Château d'Eu

Château d'Eu
Image illustrative de l’article Château d'Eu
La façade antérieure du château.
Type château
Début construction XVIe siècle
Fin construction XVIIe siècle
Rénovation : fin XIXe siècle
Destination actuelle Hôtel de ville
Musée
Protection  Inscrit MH (1983)
Logo monument historique Classé MH (1985)
Logo des sites naturels français Site classé (1987)
Site web http://www.chateau-eu.fr
Coordonnées 50° 02′ 58″ nord, 1° 25′ 02″ est[1]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Normandie
Région Normandie
Département Seine-Maritime
Commune Eu

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Château d'Eu

Géolocalisation sur la carte : Seine-Maritime

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Château d'Eu

Situé en Normandie, dans le nord de la Seine-Maritime, le château d'Eu accueille à la fois la mairie d’Eu et le musée Louis-Philippe (labellisé « musée de France »). Le château fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le et d'une inscription depuis le [2].

Histoire

En décembre 1430, Jeanne d'Arc, prisonnière des Anglais, séjourna dans la prison du château.

En 1475, Louis XI ayant appris que le comte d'Eu avait promis de livrer son château à Edouard IV, roi d'Angleterre, ordonna la destruction complète de la place[3].

Cinq ans après ce désastre, en 1480, un modeste manoir s'éleva sur les ruines du vieux castel. Un siècle entier s'écoulera avant la construction d'un vaste et somptueux château.

Le bâtiment actuel fut commencé entre 1581 et 1583 après le mariage d'Henri de Guise, duc de Guise dit le Balafré avec Catherine de Clèves, comtesse d'Eu, puis terminé en 1665 après que Anne-Marie-Louise d'Orléans dite la Grande Mademoiselle, cousine germaine du roi Louis XIV, en eut pris possession le 24 août 1661.

Il se compose d'un corps de logis prolongé à chacune de ses extrémités, par deux pavillons. La partie centrale est presque rectiligne, les pavillons des extrémités étant en retrait côté cour et en saillie côté parc. L'ensemble est édifié en brique et pierre et couvert de combles en ardoise.

En 1693, le domaine d'Eu devient la propriété de Louis Auguste de Bourbon, duc du Maine (1670-1736), avec lequel il entre dans la descendance du roi Louis XIV et de la marquise de Montespan.

Il passe, après lui, à son fils, autre Louis Auguste de Bourbon, comte d'Eu (1700-1755), puis au frère de celui-ci, Louis Charles de Bourbon, également comte d'Eu (1701-1775), lesquels, morts sans descendance, laissent pour héritier leur cousin-germain, Louis Jean Marie de Bourbon, duc de Penthièvre.

À la Révolution, le duc de Penthièvre quitte le château d'Eu pour se retirer près de Vernon où il meurt le 4 mars 1793. Il laisse une fille unique, Marie-Adélaïde de Bourbon, duchesse d'Orléans, qui doit s'exiler en 1797.

Le château d'Eu est alors séquestré. Au début du Premier Empire, il est affecté à la sénatorerie de Rouen et habité un temps par le titulaire de celle-ci, Antoine Guillaume Rampon. À cette époque est démolie l'aile en retour donnant au nord, sur la Bresle, qui abritait un grand escalier, une galerie, une salle des gardes et une cuisine[4].

En 1811, le château est intégré au domaine de la couronne impériale. L'architecte Pierre Fontaine y dirige alors quelques travaux pour Napoléon[5].

À la première Restauration, en 1814, ses domaines sont restitués à la duchesse d'Orléans, qui ne vient à Eu qu'en 1818. Elle meurt en 1821 et a pour successeur à Eu son fils, Louis-Philippe d'Orléans.

Celui-ci s'intéresse au château qu'il fait restaurer aussi par l'architecte Pierre Fontaine[6].

Lorsque Louis-Philippe devient, en 1830, le Roi des Français, le château d'Eu devient l'une de ses résidences royales.

Pendant son règne, jusqu'en 1848, il y reçoit à deux reprises la reine Victoria d'Angleterre en 1843 et 1845, initiant ainsi l'Entente cordiale entre la France et le Royaume-Uni.

Après la Révolution de 1848, la Maison d'Orléans doit s'exiler et se retire outre-Manche, jusqu'en 1871.

Rentré alors en France, Philippe d'Orléans, comte de Paris, petit-fils de Louis-Philippe, reprend possession de son château d'Eu, où il fait faire d'importants travaux, dirigés par l'architecte Eugène Viollet le Duc, de 1872 à 1886 [7].

En 1886, une nouvelle loi d'exil oblige le comte de Paris à quitter à nouveau la France, jusqu'à sa mort, en 1894.

Après celle-ci, son fils, Philippe, duc d'Orléans, vend le château d'Eu à son cousin-germain, Gaston d'Orléans, à qui son aïeul, Louis-Philippe, avait attribué le titre de comte d'Eu.

Le château d'Eu devient alors l'habitation des prétendants au trône impérial du Brésil, Gaston d'Orléans, jusqu'à sa mort en 1922, et son épouse, Isabelle de Bragance, héritière du trône impérial du Brésil, puis leur fils Pierre d'Alcantara d'Orléans Bragance, mort en 1940, et sa famille.

En novembre 1902, la plus grande partie du corps de logis central et l'aile sud du château d'Eu subissent un incendie, qui n'en laisse que les murs. L'aile nord est épargnée.

L'édifice est ensuite restauré, à l'exception d'une partie des décors intérieurs.

À cette époque, la famille d'Orléans conserve aussi la forêt d'Eu, d'une superficie de 9 300 hectares. En 1913, cet important domaine lui est acheté par l'État (pour 9/10) et par le département de la Seine-Inférieure (pour 1/10) [8].

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Allemands occupent le château.

En 1954, la famille d'Orléans vend le château, dont, après de multiples péripéties, la ville d’Eu se porte acquéreur en 1964.

En 1973, la municipalité y installe la mairie, dans la partie sud, alors que le musée Louis-Philippe est créé dans la partie nord.

À l'intérieur du château, on remarque en particulier la Galerie des Guise, au décor entièrement reconstitué au début du XXIe siècle pour servir d'écrin à une exceptionnelle collection de 46 portraits représentant des personnages liés à l'histoire du château. La restauration de cette galerie a été inaugurée en 2014.

Le musée Louis-Philippe du château d'Eu conserve, en outre, de nombreux souvenirs de la maison d'Orléans.

Une partie de l'ancien domaine du château reste privée et s'est transmise aux héritiers d'Isabelle d'Orléans-Bragance, comtesse de Paris, née à Eu en 1911, ses fils Michel et Jacques d'Orléans, ainsi qu'un de ses petits-fils, Robert d'Orléans, fils du défunt prince Thibault (†1983).

Souvenir de la table royale

Un service de déjeuner en porcelaine dure de Sèvres (vers 1844) comprenant un grand plateau ovale à décor de vues du château et de son parc, et les autres pièces ornées de portraits peints "en camée" de membres la famille d'Orléans a été présenté lors de l'exposition intitulée "Napoléon Ier et Sèvres - L'art de la porcelaine au service de l'Empire" (200 pièces) à la galerie Aveline à Paris en septembre - octobre 2016[9].

Description

Côté Sud

Carlo Marochetti, Monument au duc d'Orléans, château d'Eu.
  • Monument à Ferdinand-Philippe, prince royal (fils aîné du roi Louis-Philippe) et duc d'Orléans, par Carlo Marochetti, érigé devant la grille de la cour. Une réplique du monument est installée sur la place du duc d'Orléans à Neuilly-sur-Seine (elle se trouvait à l'origine à Alger).

Côté Nord

Le talus de la rue des Fontaines.

Au Nord, l'édifice, la cour et le jardin surplombent la rue des Fontaines ; au sommet d'un talus assez raide, court un mur de brique.

Protections

  • Inscriptions puis classement au titre des monuments historiques[10].
    • Détail des protections :
      • Font l'objet de l'inscription par un premier arrêté du 6 juin 1983 :
        • à l'Est : façades et toitures de l'aile des logements ; grandes écuries, remises et sellerie ; façades et toitures du bâtiment dit ancienne maison Gilliot ou pavillon des Ministres avec son passage et de ses écuries et remise ; aile sur la Bresle dite aile des Ministres ; façades et toitures du fourneau économique, du logement de l'instituteur et de l'école ; fontaine accolée au flanc Sud de la collégiale Saint-Laurent ;
        • au Nord : pavillon des Fontaines ;
        • au Sud : table des Guise ; glacière ; pont enjambant la route du Tréport.
      • Font l'objet de l'inscription par un second arrêté du 6 juin 1983 :
        • Façades et toitures des trois bâtiments de la ferme modèle ; façades et toitures des grandes écuries Ouest du pavillon de Joinville.
      • Font l'objet du classement par l'arrêté du 30 octobre 1985 :
        • Château, y compris les parties souterraines ; cour d'honneur avec sol, clôture, statues, saut-de-loup et balustrade ; jardin à la française avec murs de soutènement ; dépendances au Nord du château : roue motrice ; éolienne ; façades et toitures de l'usine à gaz et de l'émissaire des sources ; dépendances dans le parc : façades et toitures du pavillon Montpensier et de la maison des portiers ; façades et toitures de la maison du jardinier ainsi que le portail d'entrée et les murs de clôture ; façades et toitures du pavillon de Joinville, des grandes et petites écuries, du four à pain et du poulailler.

Notes et références

  1. Coordonnées vérifiées sur Géoportail et Google Maps
  2. Notice no PA00100651, base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. L'ABBE J.-J. BOURASSE, Les Chateaux Historiques de France, Tours, Alfred Mame et Fils, , p. 390
  4. J. Vatout, Histoire et description du château d'Eu, Paris, Firmin-Didot & Gosselin, , 430 p., p. 385-386
  5. J. Vatout, Histoire et description du château d'Eu, Paris, Firmin-Didot & Gosselin, , 430 p., p. 386-387
  6. J. Vatout, Histoire et description du château d'Eu, Paris, Firmin-Didot & Gosselin, , 430 p., p. 388-392
  7. Abbé A. Tougard, La Normandie Monumentale et Pittoresque, Seine-inférieure, Le Havre, Lemale et Cie, imprimeurs, éditeurs, (lire en ligne), p. 345-348
  8. « H. Decencière Ferrandière, Origine des forêts domaniales, in Revue Forestière Française, avril 1960, p. 240. »
  9. Éléments du service reproduits en couleur dans "La Gazette Drouot" n° 31 du 16 septembre 2016, p. 148
  10. Notice no PA00100651, base Mérimée, ministère français de la Culture
  11. « L'ancien domaine royal d'Eu », sur Carmen - L'application cartographique au service des données environnementales (consulté le 30 avril 2018)
  12. « Le parc du château d'Eu », sur Carmen - L'application cartographique au service des données environnementales (consulté le 30 avril 2018)

Voir aussi

Bibliographie

  • Jean Vatout, Histoire et description du château d'Eu, 1839, Paris, Firmin-Didot & Gosselin ; rééd. éditions La Vague verte, Woignarue, en 2002 , 430 p.
  • Alban Duparc, Histoire d’une restauration, Viollet-le-Duc et le château d’Eu, 2014, Abbeville : Leclerc Imprimerie ;
  • Alexia Brossaus, Voyage en terre littéraire, Plongée dans les collections de la bibliothèque du château d’Eu 2014, Alençon, Bemo Graphic ;
  • Alban Duparc, Donation Albert Court, 2013, Abbeville : Leclerc Imprimerie ;
  • François Terrade, Visite de la Reine Victoria au Roi Louis-Philippe au château d'Eu, 2013, Eu : Association des Amis du Musée Louis-Philippe ;
  • Xavier Dufestel, Les villages de Liberté d'Isabelle, 1999, Eu, Bulletin des Amis du Vieil Eu.

Articles connexes

Lien externe