Chlordécone

Chlordécone
Image illustrative de l'article Chlordécone
Image illustrative de l'article Chlordécone
Structure et représentation du chlordécone
Identification
Nom UICPA decachloropentacyclo[5.3.0.02.6.03.9.04.8]decan-5-one[1]
Synonymes

Képone
décachlorocétone[2]

No CAS 143-50-0
No ECHA 100.005.093
No EINECS 205-601-3
SMILES
InChI
Apparence cristaux blancs[3].
Propriétés chimiques
Formule brute C10Cl10O  [Isomères]
Masse molaire[4] 490,636 ± 0,028 g/mol
C 24,48 %, Cl 72,26 %, O 3,26 %,
Propriétés physiques
ébullition Point de sublimation : 350 °C (décompose)[3]
Solubilité 1-2 mg/L dans l'eau
Masse volumique 1,40 g/cm³
Pression de vapeur saturante 3.10-7 kPa à 20 °C
Thermochimie
S0gaz, 1 bar 764 J/(K.mole) (25°C)[5]
ΔfH0gaz -225,9 kJ/mole (25°C)
Précautions
SGH[8]
SGH06 : ToxiqueSGH08 : Sensibilisant, mutagène, cancérogène, reprotoxiqueSGH09 : Danger pour le milieu aquatique
Danger
H301, H311, H351, H410,
Directive 67/548/EEC
Toxique
T
Dangereux pour l’environnement
N

Phrases R : 24/25, 40, 50/53,

Phrases S : 1/2, 22, 36/37, 45, 60, 61, [6]
Transport
-
   2761   
Classification du CIRC
Groupe 2B : Peut-être cancérogène pour l'homme[7]
Inhalation toxique
Peau toxique
Yeux toxique
Ingestion toxique
Écotoxicologie
LogP 3,45[3]

Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.

Le chlordécone (ou Képone, Merex, et Curlone[9]) est un insecticide organochloré de la famille des bishomocubanes comme le Mirex et le Kelevan. C'est un polluant organique persistant (POP). Considéré comme non biodégradable, sa DT50 est évaluée, suivant les conditions, de 3,8 à plus de 46 ans[10] dans les sols. De fortes suspicions de toxicité, alliées à cette persistance, l'ont fait interdire dans de nombreux pays (dès 1976 aux États-Unis). Les conséquences de son utilisation aux Antilles françaises jusqu'en 1993 ont fait la une des médias français en septembre 2007. Lors de la troisième réunion du Comité d'études des polluants organiques persistants, le chlordécone a été inclus dans la liste sur les polluants organiques persistants appelé la Convention de Stockholm ; cette dernière interdit sa production et son utilisation dans les pays parties de la Convention[9].

Le mirex et le chlordécone sont deux insecticides fabriqués séparément, mais chimiquement semblables, qui ne se trouvent pas naturellement dans l'environnement. Le mirex est un solide cristallin blanc et le chlordécone est un solide cristallin blanc cassé. Les deux produits chimiques sont inodores. Le mirex et le chlordécone n'ont pas été fabriqués ou utilisés aux États-Unis depuis 1978. Le mirex était utilisé pour contrôler les fourmis de feu et comme ignifuge dans les plastiques, le caoutchouc synthétique, la peinture, le papier et les appareils électriques de 1959 à 1972. Le chlordécone était utilisé comme un insecticide sur le tabac, les arbustes ornementaux, les bananes et les agrumes, et dans les pièges à fourmis et à cafards. Mirex a été vendu comme retardateur de flamme sous le nom commercial Dechlorane, et le chlordécone était également connu sous le nom de Kepone[11]. Ce dernier a été une matière de base dans la manufacture de l'insecticide Kelevan[12].

Histoire

La synthèse du chlordécone a été signalée pour la première fois en 1952 par Gilbert et Giolito, dans US Patent 2.616.825 et US Patent 2.616.928, les deux assignées au Allied Chemical and Dye Corporation[12]. Production commerciale aux États-Unis commencé en 1966[12]. Déjà en 1965, la chlordécone était signalée comme reprotoxique dans nos cousins mammaliens les souris, et encore les poules[12].

Aux États-Unis, la chlordécone a été produit par Allied Chemical Company et LifeSciences Product Company (LSPC) à Hopewell, en Virginie[13],[14]. Est épouvantable l'histoire médicale raconté de la catastrophe subi par les ouvriers de la LSPC, qui est éclairée peu après la première visite medicale d'un ouvrier en septembre 1975[14],[15]. La manipulation et le rejet inadéquats de la substance dans la James River, dans les années 1960 et 1970 par lesdites acteurs, ont attiré l'attention du pays sur ses effets toxiques sur les humains et la faune[16]. Le produit est similaire au DDT et est un produit de dégradation de Mirex.

Le 18 septembre 1972, Jacques Chirac, alors Ministre de l’Agriculture et de l’Aménagement Rural délivre une Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) provisoire pour le chlordécone sous la dénomination commerciale de Képone[17].

En raison des risques de pollution, de nombreuses entreprises et restaurants le long de la rivière ont subi des pertes économiques. En 1975, le gouverneur Mills E. Godwin, Jr. a prohibé la pêche dans la rivière James pendant 100 milles, de Richmond, Virginia à la baie de Chesapeake. Cette interdiction est restée en vigueur pendant 13 ans, jusqu'à ce que les efforts de nettoyage de la rivière commencent à porter leurs fruits[18].

Le groupe punk The Dead Kennedys a enregistré une chanson intitulée "Kepone Factory", une satire de la controverse entourant Allied Signal et leur négligence concernant la sécurité des employés, pour leur album de 1981 In God We Trust, Inc. Écrit en 1978, la chanson a été initialement intitulé "Kepone Kids".

En 1981, Edith Cresson, alors Ministre de l’Agriculture délivre une seconde AMM pour le chlordécone sous la dénomination commerciale de Curlone. L'AMM fut obtenue par les Établissements Laurent De Laguarigue. Formulation du produit à Béziers, synthèse au Brésil, commercialisation et importation massive aux Antilles françaises[17], alors que la science était bien établie dans cette année sur les effets pseudo-œstrogeniques de la substance[19].

L'histoire des incidents de Kepone est passée en revue dans Who's Poisoning America?: Corporate Polluters and Their Victims in the Chemical Age, paru en 1982.

Le EPA publie en 1986, Final report on the evaluation of four toxic chemicals in an In Vivo/In Vitro toxicological screen--acrylamide, chlordecone, cyclophosphamide, and diethylstilbestrol[20].

Le 1er février 1990, l’AMM du chlordécone est retirée. Le produit est désormais interdit à la vente sur l'ensemble du territoire français[17]. Mais le 23 avril, parut une question écrite de Guy Lordinot, alors Député de la Martinique, au ministre de l’agriculture pour relayer une requête des gros planteurs de bananes en faveur d’une prolongation de la commercialisation du chlordécone[17]. Cette demande fut appuyée par une autre lettre au ministre le 30 avril 1990[17]. Le 5 juin, Henri Nallet, alors Ministre de l’Agriculture, autorise une dérogation de deux ans uniquement pour les DOM[17].

En mars 1992, Louis Mermaz, alors Ministre de l’Agriculture et des Forêts, donne une nouvelle dérogation d’un an pour l’utilisation du Curlone[17]. En février 1993, Jean-Pierre Soisson, Ministre de l’agriculture et du développement rural, répond favorablement à une demande de la SICABAM pour utiliser le reliquat de chlordécone[17]. Le 30 septembre 1993, le chlordécone est interdit à la vente aux Antilles françaises[17].

La production de l’usine eau embouteillée de Capès Dolé en Guadeloupe a été prélèvée à partir du 28 mars, et a été arrêtée le 7 avril 2000 après constat de présence de pesticides dans les eaux : présence de HCHb à des concentrations voisines de 0,5 µg/l (5 fois la norme) et de chlordécone entre 0,7 et 1,1 µg/l (de 7 à 11 fois la norme) avec des traces de dieldrine. Un des échantillons de ce dernier atteint toutefois 0,1 µg/l, soit plus de 3 fois la norme. La société Capes Dolé s'est rapidement (fin avril) équipée de filtres à charbon actif. L’eau traitée passe ensuite sur membranes (5 microns) destinées à retenir les relargages de charbon actif. Enfin chaque chaîne de conditionnement est équipée d'une d’une filtration stérilisante (membranes à 0,2 microns). Après réglages du processus de filtration, les analyses effectuées par la DDASS le 22 mai 2000 ont confirmé l’absence de pesticides dans l’eau et la commercialisation de l’eau embouteillée a repris le 30 mai avec un contrôle hebdomadaire. La société Capès-Dolé utilisait le terme eau de source, mais constat faite que la réglementation en matière d'étiquetage n'était pas respectée, elle doit dorénavant employer l'expression eau rendue potable par traitement; la société concurrente Matouba était dans la même situation. Une recherche mensuelle de pesticides organochlorés est imposée à la charge de Capès Dolé sur une durée minimale de six mois[21].

A été nommé en décembre 2006 au dossier du chlordécone français un fonctionnaire chargé de mission interrégionale, Eric Godard, afin de coordonner plus spécifiquement l'action de l'État dans les îles antillaises[22]. Il reste en poste au delà de 2015[23].

En 2009, ladite substance a été inclus dans la Convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants, qui interdit sa production et son utilisation dans le monde entier[24].

Polémiques et rôle des lobbies dans les Antilles Françaises

La Martinique est fortement contaminée par le kepone[25], suite à son utilisation sans restriction sur les plantations de bananes[26],[27]. Malgré l'interdiction de la substance en 1990 par la France, la communauté des planteurs économiquement puissants a exercé des pressions pour pouvoir continuer à utiliser le kepone jusqu'en 1993, soutenant qu'il n'existait pas de pesticide alternatif, ce qui a été contesté depuis. L'île voisine de la Guadeloupe est également contaminée, mais dans une moindre mesure. Depuis 2003, les autorités locales ont restreint la culture des sols en raison de leur contamination.

Depuis 2010, on sait que la Martinique et la Guadeloupe présentent certains des taux de diagnostic de cancer de la prostate les plus élevés au monde[28].

Un décret paru en 2010 interdit la pêche jusqu'à 500 mètres au large des côtes; la zone d'interdiction serait passée en été 2013 à 900 mètres. En janvier 2013, le port principal de la Martinique, Fort-de-France, est barré par des pêcheurs qui réclament des subventions pour les aider à poursuivre la pêche aux langoustes. Le 15 avril 2013, une centaine d'entre eux manifestent dans la capitale[29].

L'industrie bananière a usé de son influence pour différer l'interdiction du chlordécone, qui n'a été effective aux Antilles qu'à partir de fin 1993 (voire jusqu'à l'écoulement effectif des stocks[30]). Les dérogations, demandées par les parlementaires et accordées par les ministères, ont prolongé l'usage d'un produit interdit au-delà de la date de son retrait d'autorisation de vente (1er février 1990)[31],[32].

Selon l'INRA et l'Afsset (devenue ANSES depuis sa fusion avec l'AFSSA), dans 2 rapports évoqués le 24 août 2010 par l'AFP et le journal Le Monde[33],[34],[35],[36], puis mis à disposition du public sur le site de l'Observatoire des résidus de pesticides (ORP)[37],[38],[39], le ministère français de l'Agriculture n'a pas ou peu tenu compte des nombreuses alertes sanitaires et environnementales et a privilégié les intérêts économiques (culture bananière) sur l'environnement et la santé dans sa gestion du dossier[40], alors que dès 1977 des études mettaient en évidence les risques écologiques et sanitaires de ce produit. En 1979, l'OMS classe ce produit comme cancérogène possible, ce que confirme l'INSERM en juin 2010, dans le Journal of Clinical Oncology, pour le cancer de la prostate[41].

En janvier 2018, le syndicat CDMT des personnels de l’Agence régionale de santé de Martinique écrit une lettre à la Ministère des Solidarités et de la Santé afin de lui faire part de pressions subies par les agents pour « limiter l'information du public au strict minimum » [42].

Toxicité

Le chlordécone est une matière biomimétique dans les corps mammaliens. Il se dissimule facilement dans la voie de la biosynthèse des acides biliaires primaires, et aussi dans celle de la biosynthèse des hormones stéroïdes[11]. D'après la littérature contemporaine en 1984, l'accumulation se produit principalement dans le foie[12].

L'AFSSA[43] rapporte que des ouvriers exposés de manière chronique à ce produit (dont par contact) dans une usine en produisant aux États-Unis, ont été victimes de problèmes neurologiques (irritabilité, tremblements, troubles de la vision, céphalées). Des effets toxiques sur le foie ont été observés, ainsi qu'une action de délétion de la spermatogenèse.

Effets synergiques

Une étude écrite en 1989 par HM Mehendale[44] indique que le chlordécone amplifie gravement (67 fois) les effets hépatotoxiques des composés comme le tétrachlorure de carbone, le chloroforme et le dichlorométhane.

Liens avec le cancer de la prostate

Déjà antérieur à 1979, une néphrotoxicité (atteinte rénale) et une suppression de la spermatogenèse ont été observées en laboratoire chez l'animal[12],[45]. D'ailleurs, le chlordécone est connu en 1979 comme fœtotoxique[12]. Le chlordécone s'est par ailleurs révélé cancérogène chez l'animal (tumeurs du foie)[12]. Le Centre International de Recherche sur le Cancer classe comme « cancérogène possible pour l’homme » le chlordécone[46] en 1987[47]. Une étude de l'INSERM et du CHU de Pointe-à-Pitre établit un lien entre l’exposition à la molécule et le risque de cancer de la prostate[48].

Une élévation significative du risque de cancer de la prostate a été trouvée en 2010[41] chez les hommes de Guadeloupe ayant été, selon des analyses de sang faites entre 2004 et 2007, très exposés au chlordécone ; ceux ayant le taux sanguin le plus élevé avaient un risque plus de 2,5 fois plus élevé que les moins exposés. Dans les Antilles françaises, des taux sanguins de plus de 1 microgramme par litre (μg/L) sont trouvés chez plus de 20 % de la population étudiée[41]. Le chlordécone était présent dans le sang de 68,7 % des malades et de 66,8 % des témoins à des concentrations médianes respectives de 0,44 et 0,40 (μg/l). Posséder certains caractères génétiques qui diminuent la capacité d'éliminer le chlordécone de l'organisme est associé à un risque accru de cancer de la prostate. Ceci laisse penser que le chlordécone puisse être un perturbateur endocrinien (féminisant, car mimant les œstrogènes, et que de manière générale, les œstrogènes sont sources de risques accrus de ce cancer[41]). L'étude a aussi montré que le risque était accru chez les hommes ayant vécu plusieurs années en métropole ou dans un pays occidental (risque multiplié par 5 pour des hommes ayant été exposés, ayant un antécédent familial de cancer de la prostate et ayant vécu dans un pays occidental)[41].

De plus, en Martinique, une analyse du risque de cancer (par zones) commandée par l'InVS a conclu à une « surincidence statistiquement significative du myélome multiple »[49] chez l'homme adulte résidant dans la zone où le chlordecone a été le plus utilisé et serait encore le plus présent dans les sols (selon le BRGM).

Prévalence record du cancer de la prostate dans les Antilles françaises

Les relevés effectués par l’Institut National du Cancer pour la Martinique sur la période 2001-2005 indiquent une augmentation spectaculaire du taux d’incidence annuel (standardisé monde, moyenne mondiale 30), qui est passé de 137,0 pour 100 000 en 2000 à 177,0 pour 100 000 en 2005. 7 ans plus tard, soit en 2012, le World Cancer Research Fund International publie un taux d’incidence annuel (standardisé monde) de 227,2 pour 100 000, le taux le plus élevé au monde loin devant le 2e, la Norvège avec 129 pour 100 000[46].

En ce qui concerne le cancer de la prostate, les statistiques du GLOBOCAN 2012 révèlent que le taux de mortalité est de 32 pour 100 000 en Martinique et 30 en Guadeloupe alors que la moyenne mondiale est de 7 pour 100 000[50].

Détection

Remarquablement, les scientifiques français et institutions françaises figurent dans l'avant-garde de la détection de cette substance nuisible, puisque les Américains ont laissés le champ peu après leur interdiction totale du chlordécone, survenue en 1976.

Cette substance peut être détectée par, grosso modo, deux voies: soit le dosage direct dans les matrices biologiques (sang, lait et graisses), soit de façon indirecte par le calcul de l’apport alimentaire en chlordécone, à partir de données de consommation et de contamination des aliments[51].

La base de données PubChem, qui est alimentée par la NIH Américaine à partir de revues scientifiques, liste plusieurs méthodes de détection pour le chlordécone. Parmi eux[11]:

Élimination

Dans le corps

Le chélateur cholestyramine a été utilisé aux États-Unis pour combattre l'empoisonnement avec ladite substance, à la suite d'une négligence industrielle dans l'usine destinée à sa fabrication[58],[13].

Les travailleurs d'une petite usine qui fabriquait le pesticide ont été exposés à de grandes quantités de ce matériau toxique pendant plusieurs mois. Les manifestations toxiques concernaient principalement le système nerveux, le foie et les testicules. Le chlordécone était présent en fortes concentrations dans des échantillons de sang, de foie et de graisse provenant de ces travailleurs. Une expérience de plasmaphoresis a indiqué que le chlordécone est rapidement transféré des tissus au sang. Cependant, l'hémoperfusions n'a pas réussi à éliminer le chlordécone de l'organisme, car le chlordécone est avidement lié aux protéines plasmatiques. Basé sur l'observation que les selles ne contiennent qu'une petite fraction des quantités substantielles de chlordécone excrété dans la bile, le chercheur a administré par voie orale de la cholestyramine, une résine non résorbable qui lie la chlordécone in vitro. La cholestyramine a augmenté l'excrétion fécale de chlordécone et a accéléré le taux de disparition du pesticide du corps. Cela s'est accompagné d'une amélioration des manifestations cliniques de toxicité, indiquant que les effets toxiques subaiguës du chlordécone sont réversibles. Le chercheur a conclu que la thérapie avec des agents de liaison pris par voie orale fournit un moyen sûr et efficace pour le traitement des humains empoisonnés avec du chlordécone et, éventuellement, avec d'autres pesticides organochlorés[58].

Dans le sol

Comme le chlordécone passe du sol aux animaux principalement par l'ingestion involontaire, la consommation de denrées alimentaires provenant d'animaux élevés dans des zones contaminées peut contribuer de manière significative à l'exposition des humains. Une étude publiée en 2017 amène à conclure que (i) la présence charbon actif dans le sol contaminé réduit fortement la biodisponibilité du chlordécone, et (ii) l'efficacité dépend de la nature et des caractéristiques de charbon actif utilisé[59].

Pollution aux Antilles françaises

Le chlordécone est responsable de séquelles importantes de pollution, en raison de son utilisation dans les bananeraies, notamment à la Guadeloupe et à la Martinique.

Interdit dès 1976 aux États-Unis, le chlordécone insecticide qui, depuis le début des années 1980, était utilisé en France exclusivement contre le charançon du bananier[Lequel ?][60], a été interdit en 1990 dans ce pays, mais grâce aux dérogations successives obtenues par les producteurs de banane et par les parlementaires (notamment Guy Lordinot)[61], il n'a été effectivement interdit qu'en 1993 dans les Antilles françaises (en Guadeloupe et Martinique)[62]. Mais des ventes illégales ont cependant été repérées par la suite[63]. Les sols contaminés des cultures bananières, y compris ceux qui ont été rendus à la culture vivrière, sont à l'origine de pollutions graves des nappes d'eau souterraine, d'aliments pour animaux et de végétaux[43]; pollutions qui continuent d'empoisonner notamment les populations locales avec des risques avérés de prématurité et de cancer de la prostate[64].

Identification du problème

De forts indices de pollutions et des preuves locales de contamination des écosystèmes ou des aliments ont été cités de manière récurrente depuis la fin des années 1970. Seront présentés sous deux catégories, académique et officiel, les rapports suivants.

Publications académiques et ONG

  • est parue en 2007 à la maison Éditions Jasor, Le chlordécone en Guadeloupe - Environnement, Santé, Société
  • Louis Boutrin et Raphaël Confiant publient en 2007 chez Editions L'Harmattan «Chronique d’un empoisonnement annoncé: Le scandale du Chlordécone aux Antilles françaises 1972-2002»
  • Louis Boutrin et Raphaël Confiant publient en 2007 chez Editions L'Harmattan «Chlordécone : 12 mesures pour sortir de la crise»
  • via le PROJET MACHLOMA, le laboratoire DYNECAR de l’UAG a démontré que le chlordécone pouvait contaminer les crustacés, même à de très faibles doses[65].
  • le BEH publie en février 2011 un numéro thématique comprenant huit articles intitulé Chlordécone aux Antilles : bilan actualisé des risques sanitaires[66]. Ce numéro synthétise les travaux d'un conseil scientifique nommé par l'Institut de veille sanitaire et l'INSERM, paru fin 2009 sous la forme d'un rapport et de recommandations[67]. Didier Torny, membre de ce conseil scientifique, publie dans la revue Courrier de l’environnement en octobre 2010 son étude Gérer une pollution durable: Le cas du chlordécone aux Antilles françaises[68],
  • est présenté par Charles Saint-Aimé à l'Institut des Droits de l'Homme de la Martinique le 11 janvier 2013, L'atteinte à la santé publique en Martinique par la chlordécone[69]
  • l'étude Timoun, terminée 2014, a porté plusieurs fruits:
  1. parue en septembre 2012, une entrevue du chercheur Luc Multigner dans le journal France-Antilles[70]
  2. Cognitive, visual, and motor development of 7-month-old Guadeloupean infants exposed to chlordecone (Environmental Research, Oct 2012, p. 79-85)
  3. une publication dans Am J Epidemiol[71],[72]; est écrit dans une portion du sommaire que

« an increased risk of preterm birth (60%; 95% confidence interval: 10, 130) [which association] may result from the estrogen-like and progestin-like properties of chlordecone. These results are of public health relevance because of the prolonged persistence of chlordecone in the environment and the high background rate of preterm births in this population. »

  1. une publication dans Bull Epidémiol Hebd[73]; est écrit dans une portion du sommaire que

« La Guadeloupe présente un taux de prématurité élevé malgré un accès aux soins comparable à celui de la métropole... Dans la cohorte, 144 accouchements prématurés (15,8%) ont eu lieu... L’exposition chronique au chlordécone est associée à une diminution de la durée de gestation. »

  • a eu lieu entre le 26 et le 29 mai 2014 un colloque scientifique dans le Campus de Scheolcher (Martinique) de l'UAG[74],[75],[76]. Parmi les comptes rendus dans cette colloque se trouvent:
  1. "Chlordécone et élevage, variabilité individuelle des capacités d'excrétion des ruminants et conséquences sur leur contamination" (Mahieu, Maurice)
  2. "Bilan des connaissances sur la contamination de la faune marine par la chlordécone en Guadeloupe et en Martinique" (Dromard, Charlotte)
  3. "Contamination des cucurbitacées par la chlordécone" (Clostre, Florence)
  4. "Contamination des eaux de rivières des Caraïbes par la chlordécone. Réponse des communautés microbiennes épilhitiques" (Risser, Théo)
  5. "Panorama de la problématique chlordécone - Contexte historique, situation actuelle aux Antilles, gestion du problème et quelles pistes pour une solution définitive" (Macarie, Hervé)
  6. "Caractérisation de populations microbiennes tolérantes au chlordécone à partir de sols contaminés des Antilles" (Merlin, Chloé)
  7. "Absorption et dégradation de la chlordécone (CLD) et du (g-HCH) par un matériau hybride-charbon actif-VB12" (Ranguin, Ronald)
  8. "Décontamination in situ de sols de bananeraie contenant de la chlordécone - Résultats sur nitisol de la plaine du Lamentin" (Mouvet, Christophe)
  9. "Comparaison des rapports massiques 5b-hydro-chlordécone / chlordécone dans la Kepone technique, la Curlone et les sols agricoles de Martinique analysés pour la DAAF 972" (Devault, Damien)
  10. "Devenir de la chlordécone en conditions méthanogéniques" (Macarie, Hervé)
  11. "Évaluation de la contamination des sédiments des mangroves de Martinique par des pesticides agricoles (chlordécone, cadusaphos)" (Guiral, Daniel)
  • La Ligue des droits de l'homme publie en mars 2015 le récit de Philippe Verdol intitulé LE CHLORDÉCONE EN GUADELOUPE : UNE POLLUTION/CONTAMINATION GLOBALE DE L’ENVIRONNEMENT ET DE LA POPULATION[77].
  • En octobre 2015 Didier Torny publie une histoire de la gestion publique du chrlordécone aux Antilles Françaises[23].

Reportage officiel

  • Snégaroff, qui alors était affecté à l'INRA, a démontré en 1977 des traces importantes de chlordécone dans les terrains et les eaux de régions bananières de Guadeloupe[78];
  • Kermarec édita en 1979-1980 pour l'INRA une étude sur le niveau d'insecticides et des métaux lourds dans des specimens biologiques de la Guadeloupe[79];
  • une étude de l’estuaire de la Rivière du Grand Carbet, qui se trouve dans la région Basse-Terre de la Guadeloupe (UNESCO, 1993)[réf. nécessaire] ;
  • le rapport Balland-Mestres-Faget, mission d’inspection diligentée par les ministères de l’environnement et de l’agriculture (1998) ;
  • En février 2000, un plan d’urgence a été élaboré par le Préfet de Guadeloupe pour garantir la qualité des eaux de consommation et le respect du seuil de 0,1 µg/l, conformément au décret officiel du 3 janvier de 1989[80]
  • le rapport Bonan-Prime[21], faisant en 86 pages un nouvel état de pollution de l'eau et des sols après une mission sur le terrain (12-17 mars 2001). Le rapport note que « malgré la crise aigüe du printemps 2000, force est de constater que le plan d'amélioration des pratiques agricoles n'est pas véritablement lancé, ce qui est difficilement admissible compte tenu des enjeux.. » (p. 3) ; remarquable le taux maximal de la pollution chlordécone: 10,3 μg/l[81].
  • éléments d'état des lieux collectés pour le SDAGE et les travaux de la MISE (Mission interservice de l'Eau), mais sans moyens d'analyse de pesticides sur place ;
  • en octobre 2002, 1,5 tonne de patates douces importées de la Martinique sont saisies sur le port de Dunkerque, en raison d'une forte teneur en chlordécone, par la DGCCRF ;
  • les travaux du Comité national de l’eau (2003) ;
  • le rapport d'Éric Godard, ingénieur du génie sanitaire à la Direction de la Santé et du Développement social de la Martinique (Forum international environnement santé, mars 2003) ;
  • Est publié le 10 décembre 2003 par l'AFSSA un avis intitulé Avis de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments relatif à l'évaluation des risques liés à la consommation de denrées alimentaires contaminées par la chlordécone en Martinique et en Guadeloupe[82].
  • En août 2005 ou bien le 10 décembre 2003[83], l'AFSSA publie un document intitulé Première évaluation de l’exposition alimentaire de la population martiniquaise au CHLORDÉCONE Propositions de limites maximales provisoires de contamination dans les principaux aliments vecteurs[84].
  • mission d’information parlementaire en Martinique et Guadeloupe (début 2005). Elle a produit le 30 juin 2005 un rapport qui confirme que le chlordécone pose problème dans ces régions[85]. Notamment, elle nous informe que:

« Une étude la DSDS (Direction de la santé et du développement social), menée de septembre 1999 à février 2000, mit en évidence une importante pollution des sources du Sud de Basse-Terre par des pesticides organochlorés interdits depuis plusieurs années. Trois molécules étaient détectées à des doses cent fois supérieures à la norme : le chlordécone, le HCH béta, et la dieldrine, respectivement interdites en 1993, 1987 et 1972... Neuf captages AEP importants présentaient des dépassements pour les molécules de HCH d'un à vingt fois la norme, pour les molécules de chlordécone de 3 à 103 fois. »

  • le 9 septembre 2005, l'AFSSA publie un avis en ce qui concerne les denrées alimentaires d'origine animale[86]
  • dès le 5 octobre 2005, l'état considère comme impropres à la consommation humaine les produits ci-après, sous quelle que forme que ce soit[86] :
  1. La viande de volaille qui présente une teneur en chlordécone supérieure à 50 µg/kg ;
  2. Les denrées alimentaires d'origine animale, non citées au 1°, qui présentent une teneur en chlordécone supérieure à 200 µg/kg.
  • dès le 12 octobre 2005, l'état considère comme impropres à la consommation humaine les produits ci-après sous quelque forme que ce soit[87] :
  1. Les carottes, concombres, dachines (madères), ignames, melons, patates douces, tomates qui présentent une teneur en chlordécone supérieure à 50 µg/kg ;
  2. Les denrées alimentaires d'origine végétale, non citées au 1°, qui présentent une teneur en chlordécone supérieure à 200 µg/kg.
  • la DAAF publie en juin 2007 numéro 16 édition antilles de Phytosanitairement vôtre, visant le contrôle du chlordécone[88].
  • En septembre 2007, l'AFSSA publie Actualisation de l’exposition alimentaire au chlordécone de la population antillaise - Evaluation de l’impact de mesures de maîtrise des risques[89]
  • L'AFSSA rapporte en 2007 que des ouvriers exposés de manière chronique à ce produit (dont par contact) dans une usine en produisant aux États-Unis, ont été victimes de problèmes neurologiques (irritabilité, tremblements, troubles de la vision, céphalées). Des effets toxiques sur le foie ont été observés, ainsi qu'une action de délétion de la spermatogenèse[43].
  • Le 3 juin 2008, alors que Roselyne Bachelot est ministre, est publié par la Direction générale de la santé (Coordination interministérielle chlordécone) Plan d'action chlordécone en Martinique et en Guadeloupe 2008-2010 avec la participation de six ministères, deux secretariats d'état, deux préfectures et 15 établissements publics[90].
  • Déposé le 24 juin 2009 par la sénateure Catherine Procaccia et le député Jean-Yves Le Deaut, Impacts de l'utilisation de la chlordécone et des pesticides aux Antilles : bilan et perspectives d'évolution, au nom de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques[91].
  • Dans le rapport rédigé en décembre 2009 par l'Afsset et jamais divulgué, le poids économique de la culture de la banane dans la gestion du dossier chlordécone est fautif[33]:

« Face à la défense de l'industrie bananière française, on peut faire l'hypothèse que l'impact de l'utilisation de produits phytosanitaires sur l'environnement et la santé ait été secondaire dans les préoccupations des autorités politiques »

  • Publient conjointement l'INRA et l'AFSSET le rapport Joly[39], une chronologie 1968-2008[92]
  • parution en 2012 de l'étude Kannari[93]
  • le BRGM a publié une étude en 2016[94] de 6 500 prélèvements recuellis entre 2003 et 2015. Ces analyses de sol ont été réalisés par la chambre d’agriculture, à la demande d’agriculteurs, sur plus de 5 000 hectares, et démontrent que la partie Nord-Atlantique de Martinique est atteint de niveaux allant jusqu'à 10 mg/kg[95]. Ont été publiés les résultats dans un recueil dont le titre est : La pollution par la chlordécone en Martinique, point de situation 2016, élaboré par la préfecture de Martinique, l’Agence régionale de santé et l’Instance Régionale d’Éducation et de Promotion de la Santé[95].
  • Est publiée par l'ARS régional une étude le 8 aôut 2017 intitulée La pollution par la chlordécone en Martinique[96]. Ils publient alors La chlordécone et la rumeur[97].
  • L'ANSES publie, le 15 décembre 2017, un rapport rétrospectif sur l'étude Kannari[98]. Cette étude distingue entre la population générale et "plusieurs sous-populations présentant un risque de surexposition".

« En effet :

  • Les enfants de 3 à 6 ans et les autoconsommateurs de poissons étaient notamment davantage exposés que le reste de la population.
  • La contamination des denrées issues de circuits informels (autoproduction, don et bord de route) était très peu renseignée alors que ces denrées sont susceptibles de présenter de forts niveaux de contamination. »
Signé par le directeur-général lui-même Roger Genet, ce rapport aussi a avisé la DGCCRF la DGAI et la DGS sur les "LMR pour la chlordécone". Est récapitulé dans §1.2 comment la définition des LMR a été changé, entrainant ainsi la hausse de celles-ci. Genet parait avoir été confus dans sa recommandation de §4 sur les LMR. Nous reverrons cette ambiguité plus tard lors de la séance Letchimy le 21 février 2018.
  • Le 13 janvier 2018[99], deux étudiants en 2e année de BTS agricole, notamment Guillaume Lerebour et Martine Ducteil, lancent une pétition; le téléjournal Martinique 1re publie un reportage du fait le 18 janvier alors que la pétition a franchi 12.000 voix[100].
  • Le 23 janvier 2018 ont adressé une lettre ouverte à leur ministre de tutelle les agents de l’Agence Régionale de Santé affiliés à la CDTM. Dans cette communication, ils remettent fortement en cause la gestion autour du dossier chlordécone[101],[102].
  • Le même jour, deux députées posent question au gouvernment Macron lors d'une séance de l'Assemblée Nationale. La députée de Guadeloupe Justine Bénin pose une question à M. le ministre de l’agriculture et de l’alimentation, Stéphane Travert[103]. La députée de Martinique Josette Manin pose une question à la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn[104]. Le journaliste Jean-Marc Party signe le 30 janvier 2018 un article considérant "fadaises" les réponses des ministres[105].
  • Le 29 janvier 2018, le député Serge Letchimy publie sa correspondance écrite au Ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, dans laquelle il exprime son étonnement face à la décision du gouvernement Macron de rehausser les LMR des denrées carnées terrestres. Il demande d'ailleurs
  1. la tenue d'une réunion avec tous les Parlementaires d'Outre-Mer
  2. la relance du comité CROS-GREPHI
  3. une contre-expertise du rapport de l'ANSES
  • Le 6 février 2018, le sénateur Maurice Antiste a posé une question au gouvernment[106],[107], dans lequel il affirme que:
  1. L'étude Kannari affirme clairement que 90 % de la population martiniquaise a du chlordécone dans le sang;
  2. Martinique détient le triste record mondial du nombre d'hommes atteints du cancer de prostate;
  3. Le taux d'accouchements prématurés est une fois et demie plus élevés que dans l'Hexagone;
  4. Le taux de puberté précoce est une fois et demie plus élevés que dans l'Hexagone;
  5. L'étude Madiprostate, interrompue pour des raisons obscures en 2014, devrait être relancée;
  6. Il y a eu une augmentation des limites maximales de résidus, dites LMR, de chlordécone intervenue dans la plus totale opacité en 2013. Cette augmentation a par ailleurs été confirmée par le ministère de l'agriculture en septembre dernier.
En réponse, la ministre de santé Agnès Buzyn, a affirmée que:
  1. une nouvelle cartographie des sols pollués aura lieu en 2018;
  2. la réunion demandée par le député Letchimy sera très prochainement organisée.
  • Les députés Hélène Vainqueur-Christophe et Victorin Lurel ont demandé le 1er février 2018 que le paraquat et le chlordécone soient intégrés dans la proposition de loi portant création d'un fonds d'indemnisation des victimes des produits phytopharmaceutiques. La commission des finances a refusé les amendements dans une infâme réponse que cela entraînerait une aggravation des charges publiques[108].
  • le 10 février 2018, l'état tente de rassurer les riverains: moyennant un reportage par les journalistes de Martinique 1re, ils apprennent que la DAAF effectue aux agriculteurs 250 contrôles scientifiques par année, tandis que la DIECCTE effectue aux commerçants 300 prélèvences des échantillons de cucurbitacées et légumes racines[109]; ce niveau de contrôle aux commerçants est légèrement plus éléve que les 180 prélèvences faites en 2006[63]. Ils voient ainsi un courrier adressé à un agriculteur qui autrefois avait fourni un échantillon de sol révélant un taux de chlordéconisité de 1,3 mg/kg, et qui ainsi était contraint par la chambre d'agriculture à cultiver des produits autres que ceux visés par l'Arrété Préfectoral 030725 du 20 mars 2003[109].
  • le 21 février 2018 la réunion Letchimy a lieu. Les ministres des Outre-mer, de la Santé et de l'Agriculture, ont rencontré les parlementaires des Antilles[110],[111]. Un communiqué est émis:

« les contrôles mis en oeuvre sur les produits agricoles et alimentaires depuis 2005 n'ont pas été affectés par les modifications réglementaires européennes intervenues en 2013 sur les limites maximales de résidus, car l'Etat n'a pas changé son dispositif de contrôle (basé sur les LMR fixées en 2005) »

Rappellons que "Saisie, l’ANSES (Agence de Sécurité Sanitaire) a donné son feu vert" en décembre 2017 à "Cette décision de l'Europe, et validée par le ministère de l'Agriculture...: les limites maximales de résidu de chlordécone... dans les viandes ont été multipliées par 5 pour la viande et par 10 pour la volaille."[112]
  • Dans un reportage radio issu le 26 février 2018, nous avons entendu que les relevés 2016 de l’Office de l’Eau (Martinique) confirment que les pesticides, chlordécone en tête, sont toujours les principaux polluants des rivières. Dans certaines stations où sont effectués ces prélèvements, le chlordécone atteint une concentration dépassant plus de 100 fois les normes maximales autorisées. Les fonctionnaires ont aussi détecté dans les crustacés des taux de la molécule jusqu’à 3 000 fois supérieurs à ceux trouvés dans l’eau. En 2016, les 36 molécules détectées étaient des pesticides, dont 16 molécules aujourd’hui interdites[113].
  • Les résultats de l'étude ChlEauTerre, lancée en 2014, sont dès le 7 mars 2018 à la disposition du grand public[114]. L'étude, qui a conclu en septembre 2017, était jusqu'en mars cachée du contribuable et n'a été publié par le gouvernement Philippe que grâce a la pression exercée par les députés depuis décembre 2017. Le site internet de la DAAF-Guadeloupe héberge le rapport. Pour objectif, la DAAF a étudié la contamination par les pesticides de la Basse-Terre et de la Grande-Terre (s'intéressant plus spécifiquement à la question de la chlordécone) et a proposé une carte actualisée des risques de contamination des sols[115]. Le chlordécone en Basse-Terre est présent "dans 36% des analyses effectuées, avec des concentrations variables allant de 0,01 à 42,9 micron[116] par litre", parfois à fortes doses. L'étude affirme qu'en Basse-Terre, "39% des 110 bassins versants ont été identifiés comme rejetant en mer des eaux contaminées", alors qu'en Grande-Terre, "seuls quelques points de contamination ont été détectés, avec des taux relativement faibles". Cette disparité s'explique car la Basse-Terre est la région de Guadeloupe qui accueille la culture bananière[117]. Les parcelles contaminées en Guadeloupe augmentent de 361 hectares par rapport à la dernière cartographie. Des zones en Grande-Terre, notamment dans le Nord Grand-Terre ont été recensées. La nouvelle cartographie va au-delà des simples implantations historiques de bananeraies: elle accumule ces données et des analyses de l’eau et des terres[118]. Ce projet ChlEauTerre a aussi été l’occasion d’élaborer une nouvelle carte du risque historique de contamination des sols par la chlordécone, en retravaillant et en analysant de manière plus fine les documents qui avaient été utilisés pour établir la première carte des risques de 2005-2006, puis en exploitant de nouvelles données provenant de deux cartes de l’ORSTOM: le zonage cultural des régions bananières de Guadeloupe de 1976 et la carte des cultures de la Guadeloupe de 1980. Au total, 14 170 ha en Guadeloupe continentale ont été recensés par l'étude, parmi lesquels 6 931 ha sont encore en usage agricole, soit 16 % des surfaces agricoles actuelles en 2018 (qui représentent au total 43 349 ha)[115].

Combats juridiques

Deux plaintes en Martinique et une en Guadeloupe ont été déposées (et ont été suivies jusqu'en 2018) contre X pour tenter de déterminer les responsabilités dans le désastre sanitaire du Chlordécone[119]. Les plaintes,

chacune vieille d'une décennie, furent réunies en un seul dossier au tribunal de grande instance de Paris[119].

L’association Agriculture, société, santé, environnement (ASSE), présidée par Alain Monfait[17] et puis Philippe Verdol[120], et ses partenaires estiment ne pas être suffisamment entendus par les autorités compte tenu de la pollution endurée. C’est pourquoi ils ont porté plainte contre X en février 2006, notamment pour mise en danger d’autrui. Une collecte réalisée auprès de la population guadeloupéenne a permis de payer les 2.500 euros de consignation exigés par le tribunal avant qu’une enquête soit ouverte[63].

Type de pollution

Il s'agit surtout de pollutions concernant l'eau et les sols qui ont secondairement contaminé certains aliments (légumes, poissons). En effet le chlordécone est très stable à l'abri de l'air et de la lumière mais, heureusement, se décompose très rapidement dans les aérosols.[réf. nécessaire]

Depuis 1973, dans les Antilles françaises, son utilisation était destinée à protéger les bananeraies d'un charançon. L'histoire des incidents liés au chlordécone (dénommé Kepone aux États-Unis) est passée en revue dans Who's Poisoning America?: Corporate Polluters and Their Victims in the Chemical Age (1982). Son autorisation à la vente avait été retirée en 1990 par le gouvernement français.[réf. nécessaire]

À la suite de la demande pressante des producteurs de banane, relayée par le député de la Martinique Guy Lordinot, l'usage en a été prolongé jusqu'en 1993 par dérogation[121] ,[122], et bien au-delà grâce aux stocks constitués[123]. On retrouvera par exemple un stock de 9,5 tonnes de pesticide en 2002, dans le hangar d'une bananeraie.[réf. nécessaire]

Son utilisation a pollué l'ensemble de l'écosystème antillais et se retrouve à des concentrations supérieures à 100 fois la norme, notamment dans les eaux et les sols.[réf. nécessaire] Traité localement depuis 2001[124],[125], ce scandale est resté sans écho en France métropolitaine jusqu'à la création de la commission qui a abouti au rapport parlementaire de 2005 à la suite de l'action du député de la Martinique, Philippe Edmond-Mariette à l'Assemblée nationale française[126].

Le BRGM a estimé que, dans l'hypothèse d'un épandage de 1 250 tonnes de chlordécone avant que l'usage ne soit définitivement interdit (1993), la pollution devrait persister pendant 7 000 ans, avant de revenir en dessous des limites prévues par les normes actuelles[127]. Un rapport parlementaire estime que l'épandage total est plutôt aux alentours de 6 000 tonnes, soit un temps d'indisponibilité et de toxicité des terrains agricoles de 33600 ans.[127]

En 2009, le Préfet de région a interdit par arrêté la pêche de certaines espèces de poissons et de langoustes contaminées par le chlordécone[128].

Lutte contre la pollution

Plans d'actions

La pollution a d'abord été prise en compte dans un premier plan d’action national couvrant la période 2004-2008[129], suivi d'un premier plan d'action spécifique couvrant la période 2008-2010[130] puis d'un deuxième couvrant la période 2010-2013 d'un montant financier de plus de 33 millions d’euros[131],[132] et associant les utilisateurs de produits[133]. Est publié le PLAN CHLORDECONE III en octobre 2015[134].

Pistes d'actions :

  • Installation progressive en 2001 et 2002 de systèmes d'adsorption de pesticides sur charbon actif pour le réseau d'eau potable et meilleure interconnexion (par exemple, en Basse-Terre, l'eau provient essentiellement d'une nappe contaminée, et l'eau manque en saison sèche) ;
  • Installation de matériel de dosage de pesticides dans l'eau, à l'Institut Pasteur de Guadeloupe ;
  • Recherche de plantes sélectionnées pour leur résistance aux insectes et non plus uniquement pour leur productivité ;
  • Recherche sur la lutte intégrée (exemple : des champignons microscopiques du genre Beauveria (Beauveria bassania) ou des nématode entomopathogène comme genre Steinernema (Steinernema carpocapsae) peuvent lutter contre le charançon du bananier, mais à utiliser avec précaution en raison du risque qu'ils s'attaquent à des espèces non-cibles (les risques d'invasion biologique à partir d'espèces volontairement ou involontairement introduites semblent beaucoup plus élevés dans les îles que sur les continents). Aujourd'hui, les agriculteurs luttent contre le charançon genre Cosmopolites (Cosmopolites sordidus) à l'aide de pièges qui émettent des phéromones d’agrégation[135].
  • Dans une entrevue accordée à l'AFP le 8 mars 2018, la secrétaire générale de la préfecture de la Guadeloupe, Virginie Klès, remarque sur les pensées du gouvernment actuel qu'"Émettre des recommandations aux agriculteurs de produits à cultiver sur ces zones et les méthodes pour éviter leur contamination", est prioritaire, ainsi que la création ultérieure d'un "label pour les auto-producteurs" dont les produits circulent informellement et sans traçabilité (au bord des routes, dons, etc.). Aucune solution de décontamination des sols ne fait l'objet de mesures appliquées à grande échelle par ce gouvernement: "il faut encore vérifier l'efficacité de ces dispositifs, leur coût, etc... ", souligne-t-elle[117].
  • Le syndicat mixte Parc Naturel Martinique a lancé une campagne sur la création d'un nouveau label : le Zéro chlordécone[136]. Il s'agit d'aider le consommateur dans sa recherche de produits qui ont poussés en dehors des zones pollués de ce pesticide, et de valoriser les agriculteurs qui s'inscrivent dans cette démarche[137]. Pourtant, les scientifiques de l'étude Chleauterre remarquent que: "le chlordécone a également pu être utilisé sur d’autres productions que la banane, principalement en cultures maraîchères ou vivrières, pour lutter contre la fourmi manioc (Fourmi coupe-feuille, ndlr) ou le charançon de la patate douce, ou en production d’agrumes pour lutter contre le charançon des agrumes. En cas de doute sur l’historique cultural et l’utilisation possible de chlordécone il convient de procéder à une analyse de sol."[114]

Des études pour mieux gérer la contamination des denrées alimentaires

Le chlordécone est une molécule très persistante que l’on peut trouver dans l'eau et l'alimentation, notamment aux Antilles françaises. Les denrées pouvant être contaminées sont :

  • les viandes surtout les poissons et crustacés mais aussi les bovins et les volailles élevées au sol ;
  • les légumes-racines (patate douce, chou caraïbe (malanga), dachine (madère), igname, carotte, navet, etc.) et, dans une moindre mesure, les produits végétaux poussant près du sol (cucurbitacées telles que concombre et giraumon, salade, cives / oignons pays) en plein champ. Un grand nombre de fruits et légumes ne sont pas contaminés par cette molécule[138].

Seuls les produits cultivés ou les animaux élevés en plein air sur parcelle contaminée peuvent être eux-mêmes contaminés. Le pouvoir contaminant du sol dépend de sa nature : les andosols, ayant un fort pouvoir de rétention du chlordécone, peuvent être fortement contaminés mais sont peu contaminants pour les végétaux ; à l’inverse des ferralsols et nitisols (sols brun rouille) étant faiblement contaminés mais au pouvoir contaminant plus élevé[139],[140].

Sensibilité des productions végétales au transfert de chlordécone et seuils de teneur du sol en chlordécone pour recommandation de mise en culture (schéma Florence Clostre, Cirad, 2011).

Pour les végétaux, deux valeurs de teneur maximale du sol en chlordécone ont été déterminées afin de garantir la conformité des produits cultivés en fonction de leur sensibilité au transfert. Une denrée est conforme si la teneur du produit commercialisé est inférieure à la LMR, fixée actuellement à 20 µg/kg de poids frais.[réf. nécessaire] Les légumes racines peuvent être cultivés sur des sols ne dépassant pas 0,1 mg de chlordécone/kg de sol sec.[réf. nécessaire] Les produits ayant une sensibilité intermédiaire (cucurbitacées, salades, cives / oignons pays, etc.) peuvent être cultivés sur des sols contaminés jusqu’à 1 mg·kg-1 de sol sec.[réf. nécessaire] Sur les sols contaminés au-delà de 1 mg·kg-1 de sol sec, il est possible de cultiver toutes les productions peu sensibles, essentiellement les fruits et légumes aériens : tomates, haricots verts, bananes, ananas, goyaves, etc[138].

Une bioconcentration dans la viande et le poisson, via la chaîne alimentaire est plausible (c'est un phénomène connu et courant pour d'autres pesticides rémanents, organochlorés notamment), mais non documentée pour le chlordécone aux Antilles.[réf. nécessaire]

Des études pour mieux cerner le risque et le danger

Des analyses faites chez des hommes et des femmes enceintes par l'étude HIBISCUS de l’INSERM, et une étude sur la fertilité masculine en Guadeloupe, [réf. nécessaire] montrent des taux moindres que ceux mesurés chez les ouvriers américains cités ci-dessus, mais on manque de données sur les effets d'une exposition chronique à de faibles doses, ce qui entretient un doute sur le risque couru par les habitants des zones polluées.

Une centaine d’échantillons de lait maternel a fait l'objet d'analyses : 40 % des échantillons (analysés selon les standards OMS d'évaluation de l’exposition du nourrisson aux polluants organiques via l'allaitement) contenaient du chlordécone, mais à des taux inférieurs selon l'AFSSA, à la limite tolérable d'exposition pour le nourrisson.[réf. nécessaire]

(Cette « limite » citée par l'AFSSA n'étant par ailleurs pas encore consensuelle, l'une étant de 0,5 µg/kg en poids corporel et par jour ; en cas d’exposition chronique (elle est basée sur les effets du chlordécone sur le rein observés chez le rat). Mais une autre limite proposée est de 10 µg/kg p.c/jour pour l’exposition aiguë, ce seuil étant basé sur les effets étudiés sur le système nerveux du jeune rat.[réf. nécessaire]

En Guadeloupe, une étude « cas – témoin », est conduite par l’INSERM (Étude « Karuprostate ») visant à rechercher les causes des cancers de la prostate (dont le chlordécone le cas échéant) dans la population antillaise.

En Guadeloupe toujours, une autre étude ; de cohorte mère – enfant (Étude TIMOUN) est en cours par l’INSERM pour évaluer les effets d'expositions in utero ou du bébé au chlordécone sur le développement de l’enfant

L’AFSSA a mené en Guadeloupe à l'automne 2007 une étude sur l'exposition au chlordécone des nourrissons et jeunes enfants par l'alimentation, pour éclairer les études de cohorte TIMOUN (INSERM).

En 2005 et 2007, des enquêtes dites « RESO » ont été faites en Martinique et Guadeloupe, par la Cire Antilles-Guyane, l'AFSSA et la Direction de la Santé et du Développement Social de Guadeloupe, dosant notamment les taux de chlordécone dans 1 600 échantillons d’aliments commercialisés dans les Antilles françaises, afin de mieux évaluer l'exposition moyenne des consommateurs.[réf. nécessaire]

Au nom de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), la sénatrice Catherine Procaccia (UMP, Val-de-Marne) et le député Jean-Yves Le Déaut (PS, Meurthe-et-Moselle) ont présenté le mercredi 24 juin 2009 un rapport dans lequel ils retracent, pour la première fois, le parcours du « chlordécone perdu ». Ils y soulignent certains manquements dans les études antérieures, notamment l'absence de connaissance sur la contamination des eaux fluviales et souterraines dont la cartographie « avance trop lentement » et l'impact dans les milieux marins, et ils incitent à multiplier les analyses toxicologiques sur les produits de la mer, très consommés aux Antilles[141].

Aliments à risque

S'agissant des Antilles, il existe deux types de risque « chlordécone »[réf. nécessaire] :

  1. aliments très contaminés (exemples : légumes racines et produits de la pêche) mais éventuellement peu consommés ;
  2. aliments faiblement contaminés, mais très consommés (exemples : concombre, bananes (ti-nain et fruit), fruits type corossol).

L'AFSSA estime, en septembre 2007, qu'il faut considérer comme à risque : le madère, la patate douce, l’igname, la carotte, le chou caraïbe (malanga), les produits de la mer, la banane (ti-nain et fruit), le concombre et les fruits type « corossol ».

Le risque d'exposition aiguë est maximal avec :

Melon, tomate et viande blanche de poulet, précédemment cités comme étant des contributeurs importants, ne le seraient pas, selon les analyses disponibles à cette date.

Les arrêtés d’interdiction de la pêche sont à respecter en Martinique et en Guadeloupe, rappelle l'AFSSA, de même qu'il faut en zone contaminée éviter de consommer les légumes racines du jardin plus de 2 fois par semaine.[réf. nécessaire]

Une difficulté est que d'autres pesticides -encore mal suivis et mesurés- ont été très utilisés sur les cultures intensives aux Antilles françaises, dont certains pourraient agir en synergie avec le chlordécone. Ce dernier produit ne doit donc pas être « l'arbre qui cache la forêt » rappelait le Dr Belpomme dans son rapport de mi-septembre 2007, car ce sont, ajoutait-il, plus de cent pesticides différents qui auraient été déversés durant les dix dernières années, en Guadeloupe notamment. De plus le climat chaud et humide pourrait favoriser des transferts et des bioconcentrations différentes de ce qui a été plus ou moins étudié en Métropole et dans les pays riches.

Précautions

En général, le lavage des fruits et légumes voire leur épluchage sont des précautions qui permettent de diminuer l’exposition des consommateurs[138], mais le premier n'a pas été pour le chlordécone démontré et documenté scientifiquement. La synthèse faite par les chercheurs du Cirad suit: le lavage permet d’éliminer les éventuels résidus de terre et en évite l’ingestion or les sols peuvent être contaminés à des teneurs très nettement supérieures à celles des végétaux[138].

L’épluchage permet de réduire l’exposition des consommateurs au chlordécone, la peau étant plus contaminée que la pulpe pour la majorité des légumes étudiés[138]:

« Dans le cas des cultures sensibles, l’épluchage de l’organe consommé diminue le niveau de contamination pour la plupart des cultures et du moins réduit son hétérogénéité dans les autres cas. En revanche, la cuisson n’a pas d’effet sur la teneur en chlordécone. »

En zone à risque, un traitement de précaution des eaux (non traitées) destinées à la boisson et la cuisson des aliments, par filtration sur charbon actif régulièrement renouvelé, peut diminuer la toxicité dans une faible mesure.[réf. nécessaire]

Règlementation européenne

La Communauté Européenne a proposée et défendue l'inclusion dans la troisième annexe de la Convention de Stockholm. La chlordécone figura déjà sans dérogation aux annexes I et/ou II du protocole relatif aux POP de la convention CEE-ONU; sa production et son utilisation sont à ce titre totalement interdites dans l’Union européenne depuis l’entrée en vigueur du règlement POP adopté le 29 avril 2004[142].

Les teneurs maximales en chlordécone dans les produits végétaux et animaux ont été fixées par les règlements No 149/2008 du 29 janvier 2008 et No 839/2008 du 31 juillet 2008, documents consultables sur le site de la Direction générale de la santé et des consommateurs[143].[144].[145].

Voir aussi

Notes et références

  1. IUPAC Agrochemical information (http://sitem.herts.ac.uk/aeru/iupac/1293.htm)
  2. Nom nomenclature CAS: 1,1a,3,3a,4,5,5,5a,5b,6-decachlorooctahydro-1,3,4-metheno-2H-cyclobuta[cd]pentalen-2-one
  3. a, b et c CHLORDECONE, fiche(s) de sécurité du Programme International sur la Sécurité des Substances Chimiques, consultée(s) le 9 mai 2009
  4. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  5. 1. Dolfing J., Novak I., Archelas A., Macarie H. (2012). Gibbs free energy of formation of chlordecone and potential degradation products: implications for remediation strategies and environmental fate. Environ. Sci. Technol. 46, 8131-8139. DOI: 10.1021/es301165p
  6. « ESIS » (consulté le 3 février 2009)
  7. IARC Working Group on the Evaluation of Carcinogenic Risks to Humans, « Évaluations Globales de la Cancérogénicité pour l'Homme, Groupe 2B : Peut-être cancérogène pour l'homme », sur monographs.iarc.fr, CIRC, (consulté le 22 août 2009)
  8. Numéro index 606-019-00-6 dans le tableau 3.1 de l'annexe VI du règlement CE N° 1272/2008 (16 décembre 2008)
  9. a et b Jack Weinberg , ipen.org: "Un guide pour les ONG sur les Polluants Organiques Persistants", 30/10/2008.
  10. (en) Summary profiles of chemicals... sur le site Environnement de la Communauté européenne
  11. a, b et c nih.gov: "PubChem OPEN CHEMISTRY DATABASE - Compound Summary for CID 299 - Kepone"
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  32. Rapport d'information No 2430 Enregistré à la Présidence de l'Assemblée nationale le 30 juin 2005. DÉPOSÉ PAR LA COMMISSION DES AFFAIRES ÉCONOMIQUES, DE L'ENVIRONNEMENT ET DU TERRITOIRE sur l'utilisation du chlordécone et des autres pesticides dans l'agriculture martiniquaise et guadeloupéenne "'(...) Ces décisions paraissent d'autant plus regrettables que des traitements alternatifs existaient : si l'on se fie à l'index ACTA (9), les agriculteurs avaient alors à leur disposition le Temik (substance active : aldicarbe), le Nemacur O (isophenphos et phénamiphos), le Rugby (cadusaphos) et le Counter (terbuphos). L'argument invoqué en 1990 pour justifier les demandes de prorogation du délai d'utilisation du Curlone, c'est-à-dire le caractère inabouti des recherches tendant à trouver des substituts satisfaisants au chlordécone, paraît en 1992 et 1993 dénué de fondement.(...)"
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  60. le chlordécone aurait été homologué par l'arrêté du 5 juillet 1982, fixant les conditions de délivrance et d'emploi en agriculture de substances vénéneuses. L'article 3 dispose en effet qu'il est interdit de délivrer et d'employer du chlordécone à d'autres fins que le traitement des bananiers, sous forme de poudre pour poudrage à une concentration maximum de substance active de 5 %. Mais un courrier du 1er février 1990 adressé par le chef du service de la protection des végétaux aux établissements Laurent de la Guarrigue fait état d'une autorisation de vente de la spécialité Curlone, portant le no 8100271, et datant de 1981 (cf. annexe I-B). On peut donc s'étonner de ce que la substance active ait été autorisée après la spécialité commerciale. D'après les renseignements transmis à la mission par le Ministère de l'agriculture, le chlordécone avait fait l'objet d'une homologation au début des années 1970. - RAPPORT D'INFORMATION No 2430 sur l'utilisation du chlordécone et des autres pesticides dans l'agriculture martiniquaise et guadeloupéenne
  61. RAPPORT D'INFORMATION PAR LA COMMISSION DES AFFAIRES ÉCONOMIQUES, DE L'ENVIRONNEMENT ET DU TERRITOIRE sur l'utilisation du chlordécone et des autres pesticides dans l'agriculture martiniquaise et guadeloupéenne No 2430 30 juin 2005: "Lors du retrait de cette autorisation de vente, des voix s'étaient élevées parmi les planteurs pour réclamer un délai d'utilisation supplémentaire de trois ans (...). Cette demande avait notamment été relayée auprès du Ministre de l'agriculture de l'époque, M. Henry Nallet, par M. Guy Lordinot, député de la Martinique, à l'occasion d'une question écrite du 23 avril 1990, ainsi que d'un courrier du 30 avril 1990 (annexes I-F et I-G)."
  62. Observatoire des résidus pesticides - FAQ La molécule de chlordécone et les organochlorés : "(...) deux dérogations successives ont prolongé le délai d’utilisation (initialement de 2 ans) jusqu’au 30 septembre 1993 pour lutter contre le charançon noir de la banane. (...)"
  63. a, b et c journaldelenvironnement.net: "La Guadeloupe toujours en lutte contre le chlordécone", 15 septembre 2006
  64. Antilles - Chlordécone : risques de prématurité et de cancer de la prostate confirmés - Le Nouvel Obs - 16 janvier 2014

    « D'après une étude de l'Inserm, l’exposition maternelle au pesticide chlordécone est associée à un risque augmenté de prématurité. (...) l'exposition maternelle au chlordécone a été retrouvée associée de manière significative à une durée raccourcie de grossesse ainsi qu’à un risque augmenté de prématurité, quel que soit le mode d’entrée au travail d’accouchement, spontané ou induit.(...) Dans une étude menée récemment au Centre hospitalier de Pointe-à-Pitre, le Dr Pascal Blanchet, urologue, établissait « un lien formel » entre le cancer de la prostate qui touche de nombreux hommes en Guadeloupe et l'exposition au chlordécone de ces derniers. (...) »

  65. « Mécanismes d’accumulation, d’élimination et de Mécanismes d’accumulation, d’élimination et de perturbations des systèmes nerveux et endocriniens induits par l’exposition de Macrobrachium rosenbergii à la chlordécone dans les Antilles rosenbergii rosenbergii à la chlordécone chlordécone dans les Antilles françaises »
  66. BEH n°03-04-05/2011: "Numéro thématique – Chlordécone aux Antilles : bilan actualisé des risques sanitaires"
  67. Impact sanitaire de l'utilisation du chlordécone aux Antilles françaises. Recommandations pour les recherches et les actions de santé publique. Octobre 2009, http://opac.invs.sante.fr/doc_num.php?explnum_id=277
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  72. Kadhel P, Monfort C, Costet N, Rouget F, Thomé JP, Multigner L, Cordier S: "Chlordecone exposure, length of gestation, and risk of preterm birth", 8 janvier 2014
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  83. l'ANSES est confus, voir page html et page titre du pdf
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  85. Rapport d’information sur l’utilisation du chlordécone et des autres pesticides aux Antilles - ASSEMBLÉE NATIONALE - CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958 - DOUZIÈME LÉGISLATURE - RAPPORT D’INFORMATION No 2430 DÉPOSÉ en application de l’article 145 du Règlement PAR LA COMMISSION DES AFFAIRES ÉCONOMIQUES, DE L’ENVIRONNEMENT ET DU TERRITOIRE - Enregistré à la Présidence de l’Assemblée nationale le 30 juin 2005. "Sur l’utilisation du chlordécone et des autres pesticides dans l’agriculture martiniquaise et guadeloupéenne3
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  123. En outre, la collecte en 2002 de plusieurs tonnes de chlordécone a pu alimenter la crainte que certains agriculteurs indélicats aient poursuivi l'épandage du produit après 1993, et aient bénéficié d'importations frauduleuses de Curlone. (...) Les défaillances supposées des services de contrôle apparaîtraient d'autant plus vraisemblables que le 23 août 2002, une tonne et demie de patates douces contenant des résidus de chlordécone était saisie par les services de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) à Dunkerque. (...) Par un courrier du 19 mars 1992, le sous-directeur de la protection des végétaux indiquera au Directeur de l'agriculture et de la forêt de Martinique que « cette dérogation s'adresse à l'ensemble des planteurs de bananiers qui peuvent ainsi utiliser le reliquat de Curlone qu'ils possèdent en stock - Rapport No 2430 de l'Assemblée nationale sur l'utilisation du chlordécone et des autres pesticides dans l'agriculture martiniquaise et guadeloupéenne
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  142. lex.europa.eu: "Document 52009PC0027 - Proposition de décision du Conseil définissant la position à adopter au nom de la Communauté européenne, en ce qui concerne les propositions de modification des annexes A, B et C de la convention de Stockholm, lors de la quatrième conférence des parties (4 – 8 mai 2009)"
  143. EU Pesticide Database, base de donnée européenne tenue par la DG Sanco, répertoriant les limites maximales de résidus (EU pesticides database)
  144. Commission Regulation (EC) No 839/2008 of 31 July 2008 amending Regulation (EC) No 396/2005 of the European Parliament and of the Council as regards Annexes II, III and IV on maximum residue levels of pesticides in or on certain products (Text with EEA relevance)
  145. Commission Regulation (EC) No 149/2008 of 29 January 2008 amending Regulation (EC) No 396/2005 of the European Parliament and of the Council by establishing Annexes II, III and IV setting maximum residue levels for products covered by Annex I thereto (Text with EEA relevance)

Liens externes

  • Www.chlordecone-infos.fr site de l'Observatoire des résidus de pesticides
  • pedagogie.ac-guadeloupe.fr: "Dossier chlordécone - Veille informatique: Différents sites concernant les conséquences de l'utilsation de chlordécone aux Antilles (Martinique et Guadeloupe). En fin de page, des rapports BRGM, DIREN et GREPHY."
  • Article de RFO : [2]
  • mnhn.fr: "Soazig LEMOINE - Thèmes de recherche: Biologie des Organismes et Ecosystèmes Aquatiques"
  • Exemple de réduction du taux de chlordécone dans les poissons, après son interdiction aux États-Unis (Chesapeake Bay Program)
  • CHLORDECONE, fiche(s) de sécurité du Programme International sur la Sécurité des Substances Chimiques, consultée(s) le 9 mai 2009
  • consoglobe.com: "L’État laisse-t-il volontairement la Martinique s’empoisonner au chlordécone ?", janvier 2014
  • Philippe VERDOL: Le Chlordécone aux Antilles françaises et en Europe: du principe de précaution fort à celui d’inégalité devant la loi