Maladie chronique

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Une maladie chronique (du grec « chronos », le temps) désigne une maladie dont les effets persistent dans le temps, en général plus de trois mois. Les maladies chroniques communes sont l'arthrite, l'asthme, le cancer, le diabète, la maladie de Lyme, la bronchopneumopathie chronique obstructive, ou encore certaines maladies virales comme l'hépatite C et le sida.

En médecine, une maladie chronique est à différencier d'une maladie aigüe, car cette dernière n'affecte en général qu'une partie du corps et répond aux traitements. Au contraire, les maladies chroniques affectent souvent de multiples endroits du corps, ne répondent que peu aux traitements, et persistent sur une longue période[1].

Une maladie qui dure toute la vie et entraîne la mort du patient est considérée comme une « maladie terminale », mais il est possible qu'elle évolue avec le temps en maladie chronique : le diabète et le sida, par exemple, étaient autrefois des maladies terminales, mais sont désormais considérées comme chroniques grâce aux traitements permettant aux patients de vivre avec les symptômes[2].

Elles peuvent connaître des périodes de rémission ou de rechute, pendant lesquelles les symptômes disparaissent temporairement ou réapparaissent subitement. Ces périodes de rémission ou de rechute sont fréquemment évoquées en référence aux troubles liés à la toxicomanie, qui sont parfois considérés comme pouvant être inclus dans les maladies chroniques[3].

Les maladies chroniques sont très souvent associées aux maladies non transmissibles, qui n'ont cependant pas d'origine infectieuse.

Ces maladies sont une des causes majeures de mortalité dans le monde, et l'Organisation mondiale de la santé (OMS) attribue aux maladies chroniques, en particulier aux maladies non transmissibles, 41 millions de morts par an[4].

Épidémiologie

En France

Une liste de 30 maladies chroniques ouvre des droits à l'assurance maladie pour l'obtention de l'ALD couvrant 100 % des dépenses concernant ces maladies.

En 2012, 28 millions de Français (42,9 %) suivaient un traitement au long cours et 15 millions de Français (22,9 %) étaient atteints d'une ou plusieurs maladies chroniques[5].

L'incidence des maladies chroniques est en augmentation constante. Les cancers étaient imputés dans 3,5 % des décès en 1906, 11,5 % en 1945 et 26,9 % en 1990. Les maladies cardio-vasculaires étaient responsables de 12,5 % des décès en 1906, 27,3 % en 1945 et 33,4 % en 1990 (Ils sont cependant en baisse depuis).

Entre 1994 et 2004, ces ALD ont progressé de 73,5 % (+ 84 % pour le cancer ; +83 % pour le diabète).

Cette hausse de 5,7 % par an en moyenne sur dix ans est beaucoup plus rapide que le vieillissement de la population.

Prévention

Afin de contribuer à la quête d’outils de gestion des risques pour faire face au fléau des maladies chroniques, certains incitatifs financiers conditionnels ont été proposés. Cependant, il faut considérer les effets potentiels qui pourraient en découler, tels que la stigmatisation des personnes défavorisées[6].

Notes et références

  1. (en) « Acute and chronic illness », The British Journal of General Practice,‎ (lire en ligne)
  2. (en) Stephanie Bernell et Steven W. Howard, « Use Your Words Carefully: What Is a Chronic Disease? », Frontiers in Public Health,‎ (lire en ligne)
  3. (en) Michael Dennis et Christy K Scott, « Managing Addiction as a Chronic Condition », Addiction science & clinical practice,‎ (lire en ligne)
  4. (en) « Noncommunicable diseases », sur who.int,
  5. Eco-Santé France 2012, d’après données Cnamts via université de Lausanne, Transformation démographique et croissance des maladies chroniques : Sommes-nous prêts ?, 6 décembre 2013
  6. Marie-Eve Couture Ménard, « Une stratégie originale de gestion des risques : les incitatifs financiers conditionnels sont-ils une avenue pour lutter contre les maladies chroniques? », Revue de droit de l'Université de Sherbrooke, 2009-2010, p. 65.

Voir aussi