Christianisme primitif

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Ichtus, symbole des premiers chrétiens.

Le christianisme primitif est la période initiale de développement de la religion chrétienne à partir du Proche-Orient et de l'Europe. La définition du début et de la fin de cette période pose la question des origines du christianisme.

Le milieu de naissance du christianisme

La question des origines

Le mouvement créé par les disciples de Jésus de Nazareth naît au sein du judaïsme pluriel du Ier siècle, dans la mouvance de Jean le Baptiste en Palestine et en Galilée. Dès les années 40, il se développe en Palestine, mais aussi chez les juifs de langue grecque (les « hellénistes ») et notamment dans la Diaspora et peu de temps après dans différents groupes de la société gréco-romaine qui ne sont pas juifs (appelés les païens). Alors que le judaïsme n’apparaît pas comme missionnaire, ce développement rapide semble être le résultat de missions confiées à des apôtres, dont les plus célèbres sont les Douze apôtres. Bien que l'on dispose de moins de sources, les mêmes missions semblent se développer dans la totalité de l'espace araméophone et notamment à l'est du Jourdain et de l'Euphrate.

La question des origines du christianisme est étudiée par diverses écoles d'historiens[1],[2],[3].

Les courants du judaïsme

Plusieurs courants du judaïsme judéen du Ier siècle (sadducéens, esséniens) ont disparu à la chute du Temple de Jérusalem autour de l'an 70. D'autres, comme les pharisiens, ont fusionné petit à petit avec ceux de la Diaspora, notamment autour de l'école de Yavné (vers l'an 90), qui donne naissance au judaïsme rabbinique[4].

Cartographie

Le croquis ci-dessus représente les schémas de filiation des diverses sectes judéo-chrétiennes[5] dans la version du consensus actuel parmi les chercheurs.

Entre les Hassidéens, les hellénistes, les juifs en diaspora[6], les Zélotes (aussi appelés IVe philosophie), le mouvement Galiléen, les esséniens, les hasmonéens, les sadducéens, les pharisiens, aucune unité de halakha non plus que de doctrine n'existe, même si tous se réclament de la Torah.

Voir aussi Histoire des Juifs en terre d'Israël.
Article détaillé : Judaïsme hellénistique.

Judéo-chrétiens, Nazaréens, ébionites et autres minim après 135, s'inscrivent dans ces mouvements[7].

En Syrie-Palestine, ce qui ne se nomme pas encore le paléo-christianisme naît dans cette nébuleuse spirituelle et religieuse du judaïsme du Ier siècle ou judaïsme hellénistique qui ne s'est pas entièrement remis de la période suivant la guerre des Macchabées[8]

La connaissance du milieu spirituel et intellectuel a été rendue possible par [9]:

Le débat historique

On est amené à distinguer deux perspectives.

D'une part, les affirmations doctrinales font remonter le christianisme à la naissance de Jésus, à sa résurrection ou à la Pentecôte.

D'autre part, les hypothèses historiques se fondent sur des faits certains, par exemple : le christianisme commence à la suite de la diffusion d'un message. Les dates de rédaction du Nouveau Testament sont connues : entre les années 50 pour les premières épîtres pauliniennes et les années 90-95 pour l'Évangile selon Jean. Dans l'intervalle, les évangiles de Matthieu et de Luc, écrits vers 75-85, ont utilisé des traditions orales ainsi que des documents qui ont déjà circulé, comme le démontrent la théorie des deux sources et l'existence de la Source Q, admises par le consensus des chercheurs.

Il est également établi que le mot khristianoï existe dès les années 40 à Antioche, où vit l'une des premières communautés chrétiennes et d'où vient probablement l'Évangile selon Matthieu, une quarantaine d'années plus tard.

La critique textuelle, c'est-à-dire l'évaluation scrupuleuse de la transmission des textes à travers les manuscrits, a permis d'établir un texte fiable des écrits du Nouveau Testament, en particulier pour des lettres de Paul (dont un échantillon significatif de papyrus date de la fin du IIe siècle et du début du IIIe siècle[10]). La circulation de témoignages oraux (prédications, proclamations) est plus difficile à établir (absence de matériaux sur lequel peuvent travailler les historiens, contrairement aux textes écrits), mais peut se déduire de témoignages indirects : sénatus-consulte de l'an 35, à Rome[11],[12], y établissant le christianisme comme "superstitio illicita" (religion interdite), présence de vestiges chrétiens dans les villes de Pompéi et Herculanum[13] (vestiges antérieurs donc à l'an 79 et l'ensevelissement de ces villes sous l'éruption du Vésuve), .

La recherche actuelle se concentre principalement sur la diffusion du message du christianisme, orale dans un premier temps (comme le livre des Actes en témoigne), écrite par la suite. La diffusion des Évangiles et Épîtres est sujette à débat. Il est cependant très probable que, dès la fin du Ier siècle, il existait un certain nombre de paroles de Jésus qui circulaient [14]. 1 Clément cite également des passages des Évangiles et des Épitres de Paul [15]. Marcion de Sinope, qui fut excommunié[16] en 144 dans l'église de Rome, liste les écrits qu'il considère canoniques, en se basant probablement sur un groupement pré-existant des lettres de Paul[17].

Article détaillé : Canon (Bible).

La date de début du christianisme ancien

Le débat sur la question de la date des débuts du christianisme demeure encore ouvert entre un consensus anglo-saxon et une tendance européenne.

École européenne

Le terme « judéo-chrétien » apparaît dans un chapitre de la thèse de Marcel Simon « Verus Israël », Étude sur les relations entre chrétiens et juifs dans l'Empire romain (135-425). Elle fut soutenue avant 1938[18] et conduite sous la direction de Charles Guignebert. Elle étudie les racines de l'antisémitisme chrétien à travers la patristique grecque depuis Justin de Naplouse et Marcion de Sinope. Il s'attarde en particulier sur l'expression Vetus Israel vs Verus Israel, revendication dans laquelle il identifie le supersessionisme[19] et, au détour d'une section s'interroge sur les marges entre judaïsme et ce qu'on nomme aujourd'hui « proto-christianisme » auxquelles il consacrera l'essentiel de sa carrière.

Il faut considérer, en particulier, son essai de 1938, Essai sur les deux hérésies juives mentionnées par Justin[20]. L'emploi du mot hérésie y présente un intérêt rétrospectif en cela que le judaïsme se caractérise par le fait de savoir maintenir des dissensus sans créer de schisme[21], ce dont témoigne le Talmud.

Sa thèse traduite en anglais et réédité quatre fois demeure un ouvrage de référence et, de ce fait, en Europe, la séparation entre judaïsme et christianisme date de 135, à savoir de l'exil de l'école de Yavné à Poumbedita. C'est pourquoi en Europe, on voit les choses un peu plus tôt. Un consensus s'est établi autour d'une période s'étirant de l'établissement de l'école de Yavné à l'introduction de la Birkat ha-Minim à la fin du IIe siècle parce que les Nazaréens[22] ne s'étaient pas associés à la révolte de BarKochba[23],[24].

Marcel Simon représente le moment où l'étude de l'histoire du christianisme sort de l'apologétique pour entrer dans la critique[25] ; il se situe, comme le cardinal Jean Daniélou[26], toutefois[27], dans les problématiques de l'antériorité et de la postériorité, de l'orthodoxie, de l'erreur, de la vérité, du syncrétisme qui se sont révélé être de faux dilemmes[28].

Toutefois, le professeur Simon entendait limiter son étude à la période 135-425. Toute une école s'intéresse actuellement à la période antérieure, plus indistincte. Par exemple, François Blanchetière avec ses études les premiers chrétiens étaient-ils missionnaires ? (30-135) et son enquête sur les racines juives du mouvement chrétien (30-135) toutes deux publiées au CERF ces dernières années dans lesquelles il pose la question de la différenciation progressive. Cette différenciation progressive fait aussi l'objet des travaux d'autres chercheurs comme Dan Jaffé, Simon Claude Mimouni, Enrico Norelli, Benard Pouderon, Daniel Marguerat, Dominique Cerbeleaud.

Cette question est le sujet principal de l'école anglo-saxonne.

École anglo saxonne

Dans ce cas de figure, bien développé chez les chercheurs anglo-saxons réunis au colloque « The ways that never part »[29]le christianisme ancien correspond à la période des conciles ; auparavant, n'existe qu'un proto-christianisme (ou paléochristianisme), en fait, une forme spécifique de judaïsme recruté parmi les membres les plus eschatologiques des courants messianistes.

Fin du christianisme ancien

Pour l'école européenne, le christianisme primitif s'achève à la fin de l'âge apostolique, (période comprise entre l'Envoi en mission  de Mt 28:19-20 et la mort supposée de Jean l'évangéliste tandis que le christianisme ancien s'achève avec le concile de Nicée (325),

Pour l'école anglo-saxonne, on ne fixe pas de date de fin du paléo-christianisme. On tâche de définir le moment de séparation entre le christianisme ancien et le judaïsme hellénistique. Cette séparation se produit à des dates variables selon les régions, où l'on observe parfois longtemps après la fin des conciles christologiques des pratiques communes, en dépit du fait que les apologistes, notoirement Irénée de Lyon et Tertullien, tiennent les pratiques judaïsantes pour des hérésies. Toutefois, s'il fallait fixer une date, ce cycle s'achèverait au plus tôt :

  • en Occident, lors du concile de Tolède [Lequel ?] qui interdit les processions communes avec les juifs,
  • en Orient, à la disparition des quartodécimans, au IXe siècle[30] de l'ère commune.

Les sources

Longtemps, faire l'histoire des origines du christianisme fut difficile :

  • d'une part, par le manque de sources écrites, d'autant qu'elles étaient réduites artificiellement par le jeu de critères tels que « littérature hétérodoxe parce que minoritaire donc mineure » ou par le jeu de typologies anachroniques telles que « orthodoxe / hérétique » ou encore « canonique / non canonique »[31]. Ce critères méthodologiques devinrent obsolètes dès qu'on se rendit compte qu'ils étaient anachroniques : orthodoxie se fait jour seulement au IVe siècle.
  • D'autre part, par les effets de la crise moderniste dans laquelle quelques Églises visent à interdire toute étude historique et critique, tant dans le protestantisme évangélique[32] que dans le catholicisme [33]

Littérature chrétienne

Dans cette section, les appellations « littérature chrétienne » et « littératures juives » sont utilisées uniquement parce que la tradition les désigne ainsi. Pour la période considérée, les littératures chrétiennes de langue grecque sont, en fait, des littératures juives de langue grecque[34]

Le Ier siècle

Le IIe siècle

La littérature patristique (90-160 apr. J.-C.). Ces textes, de caractère non canonique, se préoccupent d'instruction et de prédication.

Littératures juives contemporaines de la rédaction du Nouveau Testament

À ces documents bien connus s'ajoutent :

« Pour bien comprendre le christianisme primitif, il est nécessaire d'étudier le judaïsme, non seulement tel qu'il existait dans la période inter-testamentaire, par exemple comme l'arrière plan du christianisme, mais comme force sociale et religieuse vitale pendant les premiers siècles de l'ère commune. Sa présence comme religion indépendante à côté du christianisme au cours de cette période contribua à façonner le contexte dans lequel le christianisme se développa »[37].

Sources secondaires

Voir, ci-dessous, Bibliographie.

Le vocabulaire

Nombre de termes doivent être précisés parce qu'ils furent utilisés à des fins de polémique politiques lors des divers schismes[38].

Am Ha Aretz

Am Ha'aretz ( עם הארץ ) ou les habitants de la Terre est un terme trouvé dans le Tanakh. Lorsque « le peuple » et « la terre » sont au singulier, il se réfère à la Terre d'Israël, et donc aux Juifs. Quand les peuples (au pluriel) de la terre (singulier), (en hébreu ammei Ha'aretz) il se réfère à des non-juifs, et quand les deux mots sont au pluriel (ammei ha'aretzot , lit. peuples du pays), il se réfère aux peuples des gentils de la terre.

Le christianisme primitif

Le christianisme primitif est une expression qui doit être prise avec précaution. Le situer des origines à la fin de la période apostolique suppose chez Jésus de Nazareth la volonté de fonder une nouvelle religion, ce que rien n'atteste.

De même, situer la fin du christianisme primitif à la fin des conciles christologiques suppose que la création et le développement d'un corpus dogmatique soit une nécessité intrinsèque du christianisme. L'élaboration d'une doctrine christologique ne répond pas à la nécessité intrinsèque du christianisme mais à l'institutionnalisation[39] sous la houlette des empereurs, de Constantin à Justinien.

Après la crise mélétienne[40] et à cause des difficultés de trouver un successeur à l'évêque d'Alexandrie, l'arianisme trouve un espace quasiment « médiatique » où se développer. Les débats sont assimilés au désordre à la faveur d'irrégularités dans l'élection de l'épiscope et le concile de Nicée est convoqué pour juger Arius. Il en sera de même pour les autres conciles et l'on se rendra vite compte que chaque concile crée un schisme[41].

Articles détaillés : Christologie et concile de Nicée.

Craignant-Dieu

Dans l'histoire du christianisme, les craignant-Dieu sont des non-Juifs attirés par le judaïsme.

Une Église primitive ?

Article détaillé : Grande Église.

Une « Église » est initialement une communauté de chrétiens (du grec ancien ekklesia, assemblée du peuple). La question qui se pose est de savoir s'il existait une forme de structure ou d'autorité qui avait pouvoir de légiférer (ou d'émettre un avis) sur les problématiques qui devaient surgir dans les différentes communautés de chrétiens.

Au début du christianisme, les fidèles suivent un maître, un peu selon le modèle des écoles pharisiennes[42]. Le souvenir s'en transmet par l'invocation d'un apôtre à l'origine de telle ou telle Église régionale. Des indices de ce qu'a pu être l'organisation des pratiques des premiers disciples de Jésus apparaissent dans les Actes des Apôtres.

Toutefois, l'« Église primitive » n'existe pas historiquement avant l'institutionnalisation à laquelle procède Constantin[43]. Le christianisme est d'abord constitué de communautés locales considérées comme plus ou moins hérétiques par le judaïsme à partir de la phase de Yavné. Quand elles s'organisent, il n'y a pas l’Église mais l'assemblée locale réunie autour de ses presbytres et de son épiscope.

Hellénistes

Selon que la théologie ou l'histoire les décrivent, les Hellénistes trouvent une définition différente.

  • pour la théologie chrétienne[44], il s'agit d'un groupe de chrétiens de l'Église primitive (celle de Jérusalem selon les Actes des Apôtres) constitué de Juifs de langue grecque, mais résidant en Palestine, qui lisaient donc la Thora et autres écrits bibliques dans la traduction des Septante.
  • pour l'histoire, au Ier siècle et depuis les rois séleucides, spécialement Antiochos III et Antiochos IV, helléniste fait référence au grec hellénismos qui désigne le mode de vie grec et s'oppose à ioudaismos qui désigne le mode de vie judéen[45].

Pour bien comprendre ce terme, il faut remonter à la conquête d'Alexandre le Grand qui laissa en Judée-Samarie des rois grecs et à la révolte des Maccabées. Il s'agit à la fois d'une révolte des Juifs pieux contre la dynastie grecque des Séleucides[46], et d'un conflit interne au peuple juif : ce conflit opposait des traditionalistes hostiles à l'évolution de la tradition juive au contact de la culture grecque et des Juifs hellénisants plus favorables au métissage culturel. Cet épisode se situe au IIe siècle av. J.-C., entre -175 et -140.

Ces juifs lisaient la Bible en grec et ne pratiquaient plus la circoncision. Dans ce cadre, on comprend plus facilement[47] les propos de Paul dans son Épître aux Galates[48].

Minim

Article détaillé : Minim.

D'aucuns ont longtemps prétendu que ce terme désignait les chrétiens. Il apparaît qu'il désigne tout type de sectaire, sachant que chaque école talmudique pouvait en excommunier une autre[49].

Pharisiens

Du fait de diverses malédictions sur les pharisiens prononcées dans les évangiles[50], l'interprétation traditionnelle[51] et, plus spécialement, théologique a tendance, le plus souvent, à attribuer le judaïsme normatif aux pharisiens du Ier siècle. On oppose alors un judaïsme confit dans les normes à un christianisme émancipateur de la loi en faisant une confiance illimitée aux interprétations de Pères de l'Église traditionnellement données aussi bien dans la lettre aux Romains[52] que dans la lettre aux Galates[53].

Pourtant, nombre d'historiens[54] sont d'accord pour dire que l'image des pharisiens tels qu'ils sont présentés dans les évangiles ne correspond pas à la façon dont vivaient et se comportaient les pharisiens du temps de Jésus et que leurs conflits avec celui-ci ont été exagérés. Le judaïsme normatif est certainement l'œuvre des pharisiens de l'époque de Yavné qui codifient la pratique des 613 mitsvoth avant laquelle elles ne sont pas formalisées[55].

Cette origine pharisienne de Jésus attestée par les évangiles (« Pourquoi tes disciples ne jeûnent-ils pas, comme les disciples de Jean et ceux des pharisiens ? » Mc 2, 18) qui soulignent la double filiation de Jésus par rapport au Baptiste et au milieu originaire de doctrine pharisienne de Jésus (croyances spécifiques dans la torah orale, les anges, la résurrection des morts...) expliquerait la violence de la polémique évangélique avec les Pharisiens.(Thèse de Matthieu Collin et Pierre Lenhardt) Il s'agit moins d'un groupe opposé à celui de Jésus et des disciples qu'un groupe concurrent de même obédience au moment ou les évangiles synoptiques issus des traditions orales (torah orales) sont rédigés vers 65-70. La lutte entre les écoles pharisiennes issues de Hillel et Shammaï avant Jésus que nous montrent le talmud se poursuit donc après la destruction du Temple en 70. Selon cette hypothèse développée par Daniel Boyarin et d'autres exégètes français, christianisme et judaïsme sont deux réalités gémellaires issues d'un même courant de doctrine juif probablement pas avant la fin du premier siècle (Birkat ha-minim) en monde occidental. Des sectes du judaïsme qui ne se sépareront pas avant le Ve siècle en monde oriental. La projection de deux orthodoxies juive et chrétienne séparées avant le IVe siècle (conciles) serait un anachronisme.

Par ailleurs le rôle des pharisiens (hébreu : perushim, fr : séparés), est éminent après la destruction du temple en sorte que l'organisation et la refonte de la ritualité en l'absence du Temple qu'ils instaurent à Yavné, sauvent le judaïsme de la destruction[56]. Alors que la quête identitaire des Juifs se manifeste par le développement du culte synagogal par les pharisiens et le développement de l'école rabbinique de Shammaï et d'Hillel, les judéo-chrétiens commencent à se séparer des Juifs pharisiens et parallèlement mettent en place la tradition des lieux associés au Christ, notamment le Golgotha[57].

Enfin, certains auteurs commencent à dessiner un portrait de Jésus en maître pharisien suivi de ses disciples ou, au moins, en hassid, c'est-à-dire un pieux[58]. Cette configuration d'un maître suivi de disciples n'était connue que des pharisiens[59].

Religio licita et religio illicita

Article détaillé : religio licita.

On a longtemps dit que le judaïsme était religio licita tandis que le christianisme était classé superstitio par les Romains et que les chrétiens en auraient revendiqué le statut. À l'analyse, il apparaît que l'expression religio licita n'est attestée que par Tertullien et que seule la religion romaine avait le statut de religio licita[60]

Religion mère et religion fille

Dans la période qui a suivi la Seconde Guerre mondiale[61], l'expression « religions mère et fille » pour décrire la relation entre le judaïsme et le christianisme, a correspondu à une volonté de révision des points de vue négatifs que chrétiens et juifs avaient longtemps portés les uns sur les autres[62] (ce point de vue négatif avait été théorisé par exemple, du côté chrétien, par la théologie de la substitution selon Tertullien[63],[64]).
À cette fin, il a été posé une hypothèse historique, démentie par ce que l'on connaît aujourd'hui de la complexité du judaïsme du Ier siècle, qui explique le point de divergence du christianisme d'avec le judaïsme en réduisant la diversité religieuse juive au Ier siècle à un objet singulier nommé "judaïsme" selon deux façons de faire. La première consiste à reculer le judaïsme rabbinique dans le temps en l'inscrivant dans le pharisaïsme du Ier siècle (pharisaïsme et judaïsme normatif ne feraient qu'un). La deuxième ne donne pas au pharisaïsme un tel statut prééminent et anachronique, mais considère que toutes les formes du judaïsme du Ier siècle, à l'exception du christianisme, avaient suffisamment de traits communs pour former une « religion ». De l'une de ces deux versions du judaïsme serait née une religion autre, un christianisme « fille » du judaïsme[65].

Les divers courants paléo-chrétiens et anté-rabbiniques

Articles détaillés : Cérinthiens, Symmachiens et Esséniens.

Qu'est-ce qu'un paléo-chrétien ?

Autant dire que cette question fait l'objet d'un débat historiographique trop souvent dominé par les impératifs énoncés par Oscar Cullmann :

« Trop souvent l'histoire du christianisme du Ier siècle est exposée exclusivement selon le schéma de la distinction entre le judéo-christianisme de la Palestine et le paganochristianisme de la Diaspora. Il est vrai que, théoriquement, le schéma de Hegel - appliqué au christianisme primitif par l'école de Tübingen - a été abandonné. Mais, pratiquement, son influence continue de s'exercer plus ou moins. »[66]

Judéo-chrétien, judéo araméen

Il y a une ambiguïté sur le terme qui évoque une adhésion bi-religieuse ou ethnico-religieuse alors que les textes [67] montrent que les gens vivent la chose comme un « épanouissement du judaïsme »[68].

Pour résumer de façon transitoire, c'est un juif de l'époque du Second Temple tardif qui croit que le Messie est déjà venu et le voit en Jésus de Nazareth. Cette idée qui peut sembler incongrue à tout juif dans notre monde contemporain ne l'était pas à l'époque pour deux raisons[69] :

  • de nombreuses personnes, souvent chefs de guerre nationalistes ou des personnalités spirituelles influentes comme Menahem l'essénien[70], impliquées dans la résistance à l'occupation romaine, s'étaient revendiquées ou avaient été déclarées « Messie » au tournant du Ier siècle de l'ère commune[71]. Le cas s'était vu plus avant dans la TanakhCyrus est déclaré Messie dans Isaïe 14:1
  • Au moins un rabbi du Talmud crut que le Messie était venu : Rabbi Akiva reconnaissait le Messie dans Simon bar Kokhba

En résumé, le judaïsme était plus divers qu'il ne nous apparaît de nos jours au point qu'il serait possible de parler, pour l'époque, de judaïsmeS[72] comme on devrait parler de christianismes anciens

Nazaréens, nazarenes, ébionites

Articles détaillés : Nazôréens et Ébionisme.

Les Nazôréens ou Nazaréens (en grec: Ναζωραῖος (Nazôraios), en hébreu: Notzrim) sont un groupe religieux juif-messianiste mal connu, attesté de manière indirecte à partir de la seconde moitié du Ier siècle. Ce groupe a la particularité de reconnaître en Jésus le Messie tout en continuant à pratiquer les préceptes de la loi juive. Pour une branche de la recherche, les Nazôréens reconnaissent la messianité de Jésus, qu'ils qualifient de « serviteur de Dieu », mais pas sa divinité.

Les Ébionites Ebionaioi (Grec : Ἐβιωναῖοι ; dérivé de l'Hébreu אביונים ebyonim : « les Pauvres ») sont dans les écrits de certains Pères de l'Église des judéo-chrétiens attestés à partir de la seconde moitié du IIe siècle, par les écrits d'Irénée de Lyon puis d'Hippolyte de Rome au début du IIIe siècle. Les hérésiologues chrétiens, comme Épiphane de Salamine, continuent à en parler jusqu'au IVe siècle et Ve siècle, sans obligatoirement avoir eu un contact direct avec eux.

La littérature musulmane médiévale continue à évoquer des « nazôréens », « nazaréniens » ou « ébionites »[73], des chercheurs estiment que certains de ceux-ci ont pu rejoindre les disciples de Mahomet[74].

Essai de chronologie du christianisme ancien

Sources

Notes

Références

  1. OHLIG, Karl-Heinz (dir), Christologie (2 tomes). Tome 1 : Des origines à l'Antiquité tardive, textes en main, Cerf, 1996.
  2. Voir par exemple le travail d'Adrian Schenker o.p. et alii, portant sur l'Ancien Testament dans L'Enfance de la Bible hébraïque, Labor et Fides.
  3. OHLIG, Karl-Heinz (dir), Christologie, I, Des origines à l'antiquité tardive, Cerf, 1996.
  4. Dan Jaffé, Le Judaïsme à l'aube de l'ère chrétienne, Cerf.
  5. François Blanchetière, Les premiers chrétiens étaient-ils missionnaires ?, CERF.
  6. Joseph Meleze Modrzejewski "La diaspora face aux tyrans païens : Maccabées 3 et 4 dans la Septante", Le Monde de la Bible n°, 168".
  7. Simon-Claude Mimouni, (dir.), Le Judéo-christiansime dans tous ses états, CERF, 2000.
  8. Étienne Nodet o.p., la guerre des Macchabées, CERF ; aperçu des thèses de Nodet dans la revue Le Monde de la Bible n°, 168" et Marie-Françoise Baslez, même revue, "Les maccabées guerre coloniale et événement fondateur ; ".
  9. Les éléments de la liste ci-dessous sont largement développées dans l'introduction de Annette Yoshiko Reed au recueil d'articles The ways that never parted op. cit. infra.
  10. Kurt Aland, The Text of the New Testament.
  11. Marta Sordi et Ilaria Ramelli, « IL SENATOCONSULTO DEL 35 CONTRO I CRISTIANI IN UN FRAMMENTO PORFIRIANO », Aevum, vol. 78,‎ , p. 59-67 (lire en ligne).
  12. « Supertitio illicita »: le christianisme condamné dès l’an 35 | EEChO, sur www.eecho.fr (consulté le 28 septembre 2015).
  13. « Témoignages chrétiens à Herculanum | EEChO », sur www.eecho.fr (consulté le 28 septembre 2015).
  14. Von Campenhausen, Hans. The Formation of the Christian Bible. Philadelphia: Fortress, 1968, p. 112.
  15. Metzger, Bruce Manning. The Canon of the New Testament. Oxford : Clarendon, 1987, p. 41-43).
  16. époque où l'excommunication n'avait de portée que dans l'église qui la prononçait.
  17. . McDonald, Lee M. The Formation of the Christian Biblical Canon. Peabody: Hendrickson, 1995, p. 157.
  18. En Grande-Bretagne, à pareille époque, l'émergence d'un antisémitisme chrétien fondé sur le Nouveau Testament a été étudiée par James Parkes (1896-1981), théologien anglican qui s'intéressa à ces sujets dans les années 1920 en réaction à la montée de l'antisémitisme en Europe. En 1930, il publie son maître livre Le Juif et son voisin, une exploration de l'antisémitisme, avec une approche des massacres de la première croisade (1096) comme arrière-plan du débat sur la « question juive ». Pour sa thèse de doctorat à Oxford, Parkes s'attache à découvrir les vraies racines du phénomène de l'antisémitisme en essayant d'identifier le moment crucial de la séparation du judaïsme d'avec le christianisme. Le résultat en est un livre de grande influence, publié en 1934, Le conflit entre l'Église et la Synagogue dans lequel il se penche sur la traditionnelle opposition entre Vetus Israel/Verus Israel telle que propagée dans la littérature patristique triomphaliste.
  19. le supersessionisme contient l'idée selon laquelle une religion succède à une autre et est destinée, du simple fait chronologique, à écraser la précédente. Boyarin, dans Mourir Pour Dieu fait un longue analyse des commentaires talmudiques et patristiques des récits concernant Jacob et Esau et de leur exploitation de cette gémellité au profit de l'un ou l'autre culte en une lutte polémique, on dirait aujourd'hui idéologique. .
  20. repris dans les actes du colloque Religion et culture dans la cité italienne de l'Antiquité à nos jours 8-10 novembre 1979, Strasbourg.
  21. Boyarin, Mourir pour Dieu op.cit.
  22. Sur la définition de ce groupe, un débat existe entre Blanchetière, Nodet, Jaffé et Édouard-Marie Gallez. Pour avoir l'opinion de Gallez, spécifiquement dans le rôle des Nazaréens pour la fondation de l'Islam voir l'article judéo-nazaréisme, le reste de l'article donne en détail l'opinion de Daniélou. Voir aussi christologie.
  23. Cf. André Trocmé, L'Enfance du christianisme, éd. Noésis.
  24. Francois Blanchetière, Le Monde de la Bible, numéro spécial, septembre 2007.
  25. François Laplanche, La Crise de l'origine. La science catholique des Évangiles et l'histoire au XXe siècle, éd. Albin Michel, 2006.
  26. Les travaux de Daniélou sur le judéo-christianisme doivent désormais être largement amendés cf. Paul Mattéï, Le christianisme antique de Jésus à Constantin, éd. Armand Colin, 2008, pp. 112-113. François Blanchetière synthétise les critiques à y apporter dans L'Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, op. cit. pp. 71 à 75.
  27. comme l'ensemble de l'historiographie de son époque Cf. Annette Yoshko Reed, introduction à The ways that never parted, op.cit. infra.
  28. Blanchetière, L'Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, CERF, 2001.
  29. Colloque Oxford Princeton, The ways that never parted, Daniel Boyarin, Paula Frederiksen.
  30. Jean Anderfuhren, Pour relancer l'œcuménisme: réflexions actuelles sur les schismes d'avant Luther, Labor et Fides, 1999.
  31. Blanchetière, enquête.
  32. Cf. Pour un survol Fondamentalisme et pour approfondir François Laplanche, la Bible en France.
  33. Cf. Pour un survol Serment anti-modernisme et pour approfondir, François Laplanche, La Crise de l'origine. La science catholique des Évangiles et l'histoire au XXe siècle, Paris, Albin Michel, 2006.
  34. Enrico Norelli et Bernard Pouderon, Histoire de la littérature grecque chrétienne : (Tome 1) , CERF, 2008.
  35. Voir, chez Etienne Nodet o.p., le concept de "publication orale" développé dans Nodet et Taylor, essai sur les origines du judaïsme, CERF.
  36. ou presque contemporaines de l'époque considérée.
  37. Wayne A. Meeks and Robert L. Wilken, Jews and Christian in Antioch in the first four centuries of the Common Era, Scholar Press, Misoula, 1978.
  38. Cette section doit beaucoup à Mourir pour Dieu de Daniel Boyarin, Bayard, 2004, à François Blanchetière, Enquête sur les origines juives du mouvement chrétien, CERF, 2001 et à Peter J. Tomson, les rédacteurs du Nouveau testament dans leur rapport au judaïsme CERF, sans qu'il soit aisément possible de distinguer l'apport de l'un de celui de l'autre. On a aussi consulté Paula Fredericksen, Daniel Boyarin, The ways that never parted, Colloque Oxford Princeton.
  39. Paul Veyne, Quand notre monde est devenu chrétien (312-394), Paris, Albin Michel, 2007, recension.
  40. Richard E. Rubenstein, Le jour où Jésus devint Dieu, éd. Bayard 2000, rééd. La découverte, 2006.
  41. Richard E. Rubenstein, op.cit.
  42. Marie-Émile Boismard, À l'aube du christianisme, avant la naissance des dogmes, Cerf, 1998.
  43. Voir par exemple Histoire du christianisme sous la direction de Alain Corbin, ou Quand notre mode est devenu chrétiende Paul Veyne.
  44. Jean Daniélou, Les manuscrits de la Mer morte, 1957.
  45. François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, CERF, 2001 et Marie-Françoise Baslez, Bible et Histoire. Judaïsme, hellénisme, christianisme, Paris, Gallimard, 2003,.
  46. Voir plus de détails dans la domination grecque, 332 à 142 avant l'ère commune.
  47. Peter J. Tomson, Jésus et les auteurs du Nouveau Testament dans leur relation au judaïsme, CERF, 2003.
  48. Galates 2:3, Galates 5:6.
  49. Dans Jaffé, Le Judaïsme et l’avènement du christianisme - Orthodoxie et hétérodoxie dans la littérature talmudique du Ier-IIe siècle, CERF.
  50. comme, par exemple, dans l'évangile selon Matthieu, 23.
  51. Par exemple, l'opposition entre le particularisme juif et l'universalisme chrétien est une option qui traverse l'ensemble de l'œuvre de l'historien allemand d'origine suédoise Adolf von Harnack chez lequel on n'a relevé aucune trace d'antisémitisme alors que l'époque de son acmé y prédisposait. On y voit généralement l'influence de la sympathie de son sujet de thèse qui portait sur Marcion qu'il s'employa à réhabiliter. La même remarque est faite par Annette Yoshiko Reeds dans son introduction, Traditional Models and New Direction, au recueil d'articles issus du colloque Oxford Princeton The ways that never parted, op.cit., à propos de Wilhelm Bousset.
  52. Paul de Tarse, références de la lettre aux Romains avec chapitre et versets sous peu.
  53. Paul de Tarse, Lettre aux Galates, chap.1 et 2.
  54. Étienne Trocmé, L'Enfance du christianisme, Noesis. .
  55. Peter J Tomson, Les rédacteurs du Nouveau testament dans leur rapport au judaïsme, Cerf.
  56. Evaristo de Miranda, José M. Schorr Malca, Sages Pharisiens, Lethielleux, 2005.
  57. (en) Yaron Z. Eliav, God's Mountain : The Temple Mount in Time, Place, and Memory, The Johns Hopkins University Press, , 392 p..
  58. Hyam Maccoby, Jesus the pharisee, Paperback, 2003.
  59. interview de Etienne Nodet o.p. Dans le monde de la Bible, n°138, à propos de son ouvrage sur la guerre des Maccabées. Un article de la revue Okeanos traite aussi de ce sujet par l'analyse du discours de Jésus. Ref sous peu.
  60. François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien (30-135), CERF, 2001.
  61. Daniel Boyarin date l'expression de 1951, et l'attribue à Jacob Lauterbach (in Jesus in the Talmud, p.473) - cf note 1.. p.137 de Mourir pour Dieu, op. cité.
  62. John Pawlikoski, Quelques représentations de la relation fondamentale entre Juifs et Chrétiens, 2005 Lire en ligne.
  63. Dans son Adversus Judaeos, Tertullien fait de l'aîné des jumeaux Esaü l'incarnation des Juifs et du cadet Jacob, les chrétiens, cf. (en) Geoffrey D. Dunn, Tertullian's Aduersus Iudaeos: a rhetorical analysis, éd. CUA Press, 2008, p.  108-109, extrait en ligne.
  64. Cf. Note ci-dessus sur le supersessionisme.
  65. D. Boyarin - Mourir pour Dieu, op. cité pp. 11-12 (en) Lire en ligne.
  66. Oscar Cullmann, Le milieu johannique : sa place dans le Judaïsme tardif, dans le cercle des disciples de Jésus et dans le Christianisme primitif, éd. Delachaaux et Niestlé, 1976, pp.64-65, extrait en ligne.
  67. les épîtres pseudo-clémentines.
  68. Taylor et Nodet, essai sur le origines du christianisme, CERF.
  69. Jacob Neusner, William Scott Green, Ernest S. Frerichs, Judaisms and their messiahs at the turn of the Christian era, Paperback 1988.
  70. Israël Knohl : l'autre Messie, Albin Michel.
  71. en tenant compte que dans la théologie juive, de nos jours, quiconque se revendique Messie est forcément un faux Messie.
  72. Adam H. Becker,Annette Yoshiko Reed, The ways that never parted: Jews and Christians in late antiquity, Mohr Siebeck.
  73. Voir Shlomo Pinès « écrit de Abd al-Jabbar », cité par François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, p. 137.
  74. François Blanchetière, « Reconstruire les origines chrétiennes : le courant « nazaréen » », in Bulletin du Centre de recherche français à Jérusalem, no 18, 2007.

Bibliographie

Judaïsme et christianisme

Christianisme antique

  • Adam H. Becker, Annette Yoshiko Reed (éds.) The Ways That Never Parted: Jews and Christians in Late Antiquity and the Early Middle Ages, Tübingen,J. C. B. Mohr 2003 (Colloque Oxford Princeton)
  • Dominique Bernard, Les Disciples juifs de Jésus, du Ier siècle à Mahomet, Cerf, 2017 (Présentation de l'éditeur)
  • Anthony J. Blasi, Jean Duhaime et Paul-André Turcotte (dir°), Handbook of Early Christianity: Social Science Approaches, Walnut Creek CA, AltaMira Press, 2002, 802 p.
  • François Blanchetière, Les premiers chrétiens (30-135) étaient-ils missionnaires ?, Editions du Cerf, coll. « Initiations », (ISBN 978-2204070102)
  • Alexandre Faivre, Chrétiens et Églises : des identités en construction. Acteurs, structures, frontières du champ religieux chrétien, Paris, Cerf-Histoire, 2011
  • Maurice Goguel, Jésus et les origines du christianisme. L'Église primitive, Payot, , 632 p.
  • François Laplanche, La Crise de l'origine. La science catholique des Évangiles et l'histoire au XXe siècle, éd. Albin Michel, 2006
  • Daniel Marguerat et Eric Junod, Qui a fondé le christianisme ?, Labor et Fides, Genève, 2011
  • Paul Mattei, Le Christianisme antique (Ier – Ve siècle), Ellipses Marketing, 2002
  • Maurice Sachot, L'Invention du Christ. Genèse d'une religion, Éditions Odile Jacob, « Le champ médiologique », 1998
  • Maurice Sachot, Quand le christianisme a changé le monde : Tome 1, La subversion chrétienne du monde antique, Éditions Odile Jacob, coll. « SCIENCE HUM », (ISBN 978-2738118783)
  • Frédérick Tristan, Les Premières Images chrétiennes : du symbole à l'icône, Fayard
  • Étienne Trocmé, L'Enfance du christianisme, Hachette, coll. « Pluriel », 1999
  • Paul Veyne, Quand notre monde est devenu chrétien (312-394), Paris, Albin Michel, 2007

Annexes

Articles connexes

Liens externes