Chlordécone dans les Antilles françaises

Article principal : Chlordécone.
Le chlordécone est responsable de séquelles importantes de pollution, en raison de son utilisation dans les bananeraies, notamment à la Guadeloupe et à la Martinique.

Le chlordécone est un insecticide organochloré utilisé dans les Antilles françaises entre 1972 et 1993 pour lutter contre le charançon du bananier[1]. Interdit dès 1976 aux États-Unis, il est interdit en 1990 partout en France mais ne l'est effectivement dans les Antilles françaises (Guadeloupe et Martinique) qu'en 1993 en raison de dérogations successives [2] obtenues par les producteurs de banane et par les parlementaires (notamment Guy Lordinot, député de la Martinique à l'époque)[3]. Des ventes illégales ont été repérées par la suite[4].

Les sols contaminés des cultures bananières, y compris ceux qui ont été rendus à la culture vivrière, sont à l'origine de pollutions graves des nappes d'eau souterraine, d'aliments pour animaux et de végétaux[5]; pollutions qui continuent d'empoisonner les populations locales avec des risques avérés de prématurité et de cancer de la prostate[6].

Historique

La chloredécone fut tout d'abord utilisée aux Antilles pour lutter contre les charançons qui ravageaient les cultures de banane[7]. Ces cultures constituaient alors une part essentielle de l'économie des îles et c'est en 1972 que le ministre de l'Agriculture Jacques Chirac signe la première autorisation provisoire de mise sur le marché[8]. Le produit remplace l'hexachlorocyclohexane (HCH) dont l'effet commençait à baisser et qui était au bord de l'interdiction, avec un gain d'efficacité de l'ordre 100. La molécule se présentait sous la double forme commerciale du Képone (produit américain interdit en 1976 aux USA) et de la Curlone (produit français)[9] qui étaient importés en Guadeloupe et en Martinique par la société "Vincent de Lagarrigue". Après l'interdiction du Képone en 1976 aux État-Unis, les stocks ont permis aux agriculteurs antillais de continuer à en utiliser jusqu'en 1978 et c'est en 1981 que la Curlone est homologuée officiellement, et qu'elle prend le relai du Képone. Entre temps, les cyclones Allen(1979) et David(1980)[9] avaient encouragé la prolifération des charançons ce qui avait alors justifié la poursuite de l'utilisation de l'organochloré. La Curlone était versée au pied des arbres afin de contrecarrer l'action des larves parasitaires qui se nourrissent des racines des bananiers[10]. On sait aujourd'hui que si le cadre légal ne permettait l'utilisation du phytosanitaire qu'à fin d'éradication du charançon, il a aussi été utilisé pour lutter contre d'autres types de ravageurs dans les maraîchages.

L'utilisation de la chlordécone fut interdite sur tout le territoire en 1990, mais à la suite de la demande pressante, relayée par Guy Lordinot (alors député de la première circonscription de la Martinique), du lobby des producteurs de banane (notamment via le président du SICABAM qui était aussi le directeur général de Lagarrigue, la société qui commercialisait le chlordécone, à l’époque Y. Hayot)[11],[12] qui soutenaient qu'il n'existait pas de pesticide alternatif (ce qui a été contesté depuis)[13], l'usage en a été prolongé jusqu'en 1993 par dérogation[14] ,[15],[16],[17] et bien au-delà, par écoulement des stocks constitués en réserve par certains planteurs[18]. On retrouvera par exemple un stock de 9,5 tonnes de pesticide en 2002, dans le hangar d'une bananeraie[19].

C'est à l'occasion de contrôles de qualité de sources d'eau entre la fin des années 90 et le début des années 2000 qu'une quantité particulièrement élevée de chlordécone, testé parmi d'autres pesticides, sera découverte en Martinique puis en Guadeloupe, signant alors le début de la prise de conscience et l'éclatement du scandale[20].

Son utilisation sans restriction par les producteurs de banane pendant plus de vingt ans est à l'origine de la grave contamination des sols, rivières et plateaux continentaux de la Martinique et de la Guadeloupe[21],[22],[23].

Pollution et conséquences

Introduction

Depuis les années 70 de nombreux travaux et études se sont penchés sur la toxicité et les conséquences de la chlordécone dans les Antilles. Ces travaux ont progressivement mené à une meilleure compréhension du « problème chlordécone » en Guadeloupe et Martinique, et une évolution, parfois qualifiée de lente, des normes. Par ailleurs, les multiples études de terrain ont permis l’émergence d’une carte de de la pollution[24],[25], incomplète à ce jour, mais en voie d’amélioration.
On notera dans les années 2000 et supra, les nombreuses publications du BRGM, de l'INRA, de ANSES et de l'ARS, tantôt du point de vue de l'analyse de la contamination, tantôt en ce qui concerne l'impact sur la santé.

Le circuit de la contamination est un des points clés de la compréhension du problème sanitaire de grande ampleur qui touche Guadeloupe et Martinique. L’épandage dans les cultures a mené à une pollution durable des sols, des nappes phréatiques et secondairement de l'environnement littoral marin. Cette contamination globale de l'environnement a conduit à la contamination d’une part non négligeable de la production agroalimentaire : fruits, légumes et même viande ou poisson. La liste des zones touchées s’est étendue aux côtes, interdisant alors une pêche de sûreté à proximité du littoral. Enfin, les habitants par leur consommation des produits locaux et de l’eau courante, ou, dans le cas des agriculteurs, à cause de l’utilisation directe de l’organochloré ont été eux-mêmes exposés au produit, exposition à l'origine d'une grave crise sanitaire aux Antilles.

L'utilisation de cet insecticide a pollué l'ensemble de l'écosystème antillais, sauf, peut-être, dans l'air, car la chlordécone est peu volatile. Il est retrouvé à des concentrations parfois supérieures à 100 fois la norme[26], notamment dans les eaux et les sols.

Contamination des sols

Types de sols

La chlordécone est très stable chimiquement, et fait partie des organochlorés considérés comme persistants[27]. Hydrophobe, elle a une grande capacité à se fixer sur la matière organique, notamment dans le sol. Le type de sol dans les Antilles ne facilite pas la dégradation du chlordécone notamment en raison d'un pH bas et une forte teneur en matières organiques[27].

La Guadeloupe et la Martinique possèdent trois principales classes pédologiques de sol : les andosols, les ferrosols et les nitisols [28],[29]. Les andosols et les nitisols sont très présents dans le Sud Basse-Terre en Guadeloupe et dans le nord de la Martinique, qui sont les les endroits qui concentraient le plus de plantations bananières[30].

Les andosols, qui sont d'une stabilité strucrurale élevée, contiennent des argiles allophanes dont la microstructure favorise la fixation de carbone mais aussi celle des molécules de chlordécone qui sont alors piégées[31]. Puisque la dégradation physique ou chimique de cette molécule est très faible, c'est la capacité des sols à capturer la chlordécone qui détermine sa rémanence. Ainsi, pour une réduction par 1000 des concentrations dans les zones d'épandage, les types de sols prennent[27] :

  • nitisol : 60 à 100 ans
  • ferrosol : 3 à 4 siècles
  • andosol : 5 à 7 siècles

Cependant, les nitisols, retenant moins longtemps le chlordécone, diffusent beaucoup plus cette molécule que d'autres types de terre (trois fois plus que l'andosol), entrainant plus grande contamination des végétaux et animaux d'élevage sur ce type de sols[27],[32],[33].

Une contamination par zones

Les zones de contamination s'étendent au-delà des des aires d'épandages historiques comme le confirme la cartographie des analyses. Toutefois, il est notable que les zones les plus touchées correspondent aux lieux historiques de culture de la banane aux Antilles, soit le Nord Atlantique de la Martinique et le Sud Basse-Terre en Guadeloupe.

Carte simplifiée de la culture de la banane en Guadeloupe dans les années 70-80

Une étude publiée en 2016 démontre, sur 6500 échantillons récoltés dans l'ensemble de la Martinique entre 2003 et 2015, que la partie Nord-Atlantique de l'ile atteint des niveaux allant jusqu'à 10 mg/kg[34],[35].

Les parcelles contaminées en Guadeloupe augmentent de 361 hectares par rapport à la dernière cartographie. Des zones en Grande-Terre, notamment dans le Nord Grand-Terre ont été recensées. La nouvelle cartographie va au-delà des simples implantations historiques de bananeraies: elle accumule ces données et des analyses de l’eau et des terres[36]. Ce projet ChlEauTerre a aussi été l’occasion d’élaborer une nouvelle carte du risque historique de contamination des sols par la chlordécone, en retravaillant et en analysant de manière plus fine les documents qui avaient été utilisés pour établir la première carte des risques de 2005-2006, puis en exploitant de nouvelles données provenant de deux cartes de l’ORSTOM: le zonage cultural des régions bananières de Guadeloupe de 1976 et la carte des cultures de la Guadeloupe de 1980. Au total, 14 170 ha en Guadeloupe continentale ont été recensés par l'étude, soit environ 10% du territoire "continental", parmi lesquels 6 931 ha sont encore en usage agricole, soit 16 % des surfaces agricoles actuelles en 2018 (qui représentent au total 43 349 ha)[37].

Contamination des eaux

Le scandale sanitaire de la chlordécone éclate à la fin des années 90, alors que des études faites dans les cours d'eau révèlent que le taux du pesticide dépasse gravement les normes :

« Une étude la DSDS (Direction de la santé et du développement social), menée de septembre 1999 à février 2000, met en évidence une importante pollution des sources du Sud de Basse-Terre par des pesticides organochlorés interdits depuis plusieurs années. Trois molécules étaient détectées à des doses cent fois supérieures à la norme : le chlordécone, le HCH béta, et la dieldrine, respectivement interdites en 1993, 1987 et 1972... Neuf captages AEP importants présentaient des dépassements pour les molécules de HCH d'un à vingt fois la norme, pour les molécules de chlordécone de 3 à 103 fois. »

[20]

On dénombre essentiellement trois modes de transferts de la terre contaminée vers les zones aquifères : ruissellement (en surface), infiltration (en profondeur) et drainage (horizontal, sous le sol)[38]. L'efficacité de transfert de ces modes dépend en partie de la nature du sol.

Sur les relevés effectués en 2016 sur l'ensemble des rivières de Guadeloupe par l'Office de l'eau, le chlordécone est présent dans 55% des prélèvements. Il atteint dans certains un taux dépassant plus de 100 fois les normes maximales autorisées[39].

Une étude menée par l'INRA et publiée début 2018 montre que la chlordécone est présente en Basse-Terre (Guadeloupe) « dans 36% des analyses effectuées, avec des concentrations variables allant de 0,01 à 42,9 micron par litre ». En Grande-Terre, « seuls quelques points de contamination ont été détectés, avec des taux relativement faibles »[réf. nécessaire]. Cette disparité s'explique car la Basse-Terre est la région de Guadeloupe qui accueille la culture bananière[40].

Fin 2018, suite à la publication de résultats d'analyses de l'Agence régionale de santé des teneurs en chlordécone des cours d'eaux de Guadeloupe, plusieurs maires recommandent aux femmes enceintes et aux enfants de moins de 6 ans de ne pas utiliser l'eau du robinet pour la boisson, la préparation des aliments et le brossage des dents[41].

En 2009, le Préfet de région a interdit par arrêté la pêche de certaines espèces de poissons et de la langouste, car trop contaminés par le chlordécone[42]. L'étude Chleau affirme qu'en Basse-Terre, "39% des 110 bassins versants ont été identifiés comme rejetant en mer des eaux contaminées".

Contamination alimentaire et animale

La chlordécone est une molécule qui est très stable en milieu organique, et c'est d'ailleurs ce qui en justifie la rémanence dans les sols. En milieu vivant, on peut observer un très nette tendance à la bioaccumulation, notamlent chez les poissons et les crustacés[43],[27].

Culture et élevage

En réalité, les risques de contamination des cultures dépendent de plusieurs facteurs.D'une part, le type de culture. Les cultures ayant une forte emprise au sol à l'instar des racines et tubercules sont directement exposées à la chlordécone qui se transmet par contact avec un sol toxique. En revanche, la chlordécone étant hydrophobe, elle a peu d'affinité avec la sève des arbres, et se retrouve faiblement dans les organes aériens comme les fruits[44]. D'ailleurs, les bananes sont paradoxalement faiblement polluées[45]. D'autre part, le type de sol détermine l'importance des transferts vers les végétaux. Les andosols, par exemple, qui sont des sols fertiles, contiennent beaucoup de chlordécone quand ils sont pollués, mais en relarguent peu.

Ainsi l'AFSSA estime, en septembre 2007, qu'il faut considérer comme à risque : le madère, la patate douce, l’igname, la carotte, le chou caraïbe (malanga), les produits de la mer, la banane (ti-nain et fruit), le concombre et les fruits type « corossol ».

Le risque d'exposition aiguë est maximal avec[PDF 1] :

Melon, tomate et viande blanche de poulet, précédemment cités comme étant des contributeurs importants, ne le seraient pas, selon les analyses disponibles à cette date[Quand ?].

Dès le octobre 2005, l'état considère comme impropres à la consommation humaine[46] :

  1. la viande de volaille qui présente une teneur en chlordécone supérieure à 50 µg/kg ;
  2. Les carottes, concombres, dachines (madères), ignames, melons, patates douces, tomates qui présentent une teneur en chlordécone supérieure à 50 µg/kg ;
  3. Les denrées alimentaires d'origine animale ou végétale autres qui présentent une teneur en chlordécone supérieure à 200 µg/kg.

« En 2017, une décision du règlement européen augmente les limites maximales de résidu de chlordécone à savoir la dose légale dans les viandes, multipliées par 5 pour la viande et par 10 pour la volaille. »[47]. « Les contrôles mis en oeuvre sur les produits agricoles et alimentaires depuis 2005 n'ont pas été affectés par les modifications réglementaires européennes intervenues en 2013 sur les limites maximales de résidus, car l'Etat n'a pas changé son dispositif de contrôle (basé sur les LMR fixées en 2005) »[48]

Les arrêtés d’interdiction de la pêche sont à respecter en Martinique et en Guadeloupe, rappelle l'AFSSA, de même qu'il faut en zone contaminée éviter de consommer les légumes racines du jardin plus de 2 fois par semaine[PDF 1].

Le chlordécone est une molécule très persistante que l’on peut trouver dans l'eau et l'alimentation, notamment aux Antilles françaises. Les denrées pouvant être contaminées sont :

  • les viandes surtout les poissons et crustacés mais aussi les bovins et les volailles élevées au sol ;
  • les légumes-racines (patate douce, chou caraïbe (malanga), dachine (madère), igname, carotte, navet, etc.) et, dans une moindre mesure, les produits végétaux poussant près du sol (cucurbitacées telles que concombre et giraumon, salade, cives / oignons pays) en plein champ. Un grand nombre de fruits et légumes ne sont pas contaminés par cette molécule[49].
Sensibilité des productions végétales au transfert de chlordécone et seuils de teneur du sol en chlordécone pour recommandation de mise en culture

Pour les végétaux, deux valeurs de teneur maximale du sol en chlordécone ont été déterminées afin de garantir la conformité des produits cultivés en fonction de leur sensibilité au transfert. Une denrée est conforme si la teneur du produit commercialisé est inférieure à la Limite maximale des résidus (LMR), fixée actuellement à 20 µg/kg de poids frais[33]. Les légumes racines peuvent être cultivés sur des sols ne dépassant pas 0,1 mg de chlordécone/kg de sol sec. Les produits ayant une sensibilité intermédiaire (cucurbitacées, salades, cives / oignons pays, etc.) peuvent être cultivés sur des sols contaminés jusqu’à 1 mg·kg-1 de sol sec. Sur les sols contaminés au-delà de 1 mg·kg-1 de sol sec, il est possible de cultiver toutes les productions peu sensibles, essentiellement les fruits et légumes aériens : tomates, haricots verts, bananes, ananas, goyaves, etc[49].

En général, le lavage des fruits et légumes voire leur épluchage sont des précautions qui permettent de diminuer l’exposition des consommateurs[49], mais le premier n'a pas été pour le chlordécone démontré et documenté scientifiquement. La synthèse faite par les chercheurs du Cirad suit: le lavage permet d’éliminer les éventuels résidus de terre et en évite l’ingestion or les sols peuvent être contaminés à des teneurs très nettement supérieures à celles des végétaux[49].

Par ailleurs L’épluchage permet de réduire l’exposition des consommateurs au chlordécone, la peau étant plus contaminée que la pulpe pour la majorité des légumes étudiés[49]:

« Dans le cas des cultures sensibles, l’épluchage de l’organe consommé diminue le niveau de contamination pour la plupart des cultures et du moins réduit son hétérogénéité dans les autres cas. En revanche, la cuisson n’a pas d’effet sur la teneur en chlordécone. »

En effet, la chlordécone se transmet par contact directement ce qui explique sa grande présence dans la peau. Par contre c'est une molécule très résistante à la chaleur.


En zone à risque, un traitement de précaution des eaux (non traitées) destinées à la boisson et la cuisson des aliments, par filtration sur charbon actif régulièrement renouvelé, peut diminuer la toxicité dans une faible mesure.[réf. nécessaire]

Chasse et pêche

La chlordécone étant lipophile, elle démontre une claire tendance à s'accumuler dans les graisses. Sa concentration augmente des les êtres vivants selon deux mécanismes : bioaccumulation et bioamplification. C'est la raison pour laquelle elle se retrouve à de fortes doses dans des poissons et les crustacés qui ne nagent pas forcément en eaux contaminées[50] .

Le laboratoire DYNECAR de l’UAG a démontré, dans le cadre du projet MACHLOMA, que le chlordécone pouvait contaminer les crustacés, même à de très faibles doses[51].

Synergie avec d'autres pesticides

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Une difficulté est que d'autres pesticides -encore mal suivis et mesurés- ont été très utilisés sur les cultures intensives aux Antilles françaises, dont certains pourraient agir en synergie avec le chlordécone. Ce dernier produit ne doit donc pas être « l'arbre qui cache la forêt » rappelait le Dr Belpomme dans son rapport de mi-septembre 2007, car ce sont, ajoutait-il, plus de cent pesticides différents qui auraient été déversés durant les dix dernières années, en Guadeloupe notamment. De plus le climat chaud et humide pourrait favoriser des transferts et des bioconcentrations différentes de ce qui a été plus ou moins étudié en métropole et dans les pays tempérés similaires.[réf. nécessaire]

Conséquences épidémiologiques

Article principal : Toxicité du chlordécone.

On peut distinguer en premier lieu deux populations affectées par cette présence de chlordécone dans le sang. D'une part, celle qui a été soumise à une exposition directe au produit (ceux qui travaillaient dans les plantations ou qui manipulaient le produit), et d'autre part, celle qui subit une exposition indirecte par contact ou consommation de substances contaminées. Le type d'exposition étant différent, les risques sanitaires afférents le sont aussi, entre une forte exposition répétée, et une exposition chronique. Toutefois, il est à noter que ceux qui intègrent la première catégorie, font aussi partie de la seconde population, puisque qu'ils sont aussi sujets à la consommation de produits contaminés que le reste des insulaires.

Cependant cette scission ne représente pas de manière adéquate les différents critères qui permettent de déterminer les populations à risque. En 2006 l'Institut de Veille Sanitaire publiait une étude statistique effectuée sur plus d'un milier de personnes âgées de 3 à 92 ans. Cette étude, ayant pour objectif de déterminer les critères déterminants de dépassement des Valeurs Toxicologiques de Référence (VTR) définissant par ce biais les populations à risque, a ainsi permis de relever que le niveau social était un facteur décisif. Grossièrement résumée, l'étude montre ainsi que les risques croissent quand le niveau social décroît. Autre facteur : l'autoconsomation. La consommation de fruits et légumes plantés soi-même en zone contaminée, ou reçus de main à main augmente parfois d'un facteur de 6 la probabilité de dépassement des VTR.[52]


Depuis l'éclatement de la crise, de nombreuses études ont été menées spécifiquement aux Antilles et sont venues s'ajouter aux travaux déjà réalisés notamment aux États-Unis où la chlordécone était depuis longtemps considérée comme cancérogène probable chez l'humain. Parmi les études officielles on compte les publications suivantes : Karuprostate, HIBISCUS, TIMOUN et KANNARI.

Karuprostate (INSERM, CHU Guadeloupe)[53]

    • Objet : le taux de cancer de la prostate étant le plus élevé au monde dans les Antilles, il s'agissait d'identifier et caractériser les facteurs de risque environnementaux, génétique et hormonaux de survenue de ce cancer aux Antilles
    • Population Étudiée :
      • 709 hommes malades
      • 723 hommes non malades
      • Tous proviennent de centre médicaux publics
    • Période : 2004 à 2007
    • Résultats
      • Une relation linéaire dose-effet positive entre la quantité de chlordécone dans le plasma sanguin et le risque de développer le cancer de la prostate a été mise en évidence. L'augmentation du risque est significative lorsque les concentrations dépassent ou atteignent 1μg/L.
      • D'autres facteurs ont cependant leur importance : prédispositions génétiques, environnement familial (antécédents de cancers de la prostate dans la famille), ou, de manière plus suprenante, un sejour en suffisament long en hexagone.


HIBISCUS (INSERM)

  • Objet
    • Estimer l'imprégnation en chlordécone chez les femmes enceintes, leurs nourrissons et dans lait maternel en prenant en compte certains paramètres socio-culturels.
  • Population Étudiée
    • 115 femmes enceintes et leurs bébés.
  • Période
    • 2003-2004
  • Résultats
    • La chlordécone a été détectée dans près de 90 % des prélèvements de sang maternel et du cordon de l'échantillon et dans 40 % du lait maternel, dans la semaine après l'accouchement. Toutefois la chlordécone a été dosé à des taux inférieurs à la limite tolérable d'exposition pour le nourrisson selon l'AFSSA.[54].
  • Réserves
    • l'étude ne vise pas à determiner les risques ou les effets de la chlordécone sur les femmes enceintes ou leur nourisson, mais à quantifier son imprégnation. Par ailleurs elle concerne un effectif réduit.


TIMOUN (INSERM, CHU Pt-Pître)

    • Objet : étudier l'influence de la chlordécone sur le developpement embryonnaire et postnatal, en considérant le comportement alimentaire des mères, et les différents résidus toxiques analysé dans leur plasma sanguin.
    • Population Étudiée
      • 1200 femmes enceintes du 6ème mois à l'accouchement
      • 200 enfants nés à terme jusqu'au 3ème mois après naissance.
    • Période : 2004-2008
    • Résultats : L’exposition maternelle au chlordécone a été retrouvée associée de manière significative à une durée raccourcie de grossesse ainsi qu’à un risque augmenté de prématurité, quel que soit le mode d’entrée au travail d’accouchement, spontané ou induit. Ces associations pourraient être expliquées par les propriétés hormonales, oestrogéniques et progestagéniques du chlordécone. D'autre recherches sont en cours pour suivre les enfants de la cohorte dans leur développement ultérieur.[55]


Des analyses faites chez des hommes et des femmes enceintes par l'étude HIBISCUS de l’INSERM, et une étude sur la fertilité masculine en Guadeloupe[56], montrent des taux moindres que ceux mesurés chez les ouvriers américains cités ci-dessus, mais on manque de données sur les effets d'une exposition chronique à de faibles doses, ce qui entretient un doute sur le risque couru par les habitants des zones polluées.


Contamination sanguine : en 2018, plus de 90% de la population présente du chlordécone dans son sang (95 % des Guadeloupéens et 92 % des Martiniquais selon un article du Monde publié mi-2018[57]), mais de manière contrastée : « 5 % des participants ont une imprégnation au moins dix fois plus élevée que l'imprégnation moyenne. Autre résultat important : si depuis 2003, on observe une diminution de l'imprégnation par la chlordécone pour la majorité de la population, le niveau des sujets les plus exposés ne diminue pas » commente Santé publique France[58] qui ajoute que « les travailleurs de la banane aux Antilles sont encore exposés aujourd'hui à d'autres pesticides ayant également des effets potentiellement nocifs pour la santé. »[58].

En Guadeloupe, une étude « cas – témoin », est conduite par l’INSERM (Étude « Karuprostate ») visant à rechercher les causes des cancers de la prostate (dont le chlordécone le cas échéant) dans la population antillaise.

En Guadeloupe toujours, une autre étude ; de cohorte mère – enfant (Étude TIMOUN) est en cours par l’INSERM pour évaluer les effets d'expositions in utero ou du bébé au chlordécone sur le développement de l’enfant

L’AFSSA a mené en Guadeloupe à l'automne 2007 une étude sur l'exposition au chlordécone des nourrissons et jeunes enfants par l'alimentation, pour éclairer les études de cohorte TIMOUN (INSERM).

En 2005 et 2007, des enquêtes dites « RESO » ont été faites en Martinique et Guadeloupe, par la Cire Antilles-Guyane, l'AFSSA et la Direction de la Santé et du Développement Social de Guadeloupe, dosant notamment les taux de chlordécone dans 1 600 échantillons d’aliments commercialisés dans les Antilles françaises, afin de mieux évaluer l'exposition moyenne des consommateurs[59].

Au nom de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), la sénatrice Catherine Procaccia (UMP, Val-de-Marne) et le député Jean-Yves Le Déaut (PS, Meurthe-et-Moselle) ont présenté le mercredi 24 juin 2009 un rapport dans lequel ils retracent, pour la première fois, le parcours du « chlordécone perdu ». Ils y soulignent certains manquements dans les études antérieures, notamment l'absence de connaissance sur la contamination des eaux fluviales et souterraines dont la cartographie « avance trop lentement » et l'impact dans les milieux marins, et ils incitent à multiplier les analyses toxicologiques sur les produits de la mer, très consommés aux Antilles[60].

De 2000 à 2014 est mené l'étude "Timoun" afin d'étudier les effets de la contamination en chlordécone sur les enfants[61]

  1. une publication dans Am J Epidemiol[62],[63]; est écrit dans une portion du sommaire que

« an increased risk of preterm birth (60%; 95% confidence interval: 10, 130) [which association] may result from the estrogen-like and progestin-like properties of chlordecone. These results are of public health relevance because of the prolonged persistence of chlordecone in the environment and the high background rate of preterm births in this population. »

  1. une publication dans Bull Epidémiol Hebd[64]; est écrit dans une portion du sommaire que

« La Guadeloupe présente un taux de prématurité élevé malgré un accès aux soins comparable à celui de la métropole... Dans la cohorte, 144 accouchements prématurés (15,8%) ont eu lieu... L’exposition chronique au chlordécone est associée à une diminution de la durée de gestation. »

  1. Cognitive, visual, and motor development of 7-month-old Guadeloupean infants exposed to chlordecone (Environmental Research, Oct 2012, p. 79-85)

En 2010, on sait par ailleurs qu'en Martinique et en Guadeloupe le taux de cancer de la prostate est l'un des plus élevés au monde[65] et que les ouvriers des bananeraies connaissent souvent des problèmes de stérilité masculine (délétion de la spermatogenèse).[réf. nécessaire] (démontré en Amérique [5]).

L’Institut national du cancer constate en Martinique pour la période 2001-2005 une augmentation spectaculaire du taux d’incidence annuel (standardisé monde, moyenne mondiale 30), qui est passé de 137,0 pour 100 000 en 2000 à 177,0 pour 100 000 en 2005. En 2012, le World Cancer Research Fund International publie un taux d’incidence annuel (standardisé monde) de 227,2 pour 100 000, le taux le plus élevé au monde loin devant le 2e, la Norvège avec 129 pour 100 000[66].

En 2012, les statistiques du GLOBOCAN révèlent que le taux de mortalité est de 32 pour 100 000 en Martinique et 30 pour 100 000 en Guadeloupe pour ce cancer (contre 7 pour 100 000 en moyenne dans le monde)[67].

Action de l'État et lutte contre la pollution

Mesures locales

En février 2000, un plan d’urgence a été élaboré par le Préfet de Guadeloupe pour garantir la qualité des eaux de consommation et le respect du seuil de 0,1 µg/l, conformément au décret officiel du 3 janvier de 1989[68].

Depuis 2003, les autorités locales ont restreint la culture des sols et d'autres activités (pêche, vente de volailles/œufs...) en raison de leur contamination[16].

Un décret interdit la pêche jusqu'à 500 mètres au large des côtes ; la zone d'interdiction serait passée en été 2013 à 900 mètres. En janvier 2013, le port principal de la Martinique, Fort-de-France, est barré par des pêcheurs qui réclament des subventions pour les aider à poursuivre la pêche aux langoustes. Le 15 avril, une centaine d'entre eux manifestent dans le chef-lieu[69],[17].


En janvier 2018, le syndicat CDMT du personnel de l’Agence régionale de santé de Martinique écrit une lettre à la Ministère des Solidarités et de la Santé afin de lui faire part de pressions subies par les agents pour « limiter l'information du public au strict minimum »[70].

La DAAF effectue aux agriculteurs 250 contrôles scientifiques par année, tandis que la DIECCTE effectue aux commerçants 300 prélèvences des échantillons de cucurbitacées et légumes racines[71]; ce niveau de contrôle aux commerçants est légèrement plus éléve que les 180 prélèvences faites en 2006[4]. Certains agriculteurs dont le sol présente un taux de chlordéconisité de 1,3 mg/kg, ont été contraint par la chambre d'agriculture à cultiver des produits autres que ceux visés par l'Arrété Préfectoral 030725 du 20 mars 2003[71].

Plans d'actions

Un premier "Plan Chlordécone" national a couvert la période 2004-2008[72], suivi d'un premier plan d'action spécifique (2008-2010[73] puis d'un deuxième couvrant la période 2010-2013 d'un montant financier de plus de 33 millions d’euros[74],[75] et associant les utilisateurs de produits[76] puis un Plan Chlordécone III (octobre 2015)[77].

Pistes d'actions :

  • En 2001-2002 le réseau d'eau potable est protégé par des systèmes d'adsorption de pesticides sur charbon actif, avec une meilleure interconnexion (par exemple, vers Basse-Terre où l'eau venait essentiellement d'une nappe contaminée et manque en saison sèche) ;
  • Installation de matériel de dosage de pesticides dans l'eau, à l'Institut Pasteur de Guadeloupe ;
  • Recherche de plantes sélectionnées pour leur résistance aux insectes et non plus uniquement pour leur productivité ;
  • Recherche sur la lutte intégrée (exemple : des champignons microscopiques du genre Beauveria (Beauveria bassania) ou des nématode entomopathogène comme genre Steinernema (Steinernema carpocapsae) peuvent lutter contre le charançon du bananier, mais à utiliser avec précaution en raison du risque qu'ils s'attaquent à des espèces non-cibles (les risques d'invasion biologique à partir d'espèces volontairement ou involontairement introduites semblent beaucoup plus élevés dans les îles que sur les continents). Aujourd'hui, les agriculteurs luttent contre le charançon genre Cosmopolites (Cosmopolites sordidus) à l'aide de pièges qui émettent des phéromones d’agrégation[78].
  • la secrétaire générale de la préfecture de Guadeloupe, Virginie Klès, explique en 2018 qu'"Émettre des recommandations aux agriculteurs de produits à cultiver sur ces zones et les méthodes pour éviter leur contamination", est prioritaire, ainsi que la création ultérieure d'un "label pour les auto-producteurs" dont les produits circulent informellement et sans traçabilité (au bord des routes, dons, etc.). Aucune solution de décontamination des sols ne fait l'objet de mesures appliquées à grande échelle par ce gouvernement: "il faut encore vérifier l'efficacité de ces dispositifs, leur coût, etc. ", explique-t-elle à l'AFP le 8 mars 2018[40].
  • Le syndicat mixte Parc Naturel Martinique a lancé une campagne sur la création d'un nouveau label : le Zéro chlordécone[79]. Il s'agit d'aider le consommateur à trouver des produits ayant poussés hors des zones polluées par ce pesticide, et de valoriser les agriculteurs qui s'inscrivent dans cette démarche[80]. Pourtant, l'étude Chleauterre signale que "le chlordécone a également pu être utilisé sur d’autres productions que la banane, principalement en cultures maraîchères ou vivrières, pour lutter contre la fourmi manioc (Fourmi coupe-feuille, ndlr) ou le charançon de la patate douce, ou en production d’agrumes pour lutter contre le charançon des agrumes. En cas de doute sur l’historique cultural et l’utilisation possible de chlordécone il convient de procéder à une analyse de sol."[81]

Fiabilité des analyses

Les différentes missions de recherche sur la chlordécone ont produit de nombreuses analyses quant à la teneur en principe actif de différentes matières étudiées (eaux, sols, végétaux, viandes…). Parmi celles-ci, plus de six mille ont permis de composer la carte actuelle des pollutions en Guadeloupe. Mais ces analyses ne sont pas toutes fiables. En effet, un ensemble de paramètres qui tiennent tant au type de matière étudiée qu’à la méthode utilisé font que l’incertitude associée à cette mesure varie entre 20% et 40%[27],[82], ce qui peut avoir une influence sur le traitement ultérieures des données expérimentales. Ainsi, en pratique, pour une incertitude de 20%, un échantillon dosé à 25µg/kg sera jugé conforme, même s’il dépasse les VTR fixées à 20µg/kg[83]. Un rapport parlementaire de 2007 confirme qu’une exploitation aquacole est restée ouverte après contrôle alors que les résultats indiquaient une contamination de 26µg/kg, et ce en vertu d’un intervalle de confiance de + 35% autour de la valeur obtenue (13µg-27µg) qui ne permettait pas de juger de manière déterminée de la non-conformité de l’exploitation[27].

Polémiques

Mise en cause de l'état

Dans le rapport rédigé en décembre 2009 par l'Afsset et jamais divulgué, le poids économique de la culture de la banane dans la gestion du dossier chlordécone est fautif[84]:

« Face à la défense de l'industrie bananière française, on peut faire l'hypothèse que l'impact de l'utilisation de produits phytosanitaires sur l'environnement et la santé ait été secondaire dans les préoccupations des autorités politiques »

Les résultats de l'étude ChlEauTerre, lancée en 2014, sont dès le 7 mars 2018 à la disposition du grand public[81]. L'étude, qui a conclu en septembre 2017, était jusqu'en mars cachée du contribuable et n'a été publié par le gouvernement Philippe que grâce a la pression exercée par les députés depuis décembre 2017. Le site internet de la DAAF-Guadeloupe héberge le rapport. Pour objectif, la DAAF a étudié la contamination par les pesticides de la Basse-Terre et de la Grande-Terre (s'intéressant plus spécifiquement à la question de la chlordécone) et a proposé une carte actualisée des risques de contamination des sols[37].

Selon l'INRA et l'Afsset (devenue ANSES depuis sa fusion avec l'AFSSA), dans 2 rapports évoqués le 24 août 2010 par l'AFP et le journal Le Monde[84],[85],[86],[87], puis mis à disposition du public sur le site de l'Observatoire des résidus de pesticides (ORP)[88],[89],[90], le ministère français de l'Agriculture n'a pas ou peu tenu compte des nombreuses alertes sanitaires et environnementales et a privilégié les intérêts économiques (culture bananière) sur l'environnement et la santé dans sa gestion du dossier[91], alors que dès 1977, des études mettaient en évidence les risques écologiques et sanitaires de ce produit. En 1979, le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) classe ce produit comme cancérogène possible [92], ce que confirme l'INSERM en juin 2010, dans le Journal of Clinical Oncology, pour le cancer de la prostate[93].

Action des lobbies

À l'époque de lépandage de la chlordécone, la plupart des planteurs de bananes de la Martinique étaient regroupés au sein de la SICABAM et ceux de la Guadeloupe au sein de la SICA-ASSOBAG[94].

Prises de position

Au niveau national

En février 2019 le président de la république française a affirmé qu'il « ne faut pas dire que c'est cancérigène »[95],[96],[97].

Au niveau local

Le 29 janvier 2018, le député Serge Letchimy publie sa correspondance écrite au Ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, dans laquelle il exprime son étonnement face à la décision du gouvernement Macron de rehausser les LMR des denrées carnées terrestres et demande une contre-expertise de l'ANSES.

Les députés Hélène Vainqueur-Christophe et Victorin Lurel ont demandé le 1er février 2018 que le paraquat et le chlordécone soient intégrés dans la proposition de loi portant création d'un fonds d'indemnisation des victimes des produits phytopharmaceutiques, ce qui fut refusé par la commission des finances, expliquant que cela provoquerait une aggravation des charges publiques[98].

Le 6 février 2018, le sénateur Maurice Antiste pose une question au gouvernement[99],[100], dans lequel défend létude Kannari et l'étude Madiprostate, interrompue en 2014 et met en cause le chlordécone dans le nombre d'hommes atteints du cancer de prostate, le taux d'accouchements prématurés et de puberté précoce.

Combats juridiques

Deux plaintes en Martinique et une en Guadeloupe ont été déposées (et ont été suivies jusqu'en 2018) contre X pour tenter de déterminer les responsabilités dans le désastre sanitaire du Chlordécone[101]. Les plaintes,

chacune vieille d'une décennie, furent réunies en un seul dossier au tribunal de grande instance de Paris[101].

L’association Agriculture, société, santé, environnement (ASSE), présidée par Alain Monfait[102] et puis Philippe Verdol[103], et ses partenaires estiment ne pas être suffisamment entendus par les autorités compte tenu de la pollution endurée. C’est pourquoi ils ont porté plainte contre X en février 2006, notamment pour mise en danger d’autrui. Une collecte réalisée auprès de la population guadeloupéenne a permis de payer les 2 500 euros de consignation exigés par le tribunal avant qu’une enquête soit ouverte[4].

Notes et références

Notes

Références

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  13. Rapport d'information No 2430 Enregistré à la Présidence de l'Assemblée nationale le 30 juin 2005. DÉPOSÉ PAR LA COMMISSION DES AFFAIRES ÉCONOMIQUES, DE L'ENVIRONNEMENT ET DU TERRITOIRE sur l'utilisation du chlordécone et des autres pesticides dans l'agriculture martiniquaise et guadeloupéenne « (...) Ces décisions paraissent d'autant plus regrettables que des traitements alternatifs existaient : si l'on se fie à l'index ACTA (9), les agriculteurs avaient alors à leur disposition le Temik (substance active : aldicarbe), le Nemacur O (isophenphos et phénamiphos), le Rugby (cadusaphos) et le Counter (terbuphos). L'argument invoqué en 1990 pour justifier les demandes de prorogation du délai d'utilisation du Curlone, c'est-à-dire le caractère inabouti des recherches tendant à trouver des substituts satisfaisants au chlordécone, paraît en 1992 et 1993 dénué de fondement.(...) »
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  18. En outre, la collecte en 2002 de plusieurs tonnes de chlordécone a pu alimenter la crainte que certains agriculteurs indélicats aient poursuivi l'épandage du produit après 1993, et aient bénéficié d'importations frauduleuses de Curlone. (...) Les défaillances supposées des services de contrôle apparaîtraient d'autant plus vraisemblables que le 23 août 2002, une tonne et demie de patates douces contenant des résidus de chlordécone était saisie par les services de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) à Dunkerque. (...) Par un courrier du 19 mars 1992, le sous-directeur de la protection des végétaux indiquera au Directeur de l'agriculture et de la forêt de Martinique que « cette dérogation s'adresse à l'ensemble des planteurs de bananiers qui peuvent ainsi utiliser le reliquat de Curlone qu'ils possèdent en stock - Rapport No 2430 de l'Assemblée nationale sur l'utilisation du chlordécone et des autres pesticides dans l'agriculture martiniquaise et guadeloupéenne
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  91. Luc Multigner, Jean Rodrigue Ndong, Arnaud Giusti, Marc Romana, Helene Delacroix-Maillard, Sylvaine Cordier, Bernard Jégou, Jean Pierre Thome & Pascal Blanchet: Chlordecone Exposure and Risk of Prostate Cancer, dans le cadre de l'étude Karuprostate, article publié doi:10.1200/JCO.2009.27.2153 le 21 juin 2010 dans le Journal of Clinical Oncology. Voir aussi sur le même sujet les résumes de presse INSERM: "Chlordecone exposure and risk of prostate cancer", 22 JUIN 2010, et Communiqué INSERM, 2010 06 22
  92. André LASSOUDIERE, HISTOIRE BANANIERE des ANTILLES, TheBookEdition, (ISBN 9782954812328, lire en ligne)
  93. Poussée de tension autour du chlordécone entre Macron et des élus ultramarins, Europe1 / AFP, europe1.fr, 01 février 2019
  94. Sebastian.nowenstein, « « Il ne faut pas dire que c’est cancérigène ». Lettre au président Macron », sur Club de Mediapart (consulté le 11 avril 2019)
  95. « "Il ne faut pas dire que le chlordécone est cancérigène" : les scientifiques répondent à Emmanuel Macron », sur Outre-mer la 1ère (consulté le 11 avril 2019)
  96. actu.orange.fr: "Antilles: inquiétude sur l'indemnisation des victimes du chlordécone", (AFP) publié le jeudi 01 février 2018
  97. francetvinfo.fr: "Chlordécone : le sénateur Antiste obtient une rencontre entre les parlementaires et la ministre", 07/02/2018
  98. senat.fr: "CHLORDÉCONE - M. Maurice Antiste"
  99. a et b francetvinfo.fr: "Chlordécone : va-t-on vers des mises en examen ?", 05/02/2018
  100. latribunedesantilles.net: "Chlordécone : Chronologie d'un empoisonnement"
  101. domactu.com: "Le Chlordécone fait débat" et "Agenda - Conférence-débat organisée par l’association ASSE (Agriculture Société Santé Environnement)"

Bibliographie

Publications officielles

  • Chlordécone aux Antilles : bilan actualisé des risques sanitaires, BEH, février 2011 un numéro thématique comprenant huit articles intitulé[1].
  • Impact sanitaire de l'utilisation du chlordécone aux Antilles françaises. Recommandations pour les recherches et les actions de santé publique. Octobre 2009, Institut de veille sanitaire et l'INSERM, paru fin 2009 sous la forme d'un rapport et de recommandations, [2].
  • >Didier Torny. Gérer une pollution durable. Le cas du chlordécone aux Antilles françaises. Le Courrier de l'environnement de l'INRA, Paris : Institut national de la recherche agronomique, 2010, 59, p. 61-71.https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01196931/file/C59Torny.pdf
  • https://www.anses.fr/fr/content/avis-de-lagence-fran%C3%A7aise-de-s%C3%A9curit%C3%A9-sanitaire-des-aliments-relatif-%C3%A0-l%C3%A9valuation-des-2 anses.fr: "Avis de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments relatif à l'évaluation des risques liés à la consommation de denrées alimentaires contaminées par la chlordécone en Martinique et en Guadeloupe", 10 décembre 2003
  • https://www.anses.fr/fr/content/premi%C3%A8re-%C3%A9valuation-de-l%E2%80%99exposition-alimentaire-de-la-population-martiniquaise-au-0 anses.fr: "Première évaluation de l’exposition alimentaire de la population martiniquaise au CHLORDÉCONE Propositions de limites maximales provisoires de contamination dans les principaux aliments vecteurs"], mercredi 10 décembre 2003
  • http://institut.inra.fr/Missions/Eclairer-les-decisions/Etudes/Toutes-les-actualites/Chlordecone-aux-Antilles-francaises inra.fr: "Chlordécone aux Antilles françaises : un éclairage socio-historique", 24/08/2010
  • https://www.anses.fr/fr/system/files/SHS2010etInracol01Ra.pdf anses.fr: "La saga du chlordécone aux Antilles françaises: Reconstruction chronologique 1968-2008", juillet 2010
  • https://www.martinique.ars.sante.fr/system/files/2017-08/20-id%C3%A9es%20fausses-Vweb2.pdf ars.sante.fr: "La chlordécone et la rumeur", ARS
  • https://www.anses.fr/fr/content/chlord%C3%A9cone-dans-les-antilles-certains-modes-d%E2%80%99approvisionnement-alimentaire-favorisent-une anses.fr: "Chlordécone dans les Antilles : certains modes d’approvisionnement alimentaire favorisent une surexposition", 15/12/2017


Études indépendantes

  • Actes du 44e colloque du Groupe Français des Pesticides "Protection des cultures, et santé environnementale : Héritages et conceptions nouvelles, 26 et le 29 mai 2014


Autre

  • Éditions Jasor, Le chlordécone en Guadeloupe - Environnement, Santé, Société, 2007
  • Louis Boutrin et Raphaël Confiant, 2007, Editions L'Harmattan «Chronique d’un empoisonnement annoncé: Le scandale du Chlordécone aux Antilles françaises 1972-2002»
  • Louis Boutrin et Raphaël Confiant, 2007, Editions L'Harmattan «Chlordécone : 12 mesures pour sortir de la crise»
  • Saint-Aimé, Charles: "L'atteinte à la santé publique en Martinique par la chlordécone", Les libertés et les droits fondamentaux : Conférence - débat, le 11 janvier 2013. Université des Antilles et de la Guyane, par Charles Saint-Aimé à l'Institut des Droits de l'Homme de la Martinique.
  • LE CHLORDÉCONE EN GUADELOUPE : UNE POLLUTION/CONTAMINATION GLOBALE DE L’ENVIRONNEMENT ET DE LA POPULATION, Philippe Verdol, 8 mars 2015, Ligue des droits de l'homme
  • Didier Torny, « Managing an everlastingly polluted world: food policies and community health actions in the French West Indies », dans Nathalie Jas, Soraya Boudia, Toxicants, Health and Regulation Since 1945, Routledge, (ISBN 1317319699, lire en ligne)
  • Philippe Verdol, « Chlordécone un scandale aux Antilles et en Europe », L'Ecologiste, vol. N°53 Vol 19 N°3,‎ , p. 26-28.
  • https://reseauprosante.fr/files/santepublique/Actualisation-de-l-exposition-alimentaire-au-chlordecone-de-la-population-antillaise-Evaluation-de-l-impact-de-mesures-de-maitrise-des-risques.pdf reseauprosante.fr: "Actualisation de l’exposition alimentaire au chlordécone de la population antillaise - Évaluation de l’impact de mesures de maîtrise des risques", septembre 2007


  • http://www.saintlaurentdumaroni.fr/attachment/373645/ ars.fr: "3e Journées interrégionalesde Veille Sanitaire des Antilles GuyaneHôtel Salako, Gosier, Guadeloupedu 26 au 27 octobre 2012
  • https://www.martinique.ars.sante.fr/la-pollution-par-la-chlordecone-en-martinique ars.sante.fr: "La pollution par la chlordécone en Martinique, ARS, 8 août 2017
  • sasi.fr: "Phytosanitairement vôtre - JOURNAL D’INFORMATION DE LA DIRECTION DE L’AGRICULTURE ET DE LA FORÊT/SERVICE DE LA PROTECTION DES VÉGÉTAUX ÉDITION ANTILLES EDITION ANTILLES • No 16", juin 2007
  • Rapport parlementaire: senat.fr: "Impacts de l'utilisation de la chlordécone et des pesticides aux Antilles : bilan et perspectives d'évolution", 24 juin 2009
  1. a et b http://www.martinique.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/grephy_221007_afssa_cle8d7ad1.pdf