Cisjordanie

Cisjordanie
יהודה ושומרון (he)
الضفة الغربية (ar)
image illustrative de l’article Cisjordanie
Administration
Pays Drapeau d’Israël Israël
Statut politique Territoire administré par l'Autorité palestinienne et Israël (occupé sous le nom de Judée-Samarie[1])
Démographie
Population 3 200 000 hab. (2013)
Densité 546 hab./km2
Langue(s) arabe et hébreu
Géographie
Coordonnées 32° 00′ 00″ nord, 35° 23′ 00″ est
Superficie 5 860 km2
Divers
Monnaie Nouveau shekel israélien
Fuseau horaire UTC +2
Sources
Ce territoire est sous juridiction palestinienne en partie et israélienne en partie

La Cisjordanie (à laquelle Israël fait référence en tant que Judée-Samarie[2]) est un territoire limité au nord, à l'ouest et au sud par la ligne d'armistice de la guerre israélo-arabe de 1948-1949 et à l'est par le Jourdain et la Mer Morte qui font frontière avec la Jordanie. Le territoire couvre une surface de 5 860 km2 et est très majoritairement peuplé de Palestiniens[3].

La Cisjordanie englobe les villes de Jérusalem-Est, Jéricho, Naplouse, Hébron, Jénine et Tulkarem, de nombreux lieux saints des trois religions abrahamiques et également des colonies israéliennes considérées comme illégales au regard du droit international, telles qu'Ariel, Ma'aleh Adumim, Betar Illit et le Goush Etzion.

La Cisjordanie fait l'objet de nombreuses résolutions de l'ONU dont la 181 et la 242. À la suite des accords d'Oslo et de l'Accord intérimaire sur la Cisjordanie et la bande de Gaza, Israël en administre seule une partie, la zone C, la zone B étant administrée conjointement par Israël et l'Autorité palestinienne, la zone A étant entièrement sous contrôle palestinien. L'Autorité palestinienne la revendique dans le cadre de l'État de Palestine[4],[5]. Israël y voit un territoire disputé, tandis qu'une partie de la communauté internationale la considère comme un territoire occupé.

Sous mandat britannique à partir de 1923, une partie du territoire a été proposé pour accueillir un futur État arabe dans le cadre du plan de partage de la Palestine adopté en 1947 par l'Assemblée générale des Nations unies, Jérusalem-Est et ses environs devant être placés sous juridiction internationale. À l'issue de la Guerre israélo-arabe de 1948, elle est occupée et annexée par la Transjordanie en 1949. Cette annexion n'est pas reconnue par la communauté internationale (à l'exception du Royaume-Uni, de l'Irak et du Pakistan) et par la Ligue arabe, qui menace alors d'exclure l'émirat[6]. À la suite de la Guerre des Six Jours, Israël occupe la Cisjordanie. Depuis cette époque, Israël permet l'implantation de colonies. En 1980, Israël annexe Jérusalem-Est et fait de « Jérusalem réunifiée » sa capitale. En 1988, l'OLP déclare la création d'un État palestinien en Cisjordanie et à Gaza avec Jérusalem-Est pour capitale[7]. Entre 1990 et 2001, le statut et le partage du territoire ont fait l'objet de négociations infructueuses entre l'Autorité palestinienne et Israël. Depuis 2002, à la suite d'une vague d'attentats-suicides perpétrés par des Palestiniens et tuant plus de 700 civils israéliens, Israël édifie en Cisjordanie une barrière de séparation, visant à lutter contre « les intrusions de terroristes palestiniens » sur le territoire israélien[8].

Dénominations

Ville de Bethléem, Cisjordanie

Le nom propre féminin[9] « Cisjordanie » est la dénomination usuelle du territoire chez les francophones[10]. L'étymologie du toponyme « Cisjordanie » dénote que le territoire « (...) est situé en deçà du Jourdain »[11] et « par rapport à Israël, à l'ouest » du fleuve[11] : en effet, le terme est composé de cis-, un préfixe tiré de la préposition latine cis- signifiant « en deçà de »[11], et de (-)Jordanie, toponyme[12] lui-même dérivé de Jourdain[13] ; l'appellation « Cisjordanie » s'oppose à l'appellation « Transjordanie » qui désigne le territoire au-delà du Jourdain. Ce terme « Cisjordanie » a été utilisé entre 1948 et 1967, après son annexion par le royaume de Transjordanie, devenu ainsi le royaume de Jordanie. L'émirat hachémite de Transjordanie avait été créé dans les années 1920 sur la rive orientale du fleuve et avait été transformé par la Société des Nations en mandat britannique en même temps que la Palestine sur l'autre rive.

Les anglophones utilisent plus souvent, pour cette même région, l'expression West Bank – littéralement « rive ouest » – dénomination également géographique et qui a l'avantage d'être plus neutre vis-à-vis de l'autre rive du Jourdain, mais cette expression est aussi plus imprécise par rapport à d'éventuelles frontières avec l'État d'Israël, qui fut créé en 1948 sur la même rive.

En Israël, le gouvernement et une grande partie des Israéliens adoptent, depuis 1967 et plus résolument depuis l'avènement du premier gouvernement de Menahem Begin en 1977[14], la dénomination de Yehuda véShomron יהודה ושומרון (« Judée et Samarie »), en référence aux territoires des deux royaumes bibliques issus du schisme entre la Judée, dont la capitale est Jérusalem, et Israël, dont la capitale est Samarie. D'autres utilisent en hébreu l'expression haGada haMa'aravit הגדה המערבית (la rive occidentale) ou en abrégé haGada (la rive). Enfin, en arabe (seconde langue officielle de l'État d'Israël), on retrouve parfois pour la désignation de cette région le terme de « Al dhifa al gharbia » الضفة الغربية qui signifie « rive ouest ».

L'ONU elle-même a également utilisé les termes de Judea et de Samaria dans le texte de la résolution 181 de pour désigner précisément dans sa partie 2, les frontières des deux États, arabe et juif, à créer par le partage de la Palestine mandataire. Dans ce document officiel, l'ONU utilise comme des références les frontières connues de la Judée et de la Samarie en tant que régions, en même temps qu'elle parle de la Galilée, du Néguev, du District de Haïfa ou du district de Gaza, ou encore des sous-districts administratifs de l'époque.

Des personnalités publiques comme Hugh Fitzgerald[15], vice-président du Jihad Watch Board, remettent en question l'utilisation du terme West Bank en expliquant que l'expression est imprécise et que potentiellement la totalité de l'État d'Israël (à l'exception peut-être du Néguev) est à l'ouest du Jourdain. Selon eux, il faut préférer utiliser une expression comme Judée-Samarie qui est plusieurs fois millénaire, plutôt que Cisjordanie qui ne date que de l'occupation jordanienne. Pour d'autres, comme le professeur de linguistique Lewis Glinert le regrette[16], « la bataille des mots est perdue pour les Israéliens » sur l'utilisation du terme West Bank car « Jordaniens, Britanniques et potentiellement le monde entier » utilisent déjà ce terme.

Le territoire est aussi connu comme la « Rive occidentale du Jourdain »[17],[18],[19],[20] (en anglais : « West Bank of the River Jordan »)[21], une expression peu usitée[21] bien qu'elle ait été présentée comme plus neutre[21].

Les expressions « Rive occidentale de la Jordanie »[22] (en anglais : « West Bank of Jordan »)[21] et « ancienne Rive occidentale de la Jordanie » (en anglais : « former West Bank of Jordan »)[21] sont attestées.

Histoire

L'histoire de la Cisjordanie (ou Judée-Samarie) ne se distingue en rien de celle de l'ensemble de la région jusqu'en 1948. La Judée-Samarie couvre les provinces historiques de Samarie et de Judée (recouvrant la Cisjordanie) qui constituent le berceau antique du peuple juif[23]. Les chutes successives du royaume d'Israël dont la capitale était Samarie puis du royaume de Judée placent ces territoires dans les domaines des empires babylonien, puis perse et enfin grec. La royauté hasmonéenne restaure provisoirement une souveraineté juive sur des frontières de plus en plus grandes avant de s'incliner face à l'empire romain. Les dernières révoltes juives sont écrasées au IIe siècle. Le christianisme s'impose à l'Empire romain puis byzantin.

Fin du mandat britannique et nouveaux conflits

Le plan de partage de la Palestine de prévoit l'intégralité des monts de Judée et de Samarie dans les frontières de l'État arabe dont il planifie la création (à l'exception de Jérusalem, avec un statut séparé).

L'année 1947 voit s'affronter violemment les populations juive et arabe de Palestine. Au lendemain du départ des Britanniques, l'État d'Israël proclame son indépendance le sur les territoires qui lui sont attribués par la résolution 181. Les armées des pays arabes voisins fondent immédiatement sur le nouvel État. La Transjordanie, qui a l'armée arabe la plus puissante de la région (la Légion arabe), a le projet d'annexer la plus grande partie possible de la Palestine en arrivant par l'Est. Les Israéliens résistent puis repoussent leurs adversaires jusque dans la ville de Jérusalem. L'armistice obtenu fige les lignes de front et la ligne verte entoure la région toujours occupée par la légion arabe à l'issue du conflit.

La Transjordanie, où le mandat britannique ne s'applique déjà plus depuis mai 1946, proclame l'annexion de la région désormais connue sous le nom de Cisjordanie et s'étend sur les deux rives du Jourdain. Le , lors de sa session inaugurale, le nouveau Parlement jordanien arrête l'acte connu comme le « décret d'Unification » qui confirme l'annexion de la Cisjordanie par la Transjordanie[24]. La Cisjordanie partage alors l'histoire de la Jordanie de cette époque. Abd Allah ibn Hussein en devient le premier roi. Le Royaume-Uni reconnaît l'unification le [25]. Les États-Unis l'avaient déjà reconnue le , à la suite au congrès de Jéricho de [25]. Sa reconnaissance par le Pakistan, souvent mentionnée, est discutée[25]. Dans les années qui suivent, des fedayin traversent la ligne verte depuis la Cisjordanie pour opérer des raids en territoire israélien.

Guerre des six jours et occupation par Israël

La guerre des Six Jours en 1967 entre Israël et ses pays voisins fait perdre au royaume de Transjordanie, renommé depuis 1949 Jordanie, les territoires qu'il contrôlait à l'ouest du Jourdain : la Cisjordanie (dont Jérusalem-Est). Israël prend le contrôle de la région et les premières colonies israéliennes sont implantées dans ces territoires qui sont soumis à une administration militaire. Le royaume hachémite continue de contrôler les lieux saints islamiques. Entre 280 000 et 325 000 Palestiniens fuient les combats ou préfèrent rester sous l'autorité jordanienne[26].

En , Israël annexe Jérusalem-Est par une loi fondamentale qui fait de Jérusalem « une et indivisible », la capitale de l'État.

Le éclate la première intifada, d'abord dans la bande de Gaza, avant de s'étendre à la Cisjordanie. C'est en que le royaume de Jordanie renonce officiellement aux territoires de Cisjordanie, mettant fin à la représentation électorale des populations au sein du parlement jordanien, et faisant redessiner les cartes du royaume pour le limiter à la rive Est du Jourdain, dans les frontières qu'on lui connaît aujourd'hui. L'Organisation de libération de la Palestine s'impose progressivement comme représentation des populations arabes palestiniennes.

Le processus de paix israélo-palestinien installe dans les années 1990 une Autorité palestinienne sur la bande de Gaza et sur certaines villes de Cisjordanie. Une grande partie du territoire reste sous le contrôle intégral des Israéliens et fait l'objet de négociations qui n'ont pas encore abouti. Les frontières entre l'État d'Israël et la Cisjordanie ne sont pas encore clairement fixées et résultent toujours des accords d'armistice israélo-arabes de 1949 à la suite de la guerre israélo-arabe de 1948. La communauté internationale considère qu'Israël occupe les territoires de Cisjordanie et Jérusalem-Est, alors que le gouvernement israélien considère le territoire « disputé ». Israël avance l'argument que ce territoire était sous une souveraineté jordanienne, non reconnu internationalement, et donc qu'Israël ne pourrait occuper un État légitime sur ce territoire.

Démonstration palestinienne contre les forces militaires israéliennes en Cisjordanie

À partir de 2001, le durcissement des positions au cours des négociations et surtout la Seconde intifada mettent à mal le processus de paix. En Cisjordanie, de nombreuses incursions israéliennes ont lieu (en réaction ou en représailles) aux attentats-suicides palestiniens. La plus importante de ces incursions (nommée « Opération Rempart ») est déclenchée à la suite d'un attentat palestinien particulièrement meurtrier dans la ville de Netanya le , revendiqué par le mouvement islamiste Hamas et faisant 29 morts. « Rempart » a consisté en une réoccupation de la plupart des villes palestiniennes de Cisjordanie, principalement Ramallah (où le complexe présidentiel de Yasser Arafat a été largement détruit, ainsi que le centre de la sécurité préventive palestinienne situé à Beitounya), Naplouse (où des combats particulièrement violents dans la casbah ont occasionné la mort de 78 Palestiniens), et Jénine.

En 2002, le gouvernement israélien (à l'époque un gouvernement de coalition comprenant aussi bien le Likoud que les travaillistes) a décidé la construction d'une barrière de séparation dont le but annoncé est de protéger les citoyens israéliens des attentats-suicides. La construction de cette barrière est condamnée par la communauté internationale[27]. Divers journalistes affirment que la barrière de séparation construite par Israël pose des problèmes économique, social et culturel à la société palestinienne et entraverait la constitution d'un état palestinien[28],[29],[30].

Graffiti sur la route de Bethléem en Cisjordanie indiquant "Ich bin ein Berliner", décembre 2007.
Mur de séparation à Jérusalem-Est, vu depuis la vieille ville. Haut de huit mètres, il sépare la municipalité de Jérusalem de la Cisjordanie.

L'Assemblée générale des Nations unies a adopté, le , une résolution condamnant la construction d'un « mur » empiétant sur le « territoire palestinien occupé » par 144 voix pour et 4 contre[31].

Le , la Cour internationale de justice donne son avis consultatif sur la question que lui posait l'Assemblée générale des Nations unies[32]. Elle a affirmé dans sa réponse[33] que : « L'édification du mur qu'Israël, puissance occupante, est en train de construire dans le territoire palestinien occupé, y compris à l'intérieur et sur le pourtour de Jérusalem-Est, et le régime qui lui est associé, sont contraires au droit international »(traduction libre)[34],[35].

Une controverse a immédiatement démarré, alimentée par le tracé du passage de la clôture. Celui-ci, empiétant parfois largement hors de la ligne verte et englobe des colonies israéliennes de Cisjordanie. Ce qui est considéré par les Palestiniens[Qui ?] comme une tentative d'appropriation de terres par le biais d'un fait accompli sur le terrain. Cette controverse a culminé lors de l'intervention de la Cour internationale de justice sur le sujet, qui a déclaré le « mur » illégal, à la suite d'une résolution de l'Assemblée générale pour la consulter. Israël n'a pas ratifié le traité créant cette Cour et ne reconnaît pas son autorité sur ce sujet litigieux sur lequel elle aurait été consultée sans l'accord des différentes parties impliquées[8].
Malgré les manifestations quotidiennes en Cisjordanie, la « barrière de sécurité » d'Israël progresse. Une fois achevée, elle devrait mesurer 730 kilomètres.

Barrière de séparation israélienne

Cette barrière aggrave significativement les problèmes économiques des populations palestiniennes et, dans un certain nombre de cas, crée des obstacles à l'accès aux soins et à l'éducation[réf. souhaitée]. Elle a cependant eu un impact significatif sur le nombre d'attentats-suicides perpétrés sur le territoire israélien. Fin , la Cour suprême de l'État d'Israël a ordonné des changements notables du tracé de la clôture, la rapprochant de la ligne verte de 1967. Cependant, des « blocs » de colonies israéliennes situées dans les territoires palestiniens sont englobés dans le tracé modifié. L'existence et le tracé de cette construction incluant plusieurs grands blocs de colonies israéliennes, sont contestés sur des aspects politiques, humanitaires et légaux. L'Assemblée générale des Nations unies a adopté, le 21 octobre 2003, une résolution condamnant la construction d'un « mur » empiétant sur le « territoire palestinien occupé » par 144 voix pour et 4 contre[31]. La Cour internationale de justice, dans son avis consultatif du 9 juillet 2004, informe que la construction du mur est contraire au droit international[36].


En , dans le processus lié à la décision israélienne de se désengager d'une partie de la Cisjordanie et de l'intégralité de la bande de Gaza, la Cour suprême d'Israël a déclaré que ces territoires étaient une « possession belligérante » (occupés par fait de guerre[réf. nécessaire]) et ne faisaient pas partie du territoire national.

La Cour suprême d'Israël n'emploie jamais le mot « occupation » (kibbush en hébreu) pour qualifier la présence israélienne en Cisjordanie[37] ; elle n'emploie pas davantage la locution « Territoires occupés » à laquelle elle substitue l'expression « la Zone » (ha-Ezur en hébreu)[37] ; elle traduit la locution « occupation belligérante » par l'expression « possession belligérante » (tfisah lohmatit en hébreu)[37].

La résolution 2334 du Conseil de sécurité des Nations unies adoptée le [38] et relative à la question de la Palestine, rappelle les résolutions 242, 338, 446, 452 , 465 , 476, 478, 1397  , 1515  et 1850  , en « exigeant de nouveau d’Israël qu’il arrête immédiatement et complètement toutes ses activités de peuplement dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est ».

Géographie

La Cisjordanie est un territoire de 5 860 km2[39] situé au Proche-Orient, entouré à l'ouest du Jourdain[40],[41] et au nord-ouest de la mer Morte[42]. Bien que proche du bassin Levantin, il est sans accès à la mer[43].

Il couvre, au nord, la Samarie[42] et, au sud, une partie[44] de la Judée[42], deux régions historiques du versant occidental du bassin endoréique de la vallée du rift du Jourdain. Il est délimité, à l'ouest et sur 307 kilomètres, par la « Ligne verte », ligne de démarcation résultant de la convention jordano-israélienne d'armistice général signée Rhodes, le , au terme de guerre israélo-arabe de 1948-1949 et, à l'est, par la frontière résultant du traité de paix israélo-jordanien signé à Arabah le [45].

Village en Samarie

Le point le plus bas se situe près de la mer Morte à une altitude de −408 m au plus bas de la dépression de la vallée du Jourdain. Les Monts de Judée culminent au Mont Hazor à 1 022 m, suivi par les monts Ebal (940 m) et le Garizim (881 m).

Vue des monts de Judée depuis la ville de Ramallah

Les principaux cours d'eau sont :

  • le Wadi Fa'rah  (en arabe), ou Nahal Tirza (en hébreu), qui se jette dans le Jourdain ;
  • le Nahr Mufjir (en arabe), ou Hadera (rivière)  en hébreu, qui se jette dans la mer Méditerranée à Hadera en Israël ;
  • le Wadi Kabibala (en arabe), ou rivière Lakish (en hébreu), en Judée, qui se jette dans la Méditerranée à Ashdod en Israël.

Climat

Le climat de la Cisjordanie est principalement méditerranéen, légèrement plus froid dans les zones élevées par rapport au rivage, à l'ouest de la région. A l'est, la Cisjordanie comprend le désert de Judée et le littoral de la mer Morte - tous deux avec un climat sec et chaud.

Administration territoriale

Après la signature des Accords d'Oslo, la Cisjordanie a été divisée en 11 gouvernorats sous la juridiction de l'autorité nationale palestinienne.

Carte de la situation en 2014. Territoires administrés par l'autorité palestinienne (en beige) et Territoires occupés par Israël (en bleu clair). Les colonies israéliennes des territoires occupés (en magenta).
Gouvernorat Pop. estimée 07.2014[46] Surface (km2)[46]
Gouvernorat de Jénine 303 565 583
Gouvernorat de Tubas 62 627 402
Gouvernorat de Tulkarem 178 774 246
Gouvernorat de Naplouse 372 621 605
Gouvernorat de Qalqilya 108 049 166
Gouvernorat de Salfit 69 179 204
Gouvernorat de Ramallah et Al-Bireh 338 383 855
Gouvernorat de Jéricho 50 762 593
Gouvernorat de Jérusalem
(y compris Jérusalem-Est occupée par Israël)
411 640 345
Gouvernorat de Bethléem 210 484 659
Gouvernorat de Hébron 684 247 997
Total 2 790 331 5 655


Principales villes

Rue du centre-ville de Ramallah.

Les principales villes palestiniennes de Cisjordanie sont :


Les principales colonies israéliennes considérées comme illégales au regard du droit international sont :

Principaux foyers de populations
Foyers Population
Hébron (al-Khalil) 163 146[48]
Naplouse 136 132[48]
Jénine 90 004[48]
Tulkarem 51 300[48]
Yattah 48 672[48]
Modiin Illit 48 600[49]
Qalqilya 41 739[48]
Al-Bireh 38 202[48]
Betar Illit 37 600[49]
Ma'aleh Adumim 33 259[49]
Ramallah 27 460[48]
Bethléem 25 266[48]
Jéricho 18 346[48]
Ariel 17 700[49]

Démographie

Articles détaillés : Démographie de la Palestine et Palestiniens.

La population totale estimée à 3 200 000 personnes en 2013 (y compris à Jérusalem-Est)[39],[50].

La population de Cisjordanie est composée :

  • d'environ 3 millions de Palestiniens dont 208 000 à Jérusalem-Est[50] ;
  • d'environ 315 000 Israéliens à Jérusalem-Est[39],[51]
  • d'environ 435 159 Israéliens dans le reste de la Cisjordanie[39].

La population totale de l'ensemble varie de 2 514 845[39] à 2 858 000 personnes[52],[53].

Habitants Arabes palestiniens

Article détaillé : Palestiniens.
Palestiniens au marché à Hébron

Selon l'institut de statistiques palestiniens PCBS, la population arabe palestinienne de Cisjordanie atteint 2 719 112 habitants en 2013 (y compris à Jérusalem-Est). Le dernier recensement complet de la population a eu lieu en 1967, et recensait environ 700 000 Arabes. Les données publiées ultérieurement sont basés en grande partie sur des estimations et des hypothèses

Habitants Juifs israéliens

Article détaillé : District de Judée et Samarie.
La région israélienne de la Judée-Samarie correspond au territoire de la Cisjordanie

Selon l'institut de statistiques israélien, en 2009, la population juive israélienne de Cisjordanie est évaluée à 220 000 personnes à Jérusalem-Est et 293 000 dans le reste du territoire[53] et connait un taux de croissance élevé du fait de l'immigration et d'un très fort taux de natalité (+ 4,1 % en rythme annuel en 2009) chez les Juifs de Cisjordanie, dépassant celui des Palestiniens.

Selon le démographe Youssef Courbage, les israéliens représentent 20 % de la population totale en 2005 et probablement 25,5 % en 2025[54].

L'implantation d'installations israéliennes en Cisjordanie a été encouragée depuis son occupation par Israël en 1967, avec une accélération du mouvement depuis 1977, sous le gouvernement de Menahem Begin. La politique d'implantations s'est poursuivie au long de la période du processus de paix, même si en quelques occasions, les Israéliens, en signe de bonne volonté, ont gelé leur implantation de manière temporaire. Le nombre d'Israéliens a plus que doublé entre 1993 et 2006[55]. Les implantations israéliennes sont illégales selon les résolutions votées à l'ONU[56],[57]. La résolution 2334 du Conseil de sécurité des Nations unies adoptée le [58] « exige de nouveau d’Israël qu’il arrête immédiatement et complètement toutes ses activités de peuplement dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est » (traduction libre).

Communication et transports

Routes

L'infrastructure de transport est particulièrement problématique car l'utilisation des routes par les Palestiniens dans la zone C est très restreinte et les temps de déplacement peuvent être excessifs[59]; tandis que de nombreuses autres routes étaient réservées aux transports publics et aux Palestiniens disposant de permis spéciaux délivrés par les autorités israéliennes[60],[61],[62].

L'accès aux routes dans la zone sous contrôle administratif et militaire israélien est restreint par des contrôles militaires[59].

D'après l'homme politique et activiste palestinien, Moustafa Barghouti, Israël a maintenu plus de 600 points de contrôle ou barrages routiers dans la région pendant les Intifadas[63]. En conséquence, durant cette période de conflit, des restrictions de mouvement ont également été placées sur les routes utilisées par les Palestiniens[64]. Des passages souterrains et des ponts (dont 28 ont été construits et 16 prévus en 2007) relient des zones palestiniennes séparées et les routes de contournement[65].

Télécommunication

La société palestinienne de télécommunications Paltel fourni en Cisjordanie des services de communication tels que des lignes fixes et des accès à Internet. Le code de numérotation +970 est utilisé en Cisjordanie et dans tous les territoires palestiniens. Jusqu'en 2007, le marché mobile palestinien était monopolisé par Jawwal. Un nouvel opérateur mobile pour les territoires lancé en 2009 sous le nom de Wataniya Telecom.

Le nombre d'utilisateurs d'Internet dans les territoires palestiniens est passé de 35 000 (1,1 %) à 3 millions en 2016 (63 % de la population)[66]. Selon un sondage, en 2009, 96 % des Palestiniens ont un téléphone, 57 % possèdent un ordinateur et 32 % ont accès à l'Internet[67].

Radio et Télévision

La Palestinian Broadcasting Corporation diffuse à partir d'une station AM à Ramallah sur la fréquence 675 kHz. De nombreuses stations privées locales sont également en service. La plupart des ménages palestiniens ont une radio et une télévision, et les antennes paraboliques pour recevoir une couverture internationale sont très répandues. Récemment, PalTel a annoncé et a commencé à mettre en œuvre une initiative visant à fournir un service Internet haut débit ADSL à tous les ménages et entreprises. La station Al-Aqsa Voice diffuse depuis le Dabas Mall de Tulkarem sur 106,7 FM. La chaîne de télévision Al-Aqsa TV partage ses bureaux.

Économie

Article détaillé : Économie palestinienne.

Tourisme

Le tourisme prit de l'importance avec la signature des accords d'Oslo[68]. Après la seconde intifada, l'industrie du tourisme décline de 90 %, mais depuis 2010, 4,5 millions de touristes visitent les territoires palestiniens chaque année[69]. Le tourisme principal concerne les sites du christianisme et la plupart des touristes sont des religieux chrétiens[70].

Conséquences économiques de l'occupation israélienne

Selon un rapport de 2007 de la Banque mondiale, l'occupation israélienne de la Cisjordanie a détruit l'économie palestinienne, en violation de l'Accord de 2005 sur les déplacements et l'accès[réf. nécessaire]. Toutes les routes principales (d'une longueur totale de 700 km) sont essentiellement interdites aux Palestiniens, ce qui rend impossible toute activité normale[Information douteuse] [?]. La reprise économique réduirait la dépendance palestinienne à l'aide internationale d'un milliard de dollars par an[71].

Selon la Banque mondiale, les allégements des restrictions dans les zones sous contrôle millitaire et civile israélien sont bénéfiquent au développement de l'économie palestinienne[72]. Selon le rapport de la Banque mondiale, sans les contraintes physiques, légales, des régulations et bureaucratiques, le potentiel économique est évalué à un positif de 2,2 milliards USD par an et réduiraient de 800 millions le déficit de l'Autorité palestinienne; l'emploi serait enclin à augmenter de 35% selon se scénario[73].

En , les dirigeants palestiniens ont déclaré qu'ils demanderaient au conseil de sécurité des Nations unies d'établir un calendrier pour mettre fin à l'occupation israélienne. La demande serait présentée le , à la suite d'une réunion de la Ligue arabe le , au cours de laquelle un soutien serait demandé. À moins qu'un calendrier ne soit établi, les dirigeants palestiniens ont déclaré qu'ils demanderaient à la Cour pénale internationale de tenir Israël pour responsable de ses actions non seulement en Cisjordanie, mais aussi dans la bande de Gaza[74].

Ressources en eau

Amnesty International indique dans un rapport de 2009 traitant des ressources en eaux régionales que :

« Les Palestiniens des territoires palestiniens occupés n'ont pas accès à un approvisionnement en eau suffisant et sûr ... Les politiques israéliennes discriminatoires sont à l'origine de la disparité frappante dans l'accès à l'eau entre Palestiniens et Israéliens ... L'inégalité est encore plus prononcé entre les communautés palestiniennes et les colonies israéliennes illégales, établies en violation du droit international. Les piscines, les pelouses bien arrosées et les grandes fermes irriguées dans les colonies israéliennes contrastent fortement avec les villages palestiniens dont les habitants luttent même pour satisfaire leurs besoins essentiels en eau domestique. Dans certaines parties de la Cisjordanie, les colons israéliens utilisent jusqu'à 20 fois plus d'eau par habitant que les communautés palestiniennes voisines, qui survivent avec à peine 20 litres d'eau par habitant par jour - le minimum recommandé par l'OMS pour les situations d'urgence[75]. »


Israël affirme avoir implémenté ses engagements concernant les accords signés avec l'Autorité palestinienne. Le gouvernement israélien affirme avoir fourni directement 20,8 millions de m3 supplémentaire en 2008. Tandis que 250 puits illégaux sont utilisés par des Palestiniens en Cisjordanie et que la majorité des eaux usées palestiniennes ne sont pas traitées, dont 14 millions de m3 sont traitées par Israël, 4 millions de m3 par l'Autorité palestinienne, et 34 millions de m3 sont déversés dans l’environnement, contaminant les nappes phréatiques et l'eau se déversant en territoire israélien[76].

Les chiffres de la consommation domestique palestinienne en 2012, selon l'Autorité palestinienne[77]:

Population Approvisionnement ( en millions de m3/an) Consommation Pertes Utilisation per capita (en litre/an)
Cisjordanie 2 435 338 93,9 MCM 67,9 MCM 26,0 MCM 76,4 lpcd

Patrimoine

Dans le Caveau des patriarches à Hébron ont été enterré selon la tradition, Abraham et Sarah, Isaac et Rebecca, et Jacob et Léa. La grotte est également un lieu sacré pour les musulmans.

Le tombeau des personnages bibliques sont répartis sur l'entièreté du territoire. En Samarie: le tombeau de Joseph, de Samuel, de Joshua, de Caleb, de Givat Pinchas et du juge Gidéon. Tandis qu'en Judée se trouve le tombeau de Rachel, de David, de Othniel et de Nathan. Nabi Musa, est le tombeau de Moïse dans la tradition musulmane.

De nombreux sites archéologiques sont éparpillés sur le territoire comme les piscines de Salomon et la forteresse d'Hérodion.

Référencement

Notes

Références

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Voir aussi

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Articles connexes

Liens externes

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  • Notices d'autorité : Fichier d’autorité international virtuel • Bibliothèque nationale de France (données) • Système universitaire de documentation • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • Bibliothèque nationale d’Espagne • Bibliothèque nationale d’Israël