Cherokees

Cherokees
Tchérokîs
Description de l'image Cherokees.jpg.
Populations significatives par région
Drapeau des États-Unis États-Unis 316 049 (2010)[1],[2]
Autres
Langues Anglais, cherokee
Description de cette image, également commentée ci-après

Carte de l’aire cherokee actuelle en Oklahoma.

Les Tchérokîs, Chérokîs, Chérakis ou Cherokees (ᎠᏂᏴᏫᏯ ah-ni-yv-wi-ya dans la langue cherokee) d’après l’orthographe anglaise sont un peuple d’Amérique du Nord qui habitaient dans l’est et le sud-est des États-Unis avant d’être forcés à se déplacer vers le plateau d’Ozark. Ils faisaient partie de l’organisation dite des Cinq tribus civilisées. Les ethnologues estiment qu’il existe aujourd’hui entre 5 et 7 millions de personnes descendant des Cherokees.

Actuellement, les principales communautés sont la Nation Cherokee , l’United Keetoowah Band of Cherokee Indians (Oklahoma) et l’Eastern Band of Cherokee Indians (Caroline du Nord). La nation est également représentée en Géorgie, en Alabama, en Arkansas, dans le Missouri et dans le Tennessee.

Pour certains, le cœur spirituel de la nation est la Keetoowah Nighthawk Society.

Étymologie

Le nom Cherokee vient de Tsalagi, le nom des Cherokees dans la langue des Creeks, et également le nom qu’ils utilisaient eux-mêmes le plus souvent. Tsalagi se prononçait Cha-ra-gi dans un dialecte aujourd’hui disparu. Il s’est ensuite transformé au cours du temps jusqu’à devenir Cherokee. À l’origine, les Cherokees se nommaient Aniyunwiya.

Histoire

Selon une tradition orale, les Cherokees, parlant une langue iroquoienne, auraient migré vers le Sud depuis la région des Grands Lacs, où l’on retrouve différents peuples iroquois[3]. Selon une autre tradition orale, les Cherokees seraient originaires du Sud-Est des États-Unis, mais aucune preuve archéologique ne soutient cette théorie.

De 1736 à 1743, l'utopiste allemand Christian Priber se rend en territoire cherokee et organise en tant que « premier ministre » la résistance autochtones face aux Anglais.

À l’époque de la guerre d'indépendance des États-Unis, les violations répétées des traités par les colons blancs poussent certains Cherokees à quitter la nation cherokee. Ces dissidents, nommés les Chickamaugas, menés par le chef Dragging Canoe, s’allient avec les Shawnees et mènent des raids contre les établissements des colons, aidés par les Britanniques.

John Ross (Koowescoowe en langue cherokee) est un des personnages importants dans l’histoire de la nation cherokee. Son père émigre d’Écosse avant la révolution américaine. Sa mère, également fille d’Écossais, possède un quart de sang cherokee. John Ross commence sa carrière publique en 1809. Comme l’autorise la constitution de l’époque, la Nation Cherokee est créée en 1820, avec des représentants officiels élus, John Ross est nommé le chef de la nation, en 1828, et le reste jusqu’à sa mort.

Les Cherokees ont été déplacés de force de leurs terres ancestrales du nord de la Géorgie et des Carolines vers le Territoire indien en Oklahoma, principalement à cause de la ruée vers l'or aux environs de Dahlonega dans les années 1830. La déportation du peuple cherokee porte le nom de Piste des Larmes.

Sceau de la Nation Cherokee.
Drapeau des Cherokees (Oklahoma).

Une fois arrivés, les tensions s’aggravent et la suspension de la Loi du Sang cherokee est ignorée. Le , après l’ajournement d’une assemblée tribale, plusieurs des plus importants signataires du Traité de New Echota sont assassinés, y compris le rapporteur de la Loi du Sang, Major Ridge, ainsi que John Ridge et Elias Boudinot. C'est le début d’une guerre civile de 15 ans parmi les Cherokees. Un des survivants notables Stand Watie devient général confédéré pendant la Guerre de Sécession. Les Cherokees sont une des Cinq tribus civilisées qui ont signé des traités, et ont été reconnus par les États confédérés d'Amérique.

D’autres Cherokees, dans l’ouest de la Caroline du Nord, ont servi au sein de la Thomas' Legion, une unité d’environ 1 100 hommes d’origines cherokee et blanche, combattant principalement en Virginie, où leur réussite est impressionnante. La Thomas' Legion fut la dernière unité confédérée à se rendre en Caroline du Nord, à Waynesville, le .

Avant la guerre de Sécession, les Cherokees, comme d'autres peuples autochtones du sud des États-Unis, avaient des esclaves. Ceux-ci ont été libérés à la fin de la guerre, mais nombre d'entre eux sont alors restés dans les nations où ils étaient, et certains se sont mariés à des Amérindiens.

Les Cherokees d’Oklahoma ont perdu le droit d’élire leur propre chef en 1907 lorsque l’Oklahoma est devenu un État. Divers dirigeants sont désignés par les présidents jusqu’en 1970, lorsque les Cherokees ont récupéré le droit d’élire leur gouvernement, grâce à un décret du Congrès signé par le président Richard Nixon, W. W. Keeler a été le premier chef élu des Cherokees d’Oklahoma, il a été aussi président de Phillips Petroleum. Ross Swimmer, Wilma Mankiller, Joe Byrd et actuellement Chad Smith lui ont succédé.

Le , le Conseil Tribal de la Nation Cherokee définit officiellement le mariage comme une union entre un homme et une femme, mettant de fait hors la loi le mariage homosexuel. Cette décision répond à une demande d’union d’un couple lesbien déposée le . Le chef Chad Corntassel Smith explique que le motif principal de cette décision est d’homogénéiser les lois de la Nation Cherokee et de l’État d’Oklahoma.

Début , les Cherokees ont voté en majorité, à 77 %, pour l'expulsion des descendants, notamment métis, d'anciens esclaves afro-américains de leur nation[4]. Les Cherokees pratiquaient l'esclavage des Noirs avant la guerre de Sécession.

Comme toutes les nations amérindiennes officiellement reconnues par le gouvernement des États-Unis, les Cherokees bénéficient d'avantages et de subventions, et les critiques ne voient dans ce scrutin qu'une façon d'écarter de ces avantages ceux qui ne sont pas de pur sang autochtone.

Démographie

Les recensements du peuple cherokee ont été effectués suivant une méthode différente à partir de 1970.

Évolution de la population
Année Population
1650 22 000
1808 13 000
1835 21 500
1850 16 000
1890 28 000
1910 31 500
1970 66 000
1980 232 000
1990 258 132
2000 286 049
2010 316 049

Langue et alphabet

Le syllabaire inventé par Sequoyah pour écrire le cherokee.
Article détaillé : Cherokee (langue).

Les Cherokee parlent une langue iroquoienne polysynthétique, le Tsa-la-gi qui s’écrit grâce à un syllabaire inventé par Sequoyah. Pendant des années, beaucoup de gens transcrivaient en alphabet latin ou utilisaient des polices peu adaptées pour écrire le syllabaire sur les outils informatiques. Cependant, après l’ajout récent des syllabes cherokee à Unicode, la langue cherokee est en train de vivre une renaissance de son utilisation sur Internet. Il existe un Wikipedia en cherokee.

Cherokees célèbres

De nombreuses personnalité nord américaines revendiquent une ascendance cherokee, malgré le fait que, bien souvent, cette ascendance n'ait pu être prouvée ou n'ait été reconnue par les différentes Nations Cherokee.

Les personnes suivantes prétendent avoir des origines Cherokees :

TOMMY LEE JONES, acteur

Notes et références

  1. Eastern Band: 13 000+, Cherokee Nation: 288 749, United Keetoowah Band: 14 300
  2. "Pocket Pictorial." Oklahoma Indian Affairs Commission. 2010: 6 and 37. (retrieved June 11, 2010)
  3. Mooney 1902.
  4. « Les Noirs exclus par les Cherokees », sur liberation.fr, (consulté le 13 novembre 2016).

Voir aussi

Bibliographie

  • (en) Duane H. King, The Cherokee Indian nation : a troubled history, Knoxville, University of Tennessee Press, , 256 p. (ISBN 978-0-87049-227-3, OCLC 4194151, lire en ligne).
  • (en) Thomas E. Mails, The Cherokee people : the story of the Cherokees from earliest origins to contemporary times, Tulsa, Council Oak Books, , 368 p. (ISBN 978-0-933031-45-6, OCLC 26660971, lire en ligne).
  • (en) James Mooney, Myths of the Cherokee, Washington, (lire en ligne).
  • Russell Thornton (trad. Judith Gross et Odile Rincklin), Les Cherokees, Monaco, Éditions du Rocher, coll. « Nuage rouge », , 313 p. (ISBN 978-2-268-02722-7, OCLC 38238144).
  • Bernard Vincent, Le sentier des larmes : le grand exil des Indiens Cherokees, Paris, Flammarion, , 250 p. (ISBN 978-2-08-210113-4, OCLC 401601493).

Articles connexes