Confinement (mesure sanitaire)

Rues désertes à Almería, pendant le confinement de 2020 en Espagne.

Le confinement est une stratégie de réduction des risques sanitaires qui oblige, sous peine de sanctions économiques ou pénales, une population à rester dans son logement ou dans un lieu spécifique. Le confinement sanitaire est parfois utilisé en cas d'épidémie de maladie infectieuse (notamment les maladies infectieuses émergentes) pour limiter les contacts entre personnes et donc la propagation d'une contagion.

Lors de la pandémie de Covid-19 de 2020, le terme est massivement employé pour désigner l'ensemble des mesures d'hygiène et de distanciation physique, dites « barrières », présentées comme des mesures distinctes du concept de confinement, définies au niveau international, national et local dans les différents territoires concernés par la crise sanitaire.

À la fin de la période du confinement s'ouvre celle du déconfinement.

Usage du mot

Avant la crise sanitaire de 2019-2020, le terme de « distanciation physique » est privilégié dans les études en langue française dédiées aux mesures de prévention d'une pandémie de maladie infectieuse concernant des populations entières[1],[2],[3]. Le terme de confinement est alors réservé à des mesures qui touchent individuellement les personnes ou des groupes réduits, par exemple en cas d’accident chimique ou nucléaire, y compris dans les textes rédigés par l'Organisation mondiale de la santé[4].

Les termes génériques employés en anglais pour définir les mesures concernant des populations entières sont « stay-at-home order[5]» et « lockdown[6]», ce dernier a un sens plus large et peut désigner un bouclage de quartier, ou la fermeture d'un l'espace aérien, comme celui qui a eu lieu suite aux attaques du 11 septembre 2001. On l'emploie parfois dans l'aire francophone pour désigner le blocage ou la fermeture complète d'une ville ou d'un quartier ; il est alors surtout employé pour nommer des mesures faisant suite à des attentats terroristes, comme au moment du « Lockdown de Bruxelles » de novembre 2015[7]. C'est la raison pour laquelle, le gouvernement belge n'emploie, dans un premier temps, ni le mot « confinement » ni le mot « lockdown » pour désigner les mesures entreprises au début de la crise sanitaire de 2020[8].

Objectif

Aplanir la courbe pour ne pas atteindre les limites de prise en charge hospitalière.

L'objectif majeur poursuivi par une mesure de confinement est de préserver la capacité de prise en charge des patients par les hôpitaux en diminuant la vitesse de propagation d'un agent pathogène au sein de la population. Ces mesures permettent ainsi d’aplanir la courbe exponentielle observée au début d'une épidémie pour maintenir son évolution à un niveau absorbable par les services de santé en général et les unités de soins intensifs en particulier[9],[10].

Mesures

Les autorités et les responsables de la santé publique peuvent adopter trois stratégies de confinement[11],[12] :

  • l'isolement, qui consiste en la séparation des personnes infectées ou malades de la population générale : isolement des particuliers à domicile, appelé aussi auto-confinement ; isolement collectif qui consiste en une mise à l'écart de plusieurs individus (comme dans les léproseries médiévales, les lazarets, ou dans des centres de confinement[13]) ;
  • la quarantaine individuelle ou collective, qui est la mise à l'écart pendant une période déterminée – réputée supérieure à la durée d'incubation – de personnes en cas de suspicion de maladie (parfois le terme est employé pour désigner le confinement de personnes potentiellement contaminantes) ;
  • des mesures de distanciation physique, ce qui recouvre des restrictions supplémentaires de liberté de circulation (instauration de cordons sanitaires, de couvre-feux) et des restrictions de rassemblement. Elles peuvent conduire au confinement d'individus ou de groupes en bonne santé (auto-confinement de la population) qui ont été potentiellement exposés à un agent en cas de flambée épidémique[14] (confinement local, autour des foyers d'infection, ou confinement général ; confinement partiel ou confinement total[15]).

Effets

Au-delà des effets sanitaires recherchés, le confinement peut avoir des effets secondaires bénéfiques ou indésirés sur les comportements ou le mode de vie.

Par exemple, dans des pays de l'Union européenne, un confinement peut réduire le trafic routier et les accidents causés par ce dernier, et il peut également mener à une augmentation des vitesses pratiquées et du nombre d'excès de vitesse[16].

Ainsi, en avril 2020, la mortalité routière a baissé de 36 % dans l'Union européenne dont une baisse de 84 % en Italie comparé à avril 2019. En Belgique, Espagne, France et Grèce, la baisse de mortalité routière a été supérieure à 59 %[16].

Alors que la diminution du trafic conduit plutôt à une réduction de la mortalité routière, certaines preuves montrent qu'elle peut aussi mener à une hausse des vitesse pratiquée qui aggrave les conséquences des accidents augmentant le risque mortel[16].

Des augmentations de vitesse ont notamment été observées au Danemark, en France, en Estonie, en Espagne et au Royaume-Uni[17].

Bibliographie

Fictions

Littérature

Notes et références

  1. David Z. Roth et Bonnie Henry, « La distanciation sociale comme mesure de prévention de la grippe pandémique », National Collaborating Centre for Infectious Diseases, juillet 2011, lire en ligne.
  2. Jean-Claude Ameisen, « La lutte contre la pandémie grippale : un levier contre l'exclusion », Esprit, n° 7, juillet 2007, p. 78-95, lire en ligne.
  3. I.Bonmarin, D.Levy-Bruhl, « Apport des modélisations des épidémies dans la décision de santé publique : exemple de la pandémie grippale », Médecine et Maladies Infectieuses, vol. 37, supplément 3, décembre 2007, p. S204-S209, lire en ligne.
  4. « Considérations relatives au placement en quarantaine de personnes dans le cadre de l’endiguement de la maladie à coronavirus 2019 (COVID-19) : orientations provisoires », Organisation mondiale de la santé, 29 février 2020, lire en ligne
  5. Adam Kleczkowski et Savi Maharaj, « Stay at home, wash your hands: epidemic dynamics with awareness of infection », Proceedings of the 2010 Summer Computer Simulation Conference, juillet 2010, p. 141–146, lire en ligne.
  6. Yuzhen Zhang, Bin Jiang, Jiamin Yuan et Yanyun Tao, « The impact of social distancing and epicenter lockdown on the COVID-19 epidemic in mainland China: A data-driven SEIQR model study », COVID-19 SARS-CoV-2 preprints from medRxiv and bioRxiv, mars 2020, lire en ligne
  7. Quentin Jardon, Sandrine Puissant Baeyens et Lara van Dievoet, « Couvrir une actualité de crise terroriste : un dispositif web first ? les cas du Brussels Lockdown et des attentats de Bruxelles », Communication, technologie et développement, n°4, septembre 2017, p. 39-48, lire en ligne.
  8. Bernard Demonty, Coronavirus: pourquoi Sophie Wilmès a évité les termes « lockdown » et « confinement », Le Soir, 18 mars 2020, consulté le 25 mars 2020.
  9. Hugo Jalinière, “Aplatir la courbe” : l'enjeu des prochaines semaines face au coronavirus Covid-19., Sciences et avenir, 10 mars 2020, (Lire en ligne).
  10. Le Figaro, Coronavirus : quel est l'objectif du confinement ?, 27 mars 2020, (lire en ligne)
  11. (en) Richard Beebe, Jeffrey C Myers, Medical Emergencies, Maternal Health & Pediatrics, Cengage Learning, , p. 591-592
  12. (en) David Schlossberg, Clinical Infectious Disease, Cambridge University Press, , p. 1209-1210
  13. « Coronavirus: pour les sans-abri, 5000 places d'hôtel débloquées en plus », sur huffingtonpost.fr,
  14. « Une flambée épidémique est la brusque augmentation du nombre de cas d'une maladie normalement enregistrée dans une communauté, dans une zone géographique ou pendant une saison données. Une flambée peut se produire dans une zone restreinte ou s'étendre à plusieurs pays ». cf. « Flambées épidémiques », sur Organisation mondiale de la santé (consulté le 19 mars 2020)
  15. Dans le cadre d'un confinement total, les autorités décrètent le principe général d'interdiction de circulation (les personnes n'ont plus le droit de sortir de chez elles pour d'autres raisons que de faire leurs courses ou aller à la pharmacie) et du couvre-feu. cf. Sebastian Roché (propos recueillis par Carine Janin), « Coronavirus. Un confinement total du pays, ça changerait quoi ? », sur ouest-france.fr,
  16. a b et c https://etsc.eu/pin-report-lockdowns-resulted-in-an-unprecedented-36-drop-in-road-deaths-in-the-eu/
  17. sulted-in-an-unprecedented-36-drop-in-road-deaths-in-the-eu/

Voir aussi

Articles connexes