Commerce de proximité

Le commerce de proximité désigne les commerces pratiquant la vente au détail dans lesquels le consommateur se rend fréquemment, voire quotidiennement ; il inclut également des commerces implantés dans certaines rues ou quartiers commerçants des villes.

On parle par exemple de commerce de proximité concernant les boulangeries, épiceries, drogueries ou cordonneries.

C'est un commerce qui a fortement régressé avec l'avènement de la grande distribution (supermarchés et hypermarchés) et du e-commerce, mais qui, selon certains scénarios prospectifs, pourrait être amené à se renouveler et se (re)développer [1].

État des lieux et évolution en France

En France, les magasins dits « de proximité » (commerce alimentaire) vendant des produits principalement alimentaires de première nécessité, mais également d'autres produits qu'on peut trouver dans un supermarché sont ouverts toute la journée, avec des horaires allongés[2]. D'après l'INSEE, les commerces de proximité se composent de "commerces de quotidienneté, dans lesquels le consommateur se rend fréquemment, voire quotidiennement ".

État des lieux en France

En France, en 2008, il y avait près de 600 000 magasins[3] de proximité sur un total de 830 000, soit plus des deux tiers, ce qui représente donc un nombre important[4]. Selon l'Insee, dans le nord de la France, il faut moins de 4 minutes à des personnes habitant dans une commune rurale pour accéder à un commerce de proximité. Ces magasins sont donc situés à portée des consommateurs et leur font gagner du temps.

Déclin

Une étude du CREDOC montre que le commerce de proximité est en déclin en France depuis les années 1970. La multiplication des grandes surfaces en périphérie des villes est la principale responsable du dépérissement du commerce de proximité. On observe que la proportion de petits commerces en France diminue, et cela s'explique d'après l'INSEE par une diminution du nombre de petits commerces en milieu rural alors que le nombre total de commerces a augmenté.

Revitalisation

Cependant, les années 1990 ont été marquées par un ralentissement très net des fermetures. L'étude mentionne que les espaces en centre-ville revêtent un caractère agréable relevant de « l’achat coup de cœur », alors que les grandes surfaces de périphérie sont appréciées pour leur fonctionnalité en regroupant les courses[5]. L'INSEE dans une étude de 2010 soulignait l'augmentation du nombre de petits commerces dans les petites unités urbaines, où les salons de coiffure, fleuristes et papeterie sont globalement de plus en plus nombreux[6].

Par ailleurs, la France a vu fleurir plusieurs opérations de revitalisation des commerces de proximité, notamment en centre ville où les pouvoirs publics se sont saisis de la question. À Paris, en 2004, la Ville s'est engagée dans les opérations Vital'Quartier 1 et 2 pour le maintien et le développement des commerces de proximités, ou la spécialisation commerciale de certains quartiers[7].  Pour cela, la Semaes (société d'économie mixte de la Ville de Paris) rachète des locaux et les vends à des prix avantageux, afin d'attirer de nouveaux commerces de proximité. Cette politique a d'ailleurs été renouvelée via un nouveau contrat Paris'Commerces, visant les mêmes objectifs.

À l'échelle nationale, un portail internet gouvernemental "Cœur de ville" a été imaginé, pour coordonner l'action des acteurs de revitalisation des centre-villes.

Le 14 novembre 2017, le ministre de la Cohésion territoriale, Jacques Mézard, a annoncé un plan baptisé "Action cœur de ville" qui mobilisera plus de cinq milliards d'euros sur cinq ans, articulé autour de quatre grands axes : l'ingénierie, le logement, les commerces et les services[8].

Commerce de proximité et mobilité urbaine

Importance des déplacements urbains

La proximité géographique favorise les déplacements à pied ou à vélo : la clientèle intégralement piétonne ne constitue 5 à 20 % de la clientèle du centre-ville, et une part voisine du chiffre d’affaires.

Les flux motorisés liés aux achats particuliers représentent 50 % du trafic de marchandises en ville, de sorte que le commerce de proximité peut également favoriser l'émergence d'une nouvelle offre de service de livraison aux particuliers. C'est la raison pour laquelle les politiques de déplacements urbains accordent aujourd'hui un intérêt particulier au commerce de proximité[5] et aux mobilités douces.

Politiques de déplacements urbains en relation avec le commerce

Le développement du commerce en centre-ville limite ou évite l'étalement urbain jugé incompatible avec un développement rationnel des transports en commun, au profit d’un urbanisme moins générateur de dépendance automobile.

Certains plans de déplacements urbains proposent de renforcer les politiques d’urbanisme commercial et de les lier aux politiques de déplacements, soit en favorisant les commerces de proximité, soit en intégrant la question des déplacements dans les procédures d’attribution des autorisations d’urbanisme commercial. Le commerce de proximité présente l'avantage de réduire les déplacements automobiles tout en favorisant les déplacements « doux » (marche à pied, bicyclette, transports collectifs[5]).

Intérêt d'un point de vue environnemental

Une étude de l’INRETS a calculé « que le commerce de proximité, grâce à une répartition modale différente des déplacements de la clientèle, suscite trois fois moins d’atteinte à l’environnement, par kilogramme d’achats, que l’hypermarché[9] ». De plus, des initiatives pour la création de commerce électronique de proximité permet de consulter les produits chez soi au lieu de se déplacer.

Exemples

De nombreux magasins classiques existent dans les centres-villes ou en zone rurale. En France, depuis la fin des années 2000, certains groupes de grande distribution implantent des magasins alimentaires de proximité, tels les Carrefour City (enseigne Carrefour) ou U Express (enseigne U).

Depuis le milieu des années 2010, les villes multiplient les initiatives en faveur du commerce de proximité[10] et des solutions émergent afin d'aider les commerçants indépendants à se développer, notamment grâce au numérique (Tudigo[11], Petitscommerces[12], Boutic[13], OKeSHOP[14]... )

Notes et références

  1. Futuribles, Le renouveau du commerce de proximité, .
  2. http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5gfomSCbTlrvLg9XY64eQCBX4ZQYg
  3. Les grandes enseignes à proximité - data.gouv.fr, Le Reviewer
  4. Voir « Le commerce de proximité » Insee Première, no 1292, mai 2010.
  5. a, b et c Commerce et mobilité. L’activité commerciale face aux nouvelles politiques publiques de déplacements urbains, Isabelle Van de Walle, avec la collaboration de Léonor Rivoire, novembre 2005.
  6. « Le commerce de proximité - Insee Première - 1292 », sur www.insee.fr (consulté le 28 novembre 2017)
  7. « La revitalisation des commerces de proximité par la Ville de Paris », Apur,‎ (lire en ligne)
  8. « L'État sort l'artillerie lourde pour revitaliser les centres-villes français », Challenges, (lire en ligne)
  9. René-Paul Desse [2001], « Le nouveau commerce urbain », p. 55, en référence aux travaux de J.-M. Beauvais [1996], « Impact des formes de distribution sur l’emploi et sur les flux de transport », Transports urbains, no 91, p. 23-28.
  10. « Le blog positif sur le commerce de proximité ! », sur Petitscommerces.fr
  11. « Cette plateforme participative qui révolutionne les projets locaux », Challenges, (lire en ligne)
  12. « Nous aidons les commerçants à gagner des clients grâce au digital ! | Visibilité, Réseaux sociaux, e-commerce... Petitscommerces vous accompagne ! », Petitscommerces.fr, (lire en ligne)
  13. « Boutic FNCV - Vitrines de France : commerces, bons plans, actualités de votre centre ville », sur www.fncv.org (consulté le 18 décembre 2017)
  14. (en) OKeSHOP.iO, « OKeSHOP.iO – Le GPS des Bons Plans de ta ville, Promotions, coupons réduction », sur www.okeshop.io (consulté le 18 décembre 2017)

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

Bibliographie