Charles Michon

Charles Michon
Charles Michon
Le colonel Michon vers 1935

Décès 26 octobre 1940
Origine France
Arme Cavalerie
Grade Colonel
Années de service 1907-1940
Faits d'armes Cadets de Saumur : Arrêt de l’avancée allemande sur la Loire en juin 40

Charles Michon est un colonel français, commandant l'École de cavalerie en 1940.

Il est connu pour avoir commandé la résistance héroïque des Cadets de Saumur, lors de l'invasion des troupes allemandes, en juin 1940. Sous l'autorité du général Pichon, commandant la 5e Région militaire, le colonel Charles Michon, a participé parmi d'autres Unités, à la défense de la Loire, assisté de son adjoint opérationnel, le commandant Lemoyne, sur un secteur d'environ trente kilomètres, dans la région de Saumur, de Candes au Thoureil. Cette résistance s'est déroulée sur trois jours, grâce aux forces françaises composées principalement par les élèves-officiers , au nombre d'environ 790 aspirants (550 EAR de cavalerie et 240 du train).

Origines

Charles, François Marie Michon est né le 17 juillet 1882 à Joigny. Il est mort le , à Montauban.

Il descend de la famille de François Michon (1700-1777), notaire royal à Pont-à-Mousson. Sous le Premier-Empire, son aïeul, Pierre François Bégnine Michon (1774-1813), lieutenant-colonel d'artillerie, est décoré de la Légion d'honneur et obtient le titre de chevalier du Premier Empire.

Il passa son enfance à Dole (Jura) où sa famille habitait le « Château des Commards » dans le quartier du même nom.

Guerre de 1914-1918

Jeune officier de cavalerie Chasseurs d’Afrique vers 1907 aux Béni-Snassen[1] , il s’est battu aux Maroc.

Il se porte volontaire en 1915 pour l’infanterie qui, décimée par les combats des tranchées, recrute dans toutes les armes. Il est à Saint-Mihiel avec le 106e régiment d'infanterie, et tombe au mois de décembre, grièvement blessé, dans la Tranchée de Calonne. Il reste deux jours sous les cadavres, passant pour mort. Il en réchappe, grièvement blessé et presque infirme. Ses blessures le feront souffrir terriblement jusqu'au terme de sa vie[2].

Guerre de 1939-1945

Il est nommé le commandant en second de l'école d'application de la Cavalerie et du Train à Saumur. Promu au grade de colonel en septembre 1939, il prend le commandement de l'école quelques jours avant les combats[2].

Fin mai, faisant suite à l’invasion allemande, l’école de cavalerie est chargée de la défense du secteur le long de la Loire sur un front d'environ 30 km.

Le 15 juin l’école reçoit l’ordre de repli à Montauban.

Le 17 juin à midi le maréchal Pétain donne l'ordre de cesser tous les combats : Le colonel Michon n’admet pas que l’école quittât Saumur face à l’ennemi sans combattre. Il convoque le jour même tous les cadres, leur expose la situation et sa décision, mais, qu’étant donné les ordres supérieurs, ils sont libres de ne pas être du même avis : Tous sont volontaires. Les élèves sont ensuite réunis pour leur exposer la situation ; tous sont également volontaires[3]..

Ainsi, dès le , avant que ne retentisse l’appel du 18 juin, l’école de Cavalerie entre la première dans la Résistance[3].

Du 18 au , pour diriger les opérations et souffrant toujours de ses anciennes blessures, le colonel Michon se fait seconder par son chef d'état-major, le chef d'escadrons Lemoyne.

Sans être une troupe de combat, sans approvisionnement sérieux et munis de leurs armes d’instruction l’école de Cavalerie affronte la puissance de feu moderne des blindés de la 1re Division de Cavalerie allemande et bloque l'invasion sur la Loire pendant trois jours.

« Sous le Commandement du Colonel Michon, reflétant l’âme de son chef l'École Militaire et d'Application de la Cavalerie et du Train a combattu les 19, 20, , jusqu'à l'extrême limite de ses moyens de combat, éprouvant de lourdes pertes, prodiguant les actes d'héroïsme et inscrivant dans les fastes de la Cavalerie une page digne entre toutes de son glorieux passé a suscité, par sa bravoure, l'hommage de son adversaire.»[4]. Sur 560 élèves-officiers, 79 sont morts ou disparus, 32 sont blessés en traitement, 15 sont en convalescence. Il n’en reste que 366[5].

L'histoire a retenu ces faits sous le nom de résistance des Cadets de Saumur.

Il décède peu après, le et repose à Dole dans le caveau de famille.

Une rue de Saumur porte son nom.

La promotion EOR (4° Division, d'Instruction) 94/04, baptisée le par le Général Bonavita, porte le nom de « Promotion Colonel Michon ».

Citations

« Vous êtes, Messieurs, une génération de sacrifiés. Demain vous serez tous morts[2]. »

« Messieurs, c'est pour l'École une mission de sacrifice, la France compte sur vous[6] ! »

« On passera sur mon corps, plutôt que je ne recule[7],[6]. »

Notes et références

  1. Général Maurice Durosoy, qui commanda l'École de l'Armée Blindée et de la Cavalerie de 1946 à 1948. « Saumur » (Éditions GLM, 24, r. Molière, Paris)
  2. a b et c Patrick de Gmeline « Les cadets de Saumur, juin 1940 », Presses de la Cité, 1993, (ISBN 978-2258034761)]
  3. a et b Selon le témoignage de Jean Zimmermann, cadet de Saumur grièvement blessé le , au cours des combats au P.C. du colonel Michon
  4. Citation à l'ordre de l'armée, général Weygand, .
  5. Rapport du colonel MICHON à Montauban le
  6. a et b [« La Nouvelle République du Centre-Ouest », article «  Les cadets de Saumur, il y a 25 ans dans une mission de sacrifice » du mardi 29 juin 1965]
  7. « La « nouvelle école » prend le nom du colonel Michon », sur courrier de l'ouest,

Liens externes