Claude Cheysson

Claude Cheysson
Claude Cheysson en 1981.
Claude Cheysson en 1981.
Fonctions
Député européen

(4 ans, 11 mois et 23 jours)
Législature 3e
Commissaire européen
chargé de la politique méditerranéenne et des relations Nord-Sud

(3 ans, 11 mois et 30 jours)
Président Jacques Delors
Gouvernement Commission Delors I
Prédécesseur Lorenzo Natali
Successeur Abel Matutes
Ministre des Relations extérieures
9e ministre des Affaires étrangères de la Ve République

(3 ans, 6 mois et 15 jours)
Président François Mitterrand
Gouvernement Mauroy I, II et III
Fabius I
Prédécesseur Jean François-Poncet
Successeur Roland Dumas
Commissaire européen
chargé de la Politique de développement et de coopération, des Budgets et du Contrôle financier (Commission Ortoli)
chargé du développement (Commissions Jenkins et Thorn

(8 ans, 1 mois et 2 jours)
Président François-Xavier Ortoli
Roy Jenkins
Gaston Thorn
Gouvernement Commission Ortoli
Commission Jenkins
Commission Thorn
Prédécesseur Jean-François Deniau
Successeur Edgard Pisani
Biographie
Nom de naissance Claude Léon Philippe Paul Marie Cheysson[1]
Date de naissance
Lieu de naissance Paris, France
Date de décès (à 92 ans)
Lieu de décès Paris, France
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique Parti socialiste

Claude Cheysson est un haut fonctionnaire et homme politique français, né le à Paris et mort le dans la même ville[2].

Il a notamment été ministre des Relations extérieures de François Mitterrand et commissaire européen.

Jeunesse et formation

Claude Cheysson est le petit-fils d'Émile Cheysson[3] et, par sa mère, celui de Frantz Funck-Brentano[réf. nécessaire]. Après des études au collège Stanislas de Paris, il entre à l'École polytechnique[4],[1] en 1940 et en sort en 1942. Après la guerre, il intègre la promotion spéciale Croix de Lorraine à l'École nationale d'administration, de mars 1947 à décembre 1948[5],[6].

Seconde Guerre mondiale

Après sa sortie de l'École polytechnique, il est engagé volontaire le pour une durée de 5 ans au sein de l'Armée d'armistice, dans l’arme « cavalerie »[4]. Démobilisé en même temps que l'armée en , il s'évade de la France occupée, franchissant la frontière franco-espagnole le . Après une courte période de captivité en Espagne, il atteint Casablanca le et, le , rejoint le 12e régiment de chasseurs d'Afrique au sein de la 2e division blindée des Forces françaises libres. Il y sert comme officier de char[5],[7],[8].

Il embarque avec son régiment pour l'Angleterre en et débarque en France en . Il participe successivement à la fin de la campagne de Normandie, à la libération de Paris, aux combats des Vosges et à la campagne d'Alsace[9],.

Durant cette période, il est distingué par deux citations au corps d'armée et une citation à l'armée lui donnant ensuite droit au port de la croix de guerre 1939-1945.

Carrière

  • au  : envoyé en mission en Palestine en qualité d'observateur[9].
  • à  : chef du service de liaison auprès des autorités fédérales allemandes à Bonn (RFA)[11].
  • à  : conseiller à la présidence du gouvernement du Viêt Nam, en poste à Saïgon :
    • il est volontaire pour une période d'un mois auprès de l'armée française et participe aux opérations offensives au Nord Viêt Nam entre le et le , distingué par une citation à l'ordre de la division[9].
  • Mars à  : membre de la conférence de Genève sur l'Indochine.
  • à  : chef adjoint puis chef de cabinet de Pierre Mendès France, président du Conseil et ministre des Affaires étrangères.
  • Février à  : conseiller technique au cabinet d'Alain Savary, secrétaire d'État chargé des Affaires marocaines et tunisiennes. Il démissionne en même temps que le secrétaire d'État à la suite de l'arrestation de Ben Bella.
  • à  : secrétaire général de la commission de coopération technique en Afrique, Lagos, Nairobi.
  • à  : directeur général de l'Organisme saharien, devenu l'Organisme de coopération industrielle en 1966, en poste à Alger.
  • à  : ambassadeur plénipotentiaire en Indonésie[12].
  • Janvier 1970 à mai 1973 : président du directoire de l'Entreprise minière et chimique[13] et président-directeur général de la Compagnie des potasses du Congo.
  • au  : commissaire européen chargé des relations avec les pays en voie de développement.
  • 1981 à 1984 : ministre français des Relations extérieures dans 4 gouvernements successifs :
  • au  : commissaire européen chargé de la politique méditerranéenne et des relations Nord-Sud.
  • au  : député européen (liste Majorité de progrès pour l'Europe)[14].
  • 1987 à 1991 : président de l'institut Pierre-Mendès-France ;
  • 1989 à 1993 : président de la fondation Arche de la fraternité (Fondation internationale des droits de l'Homme).

Il meurt le à l'âge de 92 ans[15].

Bibliographie

  • Claude Cheysson a collaboré au livre Irak, la faute, d'Alain Michel et Fabien Voyer - Éditions du Cerf, 1999.

Décorations et distinctions

Divers

Il fait renommer le « ministère des Affaires étrangères » en « ministère des Relations extérieures », déclarant : « Il n'y a pas d'affaires étrangères, la politique extérieure fait intégralement partie de la politique nationale »[17]. Ce changement terminologique sera supprimé après son départ du ministère.

Selon Annie Laurent et Antoine Basbous, il donne ordre à l'ambassadeur Francis Gutmann d'informer les milices chiites d'Amal que leur caserne allait être bombardée par l'armée française en représailles contre l'attentat du Drakkar (1983), faisant en sorte qu'aucun milicien islamiste ne soit tué[18].

Contrairement à ses prédécesseurs et successeurs, Claude Cheysson était très libre dans ses propos, ce qui provoquait des polémiques ; ainsi, quand un communiqué du Quai d'Orsay avait « provoqué une polémique » selon la presse, François Mitterrand, président de la République répondit au journaliste qui l'interviewait : « vous voulez dire que le ministre a fait une déclaration... », signifiant par là que les gaffes du ministre ne l'impressionnaient plus.

Notes et références

  1. a et b Fiche matricule à l'École polytechnique [lire en ligne]
  2. « Claude Cheysson : "Un diplomate hors norme" » sur Le Nouvel Observateur, 16 octobre 2012.
  3. (en) « Claude Cheysson », The Telegraph,‎ (lire en ligne)
  4. a et b De la promotion X1940, cf. « Fiche de Claude Cheysson », sur le site de l’association des anciens élèves et diplômés de l'École polytechnique (l’AX), Paris (consulté le 30 juillet 2017).
  5. a, b, c, d et e Notice du Who's Who in France, 43e édition, 2012
  6. Comité d'histoire de l'ENA, Cahiers pour une histoire de l'ENA : Croix de Lorraine - Février 1947 - Décembre 1948, vol. 3, La documentation Française,
  7. « Les évadés de France », sur Des Polytechniciens dans la Résistance (consulté le 16 octobre 2012).
  8. Alain Eymard, Album mémorial 2e DB, Heimdal, .
  9. a, b, c et d États des services de Claude Cheysson, transmis et certifié exact par le Centre des archives du personnel militaire le .
  10. « Transcription d'un entretien avec Claude Cheysson », sur Archives de l'European University Institute (consulté le 16 octobre 2012).
  11. Décret du portant nomination d'un ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République française en Indonésie, publié dans le Journal officiel de la République française 17 juin 1966, page 4869.
  12. Décret du 30 janvier 1970 portant nomination du président et d'un membre du directoire de l'Entreprise minière et chimique, publié dans le Journal officiel de la République française 3 février 1970, page 1319.
  13. « Claude Cheysson », sur Archives du Parlement européen (consulté le 16 octobre 2012).
  14. L'ancien ministre socialiste, Claude Cheysson, est décédé, Le Figaro, 16 octobre 2012.
  15. Décret du 31 décembre 1984, publié dans le Journal officiel de la République Française 1er janvier 1985, page 11.
  16. « Changement d'homme, de nom et de principes », L'Unité, no 425,‎ (lire en ligne)
  17. Annie Laurent et Antoine Basbous, Guerres secrètes au Liban, Gallimard, p. 298 à 301.