Claire Ferchaud

Claire Ferchaud
Biographie
Naissance
Décès
(à 75 ans)
Nationalité

Claire Ferchaud ( - ), en religion sœur Claire de Jésus Crucifié, est une mystique dévote du Sacré-Cœur de Jésus qui pendant la Première Guerre mondiale prétendit s'être fait confier une mission par le Christ. Elle a vécu au couvent des Rinfilières à Loublande (commune des Deux-Sèvres).

Enfance

Claire Ferchaud est née à quelques kilomètres de Saint-Laurent-sur-Sèvre, dans la petite bourgade de Loublande, dans le bocage vendéen. Elle a fréquenté l’école du Sacré-Cœur et depuis sa plus tendre enfance, elle déclare être sujette à des apparitions. Le Christ, la Vierge Marie viendraient à sa rencontre et lui délivreraient des messages.

Fin 1916, pendant la Première Guerre mondiale, elle aurait eu la vision de Jésus lui montrant son cœur « lacéré par les péchés de l’humanité » et traversé par une plaie profonde encore  : l’athéisme. Elle s'en confie au pasteur de Loublande, l'abbé Audebert.

La rencontre avec le président de la République

Elle se considère investie d'une mission par le Christ : contacter le président Raymond Poincaré, lui demander de se convertir d'« aller dans le droit chemin qui est la civilisation chrétienne [...] de montrer le bon exemple en combattant la Franc-maçonnerie », de faire apposer l'image du Sacré-Cœur sur le drapeau national et que l'armée française autorise le port de cet emblème sur les uniformes des soldats. De tout cela dépendra la victoire sur l'ennemi.

Elle visite le président de la République le 16 janvier 1917

Grâce à l’intervention insistante d'Armand Charles de Baudry d'Asson (père d’Armand Quentin de Baudry d'Asson), député royaliste de Vendée, elle est reçue le 21 mars à l’Élysée où elle vient délivrer son message : « Le sacré-Cœur veut que la France officielle reconnaisse Dieu pour maître », « La France doit montrer que la religion n’y est plus persécutée en acceptant de peindre le Sacré-Cœur sur son drapeau ».

Le Président lui explique qu'il ne peut, à lui seul, « défaire des lois » et que l'on ne peut modifier quoi que ce soit sur le drapeau national. Il semble lui promettre de poser la question à la Chambre des députés mais il n'en fait rien. Claire Ferchaud lui envoie donc un second courrier le 1er mai, qui restera lui aussi sans effet.

L'appel aux généraux

Le 7 mai 1917, elle adresse alors une lettre d'avertissement à 14 généraux d'armées, demandant « que l'image du Sacré-Cœur, signe d'espérance et de salut, brille officiellement sur nos couleurs nationales ». Cette lettre fut écrite à quinze exemplaires et envoyée aux généraux suivants :

ainsi qu'aux généraux : Édouard de Castelnau, Robert Georges Nivelle, Marie Émile Fayolle, et Ferdinand Foch.

On sait aujourd'hui, deux sources l'attestent (celle du curé de Bonbon, l'abbé Paul Noyer et celle du P. Perroy le 17 novembre 1918), que seul le général Foch (commandant le 20e corps d'armée de Nancy, puis commandant suprême des forces alliées) a consacré les forces armées françaises et alliées au Sacré-Cœur le 16 juillet 1918 au cours d'une cérémonie privée.

Le Sacré-Cœur sera invoqué durant ce conflit par des millions de fidèles, mais ne sera jamais placé sur les étendards. De fait, l'image du Sacré-Cœur, diffusée à des millions d'exemplaires, était déjà bien présente dans les tranchées, au point qu'une circulaire du ministère de la Guerre du 6 août 1917 (contresignée par Pétain) en interdit l'exhibition.

La retraite après le conflit

Revenue dans ses Mauges natales, Claire Ferchaud organisa la vie d'une communauté de « vierges réparatrices » qui reçut, dans un premier temps, l'appui des autorités religieuses. Mais, le 12 mars 1920, un décret du Saint-Office[1] désavouait les dires de Claire Ferchaud en estimant que les « faits de Loublande » « ne peuvent être approuvés ». Le cardinal Amette regretta de « n'avoir pu découvrir une inspiration surnaturelle » dans les déclarations de Claire Ferchaud[2].

Elle prit le nom de Sœur Claire de Jésus Crucifié.

Bibliographie

  • Claude Mouton-Raimbault, Présence de Claire Ferchaud, DPF (Éditions de Chiré).
  • Claude Mouton-Raimbault, Au plus fort de la tourmente, de Claire Ferchaud, Résiac.
  • Claire Ferchaud, Notes autobiographiques : tome 1, Paris, éditions Pierre Téqui, , 160 p. (ISBN 9782740304877)
  • Claire Ferchaud, Notes autobiographiques : tome 2, Paris, éditions Pierre Téqui, , 184 p. (ISBN 9782740304884)
  • Jean-Yves Le Naour, Claire Ferchaud – La Jeanne d'Arc de la Grande Guerre, Hachette Littératures, coll. « Essais », 2007, 285 p.

Références

  1. Décret du Saint Office du 12 mars 1920 , Actes de Benoit XV, Encycliques, Motu-Proprio, Brefs, Allocutions, Actes des dicastères, etc..., Maison de la Bonne Presse, Tome 2, Paris, 1918-Septembre 1920, (Traduction française officielle), p. 234.
  2. Jacques Benoist, Le Sacré-Cœur des femmes, de 1870 à 1960, Editions de l'Atelier, 2000, p. 1560