Clitandre

Clitandre

Clitandre est la deuxième pièce de théâtre de Pierre Corneille, tragi-comédie écrite en 1630. La pièce est dédiée au duc de Longueville qui aida les débuts du jeune Corneille, petit-fils de son bailli de Longueville[1]. Corneille la modifiera à de très nombreuses reprises, notamment en 1660, à l'occasion des différentes rééditions afin de l'adapter au genre de la tragédie, davantage en phase avec l'évolution de son siècle qui tend vers un raffinement des mœurs[2].

La pièce n'est entrée au répertoire de la Comédie-Française qu'en 1996, dans une mise en scène de Muriel Mayette. L'immense complexité de l'intrigue justifie que la Comédie-Française ait mis autant de temps.

Avis sur la pièce

Pierre Corneille a écrit lui-même quelques remarques critiques sur son œuvre :

« Pour la constitution elle est si désordonnée que vous avez de la peine à deviner qui sont les premiers acteurs. Rosidor et Caliste sont ceux qui paraissent le plus par l'avantage de leur caractère et de leur amour mutuel ; mais leur action finit dès le premier acte avec leur péril, et ce qu'ils disent au troisième et cinquième ne fait que montrer leurs visages, attendant que les autres achèvent. (...) Clitandre autour de qui semble tourner le nœud de la pièce, puisque les premières actions vont à le faire coupable et les dernières à le justifier, n'en peut être qu'un héros bien ennuyeux qui n'est introduit que pour déclamer en prison, et ne parle pas même à cette maîtresse, dont les dédains servent de couleur à le faire passer pour criminel. Tout le cinquième acte languit. (...) Les monologues sont trop longs et trop fréquents en cette pièce ; c'était une beauté en ce temps-là. Les comédiens les souhaitaient et croyaient y paraître avec plus d'avantage[3]. »

Notes et références

  1. Arlette Lebigre, La duchesse de Longueville, Perrin 2004 p.59
  2. Cinna, de Pierre Corneille, folioplusclassique, dossier de Eve-marie Rollinat-Levasseur, pages 124-125
  3. Pierre Corneille, Examen de Clitandre (lire sur Gallica) dans Le théâtre de P. Corneille. Partie 1, éd. G. de Luynes, 1663.