Claude (empereur romain)

Claude
Empereur romain
image illustrative de l’article Claude (empereur romain)
Buste de Claude en Jupiter. Marbre, œuvre romaine, vers 50.
Règne
- (~14 ans)
Période Julio-Claudiens
Précédé par Caligula
Suivi de Néron
Biographie
Nom de naissance Tiberius Claudius Drusus
Naissance - Lugdunum
Décès (63 ans) - Rome
Inhumation Mausolée d'Auguste
Père Nero Claudius Drusus
Mère Antonia la Jeune
Épouse (1) Plautia Urgulanilla (9 - 24)
(2) Ælia Pætina (28 - 31)
(3) Messaline (38 - 48)
(4) Agrippine la Jeune (49 - 54)
Descendance (1) Claudius Drusus (de Plautia)
(2) Claudia Antonia (de Ælia)
(3) Claudia Octavia (de Messaline.)
(4) Britannicus (de Messaline)
Adoption Néron Vexilloid of the Roman Empire.svg
Empereur romain

Claude (1er août 10 av. J.-C. - ) est le quatrième empereur romain, qui régna de 41 à 54 apr. J.-C.

Né à Lugdunum (Lyon) en Gaule en 10 av. J.-C., fils de Drusus et d'Antonia la Jeune (elle-même fille de Marc Antoine et d'Octavie), il est le premier empereur né hors d'Italie. Enfant méprisé en raison de ses déficiences physiques, il est le mal aimé de la famille impériale. Adulte à l’élocution et à la démarche mal assurées, il est tenu à l’écart de toute activité publique. Seul représentant adulte de la dynastie julio-claudienne lors de l’assassinat de Caligula en 41, il est proclamé empereur par les prétoriens, qu’il comble en retour d’une prime considérable (un donativum), inaugurant ainsi une dépendance dangereuse.

Dépourvu d'expérience politique mais cultivé, Claude se montre un administrateur capable. Il s'intéresse personnellement aux affaires publiques, travaille avec le Sénat sur les lois et préside les procès. Son administration de l’Empire est novatrice : il renforce la centralisation créant des bureaux dirigés par ses affranchis. Il agrandit l'Empire en annexant de nouvelles provinces, la Lycie, la Maurétanie, le Norique et la Thrace. En 43, il entame la conquête de la « Bretagne », ce qui lui vaut, ainsi qu'à son fils, le surnom de Britannicus.

Ouvert à la promotion des provinciaux, il étend la citoyenneté romaine à de nombreuses cités dans les provinces, notamment en Gaule où il était né. Sensible aux demandes des notables gaulois, il obtint en 48 du Sénat que ceux-ci pussent accéder aux magistratures publiques de Rome et donc au Sénat romain. Censeur, il renouvelle les effectifs du Sénat, éliminant ceux qui ne remplissent plus les conditions de fortune pour y siéger, ce qui lui aliène la noblesse en place.

Sa vie personnelle fut peu heureuse : Messaline, sa troisième épouse, lui donna deux enfants, Octavie et Britannicus, mais son inconduite poussa Claude à la faire exécuter. En quatrièmes noces, il épousa sa nièce Agrippine la Jeune, qui lui fit adopter Néron. Il mourut en 54 empoisonné à l'instigation d'Agrippine, selon l'avis de la plupart des historiens. Néron lui succéda.

Les faiblesses physiques de Claude, l’influence prêtée à ses femmes et à ses affranchis le firent mépriser par les auteurs antiques, point du vue repris par les auteurs modernes. Toutefois, les historiens les plus récents nuancent ces jugements négatifs.

Claude (empereur romain)

Sommaire

Sources historiques et historiographie

Buste de Sénèque, double hermès du IIIe siècle, d'après un original du Ier siècle, Collection antique de Berlin .

Les sources antiques présentent Claude de façon négative, au mieux considéré comme un imbécile marqué de tares physiques et jouet de ses épouses et de ses affranchis[A 1], au pire présenté comme un tyran indigne aussi cruel que son prédécesseur Caligula[1].

Sénèque, familier de la famille de Germanicus, le frère de Claude, et de la cour impériale, fut exilé par Claude en Corse en 41, à l'instigation de Messaline[A 2], et n'en revint qu'en 49, grâce à Agrippine. Contemporain de Claude mais hostile[A 3], il exprima son ressentiment après les funérailles de Claude dans un pamphlet l'Apocoloquintose, catalogue caricatural des tares et des déficiences physiques du défunt. D'autres détails sur le physique de Claude, et aussi sur ses travaux et sa politique à l'égard des médecins figurent dans l'Histoire naturelle de Pline l'Ancien, qui appartient à la génération suivante[2].

Les historiens du second siècle, Tacite, Suétone et Dion Cassius, sont les sources les plus abondantes, qui ont contribué à la vision négative de Claude[3]. Les Annales de Tacite, son dernier ouvrage probablement composé sous Trajan, suivent l'ordre chronologique année par année et couvrent de la mort d'Auguste à celle de Néron, avec une importante lacune entre les années 38 à 47, les livres VII à X et le début du livre XI, textes qui ne sont pas parvenus à l'époque moderne, et qui correspondent au règne de Caligula et à la première moitié du règne de Claude. Suétone est un biographe, qui regroupe les événements sans préoccupation de la chronologie et étudie la personnalité de chaque empereur dans la Vie des douze Césars. Sa Vie de Claude, combinant points positifs et négatifs, le situe un peu à part, entre les mauvais empereurs Tibère, Galba et Domitien et les bons princes avec quelques défauts, tels Jules César et Vespasien[4]. Mais Suétone, et Tacite encore plus, considéraient que Claude était indigne de régner[5]. Enfin Dion Cassius consacre au règne de Claude le soixantième livre de son Histoire romaine, ce qui compense la lacune des Annales de Tacite. Mais, après l’année 47, cette histoire n’est parvenue à l’époque moderne que par des extraits transcrits par l’intermédiaire d’abréviateurs byzantins, et peut donc être lacunaire[6].

Le portrait négatif de Claude dépeint par les auteurs antiques est intégré littéralement par les premiers auteurs modernes comme Edward Gibbon dans leur présentation de la « décadence romaine ». La réhabilitation commence en 1932 avec les travaux d'Arnaldo Momigliano qui met en évidence le soin et l'équité apportés par Claude à l'administration de l'Empire[7]. L'historiographie d'aujourd'hui établit que ces sources jugent les empereurs essentiellement en fonction de leurs relations avec le sénat. Ainsi, le caractère populaire, voire démagogique, d'une grande partie des décisions de Claude et sa défiance envers l'institution suite à de nombreux complots expliquent l'insistance et le parti-pris de nombre d'auteurs[8]. Ce portrait négatif s'inscrit plus largement dans le rejet par la majorité des élites intellectuelles de la nouvelle forme de gouvernement mise en place par Auguste, qui avait, lui, conservé les formes républicaines, et constamment renforcées par ses successeurs qui s'éloignent progressivement du prince collaborant étroitement avec le sénat[9].

L’année 1990, 2000e anniversaire de la naissance de Claude, voit la tenue de deux importants colloques universitaires, en Allemagne en 1991[10] et en France en 1992[11], dont les travaux complètent et corrigent le portrait de cet empereur autrefois marqué d’une réputation d’incapable[12].

Origines et débuts marginalisés

Ascendance

Autel de la Paix, détail de la frise montrant probablement Antonia la Jeune, Drusus et leur fils Germanicus.

Claude appartient par son grand-père Tiberius Claudius Nero à l’illustre gens patricienne des Claudii . Ce dernier a épousé Livie[13], et eut deux garçons Tibère et Drusus l’ancien[13]. L’empereur Auguste obligea Livie, enceinte de Drusus, à divorcer et l’épousa. Ils n'eurent aucun enfant[13], malgré la rumeur selon laquelle Drusus aurait été le fils illégitime d'Auguste[A 4]. Plus tard, Auguste renforça ses liens avec les Claudii en mariant Drusus à sa nièce Antonia la Jeune, fille de Marc Antoine et d'Octavie la Jeune. Drusus et Antonia eurent comme enfants Germanicus, Livilla et Claude, et peut-être deux autres enfants morts très jeunes.

Claude est donc de la troisième génération de la famille impériale julio-claudienne, selon des alliances compliquées entre les deux familles.

Enfance

Tandis que son mari Drusus dirige les armées romaines au-delà du Rhin, Antonia met au monde Claude le , à Lugdunum (Lyon), où Auguste a établi ses quartiers[14]. Il prend le nom de Tiberius Claudius Nero[15].

En 9 av. J.-C., son père Drusus meurt lors de ses campagnes en Germanie, la jambe brisée après une chute de cheval. Lors de ses funérailles publiques, le Sénat lui décerne à titre posthume le surnom de Germanicus, vainqueur des Germains, transmissible à ses fils[16]. Claude, âgé alors d'un an, est élevé par sa mère Antonia qui se retire à la campagne et reste veuve. Elle qualifiait cet enfant maladif d'avorton et voyait en lui un étalon de stupidité[17]. Il semble qu'elle ait fini par le confier à sa grand-mère Livie[A 5]. Livie ne se montrait pas moins dure, elle lui envoyait souvent des lettres de reproches courtes et sèches[A 6]. Il est mal considéré par sa famille, d'autant plus que son frère Germanicus a toutes les qualités qu'il n'a pas[A 7]. Seul Auguste le tient en estime[18]. Il est confié à la surveillance d'un « responsable de bêtes de somme », chargé de le châtier sévèrement au moindre prétexte[A 8]. Ce Barbare, même s'il n'était pas le seul à utiliser les châtiments corporels dans le cadre de l'éducation, était plus sévère que les autres[19].

Problèmes de santé, pathologies envisagées

Le rejet familial est causé par la faiblesse du jeune Claude. Dès le début de sa biographie, Suétone indique que Claude subit diverses maladies persistant durant toute son enfance et sa jeunesse. Sénèque met en scène la déesse Fièvre qui vécut tant d'années avec lui[A 9]. Dion Cassius évoque un Claude élevé dans la maladie dès l’enfance, affecté par un tremblement de la tête et des mains[A 10]. Les deux premiers auteurs fournissent l’essentiel des détails physiques connus : Pour Suétone, Claude avait les genoux faibles, le faisant tituber, sa tête chancelait perpétuellement. Il avait un rire désagréable. Lorsqu'il était emporté par la colère, il bégayait, sa bouche écumait et ses narines coulaient, son visage apparaissait hideusement déformé[A 11]. Dans l’Apocoloquintose, Sénèque, qui l’a côtoyé, confirme ou précise plusieurs symptômes : Claude « remue la tête sans arrêt; il traîne le pied droit … répond avec des sons brouillés et une voix indistincte »[A 12]. Sénèque fait aussi allusion à une possible surdité[A 13] et évoque une main flasque[A 9].

Suétone et Dion Cassius l'ont dit aussi apathique, lent d'esprit et s'embrouillant facilement[A 14],[A 15].

Néanmoins, Claude ne semblait cependant souffrir d'aucune infirmité dans ses moments de calme[A 11]. Régis Martin synthétise en constatant un caractère serein au repos, pouvant alterner avec une série de tics lors des mouvements et sous le coup d'émotion[20]. On constate alors une faiblesse des jambes pouvant entrainer la claudication, des hochements de tête incontrôlés, des troubles de l’élocution, avec parfois des écoulements du nez et de la bouche, une tendance à la surdité. En revanche, les accusations de débilité d’esprit ne peuvent être prise en compte, face aux qualités intellectuelles de Claude attestées par sa culture[21].

Divers diagnostics sur ces déficiences physiques observées dès l’enfance ont été envisagés. L’hypothèse d’une naissance prématurée, envisagée en 1916 par l’américain Thomas de Coursey-Ruth, déduite des qualifications de la mère de Claude (avorton simplement ébauché) n’est pas retenue[22]. Avant la Seconde Guerre mondiale, la poliomyélite (alors appelée « paralysie infantile ») en était souvent considérée comme la cause. C'est ainsi l’idée retenue par Robert Graves dans son roman Moi, Claude, publié en 1934. Selon George Burden et Ali Murad, un certain nombre de troubles observés chez Claude suggèrent qu'il était atteint de la maladie de Gilles de La Tourette[23],[24]. Cependant la poliomyélite ou la maladie de la Tourette n'expliquent pas tous les symptômes précédemment décrits, et les théories récentes mettent plutôt en cause une infirmité motrice cérébrale, comme l'a décrit Ernestine Leon[25], accompagnée de spasmes[26]. Le docteur Mirko Grmek signale une pathologie neurologique qui recoupe l’ensemble des symptômes de Claude, la maladie de Little, qui apparaît chez les nourrissons victimes d’un accouchement difficile, accompagné d’une insuffisance de débit sanguin génératrice de lésions cérébrales plus ou moins étendues. Les répercussions peuvent être des troubles de la démarche, provoquant le croisement spastique des jambes « en ciseau », des troubles de l’élocution tels qu’une voix saccadée et des mouvements incontrôlés du visage et des membres supérieurs, tout en préservant une intelligence normale[27].

Quant à son tempérament, il en est fait tant de descriptions mutuellement incompatibles qu'il est difficile de se le figurer. Les historiens antiques donnent de Claude le portrait d'un homme ouvert, peu versé dans les choses de l'esprit, qui appréciait les plaisanteries grasses, riait sans retenue, et accueillait les membres de la plèbe à sa table[A 16],[A 17]. Il est le seul homme de l'histoire romaine auquel Suétone attribue un comportement amoureux relevant, en termes modernes, d'une stricte hétérosexualité[A 18],[28].

Adolescence

En 6, Germanicus et Claude président les jeux funéraires en l’honneur de leur père défunt. Pour prévenir les moqueries du public que pourraient provoquer la vue de ses tics, Claude assiste la tête dissimulé sous un capuchon [A 8],[29]. La prise de la toge virile entre quinze et dix-sept ans est un rite de passage pour un jeune Romain, qui marque sa sortie de l’enfance. En raison de l’état de santé de Claude, la famille organisa la cérémonie dans la clandestinité, en le faisant porter en litière au Capitole au milieu de la nuit, sans aucune solennité[A 8].

Claude s'appliqua à ses études, mais sans éveiller de considération chez sa mère Antonia ni sa grand-mère Livie[A 6]. En 7, on engagea Tite-Live pour lui inculquer l'histoire, assisté par Sulpicius Flavius et par le philosophe Athénodore. Claude étudia la rhétorique et rédigea dans une « apologie de Cicéron » la défense de son style contre les critiques d'Asinius Gallus[A 19]. Selon une missive envoyée à Livie, Auguste lui-même, surpris de la clarté avec laquelle Claude s'exprimait en privé, s’interrogeait sur ce qu’il pourra faire de cet idiot (« brutus ») inapte aux charges et aux offices publiques[A 20],[30].

Claude commença une histoire romaine, en deux livres, partant de la mort de César et couvrant les guerres civiles romaines et le second triumvirat. La relecture et les reproches que firent sa mère et sa grand-mère lui firent comprendre qu’il ne pouvait raconter cette période avec sincérité. Quand plus tard, Claude reprit la rédaction de l’histoire romaine, il partit donc de la période de paix après les guerres civiles[A 19],[31].

Le mariage du jeune Claude est arrangé par son entourage[32] : Ainsi, de la même façon que Germanicus a été marié à Agrippine l'Aînée, petite-fille d'Auguste, Claude est promis à Aemilia Lepida, arrière-petite-fille d’Auguste, alliances consanguines qui resserrent les lignées des Julii et des Claudii et renforcent leur prestige[13]. Mais ces fiançailles sont rompues après la conspiration de ses parents contre Auguste. Une seconde fiancée, Livia Medullina, descendante de l’illustre Camille, meurt de maladie le jour prévu pour le mariage[A 21]. Vers 9, Claude, alors âgé de 18 ans, est marié à Plautia Urgulanilla, fille de Plautius Silvanus, un favori de Livie. En 20, Plautia lui donne un fils Drusus, qui meurt à l'adolescence.

Âge adulte et oisiveté

Vie au sein de la Domus augusta

Les analyses historiques construisent deux visons opposées de Claude avant son avènement : suivant une lecture littéraliste de Suétone, Claude est très tôt jugé inapte au rôle d'empereur par Auguste et Tibère ; écarté durant des années de toute fonction publique, et longtemps isolé, il ne doit son accession à l’empire qu’à la mort de ses nombreux concurrents et aux espoirs tardifs qu'une partie du sénat et des forces prétoriennes mettent en lui[33].

Selon un point de vue plus favorable, on ne peut affirmer l'exclusion de Claude, privé de toute importance dynastique avant son avènement. Contrairement à l'impression laissée par Suétone, il apparaît dès le principat d'Auguste comme un membre à part entière de la Domus Augusta, la nébuleuse de filiations naturelles ou adoptives et d’alliances matrimoniales organisée autour de la parenté d’Auguste. Deux éléments sont pris en considération dans cette approche : l’inclusion de Claude dans les stratégies matrimoniales et sa présence dans la statuaire impériale officielle, qui constitue une source alternative aux écrits dépréciatifs de Suétone[34].

Place de Claude sous Auguste

En 4 ap. J.-C. après la mort de ses petits-fils, Auguste organise une nouvelle fois sa succession en resserrant les liens entre sa lignée, les Julii, et la famille des Claudii, issue de Livie : il adopte comme ses fils son dernier petit-fils Agrippa Postumus et son beau-fils Tibère, et l’oblige à adopter à son tour son neveu Germanicus, ce qui laisse Claude hors de la lignée successorale directe[35].

En 12, Germanicus reçoit le consulat et préside les Ludi Martiales. À l’occasion de cet événement, Auguste répond à Livie dans une lettre citée par Suétone sur l’attitude à adopter pour Claude, une fois pour toutes. Après en avoir discuté avec Tibère, il informe Livie et Antonia qu’il ne veut pas que Claude soit dans la loge impériale, car il attirerait les regards et les moqueries qui rejailliraient sur sa famille. Il admet toutefois qu'il participe à la préparation du repas des prêtres, à condition que son beau-frère Silvanus le guide et le surveille[A 20],[36]. Barbara Levick voit dans cette lettre la décision officielle d’exclure Claude de toute événement public, et donc de la succession impériale[37]. Selon Pierre Renucci, Claude peut faire quelques apparitions publiques, en étant encadré par des parents ou des amis, mais constate qu’il ne fera rien de plus[18]. Frédéric Hurlet est plus nuancé, et note qu’il est normal qu’Auguste se soucie de soigner les apparences, mais qu’il exprime dans cette lettre et d’autres plus bienveillantes son désir de former le jeune Claude en lui donnant des exemples à imiter[38].

Si les lettres d’Auguste transcrites par Suétone laissent entendre que l’empereur tient Claude à l’écart, l’affirmation officielle de son appartenance à la Domus Augusta est attesté par les groupes de statues représentant les membres de la dynastie impériale[39]. Le plus remarqué est le groupe qui ornait la porte de la ville de Pavie. Si l’arche, les statues et les dédicaces ont disparu, l’inscription d’une série de dédicaces a été maladroitement transcrite au XIe siècle et reconstituée par Theodor Mommsen [A 22]. Datées des années 7 et 8, elles nomment Auguste et Livie et toute leur descendance masculine à cette date : à droite d’Auguste quatre noms, Tibère, Germanicus et leurs fils respectifs Drusus le Jeune et Nero Cesar ; à gauche de Livie quatre autres noms, les princes décédés Caius et Lucius Cesar, avec Drusus César, second fils de Germanicus, et enfin Claude. Plusieurs spécialistes ont émis l’hypothèse de l’ajout postérieur du nom de Claude car sa présence contredit la marginalisation insinuée par Suétone, mais Frédéric Hurlet réfute cette possibilité car elle induirait d’impossibles irrégularités dans la disposition des dédicaces[40].

La succession d’Auguste

Auguste meurt en en 14. Son testament distribue sa fortune à Tibère et Livie au premier rang, puis à Drusus le Jeune, Germanicus et ses trois fils au second rang, et relègue Claude comme héritier de troisième rang, avec divers parents et amis[37], avec un legs particulier de 800 000 sesterces[A 23],[N 1]. Quoique ce testament n’ait qu’une valeur privée, il correspond au schéma de succession politique préparé par Auguste, en l’absence de toute règle officielle de transmission du pouvoir[41].

Quel que soit le dédain de la famille impériale souligné par Suétone, il semble avéré que Claude recueille en ces circonstances une certaine estime publique. Les chevaliers choisissent Claude pour conduire leur délégation et discuter les modalités de leur participation au cortège funèbre d’Auguste, tandis que les sénateurs l'ajoutent au collège des prêtres créé pour le culte d'Auguste, les Sodales Augustales [A 24], en compagnie de Tibère, Germanicus et Drusus le Jeune[A 25]. Frédéric Hurlet remarque que Claude est alors considéré comme un des héritiers spirituels d'Auguste, au même plan que ses trois parents[42]. Toutefois, les fonctions sacerdotales, seul rôle officiel accordé à Claude, ne sont que des dignités mineures octroyées à tout jeune aristocrate de haut rang[18].

Sous le règne de Tibère

Statue de Tibère, Musée du Louvre, 1er siècle.

Après la mort d'Auguste, Claude sollicite son oncle Tibère pour obtenir les mêmes honneurs que son frère Germanicus. Selon Levick, Tibère maintient l’exclusion convenue avec Auguste, et répond en n'accordant à Claude que les ornements consulaires [43]. Claude insiste, Tibère lui retourne un mot disant qu'il lui envoie quarante aurei pour les Sigillaires, fête où l'on offre des menus cadeaux aux enfants[A 26],[44]. Quand les sénateurs proposent que Claude participe à leurs débats, Tibère refuse encore[A 24].

En octobre 19, Germanicus décède soudainement en Orient. L’urne contenant ses cendres est rapportée en Italie pour organiser ses funérailles publiques, probablement en janvier 20. Le cortège funèbre est accueilli à Terracine, à 100 km de Rome, par Claude et son cousin Drusus le Jeune, accompagné des consuls, des sénateurs et de citoyens, tandis que ni Antonia la Jeune, mère du défunt, ni Tibère, son père adoptif, ne se déplacent[45],[44]. Parmi les monuments décrétés par le Sénat en l'honneur de Germanicus, on connait précisément la statuaire d'un arc à l'entrée du cirque Flaminius, grâce à l'inscription de la tabula Siarensis[A 27] : outre Germanicus sur un char y figurent ses parents, son frère Claude et sa sœur Livilla, et ses enfants, à l'exclusion de Tibère et de la descendance de ce dernier. Levick affirme que Claude est à une place humiliante, entre la sœur de Germanicus et ses enfants[46], jugement que Hurlet considère comme abusif dans la mesure où la disposition précise des statues est inconnue[47].

Par la suite, un procès est intenté contre Pison, accusé d'avoir empoisonné Germanicus. Jugé par le Sénat et sans espoir d’être acquitté, Pison se suicide[A 28]. Parmi diverses mesures, un sénateur propose des actions de grâce pour remercier Tibère, Livie, Drusus II, Antonia et Agrippine l'Ancienne d’avoir participé à la vengeance de Germanicus. Un autre sénateur l’interpelle sur l’oubli de Claude et fait ajouter son nom[44]. Tacite qui rapporte cette anecdote observe que la réputation et le respect semblaient promettre l’empire à tous, excepté à celui qui devait être prince (c’est-à-dire Claude)[A 29].

Germanicus laisse une veuve, Agrippine l’Aînée et six enfants, dont trois fils qui s’opposent comme héritiers présomptifs à Drusus le Jeune, fils de Tibère et époux de Livilla, sœur de Germanicus et de Claude. Les rivalités durant les années suivantes entre les deux branches familiales sont aggravées par les intrigues de l’ambitieux préfet du prétoire Séjan, ancien proche de Germanicus, homme de confiance de l’empereur et détesté par Drusus le Jeune. Séjan se rapproche de la Domus Augusta par la promesse en 20 d’un mariage entre sa fille et Drusus, fils de Claude[A 30],[48]. Le mariage n’a toutefois pas lieu, car Drusus meurt avant, étouffé par une poire qu’il jouait à rattraper au vol avec sa bouche[A 31],[49],[50].

En 23, le fils de Tibère Drusus le Jeune (Drusus II) meurt, empoisonné par Séjan avec la complicité de Livilla, forfait seulement révélé des années plus tard[51],[52]. Cette disparition ne laisse dans la ligne de succession que les deux fils en bas âge qu’il a eu de Livilla, et les trois fils de Germanicus, deux adolescents, Nero et Drusus III et Caius encore enfant. Tibère a entamé la promotion de Nero et de Drusus III, en leur faisant octroyer la questure cinq ans avant l’âge légal, et en mariant Nero à la fille du défunt Drusus II[53],[54]. Mais Claude est pour la première fois le seul parent adulte du vieux Tibère, ce qui ferait de lui un héritier potentiel. C’est probablement de ce moment que date la réflexion de sa sœur Livilla qui, ayant entendu dire qu’il serait un jour empereur, déplore publiquement qu’un tel malheur et qu’une telle honte soient réservés au peuple romain[A 6]. Selon Frédéric Hurlet, la rancœur de Livilla ne traduit pas l’incapacité de son frère comme le suggère Suétone, mais se comprend mieux par la crainte que Claude évince ses fils[48].

Vers 24, Claude répudie Plautia Urgulanilla, sous l’accusation de débauche et d’adultère, et lui renvoie sa fille, un bébé de quelques mois, considérée comme illégitime [55],[49]. Il se remarie peu après, la même année ou certainement avant 28 ou 30, avec Ælia Pætina, fille d’un ancien consul et liée à la famille de Séjan, dont il a une fille, Claudia Antonia[56]. Claude apparaît très rarement dans les années 23 à 30, comme neutralisé par cette alliance[56], tandis que Séjan et Livilla éliminent Agrippine l'Aînée et ses fils Nero et Drusus. Ils sont confondus en 31 : Séjan est exécuté, Livilla disparait et est frappée de damnatio memoriae[57]. Claude reprend ses distances en divorçant d’Ælia Pætina, devenu embarrassante par ses liens de parenté avec Séjan[55].

Loisirs décriés

Livré à lui-même, Claude est contraint à l’oisiveté, chose dépréciée par les Romains, pour des occupations que les auteurs vont décrire avec réprobation. Il s’adonne selon Suétone à l’ivrognerie et aux jeux[A 26],[58]. Amateur passionné de jeu de dés que Sénèque caricature en le figurant secouant un cornet troué[A 32], il écrit même un traité sur ce jeu[59].

Claude se passionne aussi pour les jeux de l’amphithéâtre. Suétone et Tacite le dépeignent alors comme un être cruel, assoiffé de sang, jouissant des spectacles des gladiateurs et des exécutions[A 33],[A 34].

Il fréquente les banquets avec une goinfrerie sans mesure, buvant et mangeant jusqu’à sombrer dans la torpeur[A 35],[A 36]. Aurelius Victor évoque un Claude « honteusement soumis à son ventre[A 37] ». Aux yeux des Romains, ces excès sont le signe d’une absence d’éducation, d’un défaut de maîtrise de soi et d’une soumission à ses sens, défauts caractéristiques d’un tyran[60]. Il éprouve parfois des douleurs stomacales si vives qu’il parle de se suicider[A 38]. Là encore, plusieurs interprétations médicales sont possibles : pancréatite chronique, liée à l’abus éthylique et très douloureuse, ulcère gastro-duodénal, dyspepsie stomacale[61]. Sénèque fait aussi dans son Apocoloquintose une allusion caricaturale aux flatulences et à la goutte affectant Claude[A 39], les flatulences pouvant coïncider avec une dyspepsie et la goutte, une hyperuricémie en terme moderne, être un mal vraisemblable vus ses excès alimentaires[62].

Travaux érudits

Claude fut durant toute sa vie un auteur prolifique. Selon l'historien Arnaldo Momigliano, c'est durant le règne de Tibère, correspondant au sommet de la production littéraire de Claude, qu'il devient mal vu politiquement de parler de la Rome républicaine[63]. Si Velleius Paterculus, qui ménage Octave et Tibère et flatte Séjan, est publié, Aulus Cremutius Cordus est condamné en 25, accusé d'avoir composé des Annales louant les assassins de César Brutus et Cassius[A 40]. Les jeunes historiens ont alors tendance à se tourner vers l'histoire impériale plus récente, ou vers des sujets antiques peu connus. Claude est à cette époque l'un des rares savants à s'intéresser à ces deux domaines. En plus de son Histoire du règne d'Auguste, écrite en quarante-et-un livres en latin[64], probablement un par année sur la période entre 27 av. J.-C. à 14 ap. J.-C.[65], dont la première version en deux livres lui avait causé des déboires[A 19], on compte parmi ses œuvres une Histoire des Tyrrhéniens (nom grec des Étrusques) en vingt volumes, une Histoire de Carthage en huit volumes, toutes deux en grec[66]. Ces Histoires, commencées sous l'égide de Tite-Live, sont probablement achevées avant la proclamation de Claude[65]. Arnaldo Momigliano, qui pourtant réhabilite le gouvernement de Claude, dédaigne ces œuvres historiques et les classe au rang de compilations pédantes d'auteurs antérieurs. Jacques Heurgon le contredit en 1954 en affirmant le sérieux de l'intérêt étruscologique de Claude. En effet, son mariage pendant quinze ans avec Plautia Urgulanilla, issue d'une puissante famille toscane, a du lui ouvrir l'accès à la culture étrusque[67]. On le constate lorsqu'il soutient devant le Sénat le maintien du collège des haruspices, car « il ne fallait pas laisser périr le plus ancien des arts cultivés en Italie[A 41] ».

Enfin, il rédigea son autobiographie en huit volumes que Suétone jugeait dénuées d'esprit[A 19]. Claude critique sévèrement ses prédécesseurs et les membres de sa famille dans les discours qui ont survécu[A 42].

Aucun de ces travaux n'a survécu, mais ils ont été utilisés comme sources par les premiers historiens de la dynastie julio-claudienne[réf. nécessaire]. Suétone énumère les ouvrages de Claude, mais ne semble puiser que dans son autobiographie pour rapporter la sévérité qu'il subit dans son enfance[68]. Tacite reprend les arguments de Claude concernant ses innovations orthographiques et se réfère à ses écrits pour certains passages de ses Annales consacrés aux périodes les plus anciennes[réf. nécessaire]. Claude est aussi la source de quelques passages de l’Histoire naturelle de Pline l'Ancien[69] sur la géographie et l'histoire naturelle[65].

Détail de la table claudienne de Lugdunum, séparation de certains mots par des points : .INQVA.SIQVIS.HOC.

Claude a proposé d'autre part une réforme de l'alphabet latin[64] en y ajoutant trois nouvelles lettres, dont deux étaient l'équivalent des lettres modernes : V consonne (le digamma inversum Ⅎ), que l’écriture latine ne distinguait pas de la voyelle U, et Y (le sonus medius) et la troisième servait à transcrire les sons PS et BS (l'antisigma). Il publia un écrit les proposant avant son avènement, et les institua de manière officielle durant son censorat[A 19], mais ses lettres ne survécurent pas à son règne[A 43]. Il tenta également de faire revivre la coutume ancienne de séparer les mots par des points, le latin ancien ne connaissant pas les espaces séparateurs[réf. nécessaire].

L'influence de la culture historique sur Claude est manifeste. Dans son discours sur les sénateurs gaulois, il reprend une version de la fondation de Rome identique à celle de Tite-Live, le maître de sa jeunesse. Il s'y livre à de longues digressions sur des sujets voisins, ce qui démontre une connaissance profonde de thèmes historiques variés qu'il ne pouvait faire autrement que partager. De nombreux travaux publics entrepris sous son règne s'inspirent de plans initialement tracés par Jules César, et Barbara Levick pense que cette émulation de César a envahi tous les aspects de sa politique[70]. Il semble avoir effectué son censorat en prenant pour modèle ceux de ses ancêtres, notamment Appius Claudius Cæcus et s'être servi de cette charge pour mettre en place des politiques fondées sur celles des temps républicains. C'est à cette époque que plusieurs de ses réformes religieuses prirent effet et que ses efforts de construction furent les plus considérables. Comme la plupart des Romains, il était par exemple persuadé que son ancêtre Cæcus avait profité de son censorat pour introduire la lettre R[71], si bien qu'il tenta durant son propre mandat de faire de même avec les lettres claudienne

La succession de Tibère

Tibère meurt le . Tacite affirme qu’il hésita sur le choix de son successeur, entre ses petits-fils adoptif et naturel, Caligula, un jeune homme inexpérimenté, et Tiberius Gemellus, encore enfant, et qu’il pensa même à Claude, d’âge plus mur et désireux du bien, mais dont la « faiblesse mentale » (« imminuta mens ») constituait un obstacle[A 44]. Son testament désigne comme cohéritiers Caligula et Gemellus, à égalité[A 45]. Caligula prend les devants avec l'aide du préfet du prétoire Macron, qui le fait acclamer avant d’être confirmé par le Sénat[72]. Peu après, il élimine Tiberius Gemellus en l’accusant d’une prétendue tentative d’empoisonnement[A 46].

Le testament de Tibère place Claude en héritier de troisième ligne, comme l’avait fait Auguste[43], avec tout de même un legs de deux millions de sesterces, et le recommande, lui et d’autres parents, aux armées, au Sénat et au peuple romain[A 47],[N 2].

Sénateur sous Caligula

Aussitôt proclamé empereur, Caligula multiplie les manifestations de piété filiale, célèbre des cérémonies funèbres en l’honneur de Tibère et de ses parents défunts Germanicus et Agrippine l'Aînée, accorde des titres à sa grand-mère Antonia la Jeune. Se nommant lui-même consul suffect, il prend son oncle Claude comme collègue durant deux mois[A 48],[A 49], du premier juillet au 31 août[73] ce qui le fait enfin entrer au Sénat[A 50]. Même si cette promotion est le plus grand honneur possible pour Claude, elle est tardive – il a 46 ans – et ne suffit pas à lui donner l'influence qu'il pouvait espérer[74]. De plus, il ne donne pas toute satisfaction dans ses fonctions, car Caligula l’accuse de négligence dans le suivi de l’installation de statues dédiées à ses défunts frères Nero et Drusus[75],[A 51]. Suétone rapporte l’attitude changeante de Caligula envers Claude : il le laisse présider quelques spectacles à sa place, occasion d’être acclamé comme « oncle de l’empereur » ou « frère de Germanicus »[76]. Mais lorsque Claude fait partie d’une délégation envoyée en Germanie par le Sénat pour féliciter l’empereur d’avoir échappé à un complot, Caligula s’indigne qu’on lui envoie son oncle comme à un enfant à régenter[A 52],[77].

En octobre 38, un incendie ravage le quartier des Aemiliana, qu'on situe dans la banlieue de Rome. D'après Suétone, Claude, réfugié pendant deux jours dans un bâtiment public, engage tous les moyens possibles pour combattre le feu, envoyant des soldats et ses propres esclaves, appelant les magistrats de la plèbe de tous les quartiers, et récompensant sur le champ l'aide des pompiers volontaires[A 53]. Après la destruction de sa demeure dans l'incendie, le Sénat vote sa reconstruction sur fonds publics[A 24],[78].

Claude est alors un homme mur, à la taille bien faite et élancée, dont les cheveux blancs ajoutent à la gentillesse naturelle de son visage, donnant, selon Suétone, grandeur et dignitas à son être entier[A 11]. Il épouse Messaline, une petite-nièce d’Auguste beaucoup plus jeune que lui qui lui donne aussitôt deux enfants, Octavie, et Britannicus[55]. En l’absence de sources antiques, on ignore tout de Messaline avant qu’elle soit impératrice, sauf son ascendance : par son père Marcus Valerius Messalla Barbatus  et par sa mère Domitia Lepida Minor, elle est une arrière-petite-fille d’Octavie la Jeune, qui est la sœur d’Auguste, et aussi la grand-mère de Claude[79]. En revanche, la date de naissance de la mariée[80], son âge, la date de cette union et surtout sa raison sont toutes conjecturales[81]. Les seuls points de repères chronologiques connus sont : 12 ans comme âge minimum légal de mariage d’une Romaine, et la mise au monde de Britannicus vingt jours après la proclamation de Claude selon Suétone, soit le 12 février 41[A 54]. Tous les historiens s’accordent pour situer le mariage sous Caligula, peu avant 41 selon Ronald Syme, peut-être lors du consulat de Claude en 37 pour C. Ehrhardt, ou encore en 38 ou au début de 39 pour Levick[82] pour placer la naissance d’Octavie un an ou deux avant celle de son frère, en 39 ou début 40[83].

Messaline, fortunée et d’une lignée prestigieuse, est un des meilleurs partis du moment, capable de renflouer Claude. Pour certains historiens, Caligula la neutralise en la mariant à Claude et évite ainsi de légitimer un autre aristocrate, capable d’être un prétendant potentiel[84]. Barbara Levick fait aussi remarquer que la famille de Messaline, et surtout sa tante Claudia Pulchra , ont fidèlement soutenu Agrippine l'Aînée sous Tibère, malgré les poursuites encourues. La prestigieuse alliance avec la famille impériale serait alors une sorte de récompense[85].

Selon Suétone, la promotion de Claude comme sénateur ne lui vaut pas plus de respect à la cour impériale : on le ridiculise lorsqu’il s’endort comme souvent à la fin des repas, en le bombardant de noyaux ou en le faisant réveiller sous le fouet des bouffons. Au Sénat, quoiqu’il soit règlementairement intégré au groupe des anciens consuls, on ne lui donne la parole qu’en dernier. Enfin, il est presque ruiné lorsqu’on lui impose son adhésion à un collège de prêtres, qui l’oblige à payer huit millions de sesterces[A 55]. Selon Dion Cassius ainsi que d'après un portrait conservé de lui, à la fin du règne de Caligula, Claude était malade et considérablement amaigri[A 56].

Plusieurs inscriptions honorifiques datées entre 37 et 41 montrent au contraire que Claude connait un certain prestige dans les provinces : sur une base de statue près du temple de Rome et d’Auguste de Pola en Illyrie[A 57], à Alexandrie de Troade en Asie, dédié par un chevalier devenu duumvir de cette colonie[A 58],[86]. Une autre inscription à Lugdunum près du temple municipal associe Caligula à une princesse impériale et à Claude, elle pourrait dater du séjour de Caligula en Gaule à la fin de l'été 39 ou plus vraisemblablement en 40[A 59],[87].

Les événements de janvier 41 et la prise du pouvoir

Peinture de la reconnaissance de Claudius comme empereur telle que décrite par Flavius Josèphe, Lawrence Alma-Tadema, 1871, Baltimore, Walters Art Museum.

Le meurtre de Caligula, motivé par la haine de romains aux idéaux républicains pour ses excès, arrivait dans une ambiance d'opposition forte entre le sénat et l'empereur. Toutefois, le sénat, s'il envisage un moment de proclamer un retour à la République, valide finalement le maintien du régime impérial, et le maintien de son représentant au sein de la maison d'Auguste[88].

L'opposition entre Caligula et le Sénat

Caligula est assassiné le . La narration du meurtre de Caligula par Flavius Josèphe est la plus détaillée[A 60], et est antérieure à celle de Suétone : Caligula quitte une représentation de théâtre, accompagné de Claude, de son beau-frère Marcus Vinicius et de Valerius Asiaticus, et d’une escorte de trois tribuns du prétoire, dont Cassius Chaerea et Cornelius Sabinus. Dans un passage menant au palais, Claude, Vinicius et Asiaticus quittent Caligula, donnant, volontairement ou non, l’opportunité pour Chaerea et Sabinus de frapper à mort Caligula[89],[90]. Sa femme Caesonia et sa fille Julia sont aussi tuées pendant l'opération[91]. Lorsque les Germains de la garde personnelle de Caligula apprennent sa mort, ils tuent au hasard trois sénateurs présents sur les lieux du meurtre[92]. Lorsque Claude apprend le meurtre de son neveu, il se cache derrière une tenture, ignorant si les meurtriers n'en ont pas après lui [93]. Un prétorien le découvre en voyant ses pieds dépasser et le reconnait[91]. Le soldat et ses compagnons mettent Claude en sécurité en le portant en litière jusqu'au camp de la garde prétorienne, laissant croire qu'il était mort[94]. Selon Renucci qui reprend la célèbre narration de Suétone[A 61], Claude échappe ainsi de peu à un destin funeste : il aurait pu être tué par les loyalistes le considérant comme comploteur ou par les officiers meurtriers qui souhaitaient éliminer toute la dynastie[91]. Castorio considère cette scène d’anthologie d’un Claude apeuré découvert par hasard et proclamé malgré lui empereur comme une caricature peu crédible : Caligula s’était fait trop d’ennemis pour que l’acte de Chaerea soit une initiative isolée[95]. Flavius Josèphe donne le nom d’un conjuré, Calliste, affranchi de Caligula, riche et influent, mais qui redoutait l’arbitraire de son maître et servait Claude secrètement[A 62]. Castorio estime que Calliste n’aurait pas pris le risque d’un complot sans avoir l’assurance de la protection de Claude en cas de succès[96]. Enfin, Castorio n’exclut pas que cet avènement de Claude, « par hasard », soit un récit forgé a posteriori, qui offre l’avantage d’exonérer Claude d’une participation au complot, quitte à passer pour couard et ridicule[97].

Le Sénat et Claude

Le sénat est immédiatement réuni par les consuls Cn. Sentius Saturninus et Q. Pomponius Secundus. Ne sachant plus sur qui compter, il se réfugie au Capitole[A 63],[98]. Il envoie deux messagers à Claude, simples tribuns du peuple et non sénateurs pour éviter de laisser des otages, pour le convaincre de venir s'expliquer devant l'assemblée. Claude à son tour évite de se déplacer, sachant qu'il pouvait aussi être fait prisonnier voire tué. Il demande aux messagers de transmettre ses bonnes intentions au sénat[99]. Il est conseillé par Agrippa Ier, qui après l'avoir convaincu de ne pas abandonner le pouvoir, va négocier personnellement avec l'assemblée et la convainc de ne pas prendre les armes. Il fait croire que Claude ne peut venir parce qu'il est retenu de force par les prétoriens[100].

Certains historiens, se fondant particulièrement sur Flavius Josèphe[A 64], estiment que Claude était alors guidé dans ses choix par le roi de Judée, Hérode Agrippa[A 65]. Cependant, une seconde version du même auteur, probablement fondée sur une Vie d'Agrippa, minimise son rôle dans les événements[A 66].

Le sénat qui a orchestré l'élimination de l'empereur n'a pas prévu de remplaçant. Plusieurs candidats à la succession se font connaître : Marcus Vinicius (beau-frère de Caligula), Decimus Valerius Asiaticus ou encore Annius Vinicianus (futur comploteur contre Claude). Aucun n'est retenu, et quelques hauts personnages tel Galba sont contactés. Quoi qu'il en soit, la garde prétorienne acclame Claude empereur dès le soir du 24 ou au début du 25. L'assemblée ne peut qu'avaliser. Claude promet un donativum de 15 000 sesterces selon Suétone[N 3] ou 5 000 drachmes selon Josèphe (soit 20 000 sesterces) à chaque prétorien[101]. Cette somme, dix fois supérieure à ce qu'avait consenti son prédécesseur, persuade les derniers partisans du sénat de se rallier à lui. L'assemblée tente une dernière manœuvre en envoyant Cassius Chaerea, un des officiers qui ont tué Caligula, mais il est reçu par des prétoriens hurlant au nouvel empereur et sortant les glaives. Claude répond via Agrippa qu'il n'avait pas souhaité le pouvoir, mais qu'il le conservait après avoir été nommé par les gardes. Il ajoute qu'il gouvernerait avec le sénat. Sa réputation d'idiot a probablement fait taire les derniers opposants en laissant présager un règne plus calme que le précédent[102].

En définitive, l'épisode tragique de l'assassinat de Caligula et de l’avènement de Claude renforce le principe impérial, en démontrant que même en vacance de cette autorité, le sénat ne parvient pas à rétablir la République. L'armée et le peuple a pris son parti définitivement pour le nouveau régime politique[103].

Règne

Statue de Claude en Jupiter, 37-54 ap. JC, Musées du Vatican.

Premières mesures

Dès son avènement, Claude s'emploie à rassurer, à restaurer sa réputation et à asseoir sa légitimité. Il annonce par édit que ses colères seront courtes et inoffensives, il réfute sa prétendue stupidité en affirmant qu'il feignait pour échapper aux menaces de Caligula[A 67].[88]

Claude décrète immédiatement une amnistie générale[A 68], seul Cassius Chaerea est exécuté, car on ne peut impunément assassiner un empereur. Son complice le tribun Cornelius Sabinus est amnistié, mais il se suicide par solidarité[104]. Claude fait détruire les poisons trouvés dans l'appartement de Caligula et brûler tous ses dossiers compromettants[A 69],[105], mais refuse que sa mémoire soit condamnée par une damnatio memoriae et que le jour de sa mort soit noté comme un jour de fête[106]. Il rappelle les exilés du règne précédent, dont ses nièces Agrippine la Jeune et Julia Livilla[107].

Dans le même temps, il récompense largement la garde prétorienne en lui offrant un donativum exceptionnel de 15000 sesterces chacun[93].

Buste de Claude en tenue militaire, issu de la cité de Bilbilis, Musée de Saragosse.

Claude n'a pas autant de légitimité que ses prédécesseurs, car il ne descend d'Auguste ni par le sang ni par l'adoption, il insiste donc dès sa proclamation sur son appartenance à la domus Augusta, la maison d'Auguste[108]. Il promet de gouverner en prenant exemple sur Auguste[A 68]. Il s'appelle maintenant Tiberius Claudius Caesar Augustus Germanicus[109] : il adopte le nom d'Auguste comme ses prédécesseurs au début de leur règne, il en est de même pour le cognomen de « César » qui devient à cette occasion un titre alors qu'il avait été transmis jusqu'à Caligula uniquement par héritage et adoption[109]. C'est probablement le sénat qui est à l'initiative de cette transformation[110]. En revanche, il refuse de prendre comme prénom le titre d'Imperator[A 68], trop connoté militairement (« commandant victorieux »)[111]. Il conserve le surnom honorifique de Germanicus, lien avec son défunt frère héroïque, et utilise fréquemment le terme de « fils de Drusus » (filius Drusi) dans ses titres pour rappeler son père exemplaire et s'approprier sa popularité. Il déifie sa grand-mère paternelle Livie, l'épouse du divin Auguste, et accorde à sa défunte mère Antonia la Jeune le titre d'Augusta[A 68],[106]. Enfin, il attend trente jours avant de venir accepter les honneurs et les titres dus à l'empereur, sauf celui de Père de la patrie qu'il prendra un an plus tard[112].

Quelques jours après l'avènement de son mari, le 12 février, Messaline met au monde un héritier impérial, que Claude nomme Tiberius Claudius Germanicus, le futur Britannicus[113]. La même année 41, le couple impérial complète les alliances familiales : Claude marie sa fille ainée Claudia Antonia à Pompée Magnus, illustre descendant de Pompée, fiance sa seconde fille Claudia Octavia, encore enfant, à Junius Silanus et leur fait décerner les premiers honneurs du vigintivirat[A 70].De son côté, Messaline accuse d’adultère Julia Livilla, sœur de Caligula, et son amant présumé Sénèque. Renvoyée en exil, Julia Livilla meurt ou est exécutée peu après[A 71],[107]. Les historiens modernes admettent que Messaline ait pu redouter l’importance de Julia Livilla, précédemment accusée de complot et exilée, et de surcroit épouse de Marcus Vinicius, envisagé par le Sénat comme successeur possible de Caligula[114].

Relations avec le Sénat

Collaboration

À l’inverse de Caligula, Claude sait comment ménager les sénateurs en leur témoignant les marques de courtoisie dues à leur rang. Ainsi, pendant les sessions régulières, l'empereur est assis parmi l’assemblée du Sénat, parlant lorsque vient son tour et se levant pour s’adresser à l’assemblée, quoique la station debout prolongée lui soit difficile. Lors de la présentation d’une loi, il est assis sur le banc réservé aux tribuns dans son rôle de porteur de la puissance tribunitienne (étant patricien, l'empereur ne peut pas officiellement être tribun de la plèbe mais ce pouvoir a été accordé aux empereurs précédents). Suétone, faute de l’épingler pour son manque de civilité, insinue qu’il en montre trop[A 72],[111].Néanmoins, Claude reste prudent et, après avoir sollicité l’accord du Sénat, se fait accompagner dans la curie d’une escorte de protection formée du préfet du prétoire et de tribuns militaires[A 73].

Claude réprimandait les sénateurs pour leur répugnance à débattre des projets de loi initiés par l’Empereur, comme le montre cet extrait de discours retrouvé sur un fragment de papyrus.

« Si vous acceptez ces propositions, Pères conscrits, dites le maintenant et simplement, conformément à vos convictions. Si vous ne les acceptez pas, trouvez des alternatives, mais faites aussi ici et maintenant ; ou si vous voulez prendre du temps pour la réflexion, prenez-le, pourvu que vous n'oubliiez pas que vous devez être prêts à prononcer votre avis chaque fois que vous pouvez être appelés pour vous réunir. Il conviendrait à la dignité du Sénat que le consul désigné devrait répéter les commentaires des consuls mot pour mot comme si c’était son avis et que chaque autre devrait simplement dire « j'approuve » et qu'alors, après la levée de séance, l'assemblée devrait annoncer « Nous avons débattu ». »

— Traduction du papyrus de Berlin par W.D. Hogarth, dans Momigliano (1934).

On ne sait pas si cette admonestation eut un effet quelconque.

Claude sévit aussi contre l’absentéisme au Sénat[115], au point que, selon Dion Cassius, plusieurs sénateurs sévèrement punis de leur absence se suicident[A 74], épisode dépourvu de précision dont on ne sait la part de réalité ou de médisance[116]. En 45, pour couper court aux absences, Claude retire au Sénat le droit de délivrer des congés, et se le fait attribuer exclusivement[A 75],[117].

Complots et épurations

Néanmoins, des menaces émanent rapidement d’une partie du Sénat. Exécutions et suicides de sénateurs vont se succéder, pour des complots ou des suspicions impériales, rapportés par Suétone, Dion Cassius et Tacite. Ceux-ci les expliquent par le caractère peureux de Claude, redoutant un assassinat et jouet des intrigues d’une Messaline perverse soutenue par ses affranchis. Ces historiens justifient les accusations formulées par Messaline par sa jalousie contre les rivales possibles, son avidité pour les biens de ses victimes ou sa volonté de domination sexuelle, parfois même les deux. L’attitude des historiens modernes varie du respect des grands auteurs antiques, où tout est vrai, à la circonspection qui tente de démêler le vrai du faux pour réinterpréter l’Histoire, jusqu’à l’hypercritique, qui nie toute certitude historique sur la présentation négative des intentions de Claude et de son entourage[118]. Parmi les théories interprétant les motivations impériales, Renucci considère que Tacite et les autres historiens ne doivent pas être lu au premier degré, mais sous-entendent beaucoup plus qu’ils n’expriment[119]. Pour lui, Claude n’hésite pas à éliminer ceux qu’il craint, quitte à tenter de les endormir dans un premier temps par divers honneurs et alliances pour les éliminer quand l’occasion se présente[120]. Levick partage cette vision : le couple impérial se concilie les rivaux potentiels, et attend qu’ils soient vulnérables pour les éliminer si le danger persiste[121].

Peu de temps après la proclamation de Claude, en 42, Suétone et Dion Cassius citent une première exécution de sénateur, celle d’Appius Silanus, légat en Espagne puis époux en seconde noce de Domitia Lepida, la mère de Messaline. Selon Dion Cassius, il aurait offensé Messaline en refusant d’être son amant. Suétone expose avec toutefois des réserves une machination rocambolesque : en exploitant la peur de Claude, Messaline puis l’affranchi Narcisse prétendent avoir rêvé de l’assassinat de Claude par Appius Silanus, et obtiennent sa mise à mort dès qu’il se présente au palais[A 76],[A 77],[122]. Des historiens modernes doutent de ce récit, trop conforme à l’image d’une Messaline criminelle et frustrée et d’un Claude peureux manipulé par son entourage. Pour Renucci, Claude n’est ni stupide ni innocent et c’est lui l’inspirateur d’une élimination préventive de Silanus, après l’avoir attiré à la cour impériale[123]. D’autres supposent un complot de Silanus, découvert à temps[93].

Peu après, Scribonianus, légat de Dalmatie, se révolte, incité par le sénateur Vinicianus , cité en 41 comme successeur possible de Caligula et craignant de le payer de sa vie. Mal préparée, peut-être improvisée à la suite de l’exécution d’Appius Silanus la tentative est un échec, les soldats refusent de suivre Scribonianus qui se suicide ou est tué[124]. Caecina Paetus, membre de la conspiration, est arrêté en Dalmatie et transféré à Rome. Son épouse Arria l’encourage au suicide en se poignardant elle-même[A 78]. Selon Dion Cassius, les mises en accusation se font au Sénat, en présence de Claude, et un grand nombre de conspirateurs, des sénateurs dont Vinicianus et des chevaliers, préfèrent le suicide à la délation et la torture orchestrées selon Dion Cassius par Messaline et Narcisse[A 79],[125]. Mais, contrairement aux poursuites menées sous Tibère, les enfants des conjurés sont épargnés[124]. Cette sédition avortée montre la fidélité de l’armée à Claude, confirmée durant tout son règne. Après cette alerte, il récompense du titre de Claudia Pia Fidelis les légions de Dalmatie qui ont refusé de marcher contre lui[A 79],[126].

Épurations dynastiques

Dion Cassius situe lors des années 46 et 47 une série d’éliminations dans la famille impériale, visant les gendres de Claude et l’entourage des sœurs de Caligula, Agrippine la Jeune et Julia Livilla. En 46, selon Dion Cassius, Messaline empoisonne Marcus Vinicius, ex beau-frère de Caligula, qui aurait refusé d’être son amant. Dion indique aussi qu’il était suspecté de vouloir venger la mort de son épouse Julia Livilla[A 80],[127]. Une tentative d’assassinat du fils d’Agrippine, le petit Domitius Ahenobarbus, futur Néron, aussi imputée à Messaline, est qualifiée de fable par Suétone[128].

En 46 ou en 47, le gendre de Claude, Pompée Magnus [A 81], est exécuté pour des motifs que ni Suétone ni Dion Cassius n’indiquent[A 21],[A 82] mais que les historiens modernes supposent être la volonté de Messaline et peut-être celle de Claude d’éliminer une possible concurrence de leur fils Britannicus. L’exécution en même temps du père de Pompée Crassus Frugi  et de sa mère, n’est évoquée que par Sénèque, qui en fait porter la responsabilité à Claude[126],[129]. Claudia Antonia est remariée au demi-frère de Messaline, Faustus Sylla, un gendre moins problématique[130].

Derniers complots

En 46 après J.-C., Asinius Gallus, petit-fils de l'orateur Asinius Pollio et frère utérin de Drusus II, et Statilius Corvinus, ancien consul, montent une révolution de palais avec des affranchis et des esclaves de Claude[A 83]. Asinius Gallus est seulement exilé[A 84]. Les sources antiques sont laconiques, le sort de Corvinus et celui des autres complices sont inconnus[131]. En 47, est mis en accusation Decimus Valerius Asiaticus, richissime sénateur origine de Vienne, très influent en Gaule, deux fois consul. L’accusation d’adultère masque d’autres motifs. Tacite accuse Messaline de convoiter ses jardins, motif conventionnel, puis expose de soupçons plus inquiétants : Asiaticus pourrait soulever les Gaules et l’armée de Germanie. De plus Asiaticus était présent lors du meurtre de Caligula et aurait été évoqué pour sa succession. Arrêté avant son supposé départ pour la Germanie, il comparait devant Claude, qui ne lui laisse que le choix de son mode de mort. Il s’ouvre donc les veines dans ses jardins[A 85]. Pour Renucci, Asiaticus pourrait être un des derniers à payer de sa vie son implication dans l’assassinat de Caligula[132]. Un an après, dans son discours sur l’admission des Gaulois, Claude le qualifie sans le nommer de “brigand” (latro) et de “prodige de palestre”[133]. Tacite indique que deux autres anciens consuls, Lusius Saturninus  et Cornelius Lupus  sont victimes du même délateur qu’Asiaticus[A 86], sans qu’on connaisse l’accusation et leur sort qui les frappent[134].

L’ampleur de cette succession de purges n’est pas précisément connue, mais selon Suétone et Sénèque, Claude durant son règne aurait poussé au suicide ou fait exécuter trente-cinq sénateurs et plus de trois cents chevaliers[A 87],[A 88]. Parmi ces victimes, dix-huit sont identifiés nommément, et seulement deux sont morts après 47. Renucci situe donc la plupart des éliminations comme une suite de la prise du pouvoir en 41, et suppose qu’une faction dure des opposants à Caligula n’a pas rallié son successeur[131].

Conclure par l’énumération de ces affaires à un règne de terreur est hasardeux, et leur décompte (dix-huit suicides individuels ou groupés provoqués sur treize ans) parait faible en regard des autres règnes (52 cas sous Tibère en 23 ans, 15 sous Caligula en 4 ans, 42 sous Néron en quatorze ans), sachant que cette comparaison doit être prise avec précaution car les indications des auteurs antiques sont lacunaires et sélectives[116].

Renouvellement du Sénat

En 47 et 48, Claude exerce la censure avec Lucius Vitellius. Cette fonction tombée en désuétude après Auguste lui permet de renouveler les effectifs du Sénat, de l’ordre sénatorial et de l’ordre équestre rassemblant les chevaliers, tout en respectant les apparences républicaines[A 53]. Il démet du Sénat de nombreux sénateurs qui ne répondent plus aux qualités morales ou aux conditions financières attendues, mais selon une méthode déjà pratiquée par Auguste, il les averti individuellement à l’avance et leur permet de démissionner sans humiliation publique[A 89],[135]. Dans le même temps, il fait voter pour les provinciaux titulaires de la citoyenneté romaine le droit d’être candidats aux magistratures du cursus honorum, ce qui les fait entrer au Sénat à l’issue de leur mandat. La Table claudienne gravée à Lugdunum conserve son discours sur l'admission de sénateurs gaulois. Il complète les rangs du Sénat par l’inscription des nouveaux magistrats, et pour atteindre l’effectif de six cent, inaugure une nouvelle pratique, l'adlectio : il inscrit d’office des chevaliers répondant aux conditions de fortune et d'honorabilité, sans qu’il leur soit nécessaire d’avoir exercé au préalable la questure[136].

Il pallie à l’extinction des lignées patriciennes en accordant cette qualité aux sénateurs les plus anciens, ou à ceux dont les parents s’étaient illustrés[A 89].

Monnayage et propagande impériale

Le monnayage est un puissant instrument de propagande pour les empereurs romains et Claude l'utilise largement. On peut distinguer dans les représentations de ses monnaies quatre thèmes [137] :

  • l'exaltation de certains membres de sa famille, afin de réaffirmer sa légitimité
  • l'idée de Victoire, associée à l'empereur
  • l'exemple d'Auguste
  • les valeurs liées à la personne et à la politique de Claude

Dès les premières émissions en 41/42, l'empereur est figuré avec son père Drusus ou sa mère Antonia la Jeune sur des séries en or, en argent ou en bronze, émises à Rome et à Lugdunum, le second atelier monétaire impérial. Son fils Britannicus apparaît dès sa naissance en 41 sur des monnaies avec l'inscription Spes Augusta (« Espoir Auguste »)[138]. D'autres frappes de sesterces à partir de 42/43 montrent son frère Germanicus puis l'épouse de ce dernier Agrippine l'Aînée. Enfin, des bronzes frappés à Rome en 42 montrent les fondateurs de la lignée impériale, Auguste et au revers Livie que Claude vient de faire diviniser. Suivent à partir de 50, des frappes avec le portrait d'Agrippine la Jeune et d'autres montrant le jeune Néron[139].

En revanche, aucune monnaie n’est émise à l’effigie de Messaline à Rome ou à Lugdunum. De nombreuses cités de la partie orientale de l’Empire qui bénéficient de leur indépendance monétaire frappent des monnaies qui exaltent la fécondité de Messaline, mère de l’héritier présomptif de l’empereur. Nicée, Nicomédie la figurent portant des épis de blé, attribut de Déméter, déesse de la fertilité[141]. Une émission d’Alexandrie la montre présentant dans sa main ouverte deux personnages miniatures, ses deux enfants. Frappée à Césarée de Cappadoce, le portrait de Messaline porte au revers Octavie et Britannicus se tenant par les mains accompagnés de leur demi-sœur Claudia Antonia[141].

Dans l'affirmation de sa légitimité, plus étonnantes sont les monnaies qui rappellent sa proclamation par les militaires[142] :

Aureus, revers avec une caserne et Fides, légende IMPER RECEPT


La Victoire est une condition obligée pour la reconnaissance du pouvoir. Or Claude à son avènement ne peut vanter aucun exploit militaire personnel ou de ses généraux. Il célèbre donc ceux de son père par des émissions au profil de Drusus avec au revers un arc de triomphe, une statue équestre entre deux trophées et l'inscription DE GERMANIS. À partir de 46 et jusqu'en 51, Claude célèbre sa conquête de la Bretagne avec des monnaies au revers identique, et la mention DE BRITANN(is)[144].

Des séries monétaires émises pour les mérites d'Auguste sont reproduites par Claude : la figuration d'une couronne en feuilles de chêne avec la légende OB CIVES SERVATOS représente la couronne civique accordée au défenseur des citoyens romains, Auguste autrefois, Claude qui l'a placé au toit de sa maison[A 90]. Autre reprise de monnaies augustéennes, les pièces de l'atelier monétaire de Lugdunum montrant l'autel du sanctuaire fédéral des Trois Gaules et légendées ROM ET AVG rappellent le lieu et le jour de naissance de Claude, qui coïncident avec le jour de consécration de cet autel[145].

Des allégories liées à la politique de Claude apparaissent sur les monnaies du début de son règne en 41/42. les monnaies LIBERTAS frappées à Rome montrant une femme tenant à la main un pileus (bonnet de l'affranchissement) annonce non pas la liberté au sens moderne mais la fin de la tyrannie du règne précédent, et son absence sous Claude. Une autre allégorie est remarquable car aucune monnaie ne l'a fait apparaître avant, et elle n'est reprise par aucun des successeurs de Claude : CONSTANTIA, émise en or, en argent et en bronze, montre une femme debout tenant une torche et une corne d'abondance, ou debout et casquée, tenant un long sceptre, ou encore assise sur une chaise curule, levant la main droite à hauteur de son visage. Aucun culte de cette vertu divinisée n'existe à Rome, et cette allégorie est visiblement personnellement liée à Claude. Il semble hasardeux de rattacher la CONSTANTIA à un événement précis du règne, elle renvoie plutôt à une notion stoïcienne de cohérence de conduite et de fidélité à ses engagements, une affirmation officielle de programme de bon gouvernement[146].

L'expansion de l'Empire

L'Empire romain sous Claude.
  •      L'Empire à l'avènement de Claude
  •      Annexion de royaumes clients
  •      Conquêtes armées

Sous le règne de Claude, l'Empire connait une nouvelle expansion, celle-ci ayant été limitée depuis l'époque d'Auguste. Des territoires déjà sous protectorat romain sont annexées : le Norique, la Judée après le décès de son dernier roi Hérode Agrippa Ier en 42, la Pamphylie et la Lycie en 43, à la suite d’une révolte locale et la mort de citoyens romains[A 91],[147]. Après l’assassinat par Caligula du roi de Maurétanie Ptolémée, et l’insurrection d’un de ses affranchis, Ædemon en 40, l’agitation de tribus maures se poursuit en 42 et 43[148]. En 43, l’ancien royaume est divisé en deux provinces, Maurétanie césarienne et Maurétanie tingitane [A 92],[149].

Article détaillé : Conquête romaine de la Bretagne.
Camée du triomphe de Claude : deux centaures tirent le char impérial en piétinant les vaincus. Claude tient le foudre de Jupiter tandis que la Victoire lui apporte la couronne triomphale. À ses côtés, Messaline tenant un épi, Octavie couronnée de laurier et Britannicus en habit militaire[150]. – Bibliothèque royale (Pays-Bas)

La Britannia (actuelle Grande-Bretagne) est une cible alléchante par sa richesse, déjà reconnue par les commerçants romains. La conquête, envisagée par Caligula, est entamée par Claude en 43. Il envoie Aulus Plautius à la tête de quatre légions, prenant prétexte de l'appel à l'aide d'un allié local en difficulté[A 93]. Claude lui-même se rend dans l'île avec ses gendres pendant une quinzaine de jours recueillir la victoire[A 94],[149].

À l’automne 43 et avant son retour à Rome, le Sénat lui accorde un triomphe et l’édification d’un arc de triomphe à Rome et d’un autre à Boulogne-sur-Mer. Le Sénat lui donne également le titre honorifique de « Britannicus » qu’il n'accepte que pour son fils, et n'utilise pas lui-même. Le triomphe de Claude est célébré en 44, une cérémonie que Rome n’avait pas connue depuis celui de Germanicus en 17. Messaline suit le char triomphal en carpentum, avec plusieurs généraux vêtus des ornements triomphaux[A 93],[151]. L’usage d’un carpentum est un honneur exceptionnel accordé à Messaline, car circuler dans cette voiture attelée à deux roues est le privilège des Vestales, qui n’a été accordé avant qu’à Livie[152].

Claude a enfin une gloire militaire comme ses parents, et a réussi là où Jules César lui-même avait échoué, soumettre les Bretons et l’Océan[153]. Il renouvelle ce triomphe en instaurant une fête annuelle qui le commémore[A 95]. En 47, il défile au côté d’Aulus Plautius, qui reçoit une ovation. En 51, il célèbre la capture du chef breton Caratacos en reconstituant au Champ de Mars la prise d’assaut d’une ville bretonne[154].

En 46, les Romains interviennent en Thrace, dont l'assassinat du roi Rhémétalcès III par son épouse est suivi d'une révolte contre la tutelle romaine. Les témoingnages historiques sur le conflit sont tardifs et réduits à quelques passages chez Eusèbe de Césarée et Georges le Syncelle. Le royaume conquis est divisé deux, le nord est rattaché à la Mésie et une nouvelle province de Thrace est créée[155]. Cette annexion reporta la frontière sur le Danube et sécurisa les provinces impériales de Macédoine et d’Achaïe, dont Claude remis le contrôle au Sénat[A 96].

Sur le front du Rhin, Claude reste sur la stratégie défensive préconisée par Auguste et suivie par Tibère, d’autant plus que plusieurs légions basées dans les provinces rhénanes sont désormais engagées en Bretagne. Les peuples germaniques tentent parfois des incursions de pillage dans l’Empire, suivies de représailles romaines. En 47, le légat de Germanie inférieure Corbulon chasse les pirates basés à l’embouchure du Rhin, ramène les Frisons dans un vague protectorat romain, et intervient contre les Chauques. Claude lui décerne les ornements triomphaux, conclusion honorifique assortie de l’ordre de ne pas prolonger sa campagne militaire au-delà du Rhin[A 97],[156].

Gouvernement des provinces

Claude fait preuve à l’égard des provinciaux d’une ouverture d’esprit et d’une bienveillance que l’on constate dans son célèbre discours sur l’ouverture du Sénat aux notables gaulois et aussi par des mesures ignorées des auteurs antiques et ponctuellement tracées par diverses sources épigraphiques. L’historien Gilbert Charles-Picard estime que cette attitude novatrice vient de la double culture grecque et latine de Claude, parfaitement bilingue, et de son érudition historique qui lui inspire une sympathie pour les peuples vaincus[157].

Cette ouverture apparaît dans l'édit conservé par la Tabula Clesiana[A 98], par lequel il trouve une solution réaliste à la situation des Anaunes, une tribu voisine de Trente. Un envoyé de Claude avait découvert que beaucoup d'habitants avaient obtenu la citoyenneté romaine abusivement. Après enquête, et plutôt que de sévir, l'empereur déclare qu'à partir de ce jour ils seraient considérés comme détenant la pleine citoyenneté : les priver de leur statut illégalement acquis aurait été source de problèmes plus graves que l'entorse à la règle[158].

À partir des sources littéraires et de quelques inscriptions épigraphiques, un certain nombre de gouverneurs de provinces ont été identifiés par les historiens, un échantillon qui ne couvre que très partiellement l’Empire. On constate néanmoins que peu de gouverneurs nommés par Caligula sont maintenus sous Claude, et que ces derniers sont des hommes de confiance de Claude ou de ses amis. Si quelques gouverneurs sont des hommes nouveaux, un grand nombre sont des sénateurs issus de la vieille noblesse romaine. Dans les provinces impériales qui dépendent de l’empereur, les gouverneurs compétents sont maintenus en poste quatre ou cinq ans, et parfois récompensés des ornements triomphaux, tandis que les gouverneurs de provinces sénatoriales n’exercent qu’un an, sauf exception comme pour Galba proconsul d’Afrique pendant deux ans pour rétablir l’ordre[159].

Claude veille à limiter les abus des gouverneurs. Pour lutter contre ceux qui tardent trop à rejoindre leur poste, il impose que tout nouveau gouverneur quitte Rome avant le premier avril pour gagner sa province[A 99],[115]. Il interdit aussi aux gouverneurs d’enchaîner deux mandats à la suite, pratique destinée à esquiver les poursuites judiciaires à Rome. Cette mesure permet aux administrés qu’ils auraient lésés de les mettre en accusation à l’issue de leur affectation[A 100].

Claude tranche aussi la question de la responsabilité des contentieux fiscaux dans les provinces qu’elles soient impériales ou sénatoriales : la collecte des revenus alimentant la caisse impériale, le fiscus était assurée par des procurateurs nommés par l’empereur, tandis que le traitement des litiges relevait en principe du gouverneur de la province. En 53, Claude attribue aux procurateurs du fisc le droit de juger des litiges et fait ratifier ce transfert d’autorité judiciaire par le Sénat[A 72]. Cette mesure est critiquée par Tacite, qui constate l’érosion du pouvoir judiciaire appartenant autrefois aux préteurs donc aux sénateurs, au bénéfice des chevaliers et des affranchis de l’empereur[A 101],[160].

Claude tente de remédier aux abus d’usage de la poste impériale par des personnes n’y ayant pas droit, le cursus publicus, dont la charge pesait lourdement sur les cités[161] comme l’indique l’inscription de Tegea en Achaïe[A 102],[158].

Claude lança un recensement en 48 qui dénombra 5 984 072 citoyens romains[A 89], soit une augmentation de près d'un million depuis celui mené à la mort d'Auguste. Il avait lui-même aidé à l'accroissement de la population à travers la fondation de colonies romaines dans lesquelles on accordait la pleine citoyenneté romaine. Ces colonies étaient parfois issues de communautés préexistantes, en particulier de celles qui comprenaient des élites parvenant à rallier la population à la cause romaine. Plusieurs de ces colonies furent placées dans de nouvelles provinces ou à la frontière de l'Empire pour consolider le plus rapidement possible les conquêtes romaines.

Activités judiciaires

Comme ses prédécesseurs, Claude détient l’imperium, qui lui donne le droit de juger, et la puissance tribunicienne, qui fait de lui le destinataire des appels de citoyens condamnés. Mais contrairement à ses prédécesseurs, Claude exerce assidument ses fonctions judiciaires, siégeant au forum du matin au soir, quelquefois même lors de jours de fêtes ou des dates religieuses, traditionnellement chômés[162]. Il juge un grand nombre d'affaires, personnellement ou en compagnie d’un consul ou d’un préteur[A 103]. Suétone admet la qualité de certains de ses jugements mais comme à son habitude, il conclut négativement[4] : « dans ses sentences, […] tour à tour circonspect et perspicace, ou étourdi et précipité, quelquefois d’une légèreté qui ressemblait à de la folie », avis qu’il illustre d’exemples tournant le plus souvent Claude en ridicule[A 104],[162].

Outre son activité personnelle de juge, Claude prend plusieurs mesures pour améliorer le fonctionnement judiciaire et réduire l'encombrement des tribunaux de Rome, face aux multiples abus juridiques et à l’inflation du volume d’affaires. Pour limiter l’étirement en longueur des procédures judiciaires, il oblige les juges à clore leurs affaires avant la vacance des tribunaux[163], [115]. Il augmente la capacité des tribunaux en étendant la durée de session à l’ensemble de l’année[A 75],[164]. Pour lutter contre les manœuvres dilatoires des plaignants qui s’absentent après avoir porté leur accusation, tandis qu'ils obligent l’accusé à demeurer à Rome et allongent la procédure, Claude oblige ces plaignants à rester eux aussi à Rome pendant le traitement de leurs affaires, et enjoint aux juges de rendre une sentence en leur défaveur en cas d’absence non justifiée [165].

Pierre Renucci explique l’encombrement des tribunaux par l’emballement sous Tibère des procès en lèse-majesté, à l’origine à l’encontre du Peuple romain, puis contre la personne ou l’image de l’empereur[166]. La récompense légale des accusateurs qui leur attribue le quart des biens du condamné incitait à la délation pour des motifs même futiles, propos d’ivrogne ou plaisanterie inconsidérée[A 105],[166]. Sans revenir sur les dispositions légales de la mise en accusation, Claude met un coup d’arrêt aux procès de lèse-majesté en se défiant des calomniateurs[A 106],[166].

Par ailleurs, l'âge minimal des jurés fut porté à 25 ans pour leur garantir une certaine expérience[réf. nécessaire].

Ensuite, Claude arbitra les différends dans les provinces. Il affranchit ainsi les îles de Rhodes pour récompenser leur fidélité, il exempta Troie de l'impôt[réf. nécessaire]. De même, il régla l'affaire d'Alexandrie. Au début de son règne en effet, les Grecs et les Juifs d'Alexandrie lui envoyèrent chacun une ambassade à la suite d'émeutes opposant les deux communautés. En réponse, Claude rédigea une Lettre aux Alexandrins qui refusait de prendre partie sur les responsables des soulèvements mais prévenait qu'il serait implacable contre ceux qui les reprendraient ; il réaffirmait les droits des Juifs dans cette ville[167]. mais leur interdisait dans le même temps d'y continuer l'envoi de colons en masse. D'après Josèphe, il reconnut ensuite les droits et libertés de tous les juifs de l'empire. Dans les cas individuels, Claude a pu se montrer très sévère à l'égard des faux citoyens et fit de cela un crime puni de mort ; de même les affranchis prétendant faussement à la qualité de chevaliers étaient réduits en esclavage. Cela reflète une approche pragmatique de la concession de la citoyenneté, Claude témoignant d'une remarquable ouverture de ce domaine sans pour autant vouloir dévaloriser la dignité de la citoyenneté.

Production législative

La publication de très nombreux édits sur des sujets les plus divers marque le règne de Claude[164]. Suétone est cite un florilège, dont certains dérisoires, tels que deux exemples médicaux : l'un conseille le suc d'if contre les morsures de serpent[A 53], et l'autre, un on-dit colporté au conditionnel par Suétone mais néanmoins abondamment cité, autorise les flatulences aux cours des banquets[A 107].

Plus sérieusement, Claude traduit dans plusieurs lois l’évolution des mœurs de son temps en faveur de l’amélioration du sort des esclaves et l’émancipation des femmes[168]. Un décret resté célèbre traitait du statut des esclaves malades ; en effet jusque-là les maîtres abandonnaient à la mort les esclaves malades au temple d'Esculape dans l’île Tibérine et les récupéraient s'ils survivaient. Claude décida que les esclaves guéris seraient considérés comme affranchis[A 108] et que les maîtres qui choisiraient de tuer leurs esclaves plutôt que de prendre ce risque seraient poursuivis pour meurtre[A 72],[169],[170]. Pour la première fois dans l’antiquité, la mise à mort d’un esclave malade par son maitre est assimilé à un crime[168].

D’autres décrets à retenir concernent le droit des femmes : Claude supprime pour les épouses la tutelle d’un membre de leur famille d’origine, dispense qui n’existait que pour les mères de plus de trois enfants[A 109]. Un autre décret répare une injustice du droit successoral en plaçant la mère mariée sine manu au nombre des héritiers de son enfant, lorsqu’il décède sans avoir fait de testament[A 110],[171].

Constructions publiques

Claude lance dans un grand nombre de constructions publiques, à Rome comme dans les provinces. Il assure le ravitaillement en eau de Rome par deux aqueducs, l’Aqua Claudia, qui avait été commencé sous Caligula, et l’Aqua Anio Novus. Ils atteignirent la Ville en 52, se rejoignant à la Porta Maggiore. Il restaure en 45 un troisième conduit, l’Aqua Virgo, endommagé sous Caligula[161].

Il s'intéressa notamment aux voies de communication et d'approvisionnement, d'où des routes et des canaux, en Italie comme dans les provinces. En particulier, il fit édifier un canal du Rhin à la mer et une route de l'Italie à la Germanie, mettant ainsi la dernière touche à des chantiers entamés par son père Drusus.

Par ailleurs à Rome il fit creuser un canal navigable sur le Tibre qui menait à Portus, son nouveau port, situé au nord d'Ostie. Ce port était bâti en demi-cercle autour de deux brise-lames, un phare occupant sa bouche[A 111]. L'administration d'Ostie fut confiée à un procurateur impérial après la construction du port.

La construction du port d'Ostie constituait également pour partie une solution aux pénuries de blé, fréquentes en hiver (hors-saison pour la navigation). En effet, dans le même temps on chercha à garantir les vaisseaux des marchands de grain qui prendraient le risque du voyage en Égypte à la mauvaise saison, et on accorda à leurs marins des privilèges spéciaux, comme la citoyenneté et l'exemption de la loi Papia-Poppea (qui régulait le mariage). Au surplus, on abrogea les impôts que Caligula avaient institués sur la nourriture et réduisit plus encore ceux touchant les communautés qui souffraient de sécheresse ou de famine. Dans ce même but Claude souhaita augmenter la quantité de terre arable en Italie. On tenta d'assécher le lac Fucin, ce qui avait également l'avantage non négligeable de rendre sa rivière navigable toute l'année. Un tunnel fut percé dans le lit du lac, mais ce fut un échec : le tunnel n'étant pas assez grand pour conduire l'eau, il s'affaissa, ce qui fit refluer celle-ci. L'assèchement du lac n'était cependant pas une idée vaine et beaucoup de souverains et dirigeants s'y employèrent : les empereurs Hadrien et Trajan, l'empereur romain germanique Frédéric II au Moyen Âge. La réalisation concrète dut cependant attendre au XIXe siècle le prince Alessandro Raffaele Torlonia , qui fit pour ce faire tripler la taille du tunnel claudien originel.

La centralisation du pouvoir

Claude n’a pas été le premier empereur à utiliser des affranchis pour l’aider dans l’administration de l'Empire, mais sous son règne, ils ont obtenu de grands pouvoirs. Claude a été forcé d'augmenter leur rôle quand les pouvoirs du princeps sont devenus de plus en plus centralisés et le fardeau des responsabilités de plus en plus grand.

C'était en partie en raison de l'hostilité ouverte du Sénat, comme mentionné ci-dessus, mais aussi à cause de son respect pour les sénateurs. Claude n'a pas voulu que des magistrats nés libres aient à servir sous son autorité comme s'ils n'étaient pas ses pairs.

Le secrétariat impérial est divisé en bureaux, chacun sous l’autorité d’un affranchi de la domesticité de Claude. Ainsi, Narcisse est le secrétaire à la correspondance (ab epistulis), Pallas le secrétaire au Trésor (a rationibus), Calliste secrétaire à la Justice (ab libellis), et Polybe pour les questions diverses (a studiis)[172]. Cette organisation donnant un poids important à des hommes de rang social inférieur, anciens esclaves et grecs de surcroit, joue dans l'image négative transmise par ses opposants[173], quoique Suétone doive leur reconnaitre une certaine efficacité[174],[7].

Ces affranchis pouvaient se prononcer officiellement au nom de l'empereur, par exemple quand Narcisse s’adressa aux troupes avant la conquête de la Grande-Bretagne.

Les sources antiques nous rapportent que les sénateurs étaient consternés que des postes aussi importants puissent être aux mains d’anciens esclaves. Il leur semblait que, du fait que ces affranchis avaient le contrôle total d'argent, des lettres et la loi, ils manipulaient l’empereur pour prendre des décisions contestables.

Cependant, ces mêmes sources admettent, en même temps que ces accusations, que ces affranchis étaient loyaux envers Claude[A 112].

Claude était de la même façon reconnaissant envers ses collaborateurs en leur attribuant la paternité de telle ou telle mesure. Cependant, en cas de doute sur leur loyauté, il se montrait intraitable, comme dans le cas de Polybe, exécuté sur une accusation de Messaline[A 113], et du frère de Pallas, Felix.

Il n'y a aucune preuve que la politique de Claude ait changé avec l’émergence ou la disgrâce des différents affranchis à des postes importants. Cela suggère plutôt que Claude tenait fermement la marche des affaires.

Indépendamment de l’exercice de leurs pouvoirs politiques, les affranchis amassèrent d’énormes richesses en profitant de leur position. Pline l'Ancien affirme que Pallas, Narcisse et Calliste étaient plus riches que Crassus, l'homme le plus riche de l'époque républicaine après Sylla avec des biens estimés à deux cent millions de sesterces[A 114].

Réformes en matière religieuse

Claude, comme auteur d'un traité sur les réformes religieuses d'Auguste, s'est senti légitimement compétent pour mettre en place ses propres réformes.

Il avait des avis bien arrêtés sur ce que devaient être les pratiques adéquates de la religion d'État. Il refusa la requête des Grecs d’Alexandrie qui souhaitaient lui dédier un temple, en argumentant que seuls les dieux pouvaient choisir de nouveaux dieux. Il rétablit des jours de fête tombés en désuétude et annula nombre de célébrations étrangères instituées par son prédécesseur Caligula.

Claude réhabilita d'anciennes pratiques, comme le vieux langage dans les célébrations. Il se préoccupa de la diffusion des cultes à mystères orientaux dans la Ville et rechercha des équivalents romains.

Par exemple, il favorisa les Mystères d'Éleusis qui avaient été pratiqués pendant la République. Il expulsa les astrologues étrangers pour les remplacer par les devins de tradition romaine (les haruspices).

Il réprima particulièrement durement le druidisme, à cause de son incompatibilité avec la religion romaine d'État. Il aurait aussi une fois expulsé les Juifs de Rome, probablement à cause de troubles dus à l’apparition du christianisme[A 115].

Claude était opposé aux conversions, quelle que soit la religion, y compris dans les régions où il accorda aux habitants la liberté de croyance. Les résultats de tous ces efforts ont été reconnus, et même Sénèque, qui pourtant méprise les vieilles pratiques superstitieuses[A 116], défend Claude dans sa satire l’Apocoloquintose[A 117].

Claude organisa les jeux séculaires en 47, marquant le 800e anniversaire de la fondation de Rome, bien qu'Auguste ait organisé ces mêmes jeux moins d'un siècle auparavant en 17 av. J.-C. Claude déclarant qu'Auguste les avait célébrés trop tôt[A 118]. Claude fit représenter des batailles navales pour célébrer les tentatives de drainage du lac Fucin, ainsi que bien d'autres jeux du cirque et divers spectacles.

Vie personnelle de l'empereur

Les anecdotes collectées par Suétone et Dion Cassius pour déprécier la vie privée de Claude devenu empereur abondent, et changent d’échelle : ses excès de table rassemblent jusqu’à six cent convives[A 119]. Plus scandaleux encore, alléché par une odeur de cuisine, Claude abandonne le tribunal où il siège pour s’inviter au repas de la confrérie des Saliens[A 120], se révélant ainsi l’esclave de ses appétits au détriment de son rôle judiciaire[60].

Messaline

Les auteurs antiques forgent pour la postérité l’image d’un empereur peureux, facilement manipulé par ses affranchis et son épouse[A 121],[A 122],[175]. La réputation qu’ils donnent à Messaline est encore pire. La satire de Juvénal décrivant Messaline quittant le palais impérial pour se prostituer dans les bas-quartiers en fait la figure de la concupiscence féminine incontrôlée et illimitée[A 123],[176]. Outre les éliminations physiques dont les historiens rendent responsable sa jalousie et son avidité, ils lui prêtent de multiples amants, qu’elle choisit elle-même dans toutes les classes sociales. Les hommes qui refusent de se soumettre à ses désirs sont contraints par la ruse ou la force [177]. Claude est dépeint comme le vieillard imbécile des comédies[178], trompé à son insu, parfois même avec sa complicité involontaire, lorsque Messaline le prie d’ordonner au mime Mnester de faire ce qu’elle lui demandera[A 124]. Son dernier amant, le sénateur Caius Silius, est la cause de sa fin en 47. Résumé en quelques lignes par les abréviateurs de Dion Cassius[A 125], mentionné par Suétone, cet épisode est longuement mis en scène par Tacite[179], qui utilise son art rhétorique pour mêler les éléments factuels avec des traits de comédie[180] et des sous-entendus moralisants et politiques[181].

Après les jeux séculaires de 47, Messaline s’éprend du sénateur Caius Silius, de parents proches de Germanicus, qualifié par Tacite de « plus beau des jeunes Romains », qu’elle oblige à se séparer de son épouse. Toujours selon Tacite, Silius cède à Messaline, sur que son refus lui vaudrait la mort et espérant aussi de larges récompenses pour son acceptation, ce qu’il obtient : sans discrétion, Messaline fréquente assidûment la demeure de Silius et y transfère même du mobilier, des esclaves et des affranchis en provenance de la maison impériale[A 126],[182].

La liaison des amants culmine par leur mariage officiel, une prise de risque que Tacite qualifie de fabuleuse[A 127], tout en étant comme les autres historiens persuadé de son authenticité[183]. Tandis que Dion Cassius affirme que Messaline eut le désir d’avoir plusieurs époux, Tacite attribue l’idée de ce mariage à Silius, préférant le risque à l’attente, disposé à maintenir les pouvoirs de Messaline et à adopter son fils Britannicus. Profitant que Claude séjourne à Ostie pour superviser les arrivées de blé, Messaline demeure à Rome[A 128]. Son union avec Silius est célébré dans les règles, selon une date annoncée d’avance, avec un contrat préalablement signé devant témoins, cérémonie avec prise des auspices et sacrifice aux dieux, banquet nuptial[184]. Suétone est le seul à révéler une manipulation à la limite du vraisemblable : Claude signe aussi le contrat de mariage, car on lui fait croire à un mariage simulé, destiné à détourner un péril qui l’aurait menacé d’après les présages[A 129]. Pour Castorio, cet élément qu’ignorent Tacite et Dion Cassius n’est qu’une rumeur sans fondement historique, participant à l’image d’imbécillité de Claude[185]. Quoiqu’il en soit, les spécialistes du droit romain considèrent que le mariage de Messaline, dument célébré, a pour effet la répudiation de Claude[186].

Au lieu de se rendre maîtres de Rome, les mariés mènent dans leurs jardins une fête des vendanges qui tourne à la bacchanale, épisode invraisemblable du récit de Tacite[187]. La riposte est organisée par les affranchis Calliste, Narcisse et Pallas. Convaincus que ce mariage va faire de Silius le nouvel empereur, ils redoutent de ne plus bénéficier de la même complaisance qu’avec Claude. Autre raison, en faisant condamner à mort Polybe, un des leurs, Messaline a rompu leurs liens de complicité[A 130],[188]. Il leur faut donc éliminer Messaline en empêchant toute entrevue avec Claude, qu’elle pourrait amadouer. Aux dires de Tacite, seul Narcisse agit, les deux autres restent passifs, Pallas par lâcheté, Calliste par prudence[189]. Narcisse va à Ostie, fait informer Claude du remariage de Messaline, et ramène à Rome son maître paniqué. Ils se dirigent vers la caserne des prétoriens, mais, semble-t-il par méfiance envers un des préfets du prétoire, Claude confie les pleins pouvoirs militaires à Narcisse, pour un jour. Après quelques mots adressés aux soldats sur son infortune, Claude rentre au palais et préside un tribunal improvisé. Arrêté sur le forum, Caius Silius prie qu’on hâte sa mort. D’autres anciens amants de Messaline sont exécutés, y compris Mnester, qui proteste qu’il n’avait fait qu’obéir à l’ordre de Claude[190]. La répression frappe aussi le préfet des vigiles et un chef d’école de gladiateurs, ce qui indiquerait des complicités armées, quoique de faible valeur combative face aux prétoriens[191]. Enfin, Claude dine copieusement, bientôt gavé, il perd colère et lucidité, et demande Messaline. Narcisse prend l’initiative et envoie des soldats tuer Messaline dans les jardins qu’elle avait pris à Valerius Asiaticus[A 131],[191]. Ensuite, le sénat décide la damnatio memoriae de Messaline, destruction de ses statues et martelage de son nom sur les inscriptions et Claude [192].

Agrippine

Finalement il s'accorda une dérogation pour épouser Agrippine, fille de son frère Germanicus, en obtenant un sénatus-consulte. En effet le droit romain de l'époque interdisait le mariage entre parents autant proche. La loi était évidemment prévue pour le cas précis de Claude car seul un oncle pouvait épouser une fille de son frère et non l'un de ses fils par exemple.

Décès

Empoisonnement

Claude dit de Gabies, musée du Louvre Ma1231

La plupart des historiens antiques s'accorde à dire que Claude est mort empoisonné — probablement par des champignons — dans la matinée du . Mais les détails varient beaucoup. Certains disent que Claude était à Rome[A 132] alors que d'autres disent qu'il était à Sinuessa[A 133]. Certains impliquent Halotus, son goûteur, Xénophon, son médecin ou l'empoisonneuse Locusta comme étant l'administrateur de la substance fatale[A 134]. Certains racontent qu'il est mort après une longue agonie à la suite d'une dose unique lors d'un dîner, d'autres estiment qu'il s'est remis avant d'être à nouveau empoisonné[A 132]. Presque tous impliquent son épouse Agrippine comme étant l'instigatrice. Claude et Agrippine s'opposèrent de plus en plus souvent dans les mois précédant sa mort, au point que Claude se lamenta ouvertement de ses mauvaises femmes et commença à parler du jeune Britannicus en supposant un retour au sein de la famille impériale[A 135]. La motivation d'Agrippine était d'assurer la succession pour Néron avant que Britannicus ne puisse prendre le pouvoir. Certains auteurs modernes ont développé des doutes sur l'empoisonnement de Claude et ont parlé de folie ou de vieillesse[193]. D'autres estiment que l'universalité des accusations de meurtre chez les Anciens accrédite la thèse de l'assassinat[194]. Du fait de la nature secrète du complot supposé, et de l'ambiguïté des symptômes de la mort de Claude, il reste impossible de se prononcer avec certitude, mais l'apparition de rumeurs d'empoisonnement semble avoir été très rapide, ainsi que Flavius Josèphe le note.

Apothéose et postérité

Plan de la Rome antique, en rouge emplacement du Temple de Claude.

Le lendemain de la mort de Claude, Agrippine consigne Britannicus dans ses appartements et présente Néron aux prétoriens, ce dernier promet un donativum équivalent à celui qu'avait donné son père, soit 15 000 sesterces à chacun. Puis il prononce un discours devant le Sénat, qui lui décerne les titres impériaux et décrète l'apothéose de Claude[A 136],[195]. Claude est ainsi le premier empereur divinisé après Auguste[196]. Agrippine fit édifier un temple dédié à son culte, le Temple du Divin Claude, sur une immense terrasse aménagée sur le Caelius. Néron abolit ce culte après la mort d'Agrippine et transforma ce temple en nymphée dominant la Domus aurea, puis Vespasien le restaura et rétablit le culte du divin Claude[A 137],[A 138].

Dion Cassius rapporte que Néron, Agrippine et Gallion plaisantèrent ensuite sur la mort et l'apothéose de Claude, déclarant que les champignons étaient bien un mets des dieux, puisqu'il était devenu dieu grâce à eux. Sénèque à son tour renchérit par une satire parodiant l'apothéose de Claude, l'Apocoloquintose[A 139]. Ce texte désigne Claude comme le princeps Saturnalicius (prince des Saturnales, fête romaine durant laquelle l'ordre établi s'inverse). Après sa mort douloureuse, il se dirige laborieusement vers l'Olympe, où les Dieux assemblés comme le Sénat le jugent, et où le divin Auguste l'accable et prononce contre lui un décret de proscription[197]. Rejeté sur Terre puis aux Enfers, de nouveau mis en accusation par Éaque, un des juges des Enfers, Claude est offert à Caligula comme esclave, puis est encore abaissé en devenant l'esclave d'un affranchi dirigeant un des bureaux impériaux[198]. Les procès successifs que subit Claude sont autant de remises en cause de sa légitimité politique, de sa politique d'octroi de la citoyenneté romaine et d'ouverture du Sénat aux élites provinciales [199].

Dynastie julio-claudienne

Noms et titres

Noms successifs

  • -10, né TIBERIVS•CLAVDIVS•DRVSVS
  • 4, adoption de son frère aîné Germanicus : TIBERIVS•CLAVDIVS•NERO•GERMANICVS
  • 41, acclamé imperator : TIBERIVS•CLAVDIVS•CÆSAR•AVGVSTVS•GERMANICVS

Titres et magistratures

Titulature à sa mort

À sa mort en 54 Claude avait la titulature suivante :

TIBERIVS•CLAVDIVS•CÆSAR•AVGVSTVS•GERMANICVS, PONTIFEX•MAXIMVS, TRIBVNICIÆ•POTESTATE•XIV, CONSVL•V, IMPERATOR•XXVII, PATER•PATRIÆ

Un temple était dédié à Claude à Camulodunum (Colchester), première capitale et première colonie romaine de la province de Bretagne[A 140].

Claude dans l'art

Sculpture

Peinture

Exposition

En 2018-2019, une exposition lui est dédiée au musée des beaux-arts de Lyon.

Notes

  1. Malgré la présentation misérabiliste de Suétone, 800 000 sesterces représentent deux fois la fortune minimale pour être membre de l’ordre équestre
  2. Deux millions de sesterces représentent deux fois la fortune minimale pour appartenir à l’ordre sénatorial
  3. Pour une solde de prétorien à deux deniers par jour, cette prime représente cinq années de solde

Références

Références antiques

  1. Suétone 1990, Cl.,29 ; Dion Cassius, Histoire romaine, LX, 2, 8.
  2. Dion Cassius, Histoire romaine, LX, 8
  3. Tacite, Annales, XII, 8
  4. Suétone 1990, Cl.,1.
  5. Dion Cassius, Histoires romaines, LX, 2.
  6. a, b et c Suétone 1990, Cl.,3.
  7. Suétone 1990, Cl.,3,1-2.
  8. a, b et c Suétone 1990, Cl.,2.
  9. a et b Sénèque, Apocoloquintose, 6.
  10. Dion Cassius, Histoire romaine, LX, 2
  11. a, b et c Suétone 1990, Cl.,30.
  12. Sénèque, Apocoloquintose, 5.
  13. Sénèque, Apocoloquintose, 12, 1.
  14. Suétone 1990, Cl., 35, 36, 37, 39, 40.
  15. Dion Cassius, Histoire romaine, LX, 2, 3.
  16. Suétone 1990, Cl., 5, 21, 40.
  17. Dio., Rom. Hist., LX, 2, 5, 12, 31.
  18. Suétone 1990, Cl.,33.
  19. a, b, c, d et e Suétone 1990, Cl.,41.
  20. a et b Suétone 1990, Cl.,4.
  21. a et b Suétone 1990, Cl.,26.
  22. Inscription reconstituée par T. Mommsen, référencée CIL V, 6416
  23. Suétone, Auguste, 101 ; Claude, 4
  24. a, b et c Suétone 1990, Cl.,6.
  25. Tacite, Annales, I, 54
  26. a et b Suétone 1990, Cl.,5.
  27. Inscription référencée CIL VI, 40348 = CIL 06, 00911 (p 841, 3070, 4305, 4340) = CIL 06, 31199 = ILGVatikan 00007 = AE 1983, +00515
  28. Tacite, Annales, III, 10-15
  29. Tacite, Annales, III, 18
  30. Tacite, Annales, III, 29
  31. Suétone 1990, Cl.,27.
  32. Sénèque, Apocoloquintose, 14, 5
  33. Suétone 1990, Cl., 34, 38.
  34. Tacite, Annales, XII, 20.
  35. Suétone 1990, Cl.,8 et 32-33.
  36. Dion Cassius, Histoire romaine, LX, 34.
  37. Aurelius Victor, 4, 1
  38. Suétone 1990, Cl.,31.
  39. Sénèque, Apocoloquintose, 13, 3
  40. Tacite, Annales, IV, 35
  41. Tacite, Annales, XI, 15
  42. Cf. par exemple la lettre de Claude aux habitants de Trente, dans laquelle il parle de l'« isolement obstiné » de Tibère. Voir aussi Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, XIX, où un édit de Claude mentionne la folie et le manque de jugement de Caligula.
  43. Tacite, Annales, XI, 13-14
  44. Tacite, Annales, VI, 46
  45. Suétone, Tibère, 74 ; Caius, 14
  46. Suétone, Caius, 29 et 33
  47. Suétone 1990, Cl., 6.
  48. Suétone 1990, Cal., 15.
  49. Suétone 1990, Cl., 7.
  50. Dion Cassius, Histoire romaine, LIX, 6
  51. Suétone 1990, Cl.,9.
  52. Suétone 1990, Cl.,9,4.
  53. a, b et c Suétone 1990, Cl.,16.
  54. Suétone, Claude, 27, mais Suétone se contredit dans la même phrase en situant l’événement sous le second consulat de Claude, en 42 ; Dion Cassius, LX, 33 donne aussi 42, tandis que Tacite, Annales, XIII, 15 permet de déduire une naissance en 41
  55. Suétone 1990, Cl.,8 et 9.
  56. Dion Cassius, Histoire romaine., LX, 2 ; Suhr (1955).
  57. CIL V, 24
  58. Inscription CIL III, 00381
  59. Inscription AE 1980, 638
  60. Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, XIX, 1
  61. Suétone 1990, Cl.,10.
  62. Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, XIX, 64-67
  63. Suétone 1990, Cl.,60,2.
  64. Flavius Josèphe, Ant. Iud., XIX.
  65. Flavius Josèphe, Bellum Iudiacum, II, 204–233.
  66. Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, XIX, (236).
  67. Suétone 1990, Cl.,38.
  68. a, b, c et d Suétone 1990, Cl.,11.
  69. Dion Cassius, Histoire romaine, LIX, 26 et LX, 4
  70. Dion Cassius, Histoire romaine, XL, 5
  71. Dion Cassius, Histoire romaine, XL, 8
  72. a, b et c Suétone 1990, Cl.,25.
  73. Suétone 1990, Cl.,12.
  74. Dion Cassius, Histoire romaine, XL, 11, 8
  75. a et b Suétone 1990, Cl.,23.
  76. Suétone 1990, Cl.,37.
  77. Dion Cassius, Histoire romaine, XL, 14
  78. Célèbre scène rapportée par Pline le Jeune, Lettres, III, 16 et Martial, I, 13
  79. a et b Dion Cassius, Histoire romaine, XL, 15 et 16
  80. Dion Cassius, Histoire romaine, XL, 27
  81. Dion Cassius, Histoire romaine, XL, 29
  82. Suétone 1990, Cl.,13.
  83. Don Cassius, Histoire romaine, LX, 27
  84. Tacite, Annales, XI, 1 à 3
  85. Tacite, Annales, XIII, 43
  86. Suétone 1990, Cl.,29,4.
  87. Sénèque, Apocoloquintose, 14, 1.
  88. a, b et c Tacite, Annales, XI, 25
  89. Suétone 1990, Cl.,17.
  90. Dion Cassius, Histoire romaine, XL, 17
  91. Pline l'Ancien, Histoire naturelle [détail des éditions] [lire en ligne], Livre V, I, 11.
  92. a et b Suétone, Claude, 17 ; Vespasien, 4
  93. Dion Cassius, Histoire romaine, XL, 19-21
  94. Dion Cassius, Histoire romaine, XL, 25
  95. Dion Cassius, Histoires romaines, LX, 24
  96. Tacite, Annales, XI, 18 à 20
  97. Inscription CIL V, 5050
  98. Dion Cassius, Histoire romaine, LX, 11, 6
  99. Dion Cassius, Histoire romaine, LX, 25
  100. Tacite, Annales, XII, 60
  101. CIL III, 07251 = Dessau ILS 214
  102. Dion Cassius, Histoire Romaine, LX, 4.
  103. Suétone 1990, Cl.,15.
  104. Sénèque, De beneficiis, 3, 26
  105. Dion Cassius, Histoire Romaine, LX, 3 et 4
  106. Suétone 1990, Cl.,32.
  107. Dion Cassius, Histoire Romaine, LX, 29
  108. Suétone 1990, Cl.,19.
  109. Just. Inst, 3,3
  110. Suétone, Claude, 20
  111. Tacite, Ann., XII, 65 ; Sénèque, Consolation à Polybe.
  112. Dion Cassius, Histoires romaines, XL, 31.
  113. Pline l'Ancien, Histoire naturelle, XXXIII, 47.
  114. « Il chassa de la ville les Juifs qui se soulevaient sans cesse à l'instigation d'un certain Chrestus. » Suétone, Vie de Claude, XXV. Ce qui est arrivé en réalité est toujours un sujet de controverses. Les Actes des Apôtres (18:2) relatent l’événement : « Il y trouva un Juif nommé Aquila, originaire du Pont, récemment arrivé d'Italie, et sa femme Priscille, parce que Claude avait décrété que tous les Juifs eussent à s'éloigner de Rome. », Dion Cassius (155-235) le minimise : « Les Juifs étant de nouveau devenus trop nombreux pour qu'on pût, attendu leur multitude, les expulser de Rome sans occasionner des troubles, il ne les chassa pas, mais il leur défendit de s'assembler pour vivre selon les coutumes de leurs pères. » et Flavius Josèphe — qui pourtant écrit essentiellement sur les événements impliquant les Juifs — ne le mentionne pas du tout. Quelques historiens émettent l’hypothèse que cette expulsion des Juifs de Rome ne s’est jamais passée, tandis que d'autres pensent que seuls quelques missionnaires ont été expulsés pour un court exil.
  115. Voir Sénèque#Conception de la religion.
  116. Sénèque, L'Apocoloquintose : « la transformation de l'empereur Claude en citrouille », 9.
  117. Suétone 1990, Cl.,21.
  118. Suétone, Claude, 32
  119. Suétone, Claude, 33
  120. Suétone 1990, Cl.,25 et 29 ; Vitellius, 2.
  121. Dion Cassius, XL, 2 et 28
  122. Juvénal, Satires, VI, v114-132
  123. Dion Cassius, Histoire romaine, LX, 22 ; Tacite, Annales, XI, 36
  124. Dion Cassius, Histoire romaine, LX, 31
  125. Tacite, Annales, XI, 12
  126. Tacite, Annales, XI, 27
  127. Tacite, Annales, XI, 26
  128. Suétone 1990, Cl.,29.
  129. Dion Cassius, Histoires romaines, XL, 31.
  130. Tacite, Annales, XI, 27
  131. a et b Suétone 1990, Cl.,44.
  132. Tacite, Ann., XII, 66.
  133. Sur sa mort : Suétone 1990, Cl., 43, 44 ; Tacite, Ann., XII, 64, 66–67 ; Flavius Josèphe, Ant. Iud., XX, 148, 151 ; Dion Cassius, Rom. Hist., LX, 34 ; Pline, Histoire naturelle, II, 92, XI, 189, XXII, 92.
  134. Suétone 1990, Cl.,43.
  135. Tacite, Annales, XII, 69 ; Dion Cassius, Histoires romaines, LXI, 3
  136. Suétone 1990, Cl., 55.
  137. Suétone 1990, Ves., 9.
  138. Dion Cassius, Histoires romaines, XL, 35
  139. Sénèque, Apocoloquintose, VIII, 3 ; Tacite, Annales, XL, 31

Références modernes

  1. Jean-Marie André, « Sénèque et l'historiographie de Claude », colloque Claude de Lyon, p. 23
  2. Jean-Marie André, « Sénèque et l'historiographie de Claude », colloque Claude de Lyon, p. 29
  3. Jean-Marie André, « Sénèque et l'historiographie de Claude », colloque Claude de Lyon, p. 24
  4. a et b Eugen Cizek, « Claude chez Suétone : un personnage énigmatique ? », colloque Claude de Lyon, p. 49-50
  5. Eugen Cizek, « Claude chez Suétone : un personnage énigmatique ? », colloque Claude de Lyon, p. 49-58
  6. Castorio 2015, p. 25
  7. a et b Gilbert-Charles Picard, « Claude rénovateur de l'Empire », colloque Claude de Lyon, p. 193
  8. Claude Briand-Ponsard et Frédéric Hurlet 2016, p. 61.
  9. Claude Briand-Ponsard et Frédéric Hurlet 2016, p. 42.
  10. Symposium de Fribourg, 1991
  11. Colloque Claude de Lyon, 1992
  12. Hurlet 1997, p. 539, note 22
  13. a, b, c et d Renucci 2012, p. 45.
  14. Rivière 2016, p. 49
  15. Levick 2002, p. 21.
  16. Rivière 2016, p. 52-53
  17. Zosso et Zingg 1995, p. 20
  18. a, b et c Renucci 2012, p. 37.
  19. Renucci 2012, p. 38.
  20. Martin 2007, p. 76-77
  21. Martin 2007, p. 199
  22. Martin 2007, p. 230
  23. (en) George Burden, « Tourette's Disorder - The Imperial Gene », The Medical Post,‎ (lire en ligne).
  24. (en) Ali Murad, « A neurological mystery from history: the case of Claudius Caesar », Journal of the History of the Neurosciences, vol. 19, no 3,‎ , p. 221-227 (PMID 20628951, DOI 10.1080/09647040902872775, lire en ligne).
  25. Leon (1948).
  26. Levick 2002, p. 24.
  27. Martin 2007, p. 201-202 et 231
  28. Puccini-Delbey, p. 28. L'auteur souligne comment le besoin pour Suétone de préciser par une périphrase cette particularité d'un empereur qui « porta l'amour des femmes jusqu'à l'excès, mais s'abstint de tout commerce avec les hommes » dénote l'absence du concept d'hétérosexualité dans la mentalité romaine.
  29. Rivière 2016, p. 75
  30. Jean-Marie André, « Les plaisirs de Claude », colloque Claude de Lyon, p. 65
  31. Eugen Cizek, « Les publications littéraires sous le principat de Claude ? », colloque Claude de Lyon, p. 69 et 71
  32. Martin 2007, p. 146
  33. Faure, Tran et Virlouvet 2018, p. 175.
  34. Hurlet 1997, p. 2
  35. Rivière 2016, p. 69
  36. Rivière 2016, p. 137-138
  37. a et b Levick 2002, p. 29.
  38. Hurlet 1997, p. 543
  39. Hurlet 1997, p. 542
  40. Hurlet 1997, p. 543-546.
  41. Renucci 2012, p. 47-48.
  42. Hurlet 1997, p. 549.
  43. a et b Levick 2002, p. 35-36.
  44. a, b et c Renucci 2012, p. 49.
  45. Rivière 2016, p. 370
  46. Levick 2002, p. 37.
  47. Hurlet 1997, p. 550-551.
  48. a et b Hurlet 1997, p. 554.
  49. a et b Renucci 2012, p. 53.
  50. Levick 2002, p. 38.
  51. Rivière 2016, p. 410
  52. Renucci 2012, p. 51.
  53. Renucci 2012, p. 50.
  54. Levick 2002, p. 39.
  55. a, b et c Rivière 2016, p. 434-435
  56. a et b Hurlet 1997, p. 555.
  57. Rivière 2016, p. 411-417 et 526, note 11
  58. Eugen Cizek, « Claude chez Suétone : un personnage énigmatique ? », colloque Claude de Lyon, p. 54
  59. Jeanne Dion, « Les publications littéraires sous le principat de Claude », colloque Claude de Lyon, p. 69
  60. a et b Florence Dupont, « Les plaisirs de Claude », colloque Claude de Lyon, p. 63 et 65
  61. Martin 2007, p. 231
  62. Martin 2007, p. 221
  63. Momigliano 1934, p. 4-6.
  64. a et b Levick 2002, p. 31.
  65. a, b et c Gilbert-Charles Picard, « Claude rénovateur de l'Empire », colloque Claude de Lyon, p. 194
  66. Levick 2002, p. 30.
  67. Briquel 1988, p. 219
  68. Jacques Gascou, « L'utilisation de documents de première main dans les Vies des Douze Césars de Suétone », Vita Latina, N°133, 1994, pp. 7-21 [1], p. 14
  69. Momigliano 1934, p. 83, note 20
  70. Levick (1978).
  71. Selon l'historien Varron, cité par Ryan (1993).
  72. Renucci 2012, p. 55-56.
  73. Rivière 2016, p. 424
  74. Renucci 2012, p. 57.
  75. Renucci 2012, p. 58.
  76. Levick 2002, p. 42.
  77. Levick 2002, p. 43.
  78. Hurlet 1997, p. 539, note 18
  79. Renucci 2012, p. 59.
  80. Les propositions de naissance de Messaline varient entre avant 20 jusqu’après 26 ; Castorio 2015, p. 370, note 10 donne des propositions de date de treize auteurs différents
  81. Castorio 2015, p. 15-16
  82. Castorio 2015, p. 369, note 4
  83. Castorio 2015, p. 57
  84. Castorio 2015, p. 53-54
  85. Castorio 2015, p. 55
  86. Levick 2002, p. 41.
  87. Hurlet 1997, p. 556-557
  88. a et b Faure, Tran et Virlouvet 2018, p. 171-173.
  89. Castorio 2015, p. 67-68.
  90. Faure, Tran et Virlouvet 2018, p. 172.
  91. a, b et c Renucci 2012, p. 64.
  92. Renucci 2012, p. 63.
  93. a, b et c Faure, Tran et Virlouvet 2018, p. 176.
  94. Renucci 2012, p. 65.
  95. Castorio 2015, p. 65-66.
  96. Castorio 2015, p. 68.
  97. Castorio 2015, p. 69.
  98. Renucci 2012, p. 66.
  99. Renucci 2012, p. 67.
  100. Renucci 2012, p. 68.
  101. Renucci 2012, p. 69-70.
  102. Renucci 2012, p. 72.
  103. Claude Briand-Ponsard et Frédéric Hurlet 2016, p. 45.
  104. Jean-Louis Voisin, « Visages de la mort volontaire à l'époque de Claude », colloque Claude de Lyon, p. 182-183
  105. Pierre Grimal, « Les vertus de l'empereur Claude », colloque Claude de Lyon, p. 15
  106. a et b Rivière 2016, p. 433
  107. a et b Rivière 2016, p. 435
  108. Castorio 2015, p. 79.
  109. a et b Renucci 2012, p. 79.
  110. Renucci 2012, p. 80.
  111. a et b Renucci 2012, p. 267.
  112. Renucci 2012, p. 78.
  113. Castorio 2015, p. 55.
  114. Castorio 2015, p. 100-101.
  115. a, b et c Pierre Grimal, « Les vertus de l’empereur Claude», colloque Claude de Lyon, p. 16
  116. a et b Jean-Louis Voisin, « Visages de la mort volontaire à l’époque de Claude », colloque Claude de Lyon, p. 182
  117. Renucci 2012, p. 278.
  118. Castorio 2015, p. 157-158.
  119. Renucci 2012, p. 105.
  120. Renucci 2012, p. 98 et 105.
  121. Castorio 2015, p. 176.
  122. Renucci 2012, p. 95-96.
  123. Renucci 2012, p. 97-98.
  124. a et b Renucci 2012, p. 98-99.
  125. Jean-Louis Voisin, « Visages de la mort volontaire à l’époque de Claude », colloque Claude de Lyon, p. 182-183
  126. a et b Renucci 2012, p. 103.
  127. Castorio 2015, p. 104.
  128. Castorio 2015, p. 106.
  129. Castorio 2015, p. 104-105.
  130. Castorio 2015, p. 105.
  131. a et b Renucci 2012, p. 109.
  132. Renucci 2012, p. 107-109.
  133. Jean-Louis Voisin, « Visages de la mort volontaire à l’époque de Claude », colloque Claude de Lyon, p. 184-185
  134. Jean-Louis Voisin, « Visages de la mort volontaire à l’époque de Claude », colloque Claude de Lyon, p. 185
  135. Renucci 2012, p. 274-275.
  136. Petit 1974, p. 44 et 89
  137. Jean-Pierre Martin, « Les thèmes monétaires claudiens », colloque Claude de Lyon, p. 201
  138. Renucci 2012, p. 87.
  139. Jean-Pierre Martin, « Les thèmes monétaires claudiens », colloque Claude de Lyon, p. 201-203
  140. Claude Briand-Ponsard et Frédéric Hurlet 2016, planche X, Fig. 3.
  141. a et b Castorio 2015, p. 81.
  142. Jean-Pierre Martin, « Les thèmes monétaires claudiens », colloque Claude de Lyon, p. 204
  143. Claude Briand-Ponsard et Frédéric Hurlet 2016, planche X, Fig. 4.
  144. Jean-Pierre Martin, « Les thèmes monétaires claudiens », colloque Claude de Lyon, p. 205-206
  145. Jean-Pierre Martin, « Les thèmes monétaires claudiens », colloque Claude de Lyon, p. 207-208
  146. Jean-Pierre Martin, « Les thèmes monétaires claudiens », colloque Claude de Lyon, p. 208-212
  147. Bengt E. Thomasson, « Provinces et gouverneurs sous Claude», colloque Claude de Lyon, p. 231
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  149. a et b Bengt E. Thomasson, « Provinces et gouverneurs sous Claude», colloque Claude de Lyon, p. 230
  150. François Richard, « Les images du triomphe de Claude sur la Bretagne », colloque Claude de Lyon, p. 364
  151. François Richard, « Les images du triomphe de Claude sur la Bretagne», colloque Claude de Lyon, p. 355
  152. Castorio 2015, p. 71.
  153. Pierre Grimal, « Les vertus de l’empereur Claude», colloque Claude de Lyon, p. 12
  154. François Richard, « Les images du triomphe de Claude sur la Bretagne», colloque Claude de Lyon, p. 356
  155. Jerzy Kolendo, « Claude et l'annexion de la Thrace », colloque Claude de Lyon, p. 322 et suiv.
  156. Renucci 2012, p. 189-192.
  157. Gilbert Charles-Picard, « Claude rénovateur de l’Empire », colloque Claude de Lyon, p. 195 et suivantes
  158. a et b Gilbert Charles- Picard, « Claude rénovateur de l’Empire », colloque Claude de Lyon, p. 196
  159. Bengt E. Thomasson, « Provinces et gouverneurs sous Claude», colloque Claude de Lyon, p. 233-236
  160. Renucci 2012, p. 295-296.
  161. a et b Pierre Grimal, « Les vertus de l’empereur Claude», colloque Claude de Lyon, p. 18
  162. a et b Renucci 2012, p. 334.
  163. Disposition connue grâce à un papyrus de Berlin, analysé par A. Fliniaux, « Une réforme judiciaire de l’empereur Claude », Revue historique du droit français et étranger, IV, 110, 1931, p. 508-519
  164. a et b Renucci 2012, p. 343.
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  166. a, b et c Renucci 2012, p. 336-339.
  167. Bengt E. Thomasson, « Provinces et gouverneurs sous Claude», colloque Claude de Lyon, p. 233
  168. a et b Renucci 2012, p. 349.
  169. Renucci 2012, p. 348-349.
  170. Yann Rivière, Peut-on mettre à mort son esclave ?
  171. Renucci 2012, p. 345-347.
  172. Petit 1974, p. 86
  173. Claude Briand-Ponsard et Frédéric Hurlet 2016, p. 62.
  174. Eugen Cizek, « Claude chez Suétone : un personnage énigmatique ? », colloque Claude de Lyon, p. 56
  175. Briquel1988, p. 217
  176. Castorio 2015, p. 10.
  177. Castorio 2015, p. 118.
  178. Castorio 2015, p. 116 et note 37.
  179. Castorio 2015, p. 138.
  180. Castorio 2015, p. 199.
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  187. Castorio 2015, p. 146.
  188. Castorio 2015, p. 142-143.
  189. Castorio 2015, p. 143-144.
  190. Castorio 2015, p. 148-149.
  191. a et b Castorio 2015, p. 150.
  192. Castorio 2015, p. 154.
  193. Scramuzza, (1940), p. 92–93, dit que la tradition fait de chaque empereur une victime d'un acte criminel, donc on ne peut savoir si Claude a réellement été assassiné. Levick (1990), p. 76–77. soulève la possibilité que Claude ait été tué par les tensions générées par le conflit avec Agrippine sur la succession mais conclut que le déroulement des faits rend l'assassinat la cause la plus probable.
  194. Levick (1990) est aussi opposé à l'idée de l'assassinat d'Auguste qui n'est fondé que sur Tacite et sur Dion Cassius, qui s'appuie lui-même sur Tacite. Suétone, toujours au fait des rumeurs, n'en fait aucune mention.
  195. Petit 1974, p. 93
  196. Claude Briand-Ponsard et Frédéric Hurlet 2016, p. 85.
  197. Cels-Saint-Hilaire 1994, p. 200 et 203
  198. Cels-Saint-Hilaire 1994, p. 201
  199. Cels-Saint-Hilaire 1994, p. 204

Bibliographie

Sources antiques (traductions)

Études historiques

Ouvrages en français

Ouvrages généraux
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  • Régis Martin, Les douze Césars, du mythe à la réalité, Perrin, (1re éd. 1991) (ISBN 978-2-262-02637-0).
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  • Virginie Girod, Agrippine, sexe, crimes et pouvoir dans la Rome impériale, Paris, Tallandier, , 300 p..
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  • Jean Melmoux, « L'action politique de Polybe de 41 à 47 et la puissance des affranchis sous le règne de Claude », Bulletin de l'Association Guillaume Budé, no 3,‎ , p. 393-402 (lire en ligne).
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    • H.M. Von Kaenel, « Zur « Prägepolitik » des Kaisers Claudius Überlegungen zur Funktion von frisch geprägtem Edelmetall », p. 45-68.
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Œuvres de fiction

Filmographie

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes