Cornélius (maison d'édition)

Cornélius
Repères historiques
Création 1991
Fondée par Jean-Louis Gauthey
Fiche d’identité
Spécialités Bande dessinée
Langues de publication Français
Site web http://www.cornelius.fr

Cornélius est une maison d'édition française créée en 1991 et spécialisée dans la bande dessinée.

Historique

Une partie du catalogue de l'éditeur Cornélius (photographie prise dans le bureau/atelier de Cornélius)

Fondée en 1991, par Jean-Louis Gauthey[1], rejoint assez vite par Bernard Granger (Blexbolex), les éditions Cornélius ont commencé par éditer des ouvrages qui, bien que réalisés en sérigraphie, ne cherchaient pas à se vendre comme objets de luxe - l'utilisation de la sérigraphie était ici motivée par un souci d'autonomie.

Après l'album Big Man, de David Mazzucchelli, Cornélius édite ses livres en offset.

Cornélius est proche de l'Association, les deux structures ont un temps partagé leurs locaux et ont beaucoup d'auteurs en commun. Le fait que les premiers livres de Cornélius soient de la main de piliers de l'association tels que Menu et Trondheim brouillera d'ailleurs un temps l'image de marque de Cornélius qui, selon son fondateur, passe un temps pour être un « satellite un peu bizarre de l'Association »[2]. Cornélius est pourtant un éditeur bien différent, ses livres ont une fabrication bien plus soignée et ont chacun une très forte identité.

En 2014, les éditions Cornélius déménagent de Paris pour s'installer dans l'agglomération bordelaise. Elles intègrent la Fabrique Pola[3], un espace de mutualisation où cohabitent de nombreuses structures et associations culturelles, dont notamment Les Requins Marteaux, une antenne du Fremok et les Éditions L'Arbre vengeur. Ce rapprochement entre les éditions Cornélius et Les Requins Marteaux donne naissance, en juin 2014, à une revue collective intitulée Franky (et Nicole)[4] lorsqu'elle est publiée chez Les Requins Marteaux et Nicole (et Franky) lorsqu'elle sort chez les éditions Cornélius.

Caractéristiques des livres

Cornélius n'a pas de logo, son identité visuelle pourtant très identifiable repose sur des contraintes chromatiques et formelles et non sur ce que les graphistes appellent en général une maquette.

Les livres appartiennent à des collections repérées par des prénoms. La « famille Cornélius » se compose de Pierre, Solange (22×29cm), Paul (17×24cm), Louise, Blaise, Raoul (11×17cm), Delphine (7×17cm), Sergio (22×22cm), Jean-Jacques, Victor, Lucette). Les collections ne correspondent pas toujours à un format précis.

Ouvrages

Stand de Cornélius au Festival d'Angoulême 2016.

Cornélius a par ailleurs édité plusieurs séries de Comix (fascicules à périodicité régulière, en format moyen) d'auteurs alors inconnus tels que David B. (Les 4 savants, Le Nain jaune), Joann Sfar (Ossour Hyrsidoux), Blutch (Mitchum), Jean-Christophe Menu (Mune Comix) et Lewis Trondheim (Approximate continium comix). Cornélius est sans doute précurseur pour ce format[réf. souhaitée] parmi les éditeurs « alter », rejoint depuis par l'Association (format Mimolette) ou 6 pieds sous terre (format lépidoptère).

Cornélius a édité un grand nombre de « monuments » de la bande dessinée dite « indépendante » ou « alternative », tels que Peplum de Blutch, Big Man de David Mazzucchelli, Le Dormeur et Approximativement de Lewis Trondheim, David Boring et Comme un gant de velours pris dans la fonte de Daniel Clowes, Mister Nostalgia de Robert Crumb, Nos Meilleurs Amis et l'Acte Interdit de Pierre La Police et La Nouvelle aux pis de Stéphane Blanquet.

C'est aussi l'éditeur de carnets de voyage tels que Lettre américaine de Blutch ou Carnets (New York, Barcelone, Lisbonne) de Dupuy-Berberian. Cornélius s'intéresse à la bande dessinée japonaise avec Prince Norman, une série des années 1960 d'Osamu Tezuka ; Cornigule, un manga contemporain et très éloigné de la production mainstream japonaise, de Kurihara Takashi et l'œuvre de Shigeru Mizuki, un classique japonais jamais publié en France avant Cornélius.

Enfin, Cornélius ré-édite les œuvres peu connues de Gus Bofa : Malaises, Slogans et Synthèses littéraires et extra-littéraires.

Albums primés

Expositions

  • Cornélius - une certaine façon de faire les livres, Galerie de l'École Supérieure des Arts de Lorient, 22 mars - 21 avril 2007.
  • Les 25 ans des Éditions Cornélius - Blutch & Micol[9], Festival Regard 9, Espace Saint-Rémi à Bordeaux, 20 mai - 5 juin 2016.

Bibliographie

  • « Les sept familles de la bande dessinée : Cornélius, l'épicurien », dans Jade no 20, février 2000.
  • Les éditeurs de bande dessinée, entretiens avec Thierry Bellefroid, ed. Niffle 2005 (ISBN 2873930551).
  • Cornélius ou l'art de la mouscaille et du pinaillage, catalogue d'exposition, Cornélius et ville de Lorient, 2007 (ISBN 9782915492385).
  • Jean-Louis Gauthey (int. Bruno Canard), « Entretien avec Cornélius », dans L'Indispensable no 1, juin 1998, p. 50-53.

Notes et références

  1. « Un coup de pouce pour Cornélius », mouv',‎ (lire en ligne)
  2. cf. Thierry Bellefroid, Les éditeurs de bande dessinée
  3. « Fabrique Pola », sur www.pola.fr (consulté le 16 novembre 2015)
  4. « Franky et Nicole, une double revue signée Cornélius et Les Requins Marteaux | BoDoï, explorateur de bandes dessinées - Infos BD, comics, mangas », sur www.bodoi.info (consulté le 16 novembre 2015).
  5. « RFI - Bande dessinée - Palmarès du Festival d’Angoulême 2007 », sur www1.rfi.fr (consulté le 27 mars 2017)
  6. « Prix Asie de la Critique ACBD », sur ACBD (consulté le 27 octobre 2015)
  7. Frédéric Potet (Angoulême, envoyé spécial), « Angoulême : le Grand Prix attribué à Bill Watterson, le père de « Calvin et Hobbes » », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  8. « Palmarès 2017 du Festival d'Angoulême », sur bdangouleme.com (consulté le 3 février 2017).
  9. « Le Regard 9 de Cornélius », Franceinfo,‎ (lire en ligne)

Liens externes