Classe ouvrière

Mécanicien travaillant sur une pompe à vapeur, Lewis Hine, 1920.

La notion de classe ouvrière, qui est d'abord une notion politique, se détermine par l'appartenance de fait à la catégorie sociale des prolétaires ceux qui ne disposent pas de la propriété des moyens de production et doivent vendre leur force de travail pour vivre.

Définitions

Lorsque le concept a été pensé[Par qui ?][Quand ?], les choses paraissaient simples : la classe ouvrière se résumait aux ouvriers, c'est-à-dire aux travailleurs manuels, spécialement de l'industrie, mais aussi de l'agriculture, des mines, du bâtiment et de l'artisanat qui travaillent dans des conditions souvent très difficiles voire létales.

Les évolutions techniques et sociales au cours du XXe siècle concourent à déplacer une partie des forces prolétaires sur des tâches correspondant à des fonctions tertiaires :

  • Dans les entreprises industrielles, les métiers ouvriers ont connu des évolutions, distendant en particulier le lien entre travail et production directe, la division des tâches, compte tenu de l'automatisation des processus de production. Les postes tertiaires (liés par exemple à l'entretien, à la maintenance, à la logistique...) se multiplient dans les usines ou entreprises liées à chaque secteur de la production.
  • La classe ouvrière d'aujourd'hui va du manœuvre au scientifique et se retrouve largement du simple employé au cadre supérieur et ce plus ou moins dans tous les secteurs de la production, des transports, des services en passant par le commerce, sans oubier l'associatif, qu'ils soient privés ou publics [1].
  • La fonction publique compte un certain nombre d'ouvriers, au sens de travailleurs manuels et nommés aussi techniciens, notamment dans les collectivités locales, dans les établissements scolaires ou hospitaliers ainsi que dans l'entretien des infrastructures générales.

Statistiques

Les raboteurs de parquet, tableau de Gustave Caillebotte (1875).

Sans considérer l'appartenance de fait, des sociologues abordent cette notion contradictoirement, en étudiant le sentiment d'appartenance ou non à la classe ouvrière, épiphénomène socio-historique confusant, voire aliénant - ce qui va du fait de ne pas avoir clairement conscience qu'on fait partie de la classe ouvrière, jusqu'au déni (endogène ou exogène) de ce statut social -. Par exemple, selon un sondage mené en 2003 auprès de personnes de plus de 18 ans en France :

Sentiment d’appartenir à une classe sociale et situation par rapport à l’emploi[2] 
À quelle classe avez vous le sentiment d'appartenir ?
Classe ressentie Actifs ayant un emploi Retraités Ensemble des adultes
Classe moyenne 42 % 36 % 40 %
Classe ouvrière 24 % 24 % 23 %
Bourgeoisie 3 % 7 % 4 %
Classe défavorisée 7 % 7 % 8 %
Classe privilégiée 8 % 5 % 8 %
Un groupe professionnel 11% 11 % 9 %
Un groupe social 2 % 3 % 2 %
Autre 3 % 7 % 6 %

Bibliographie

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes

Vidéographie

  • Les Prolos, documentaire de Marcel Trillat sur la classe ouvrière contemporaine en France