Chevauchée vers Reims

Chevauchée vers Reims
Description de cette image, également commentée ci-après
Sacre du roi Charles VII à Reims.
Enluminure du manuscrit de Martial d'Auvergne, Les Vigiles de Charles VII, BnF, département des manuscrits, Ms. Français 5054, fo 63 vo, vers 1484.
Informations générales
Date Du au
Lieu de Gien à Reims
Casus belli Le roi Henri VI d'Angleterre revendique le traité de Troyes lui octroyant la Couronne de France au détriment du dauphin Charles VII de France
Issue couronnement de Charles VII à Reims
Belligérants
Blason France moderne.svg Royaume de FranceRoyal Arms of England (1470-1471).svg Royaume d'Angleterre
Blason fr Bourgogne.svg États bourguignons
Commandants
Blason France moderne.svg Charles VII de France
Blason Jeanne-d-Arc.svg Jeanne d'Arc
Blason province fr Alençon.svg Jean II d'Alençon
Blason comte fr Longueville (ancien).svg Jean de Dunois
Blason Etienne de Vignolles (La Hire).svg La Hire
Blason Jean Poton de Xaintrailles.svg Poton de Xaintrailles
Blason Ambroise de Loré.svg Ambroise de Loré
Blason famille Brosse.svg Jean de Brosse
Blason Gilles de Rais.svg Gilles de Rais
Blason famille de Culant.jpeg Louis de Culant
Blason fam FRA la Trémoille.svg Georges Ier de La Trémoille
Blason province fr Alençon.svg Jean II de Valois
Blason duche fr Bourbon (moderne).svg Charles Ier de Bourbon
Armoiries Louis de Vendôme.svg Louis Ier de Bourbon-Vendôme
Blason Gui VII de Laval.svg Guy XIV de Montfort-Laval
Blason André de Lohéac.svg André de Lohéac
Blason Riom-ès-Montagnes 15.svg Jacques de Chabannes
Armoiries Albret moderne.svg Charles II d'Albret
Blason Jean V de Bueil.svg Jean V de Bueil
Blason famille fr Jean IV de Rieux.svg Pierre de Rieux
Blason fam fr Motier de La Fayette.svg Gilbert Motier de La Fayette
Blason Jacques de Dinan, seigneur de Beaumanoir.svg Jacques de Dinan
Blason à dessiner.svg Guillaume Bellier
Blason à dessiner.svg Philippe de La Châtre
Blason à dessiner.svg Guillaume de Flavy
Blason à dessiner.svg Pierre Bessonneau
Blason à dessiner.svg Raoul de Gaucourt
Blason à dessiner.svg Jean V Malet
Blason à dessiner.svg Tugdual de Kermoysan
Royal Arms of England (1470-1471).svg Henri VI d'Angleterre
Arms of John of Lancaster, 1st Duke of Bedford.svg Jean de Lancastre
Blason fr Bourgogne.svg Philippe III de Bourgogne
Blason fam fr Toulongeon-Sennecey.svg Antoine de Toulongeon
Blason Thomas de Scales.svg Thomas de Scales
Beaufort Arms (France modern).svg Jean Beaufort
Coat of Arms of Sir John Fastolf, KG.png John Fastolf
Blason à dessiner.svg Matthew Gough
Blason à dessiner.svg John Radcliff
Coat of Arms of Sir Thomas Kiriell, KG.png Thomas Kyriell
Forces en présence
12 000 à 77 000

Guerre de Cent Ans

Batailles

Guerre de Cent Ans

Une fois le siège d'Orléans levé et après la bataille de Patay, l'étau anglo-bourguignon est desserré. Jeanne d'Arc convainc le dauphin Charles d’aller se faire sacrer à Reims. Cette chevauchée au cœur du territoire contrôlé par les Bourguignons est couronnée de succès et donne à Charles VII le trône dont il avait été évincé par le traité de Troyes.

Contexte

Articles détaillés : Traité de Troyes et Jeanne d'Arc.

Depuis le traité de Troyes de 1420, le dauphin est déshérité en faveur d'Henri V d'Angleterre à la suite de l'assassinat de Jean sans Peur. Ce dernier a épousé la fille du roi Charles VI de France et son fils Henri VI sera son successeur sur les trônes de France et d'Angleterre. Mais Henri V meurt en 1422 et son fils n'a pas encore un an ; la régence est confiée à Jean de Lancastre, duc de Bedford.
L'intervention de Jeanne d'Arc auprès du dauphin Charles va être perçue comme miraculeuse, a fortiori après la levée du siège d'Orléans (1428) puis la bataille de Patay.


’‘1429’‘
  •      Territoires contrôlés par Henri V
  •      Territoires contrôlés par le duc de Bourgogne
  •      Territoires contrôlés par le Dauphin Charles
  •      Principales batailles
  •       Raid Anglais de 1415
  •       Itinéraire de Jeanne d'Arc vers Reims en 1429

La chevauchée sur Reims

Pour la première fois dans l'histoire de France, un roi refuse que la succession de la couronne aille à son fils ainé : Charles VI de France déchoit son fils en léguant le royaume de France à Henri VI d'Angleterre par sa fille Catherine. Charles VI mort, son fils conteste sa destitution et réclame le trône. Malgré la victoire française du 18 juin à la bataille de Patay, entraînant le repli des Anglais à Paris[2],[3], le dauphin Charles VII refuse de poursuivre jusqu'à Reims aux mains des Bourguignons, le seigneur de Châtillon-sur-Marne et du sir de Saveuses, reste à Sully-sur-Loire et replie son armée à Orléans pour s'y faire couronner comme le fut Louis VI [4] ; néanmoins un sacre à Reims aurait une répercussion beaucoup plus grande, car il serait vu comme un nouveau miracle, attestant de sa légitimité divine. Après avoir initialement rencontré le Dauphin le 23 mai 1429 à la Cité Royale de Loches[5], Jeanne d'Arc le rencontre à nouveau le 21 juin suivant à seize heures en l'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire pour le convaincre de se rendre à Reims.

Le lendemain, le grand conseil du dauphin se réunit à Chateauneuf-sur-Loire et ordonne le rassemblement de l'armée à Gien.

Le 24 juin, précédée de son écuyer Jean d'Aulon qui tient en main l'étendard « Jhésus, Maria », Jeanne d'Arc entre à Gien avec son armure forgée à Tours, son blanc harnois, son épée de Fierbois, et retrouve Charles VII. Le jour suivant, les 12 000 hommes de l'armée du roi sont rassemblés à Gien, pour augmenter jusqu'à 33 000 hommes combattant à cheval et 40 000 à pied[7]. L'armée française prend Bonny-sur-Loire, puis Saint-Fargeau. Jeanne d'Arc casse son épée sur le dos d'une prostituée qui suivait l'armée, et deux jours plus tard, le dauphin ordonne enfin la marche vers la ville du sacre : la marche commença à Gien le . La facilité de la chevauchée montra à la fois la fragilité de la domination anglo-bourguignonne et la restauration de la confiance en la cause de Charles VII de France. Selon Jean de Dunois, le coup de bluff est la seule tactique pour se faire ouvrir les portes de la ville. Le maréchal de France, Gilles de Rais, en route pour Reims, espère profiter de cette marche victorieuse pour récupérer des rançons, des terres prises aux « collaborateurs »[10]. Jeanne d'Arc part de Gien escortée de ses capitaines dont Tugdual de Kermoysan, La Hire, André de Lohéac, Pierre de Rieux[12], Jean V de Bueil, Jacques de Chabannes, Pierre Bessonneau, Jacques de Dinan et Jean Poton de Xaintrailles. Sur la route de Reims, le Connétable de Richemont envoie Pierre de Rostrenen au dauphin pour lui demander congé de le servir à son sacre. Rostrenen accompagne le connétable à Parthenay. Au cours de la chevauchée, la garnison bourguignonne se trouvant dans Auxerre[17] refusa d’ouvrir ses portes. La Trimouille donne deux mille écus d’or au ministre de la ville qui resta neutre et accepta le bivouac et de ravitailler l'armée française mais à l'extérieur de ses murs (le 1er et le 2 juillet) [18]. L'armée du dauphin repart et prend Saint-Florentin, qui se soumet immédiatement, ainsi que Brienon l’Archevêque et arrive le 4 juillet devant Troyes, occupée par cinq à six cents Bourguignons qui refusent d'ouvrir les portes.

Article détaillé : Siège de Troyes.

Après 4 jours de siège, la majorité du conseil du dauphin veut lever le siège et poursuivre la route sans entrer dans la ville[19]. Le 5e jour du siège, craignant d’être pris d'assaut, Troyes capitula (9 juillet) mais seuls Charles VII et les principaux capitaines purent y entrer, les soldats passèrent la nuit à Saint-Phal, sous le commandement de Ambroise de Loré[20]. Gilles de Rais est l'un des chefs de l'armée qui réduit Troyes à l'obéissance[21].

Moins de 2000[22] soldats anglais du capitaine de Paris, Jean de Lancastre occupent Paris qui a pour prévôt Simon Morhier et gouverneur Jean de La Baume. Philippe III de Bourgogne quitte Laon pour Paris, où il arrive le 10 juillet, et nomme le capitaine du Louvre Jean de Villiers de L'Isle-Adam gouverneur et commis pour la sûreté de Paris en l’absence de Lancastre[23]. Philippe envoie des ambassadeurs au dauphin Charles VII pour demander la paix.

Le 11 juillet, l'armée du dauphin quitte Troyes à la première heure pour Châlons-en-Champagne qui lui ouvre ses portes le 14 pour lui laisser y passer la nuit[24].

John Radclyffe, ayant débarqué à Calais dix jours plus tôt, arrive le 15 juillet à Amiens et va à Rouen ou l’attend Jean de Lancastre. Samedi 16 juillet, au matin, Philippe III quitte Paris pour retourner à Laon, pendant que l’archevêque de Reims, Renault de Chartres entre dans Reims aux mains de Guillaume seigneur de Châtillon-sur-Marne et du sir de Saveuses et que le roi dauphin arrive au château de l’archevêque de Reims[25] à Sept-Saulx (situé à 21 km de Reims). Le dauphin somme les Rémois de lui ouvrir leurs portes malgré la promesse de lui résister six semaines jusqu’à l’arrivée des secours de Lancastre et de Philippe III. Après les négociations et le dîner du soir, Charles VII entre et dort à Reims[26]. Ce même jour, René d'Anjou apporte l'hommage de la Lorraine et de Barrois au dauphin.

Conséquences

Article détaillé : Fêtes johanniques de Reims.

Le dimanche , Charles VII est sacré à Reims roi de France[27] : il reçoit l'onction sainte des mains de l'archevêque Renault de Chartres. «Gentil Roy, ores est exécuté le plaisir de Dieu qui vouloit que je levasse le siège d'Orléans, et que je vous amenasse en ceste cité de Rheims pour recevoir vostre saint sacre, en monstrant que vous estes vray roy, et celluy auquel le royaulme de France doibt appartenir », déclara Jeanne d’Arc en rendant hommage à son roi. La cérémonie du sacre, vu les circonstances, s'est déroulée dans la simplicité ; la couronne, le sceptre, le globe, sont alors à Saint-Denis, contrôlée par les Anglais ; seuls parmi les pairs, assistent à la cérémonie les trois pairs spirituels : l'archevêque de Reims, Renault de Chartres, l'évêque de Laon, Guillaume de Champeaux, l'évêque de Châlons, Jean de Sarrebruck. Mais le rite essentiel est accompli : le huitième sacrement, qui fait les rois et les marque du signe sacré du pouvoir légitime, est alors conféré à Charles VII, faisant de lui le monarque légitime, représentant des Valois authentiquement désigné par Dieu, face à Jean de Lancastre, imposé par les armes ennemies et la signature irresponsable d'un roi malade.

Commémoration

Pour le cinquième centenaire de la chevauchée et dans le contexte de sa canonisation, toute une série de plaques furent inaugurées sur la route que Jeanne a suivi pour libérer Reims et sacrer le roi.

Articles connexes

Bibliographie

Notes et références

  1. Wavrin, ibid. Monstrelet, ch. LXI. P. Cochon, p. 455.
  2. Biographie Didot : Falstalf. Registre du conseil dans Procès, t. IV, p. 452
  3. François Eudes de Mézeray, Histoire de France, Éditions H&D. , p.140, 1839
  4. Jeanne d'Arc, Histoire et Dictionnaire, Philippe Contamine (sous la dir.), Robert Laffont, 2012, p.610
  5. http://www.stejeannedarc.net/lettres/lettre_desch.php
  6. François Macé, Gilles de Rais, Centre régional de documentation pédagogique de Nantes, 1988, p. 99.
  7. d’après http://www.guerre-de-cent-ans.com/personnages-divers.php
  8. http://www.histoire-fr.com/valois_charles7_2.htm
  9. http://www.lyonne.fr/yonne/actualite/2013/07/28/le-sacre-de-charles-vii-stoppe-a-auxerre-1637308.html
  10. Guillaume Cousinot de Montreuil, Chronique de la Pucelle ou Chronique de Cousinot, Paris, Vallet de Viréville, 1859, p.315
  11. L'armée royale, arrivée devant Troyes, les habitants refusent pendant 5 jours d'ouvrir leurs portes. La sixième, craignant que leur ville soit prise d'assaut, ils se décident à la rendre au dauphin, mais à condition que les soldats n'y séjourneront pas et qu'ils passeront la nuit en dehors des remparts ; Charles VII et les principaux capitaines pourront seuls y demeurer. Cette clause de la capitulation s'explique sans peine quand on sait les violences, les déprédations de toutes sortes, auxquelles se livraient les soldats à cette époque, même dans les villes, amies ou alliées. Charles VII confia à Ambroise de Loré le commandement en chef des troupes qui vont rester au camp. Aucune réclamation et aucun désordre ne se produisit.

    « Et le lendemain tous passèrent par la dite cité en belle ordonnance, dont ceux de la ville étaient bien joyeux. »

    .
  12. Enguerrand de Monstrelet, La chronique d'Enguerran de Monstrelet, en deux livres, avec pièces justificatives, 1400-1444, édition établie par Louis Douët d'Arcq, tome 4, 1860, p. 337.
  13. Pierre Larousse, Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, volume 12
  14. Michel Félibien, Histoire de la ville de Paris, éd. Guillaume Desprez et Jean Desessartz, p.1599, 1725
  15. http://www.stejeannedarc.net/chroniques/morosini10.php#2
  16. Gabriel Daniel, Histoire de France depuis l'établissement de la monarchie française dans les Gaules, ed. ?, p.74, 1775
  17. http://www.stejeannedarc.net/chroniques/cord486.php
  18. Jeanne d’Arc, Henri Wallon, 5e édition 1876, Livre III Reims, 3e partie: Le sacre stejeannedarc.net

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