'Ukraine (guerre du Donbass)
Résultat en cours
Chronologie
21 novembre 2013 Début d'Euromaïdan
22 février 2014 Renversement du président Ianoukovytch
28 février 2014 Début de la Crise de Crimée
18 mars 2014 Rattachement de la Crimée à la Russie
6 avril 2014 Guerre du Donbass

La crise ukrainienne a débuté le à la suite de la décision du gouvernement ukrainien de ne pas signer l'accord d'association avec l'Union européenne[2].
Des manifestations de grande ampleur se déclenchent alors et aboutissent le 22 février 2014 à la fuite puis à la destitution du président Viktor Ianoukovytch, remplacé par Oleksandr Tourtchynov. Un nouveau gouvernement, dirigé par Arseni Iatseniouk, est mis en place.
En réaction, la Crimée proclame son indépendance et vote pour son rattachement à la Russie, rattachement reconnu par la Russie, provoquant une crise diplomatique internationale. Plusieurs autres provinces ukrainiennes à forte population russophone, notamment le Donbass, vivent des soulèvements similaires et organisent à leur tour des référendums d'autodétermination afin de se séparer du gouvernement ukrainien en place.
Le 17 juillet 2014, un vol Malaysia Airlines reliant Amsterdam à Kuala-Lumpur, qui survolait le Donbass, est abattu en plein ciel près de la frontière russe, tuant les 298 personnes à bord. La destruction de ce vol civil amplifie la crise diplomatique, notamment du fait que l'armée ukrainienne et les séparatistes pro-russes s'accusent mutuellement d'avoir abattu l'avion.

Contexte

Euromaïdan, à Kiev, fin 2013

Depuis 1991, les États-Unis financent des groupes politiques pro-européens en Ukraine par l'intermédiaire d'ONG comme la Fondation Carnegie[3]. La diplomate américaine Victoria Nuland, représentante du Bureau des affaires européennes et eurasiennes à Washington, indique que ce financement a dépassé 5 milliards de dollars entre 1991 (date de l'indépendance de l'Ukraine) et 2013[4],[5].

Alors que l’Ukraine est proche du défaut de paiement et qu'elle enregistre de plus une récession de 2 % en 2013[6], il lui reste, fin novembre 2013, 18,79 milliards de dollars de réserves de change et elle doit en 2014 rembourser 7 milliards de dollars à ses créanciers, la Russie lui réclamant par ailleurs 17 milliards de dollars de facture de gaz naturel[7]. Le 18 décembre 2013, le président russe Vladimir Poutine annonce la levée des barrières douanières entre l’Ukraine et la Russie, ainsi que son intention de baisser le prix de son gaz et de proposer au gouvernement ukrainien un prêt de 15 milliards de dollars[8]. Lors des négociations entre l’Union européenne et l’Ukraine, le premier ministre ukrainien Mykola Azarov avait demandé à l’Union européenne un prêt de 20 milliards d’euros, qui lui fut refusé, l’Union européenne promettant néanmoins une aide financière.

Selon un sondage en décembre 2008, 44,7 % de la population ukrainienne s'était dite favorable à une adhésion de leur pays à l'UE tandis que 35,2 % des sondés s'y étaient dits opposés[9]. Les sondages effectués portant sur l'adhésion à l'Union européenne et non sur un accord d'association avec elle, des citoyens ont pu être induits en erreur sur les enjeux de cet accord d'association.

Revendications

Stepan Bandera, icône de certains manifestants de l'Euromaïdan.

Les manifestations naissent de l'échec des négociations entre l'Ukraine et l'Union européenne. Dès cet échec, les manifestants demandent le départ de Ianoukovytch, qu'ils accusent d'avoir « vendu le pays pour s'acheter un poste de gouverneur dans l'empire russe »[10]. Sur la place de l'Indépendance, les drapeaux ukrainien et européen se côtoient, montrant à la fois l'attrait pour l'Union européenne et un nationalisme dirigé contre la Russie[11]. Dès le départ, on note également une forte présence de l'ancien Parti National-Socialiste Ukrainien, rebaptisé Svoboda (« Liberté ») pendant la « Révolution orange » dix ans plus tôt, et de ses drapeaux (main jaune avec trois doigts dépliés sur fond bleu).

Déroulement

Renversement du pouvoir : l'Euromaïdan

Euromaïdan, une manifestation pro-européenne, a débuté le 21 novembre 2013 à la suite de la décision du gouvernement ukrainien de ne pas signer un accord d'association avec l'Union européenne. Ces manifestations ont été marquées par de fortes violences entre le 30 novembre et le 8 décembre 2013, qui n'ont fait qu'accroître les mouvements de protestation, avec entre 250 000 et 500 000 manifestants à Kiev. Du 18 au 21 février 2014, des affrontements ont à nouveau éclaté, faisant plus de quatre-vingts morts.

La révolution ukrainienne de février 2014 a eu lieu entre le 18 et le 23 février 2014 à la suite de l'Euromaïdan. Elle a eu lieu à la suite d'émeutes à Kiev après que le président ukrainien eut donné l'ordre d'évacuer la place de l'Indépendance et a conduit à la destitution de Viktor Ianoukovytch, président d'Ukraine en exercice et à la nomination de Oleksandr Tourtchynov en tant que président intérimaire jusqu'à la présidentielle du 25 mai. Un gouvernement pro-européen dirigé d'abord par Oleksandr Tourtchynov puis par Arseni Iatseniouk a aussi été nommé dans la foulée.

Après le renversement du pouvoir : la contre-révolution

Article détaillé : Guerre du Donbass.
Manifestation le 3 mars 2014 à Donetsk contre l'Euromaïdan.

Le mouvement contestataire de 2013-2014 est celui d'une partie de l'Ukraine, alors qu'une autre partie, dans le Donbass, les villes industrielles et les grands ports, lui est fortement hostile. D'une part le Parti communiste d'Ukraine s'oppose au mouvement dès son émergence, refusant le rapprochement avec l'Union européenne, mais surtout les milieux économiques s'interrogent. Les oligarques ukrainiens, Rinat Akhmetov en tête, première fortune du pays, lâchent le pouvoir de Ianoukovytch (qu'ils avaient soutenu) dans le courant du mois de janvier, devant l'incapacité de ce dernier à rétablir l'ordre, mais cela ne signifie pas un blanc-seing pour la révolution de Maïdan. Les milieux d'affaires industriels du sud-est, plus tournés vers la Russie, redoutent l'anomie et le désordre qui se dessinent. De plus, les mesures économiques qu'il faudrait prendre si le FMI venait financer la faillite de l'Ukraine sont évoquées avec anxiété dans cette partie du pays. La question de l'aide à l'Ukraine leur semble évoquée avec légèreté, puisqu'il n'est pas question de la part de l'Union européenne, en proie à ses propres difficultés, de financer le déficit du pays[12], sans de plus qu'une équipe gouvernementale n'ait reçu pour l'instant de légitimité démocratique par des élections.

Manifestation à Donetsk le 1er mars 2014 contre l'Euromaïdan et prise du bâtiment de l'administration régionale.

Le 24 novembre 2013, deux mille manifestants protestent à Kiev en soutien à la fin des négociations avec l'Europe[13]. Les communistes se postent régulièrement près des statues de Lénine pour éviter qu'elles ne soient renversées[14]. Les 25 et 26 novembre, des mouvements dénommés « anti-Maïdan » par leurs dirigeants sont menés à Sébastopol[15] et à Donetsk. Les manifestants considèrent les pro-européens de Maïdan comme des fascistes[16], qualificatif qu'emploient également le Kremlin et une grande partie des médias russes[17].

Le 26 novembre 2013, le premier ministre ukrainien, Mykola Azarov, a reconnu que son pays a été « dissuadé par la Russie de signer l'accord avec l'UE »[18]. Le 4 décembre 2013, les trois anciens présidents ukrainiens, Leonid Kravtchouk, Leonid Koutchma et Viktor Iouchtchenko, ont exprimé dans un communiqué commun leur « solidarité avec les actions civiles pacifiques des manifestants » et se sont interrogés sur la « volte-face brusque du gouvernement prise à l'égard de la signature de l'accord d'association européenne à Vilnius », affirmant par ailleurs que la « cruauté par laquelle les autorités agissent ne devrait pas être seulement condamnée publiquement, mais [ l'être ] également en conformité avec la législation ukrainienne », ajoutant que ce genre de pratiques est « totalement inacceptable dans un pays démocratique »[19].

Le 9 décembre, le conseil suprême de Crimée (parlement de Crimée, région autonome traditionnellement pro-russe) condamne dans une déclaration les manifestations, demandant au gouvernement de restaurer l'ordre à Kiev[20]. Le 20 février 2014, plusieurs sportifs de la délégation ukrainienne aux Jeux olympiques d'hiver de 2014 décident de quitter Sotchi prématurément. C'est notamment le cas de la slalomeuse Bohdana Matsotska  qui déclare : « En solidarité avec les révolutionnaires sur les barricades du Maïdan, et en signe de protestation, nous refusons de participer aux futures épreuves[21] ». Le 23 février 2014, juste après le changement de pouvoir, les pro-Maïdan sont minoritaires dans le sud-est, notamment à Odessa, Donetsk et le Donbass, ou bien à Kharkov où ils sont empêchés de déboulonner la statue de Lénine[22]. Ce même jour, dans la même ville, des anti-Maïdan s'affrontent aux pro-Maïdan sur la place de la Liberté[23]. Une partie de l'Est ne reconnaît pas les nouvelles institutions, ainsi que certains députés du Parti des Régions, alors même qu'ils ont lâché Ianoukovytch[24]. Le projet d'abroger la loi sur les langues régionales de 2014, qui confère au russe et à d'autres langues le statut de langue officielle dans 13 régions sur les 27 que compte l'Ukraine, met en effet le feu aux poudres, même si le président par intérim explique ensuite qu'il ne fera pas entrer cette mesure en vigueur pour le moment. Dans le sud-est, des brigades d'autodéfense sont créées, notamment à Sébastopol[25]. Dans cette ville, où se trouve une importante base navale louée par l'Ukraine à la flotte de la mer Noire russe ainsi qu'une population russophone, un nouveau maire pro-russe, Alexeï Tchaly, est élu à main levée pour « le retour à la stabilité »[25].

Début mars 2014, la république autonome de Crimée est de facto détachée de Kiev en se réservant le choix par référendum le 16 mars 2014 de son futur statut, dans le cadre d'un lien juridique avec l'Ukraine qui serait alors purement formel.

Situation en Crimée

Carte politique de la République autonome de Crimée avec en jaune ses raions et municipalités et en rouge la municipalité de Sébastopol au statut différent du reste de la République autonome car enclave militaire stratégique dépendante de la Fédération de Russie ; le reste de l'Ukraine est en vert, la mer Noire à l'ouest et au sud, la mer d'Azov à l'est.

Le 27 février, la Russie engage des manœuvres militaires[26] avec son armée de terre aux zones frontalières avec l'Ukraine, au prétexte de « mettre à l'épreuve sa capacité d'action »[27]. Ces mouvements de troupes couvrent en fait une mobilisation à l'échelon régional issues de la base russe de Sébastopol en Crimée, comme les événements du week-end qui suit le révèlent. Le 28 février, des hommes en armes dont l'uniforme ne comprend pas de signe permettant leur identification prennent le contrôle de l'aéroport de Simferopol[28] ; de plus l'entrée de l'aéroport international de Sébastopol est bloquée par 300 combattants cagoulés[29][réf. insuffisante]. Ces deux aéroports desservent la Crimée ; il s'agit d'un pré-positionnement : un communiqué Reuters le lendemain confirme le bouclage des accès aériens sur la péninsule, de district de Kirovskoïe compris[30]. Le ministre de l'intérieur par intérim, Arsen Avakov, dénonce comme une « invasion » l'occupation de deux aéroports de Crimée par des hommes armés qu'il identifie comme soldats russes, ce que le Kremlin ne précise pas. À la suite de cet événement, le parlement ukrainien fait voter une résolution appelant la Russie, le Royaume-Uni et les États-Unis à respecter le Mémorandum de Budapest visant à garantir l'indépendance de l'Ukraine en échange de son renoncement aux armes nucléaires[31]. Dans l'après-midi, Viktor Ianoukovytch tient une conférence de presse à Rostov-sur-le-Don, au cours de laquelle il affirme qu'il est toujours le président légitime, sa volonté de revenir en Ukraine quand sa sécurité sera assurée, et la nécessité de tenir un référendum[32].

Le 1er mars, le premier ministre de la République autonome de Crimée demande à la Russie d'intervenir militairement[33],[34], au motif que des hommes armés non identifiés auraient attaqué le ministère de l'Intérieur de cette république autonome au sein de l'Ukraine[35]. Faisant suite à la demande du président russe Vladimir Poutine, le Conseil de la Fédération approuve le déploiement de forces armées dans cette région autonome[36]. La base navale stratégique de Sébastopol est en effet un élément primordial du système de défense russe, lui conférant l'accès à la Méditerranée et aux mers chaudes.

Déploiement à Simferopol le 2 mars de soldats cagoulés qui prennent le contrôle de la Crimée sans violence et désignés comme les « hommes polis » par une partie des habitants de la Crimée.
Le 2 mars à Simferopol, capitale de la République autonome de Crimée, la population se structure en milice d'auto-défense ; sur la photo les boucliers anti-émeutes sont parés des couleurs du drapeau de Crimée.

L'État russe annonce engager un processus de normalisation, d'abord en Crimée, ce que les observateurs occidentaux interprètent comme une réitération de l'intervention en Géorgie de 2008 qui a mené au séparatisme de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie dans un contexte sensiblement différent. Plusieurs témoins attestent de la distribution de passeports russes à des habitants d'Ukraine[37],[38]. La politique de distribution de passeports russes en Crimée rappelle d'ailleurs celle orchestrée en Géorgie, dans les régions d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud, peu avant la guerre russo-géorgienne. À cette époque, l'un des principaux arguments invoqués par Poutine lors de son intervention était la protection de ses citoyens[39]. Le 2 mars, le vice-premier ministre de la République autonome de Crimée, Roustam Temirgaliev , annonce que toutes les forces armées de la péninsule ont soit déposé les armes, soit changé de camp[40]. Du côté du nouveau gouvernement ukrainien, le président Oleksandr Tourtchynov a appelé à la mobilisation des réservistes[41] ; de plus, donnant suite à des rapports de survol de son territoire par des hélicoptères de combat, l'Ukraine ferme son espace aérien à tout aéronef non civil[42]. L'escalade verbale est perceptible par la convocation en urgence des vingt-huit ambassadeurs des pays membres de l'OTAN un dimanche[43]. Au soir du coup de force, l'amiral Denis Berezovsky , commandant en chef de l'amirauté ukrainienne, a porté allégeance au camp pro-russe[44]. Mille soldats encerclent les services des douanes et des garde-côtes à Perevalnié , tentant sans succès de désarmer les unités ukrainiennes qui s'y trouvent. Selon les autorités à Kiev qui organisent la mobilisation générale[45], 150 000 soldats russes seraient massés de l'autre côté des frontières de l'Ukraine[46]. La chancelière allemande Angela Merkel obtient que Vladimir Poutine participe à des négociations avec un groupe de contact composé de diplomates européens.

Six mille hommes de troupe renforcent le contingent russe de Sébastopol[47], l'effectif de l'engagement russe en Crimée étant estimé à vingt mille hommes ; Washington estime que « la Russie a atteint le contrôle opérationnel de la Crimée »[48]. À Moscou, l'indice boursier MICEX des 50 plus grosses valeurs chute de 10.5 % lundi[49], avant de remonter de 5.2 % le lendemain. Le gouvernement ukrainien recense les citoyens volontaires en âge d'être incorporés[50]. Cependant, l'armée ukrainienne est inopérante et « ne dispose plus d'unité sérieuse en Crimée (...) Les autorités ukrainiennes se battent sur le seul terrain où elles sont sûres de pouvoir surpasser les Russes : celui de l'agitation médiatique »[51]. Côté diplomatique, le ministre des Affaires étrangères de la fédération de Russie Sergueï Lavrov souligne dans une allocution à Genève[52] que son pays n'avait aucunement porté atteinte à l'intégrité territoriale, mais assuré la sécurité des habitants russophones de Crimée face aux événements récents à Kiev. Son homologue américain, John Kerry, énumère toute une série de sanctions possibles dont la plus retentissante mènerait à l'isolement économique de la Russie[53]. Ioulia Tymochenko considère dans une interview que la raison de l'agression russe provient des velléités ukrainiennes à s'intégrer à l'Europe[54]. Selon elle, la Russie vise à la capitulation de l'Ukraine[55].

Le 4 mars, Vladimir Poutine s'exprime dans une conférence de presse[56] tenue dans sa résidence près de Moscou, écartant l'idée « pour le moment » d'une intervention armée en soutien à celles des populations qui le demandent et accusant les occidentaux et les États-Unis d'avoir « semé le chaos en Ukraine ». Selon lui, l'armée russe n'est pas présente officiellement en Crimée, s'agissant de « milices d'autodéfense » et qu'« heureusement aucun coup de feu n'a été tiré ». Barack Obama rétorque peu après dans un entretien que ces déclarations « ne trompent personne » et qu'il s'agit d'une « invasion russe »[57]. Au cours de sa conférence, Vladimir Poutine comprend le mouvement de Maïdan, comme un rejet légitime de la corruption qui réunit des personnes « qui exigent des changements cardinaux au sein du pouvoir », et laisse entendre qu'il a été détourné par des éléments radicaux. Il évoque également le sort de Viktor Ianoukovytch, qui bien que président légitime, « n'a plus d'avenir politique. »[58] À la suite de la conférence de presse du président russe, les ministres européens des Affaires étrangères annoncent se réunir le jeudi suivant pour se prononcer pour des sanctions envers la Russie. Le président François Hollande préconise des sanctions s'« il n'y pas de désescalade ». Si des sanctions économiques sont prises, elles pourraient faire le jeu de Moscou car cela fait longtemps que Poutine essaie de stopper la fuite des capitaux russes vers l'occident ; en même temps elles pourraient freiner les investissements occidentaux en Russie[59].

Sébastopol, le 9 mai 2014

Le 6 mars, le Parlement de Crimée demande à Moscou son rattachement à la Russie, le décret est signé dès l'après-midi par les dirigeants de la région autonome, et le vice-Premier ministre de Crimée, Roustam Temirgaliev, annonce qu'un référendum sur le statut de la péninsule de Crimée aura lieu le 16 mars pour valider ce choix, dans lequel il sera demandé aux électeurs s'ils souhaitent que la Crimée continue à faire partie de l'Ukraine ou s'ils préfèrent son rattachement à la Fédération de Russie[60]. Dans le même temps, des manifestations de partisans pro-russes et de partisans de l'unité ukrainienne perdurent à Donetsk, débouchant parfois sur des affrontements entre les deux camps[61],[62]. Le 11 mars, le Conseil suprême de Crimée déclare l'indépendance de la République de Crimée (réunissant la République autonome de Crimée et Sébastopol). Malgré ces événements, le gouvernement ukrainien affirme qu'il n'enverra pas de troupes en Crimée, par crainte de dégarnir les frontières orientales de l'Ukraine, où la Russie a déployé d'importantes troupes[63].

Le 17 mars, après le référendum controversé organisé la veille qui attesterait que la population criméenne se soit prononcée à une très large majorité en faveur d'un rattachement à la Russie, le Conseil suprême de Crimée réaffirme l'indépendance de la péninsule, demande son rattachement à la Russie et décrète la nationalisation de tous les biens de l’État ukrainien sur son territoire. Les autorités intérimaires à Kiev continuent quant à elles de parler « d'une grande farce »[64]. Le lendemain, le traité d'intégration de la République de Crimée à la Fédération de Russie est signé, lequel transforme l'État autoproclamé en deux sujets de l'État russe : la République de Crimée et la ville d'importance fédérale de Sébastopol.

Situation dans le reste de l'Ukraine

Article détaillé : Guerre du Donbass.

Le 23 février 2014, le président du Parlement Oleksandr Tourtchynov, proche de Ioulia Tymochenko est nommé président par intérim, jusqu'à l'élection présidentielle prévue pour le 25 mai[65]. Le même jour, la résidence présidentielle de Ianoukovytch est nationalisée par le Parlement ukrainien[65] et une enquête est ouverte sur des dirigeants de la police ayant pris part aux répressions[65]. L'Ukraine reste fortement divisée entre l'ouest pro-européen, qui a pris le pouvoir, et le sud-est pro-russe. La possibilité d'une partition est même envisagée[66]. Le Parti des régions, qui s'est officiellement séparé de Ianoukovytch[65], reste sceptique quant à la résolution des problèmes économiques du pays[66]. Les médias ukrainiens dévoilent peu à peu le luxe des résidences des anciens dignitaires du régime[67][réf. insuffisante]. Outre la résidence privée de Ianoukovytch (Mejyhiria[68]), ils peuvent ainsi découvrir par exemple la résidence de l'ancien procureur général Pchonka[69]. Le nouveau ministre de l'Intérieur, Arsen Avakov, annonce que des mandats d'arrêt pour « meurtres de masse » avaient été lancés à l'encontre de Ianoukovytch et d'autres anciens responsables[70]. Le 25 février, Arsen Avakov dissout les forces anti-émeutes (Berkout) par décret ministériel[71]. En abrogeant la loi de 2014 sur les langues régionales, le parlement retire au russe (comme à plusieurs autres langues régionales, comme le roumain) le statut de langue officielle dans 13 des 27 régions (essentiellement au sud et à l'est du pays)[72]. Cela implique, non seulement que tous les documents officiels doivent être rédigés uniquement en ukrainien, mais aussi que les cours dans les écoles ne doivent être dispensés qu'en ukrainien, que tous les noms de ville et autres noms propres doivent suivre l'orthographe et la prononciation ukrainienne ce qui serait mal vécu par la population russophone d'Ukraine.

Manifestation pro-russe à Donetsk, le 9 mars 2014

Le 1er mars, des manifestations pro-russes massives ont lieu dans les régions russophones du pays, notamment à Kharkiv, Donetsk ou Odessa[73]. Le 3 mars, 300 manifestants pro-russes ont investi le bâtiment administratif régional de Donetsk[74] ; la contagion à des villes de l'Est en Ukraine des événements en Crimée laisse présager d'une partition du pays.

Le 16 mars, des démonstrations pro-russes ont eu lieu dans les villes industrielles de l'est de l'Ukraine. À Donetsk, des manifestants ont pénétré dans les sièges du parquet et des services spéciaux, à l'issue d'une manifestation de 2 000 personnes en faveur du rattachement à la Russie. À Kharkiv, ce sont 6 000 manifestants qui ont organisé, et ce malgré l'interdiction de la justice, un meeting-référendum pour plus d'autonomie et pour la « souveraineté » de la langue russe. Des milliers d'entre eux ont ensuite marché vers les bureaux d'organisations nationalistes où ils ont brûlé drapeaux, livres et tracts devant l'entrée. Les partisans de Kiev ont de leur côté décidé d'annuler leur manifestation afin d'éviter des provocations après qu'une personne a été poignardée à mort à Donetsk le 13 mars et que deux personnes ont été tuées dans la nuit du 14 au 15 mars à Kharkiv lors d'une fusillade impliquant nationalistes radicaux et militants pro-russes[75],[76].

Le 7 avril, à la suite de la saisie du bâtiment gouvernemental de Donetsk par des manifestants pro-russes, la République populaire de Donetsk est proclamée et les séparatistes annoncent la tenue d'un référendum sur le statut de la ville le 11 mai[77]. À Kharkiv un bâtiment de l'administration régionale est occupé par des manifestants pro-russes qui proclament la « République populaire de Kharkov »[78].

Le lendemain, la Russie fait savoir que l'utilisation de la force par les autorités ukrainiennes pour réprimer les protestations dans l'est du pays pourrait mener à une guerre civile[79]. Le même jour la police et l'armée ukrainienne reprennent le contrôle du bâtiment occupé à Kharkiv[80],[81],[82],[83].

Le 15 avril, le président Oleksandr Tourtchynov déclare que l'opération anti-terroriste contre les séparatistes pro-russes a débuté à Donetsk[84].

Le 17 avril 2014, à l'occasion d'une réunion d'urgence à Genève, la Russie, l'Ukraine, les États-Unis et l'Union européenne se mettent d'accord sur le fait que les formations militaires illégales en Ukraine doivent être dissoutes et que toute personne occupant les bâtiments administratifs doit déposer les armes et les quitter. L'accord ajoute la possibilité d'une amnistie pour tous les manifestants anti-gouvernementaux. Néanmoins, les séparatistes pro-russes à Donetsk refusent l'accord défiant les autorités de Kiev[85],[86],[87]. En cas de non désescalade du conflit, les États-Unis avaient insisté sur le fait de prendre des « mesures additionnelles », c'est-à-dire des sanctions, contre la Russie[88],[89].

Essai d'accord européen

Article détaillé : Minsk II.
Les représentants des quatre pays avec le président biélorusse Alexandre Loukachenko.

Les dirigeants ukrainien, russe, allemand et français essaient de trouver un accord le 11 février 2015 à Minsk, en Biélorussie. Cette réunion aboutit à la signature d'un cessez-le-feu.

Bellicisme américain

Parallèlement au pourparlers de paix européens, les États-Unis, par la voix de Victoria Nuland, exhortent l’OTAN à soutenir militairement l’Ukraine en disant « nous devons créer des centres opérationnels dans tous les six Etats de la ligne de front et le plus vite possible »[90] sans nommer les six pays en question.

Analyses géo-politiques et socio-économiques

Manifestations place de l'Indépendance à Kiev protestant contre l'intervention russe en Crimée, le 2 mars 2014.
Donetsk, le 24 avril 2015

En mars 2014, l'ancien secrétaire d’État américain Henry Kissinger juge ainsi la situation dans les colonnes du Washington Post :

  • "Les Ukrainiens sont l’élément décisif. Ils vivent dans un pays multilingue, à l’histoire complexe. La partie ouest a été incorporée à l’Union soviétique en 1939 quand Staline et Hitler se sont répartis le butin. La Crimée, dont 60 % de la population est Russe, n’est devenue une province ukrainienne qu’en 1954, quand Nikita Khrouchtchev, ukrainien de naissance, l’a offert lors de la célébration en Russie du 300e anniversaire d’un accord avec les cosaques. L’ouest est majoritairement catholique, l’est est majoritairement russe orthodoxe. L’ouest parle ukrainien, l’est parle essentiellement le russe. Toute tentative d’un côté de l’Ukraine de dominer l’autre – tel qu’en a été le dessein mènerait à terme à une guerre civile ou à une sécession. (...) Vladimir Poutine devrait prendre conscience que, quelles que soient ses doléances, il ne pourra pas imposer militairement sa politique sans déclencher une nouvelle Guerre froide. De leur côté, les États-Unis devraient éviter de traiter la Russie comme un pays aberrant auquel il faut enseigner patiemment des règles de conduite établies par Washington [91],[92]"

Julien Vercueil analyse dans Le Monde Diplomatique les racines de la crise ukrainienne en ces termes :

  • "À la fin des années 2000, deux projets d’intégration régionale prennent forme et conduisent le pays à un dilemme : association avec l’Union européenne ou Union douanière avec la Russie ? Les termes de ce choix contraint ignorent la cohésion économique et sociale de l’Ukraine, tiers exclu de cette logique binaire[93]'"
  • "Depuis mai 2009, l’Union européenne propose un partenariat à l’Ukraine, la Biélorussie, la Moldavie, l’Arménie, la Géorgie et l’Azerbaïdjan. L’offre ne s’étend pas à la Russie, avec laquelle les négociations de partenariat stratégique sont enlisées depuis la « guerre du gaz » de 2006. Pour l’Ukraine, le rapprochement passe par la signature d’un accord de libre-échange complet et approfondi (Aleca). En exportant ses institutions, l’Union européenne prend place dans la concurrence par et pour les normes, enjeu majeur de la mondialisation" De son côté, la Russie a hérité d’un système issu de l’URSS, qui, bien que lacunaire, vieillissant et pesant, encadre encore les relations économiques entre les pays de la CEI. Compte tenu de la contagion que provoque leur diffusion, une pénétration des normes européennes en Ukraine risquerait d’emporter l’ensemble postsoviétique par effet domino. La réaction de la Russie relève donc aussi de la lutte pour la survie d’un système sur lequel son complexe militaro-industriel repose toujours largement[93]"

Pour Pascal Boniface, directeur de l'Institut des Relations Internationales et Stratégiques :

  • "L’Ukraine a toujours été partagée entre ces deux pôles d’influence : la Russie et l’Europe. C’est une division classique et assez ancienne que révèlent de manière exacerbée les soulèvements des dernières semaines, mais cela ne doit pas être perçu comme un retour quelconque à la guerre froide. Pas plus que la Chine, la Russie ne cherche pas à exporter un quelconque modèle national, elle n’offre aucun système collectif alternatif aux États-Unis par exemple. Tout ce que veulent ces puissances, c’est prendre la tête de la course mondiale. On n’est plus dans des systèmes idéologiques qui s’affrontent, mais dans une logique de rivalités nationales (...) La Russie, dont on oublie trop le type d’humiliation – à la fois sociale, économique et politique – qu’elle a subi dans les années 1990, avec un PNB réduit de moitié, une influence largement diminuée sur le plan international, etc, veut retrouver son influence. Pour Poutine, qui a souvent dit que la plus grave catastrophe géo-politique du XXIe siècle était la disparition de l’Union soviétique, il ne s’agit pas aujourd’hui de recréer une union soviétique avec un système d’alliances et de pays communistes à même de contester le modèle capitaliste occidental. Il s’agit de faire en sorte que la Russie soit respectée, quitte à ce qu’elle soit crainte et non aimée. (...) On a encore trop tendance à voir les choses de façon manichéenne : les bons d’un côté, les méchants de l’autre ; nous d’un côté, eux de l’autre… Ce logiciel de lecture très « guerre froide » ne fonctionne pas dans un monde aussi pluriel et divers que le nôtre '[94]"

Pour le géopolitologue Alexandre Del Valle :

  • "Pour revenir à l’Ukraine, Poutine estime qu’il ne peut en aucun cas laisser un gouvernement radicalement anti-russe gouverner un pays situé dans sa sphère d’influence stratégique (« étranger proche »), sachant qu’une partie importante de la population ukrainienne est russe ou russophone. D’après le président russe, c’est le crédit géopolitique même de la Russie qui est en jeu. (...) Pour Vladimir Poutine, Moscou a donc tout autant le droit de défendre ses bases stratégiques donnant accès aux mers chaudes (Syrie, Crimée, etc) que les Occidentaux défendent leurs bases partout et jusqu’aux portes d’espace russe. Rappelons par ailleurs que la Crimée, ancienne « Côte d’azur russe », est devenue ukrainienne par la négation (soviétique) des aspirations de ses habitants, puisqu’elle fut « donnée » à l’Ukraine par le dictateur soviétique Khrouchtchev. Ce fut aussi le cas du Haut-Karabagh, région arménienne « donnée » à l’Azerbaïdjan par Staline, origine d’un interminable conflit entre ces deux pays. On pourrait aussi s’étonner du fait que les mêmes occidentaux désireux de « sanctionner » Poutine pour la Crimée passent leur temps à absoudre la Turquie qui occupe illégalement depuis 1974 et colonise l’île de Chypre, pourtant membre de l’Union européenne… Mais il est vrai que la Turquie est un membre important de l’OTAN, ce qui donne des droits différents… On constate ici les sérieuses limites du principe du droit international « d’intangibilité des frontières »[95]

Conséquences extra-politiques

L'Ukraine avait été désignée hôte du championnat d'Europe de basket-ball 2015 en décembre 2011[96], la sélection masculine livrant des performances remarquées aux Euros 2011 et 2013 ainsi qu'à la coupe du Monde 2014 pour sa première participation[97]. Cependant les divers événements relatés ci-dessus incitèrent la France à se porter candidate en mai 2014 en cas de délocalisation de l'évènement[98], ce qui se produisit un mois plus tard[99]. Le 8 septembre 2014, la France, ainsi que la Croatie, l'Allemagne et la Lettonie, sont déclarées par la FIBA Europe co-organisatrices du tournoi[100].

Notes et références

  • Cet article est partiellement ou en totalité issu de l'article intitulé « Euromaïdan » (voir la liste des auteurs).
  • Cet article est partiellement ou en totalité issu de l'article intitulé « République populaire de Kharkov » (voir la liste des auteurs).


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  55. (uk)Росія прагне повної капітуляції України – Тимошенко
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  88. Ukraine: pas de nouvelles sanctions contre Moscou avant jeudi, BFMTV, 15 avril 2014
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Annexes

Articles connexes

Carte des principaux pipelines de transport de gaz naturel russe existants proposés à l’Europe. La Russie fournit un quart de la consommation de gaz de l'UE, surtout par transit à travers l'Ukraine. En limites de la zone actuelle de conflit, les pipelines Soyuz et Brotherhood passent dans le nord et au centre du Donbass.
Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Liens externes

  • Steven Artels et Isabelle Ducret, « Ukraine : extrême révolution », RTS Un, Radio télévision suisse « Temps présent »,‎ (lire en ligne [[vidéo] durée : 54:22])
  • Cartes des combats (en)publiées par le NSDC ; autres cartes, communiquées par l'agence de presse nationale ukrainienne : (en)12 et 19 septembre 2014 ; (ru) autres cartes publiées sur le site russe rusvesna.su
  • Dossier « Ukraine : premières leçons », Politique étrangère, vol. 79, no 2, été 2014−