Clément Loubet

Clément Loubet
Clement loubet.jpg
Biographie
Naissance

Vielmur-sur-Agout
Décès
(à 39 ans)
Settat, Maroc
Nationalité
Français
Activité
Militaire
Autres informations
Grade militaire
Capitaine
Distinctions
Chevalier de la légion d'honneur
Médaille coloniale agrafe Sahara

Le capitaine Clément Frédéric Alexis Arnaud Loubet (né le à Vielmur-sur-Agout, dans le Tarn et mort le (à 39 ans) à Settat, au Maroc, lors d'une attaque, pendant la campagne du Maroc) est un militaire français qui combattit dans les guerres coloniales de l'armée française en Algérie et au Maroc.

Biographie

Fils d'Alexis Loubet, gendarme à cheval qui a pris sa retraite à Dourgne, et de Marie-Louise Py, Clément Loubet, originaire de Castres, est l'aîné d'une fratrie de quatre frères, Paul-Jean, Paul-Élie et Hippolyte Armand et Léon baptiste[1]. Il se marie le 10 avril 1894 à Nauny Eugénie Joséphine, issue d'une riche famille franco-algérienne. Il n'a aucun lien de parenté avec l'ancien président de la République Émile Loubet.

Décès

C’est à l’âge de 40 ans que Clément Loubet meurt. Il se blesse d'une balle au bas-ventre durant l’attaque du camp du général Albert d'Amade par les hommes de Moulay Hafid, des haffidiens. Ils étaient près de 2000 et comptaient sur l’obscurité de la nuit du 7 au 8 avril pour surprendre le camp. Campée à Tallouit à 20 kilomètres au sud, la mehalla haffidienne voulut une dernière fois tenter une attaque. Les marocains attaquèrent le bivouac de la 1re brigade.Il était 3h30 du matin mais la vigilance des avant-postes déjoua leurs projets. Repoussée dans le ravin de l'oued Mousa, les attaquants se reformèrent et se glissant dans les hautes-herbes vinrent vers quatre heures se ruer sur le carré de la 2ème brigade. Leur marches d'approche s'effectua par des cheminements dérobés et sous la conduite de guides connaissant dans ses moindres détails le terrain des bivouacs français. Un chef de poste ayant entendu dans la nuit des bruits suspects fit replier ses hommes dans le plus grand silence à 60 mètres en arrière. Quand les marocains croyant surprendre le poste se précipitèrent sur les tentes, des coups de feu en rafales les accueillit et leur fit subir des pertes cruelles.

Aux premières lueurs du jour, la cavalerie poursuivit pendant environ 7 kilomètres les assaillants jusqu'au-delà de l'Aine Beïda au sud de Settat. Malheureusement, le capitaine Loubet fut blessé. Il succomba à ses blessures quelque temps après l’attaque.

Durant cette attaque, sept hommes sont morts : Le capitaine Loubet, l'adjudant Perès du 12e tirailleurs, les soldats Houzelles et Bunero du 2e étranger, le sergent de zouave Joux, blessé à la cuisse le zouave Tréguez, blessé à la poitrine, le tirailleur indigène Assen-Saïd et la goumier Massaoud ben Lassa, légèrement blessé. Le général d'Amade fit mettre la petite ville en état de défense : des petits fortins, dont le principal fut le fort Loubet, couronnèrent donc les crêtes dominant la ville et une garnison d'une force imposante fut affectée à la défense du territoire français[2].

Ascendance

Incident du château d'eau

Guillaume Robillard (photographie réalisée par Alphonse Bertillon)

Le , Guillaume Joseph Robillard (né le à Vaucresson), alors âgé de 35 ans, le secrétaire du syndicat des fondeurs en cuivre, a été arrêté pour avoir saisi par la bride le cheval du capitaine Loubet, à avoir adressé des injures à l’officier et à avoir essayé de désarçonner le capitaine.Le capitaine était très aimé de ses camarades comme de ses hommes. L'anarchiste Robillard, qui se rendait à la bourse du travail, fut arrêté sur la place du Château-d’ eau par le passage du 76e de ligne conduit par le capitaine Loubet, musique en tête. Il assista avec plaisir au défilé des deux premiers bataillons, et lorsque le troisième parut, quand les musiciens venaient de se placer sur le trottoir et exécutés un pas redoublé , tandis que les hommes, quatre par quatre, entraient dans la cour , il traversa, étant pressé, et saisi d’un mouvement instinctif la bride pour pouvoir passer. Le capitaine Loubet leva alors son sabre et en frappa du plat M. Robillard pour lui faire lâcher prise. Aussitôt un sergent accourut, frappa d’un coup de crosse de fusil M. Robillard, sur lequel la foule s’abattit par surcroît. M. Robillard, qui demeurait chez sa mère 26 rue du Sénégal, reçu ,par le tribunal, un mois de prison pour outrage à un commandant de la force publique.

Le général Ménetrez, dont dépend le 76e régiment d’infanterie, s'est rendu le matin à la caserne pour entendre le capitaine Loubet. C'était dans le but de préciser exactement les conditions dans lesquelles s’était produit l'incident.

D'autre part, c'est la 9e chambre qui s'était occupé de cette affaire.

A la bourse du travail, l'incident a causé la plus vive émotion et les membres de la Confédération générale du travail se sont réunis afin de définir les mesures à prendre pour faire relâcher le secrétaire du syndicat des fondeurs. Guillaume Robillard passe pour un antimilitariste. Des renseignements qui ont été fournis au commissariat de police résulte que Robillard s'est bien intentionnellement livré à la manifestation qui lui a si mal réussi. Il serait, prouvé par deux témoignages précis, que quelques minutes avant le passage du capitaine Loubet, Robillard avait dit textuellement à voix haute en s'adressant à ses voisins :

- Vous voyez cet officier. Eh bien ! Je vais lui faire casser la g.....!

Le secrétaire des fondeurs en cuivre essaya de tenir parole. Il dit une version différente :

- J'étais pressé et j'ai voulu passer. J'ai saisi la tête du cheval en disant "Il va me casser la g.....".

Quand aux blessures et notamment celle que porte à la tête Guillaume Robillard, le capitaine Loubet se défend d'avoir frappé de la pointe de son sabre, et qu'elles sont du fait des furieux acharnés[2].

Hommages

Un monument a été érigé à Settat, au Maroc en l'honneur du capitaine Loubet[3],[4].

Fort Loubet

C'est en 1908 qu'un fort a été nommé « Loubet » en l'honneur au Capitaine Loubet. Il est situé dans les alentours de Settat, à 40 km au sud de Casablanca et il servais de stockage de poudre pour l'armée. Le fortin fut construit car le général d'Amade mit en état de défense la ville après l'attaque à Settat dans la nuit du 7 au 8 avril 1908[4],[5].

Rapport du Fort Loubet, fait par le lieutenant-colonel Marval, durant la première guerre mondiale, le 27 avril 1915.
Logement Campement de tentes sur murets en hémicycle confortable
Eau De source, stérilisée au permanganate
Nourriture 900-1000 gr. de pain ; 200 gr. de viande ; 200 gr. de légumes secs et 30 gr. de légumes verts. Cantine où les soldats peuvent acheter de la cocose, des sardines, du chocolat, etc.
Couchage Comme partout ailleurs au Maroc
Couvertures 2 par homme, car les nuits sont fraîches.
Vêtements Chaussettes, caleçons, et chaussures seraient nécessaires.
Santé des prisonniers Excellente
Travail Aux chantiers de construction pour les maçons, aux routes pour les manœuvres, 8 heures par jour. Les prisonniers sont libres le dimanche
Services religieux Point jusqu'ici. Les prisonniers (tous catholiques) en ont demandé il y a peu de jours et ils auront la messe chaque dimanche
Paquets, argent Mêmes plaintes qu'ailleurs
Secours collectifs Utiles
Remarques, améliorations On ne fera dorénavant point de retenue sur les sous de poche ; les 20 centimes seront remis à tous les bons travailleurs, afin de les stimuler ; à ceux qui méritent une punition on ne les donnera pas. Cette mesure sera généralisée à tous les camps du Maroc, où il y a actuellement 5.300 prisonniers.

La direction de ce camp est excellente.

Odonymie

Une rue a été nommée « Rue du Capitaine Loubet » à Casablanca en l'honneur du Capitaine. Elle est située dans le quartier de Hay Mohammadi[6].

Service militaire

Il a étudié à l'école des enfants de troupe de Rambouillet dont il fut un des plus brillants élèves. Au 144e régiment d’infanterie, le , il devient soldat.

Il devient caporal le .

Il devient caporal fourrier le .

Il devient sergent fourrier le .

Il devient sergent le .

Il devient sergent major le .

Il devient sous-officier le à l'école militaire d'infanterie de Saint-Maixent.

Au 2e régiment de tirailleurs algériens, il devient sous-lieutenant le .

Il devient lieutenant le puis lieutenant de 1re classe le puis détaché au dépôt d’Avignon du au .

C'est au 76e régiment d'infanterie, à Paris un , qu'il devient Capitaine, soit 16 ans après sa rentrée dans l'armée.

La base Léonore conserve 13 fichiers en rapport avec la Légion d'honneur du capitaine Loubet[7].

Campagnes

Il participa à plusieurs campagnes en Algérie et en région Sahara.

Lieu Date
Drapeau de l'Algérie Algérie Du Au
Drapeau de l'Algérie Algérie Du Au
Sahara occidental Du Au
Drapeau de l'Algérie Algérie Du Au
Sahara occidental Du Au
Drapeau de l'Algérie Algérie Du Au
Sahara occidental Du Au
Drapeau de l'Algérie Algérie Du Au

Décorations

Au cours de son parcours militaire, il obtenue plusieurs médailles :

Notes et références