Cervidae

Les cervidés (en latin cervidae, de cervus, « cerf », venant du grec κεραός / keraos, « cornu »), forment une famille de mammifères ruminants présentant un nombre pair de doigts, qui comprend entre autres les cerfs, les chevreuils, les rennes et les daims mais aussi des espèces moins connues appelées pudus.

Terminologie

  • Le mot « faon » peut désigner le jeune de différentes espèces, notamment celui du cerf, du chevreuil, du daim, du renne.
  • Le hère est un jeune cerf de six mois à un an, qui ne porte pas encore de bois.
  • Le daguet est un jeune cerf qui porte ses premiers bois.
  • Le brocard est le mâle de plus d'un an chez le chevreuil.
  • Pour certaines espèces, la femelle porte un nom spécifique :
    • cerf : biche ;
    • chevreuil : chevrette ;
    • daim : daine.

Principales caractéristiques

La particularité des cervidés est de porter des bois, des organes osseux caducs présents sur la tête des mâles. Il existe toutefois quelques exceptions:

  • chez le renne, les deux sexes portent des bois;
  • chez certaines espèces, les bois sont absents (Hydropotes inermis), ou à l'état de vestiges (genres Pudu et Mazama).
Trophée d'un cerf dix cors (château de Tanlay, Yonne)

Les bois des cervidés forment un trophée (terme cynégétique employé aussi bien pour la parure sur l'animal vivant, que dans le sens plus connu de trophée de chasse). Ils muent chaque année ; le produit de la mue (les bois morts délaissés) s'appelle la « mue ».

Les cervidés constituent les derniers grands ruminants sauvages des régions tempérées. À travers le monde, il en existe quarante-quatre espèces réparties en dix-sept genres.

Les cervidés les plus fréquents dans les forêts d'Europe sont le cerf élaphe, cervus elaphus, le chevreuil, capreolus capreolus ; le daim, dama dama, quant à lui, n'y est plus présent à l'état sauvage. En Scandinavie, s'y ajoutent le renne, rangifer tarandus, et l'élan, Alces alces, également présent en Europe centrale. D'autres espèces ont été acclimatées en Europe et peuvent s'y rencontrer occasionnellement, comme le cerf Sika, cervus nippon.

Ils sont nettement divisés en deux ensembles phylogénétiquement cohérents : l'un, paléarctique et asiatique : cervidés européens ; l'autre, néarctique et néotropical : Cervidés américains. Trois espèces seulement échappent à la règle, avec une répartition holarctique : le cerf élaphe, ou wapiti, en Amérique, le renne, ou caribou et l'élan, ou orignal.

La taille des cervidés varie de celle d'un lièvre pour le pudu à celle d'un grand cheval pour l'élan.

Listes des espèces

Ils sont divisés en quatre sous-familles :

Pylogénie au sein des cétartiodactyles

Phylogénie des familles actuelles de cétartiodactyles (hors cétacés), d'après Price et al., 2005[2] et Spaulding et al., 2009[3]:

Cetartiodactyla 
 Tylopoda 

Camelidae (chameaux, lamas...)



 Artiofabula 
 Suina 

Suidae (porcins)



Tayassuidae (pécaris)



 Cetruminantia 
 Cetancodonta 
 Cetaceamorpha 

Cetacea (cétacés)


 Hippopotamoidea 

Hippopotamidae (hippopotames)



 Ruminantia
 Tragulina 

Tragulidae (chevrotains)


 Pecora 


Antilocapridae (antilocapres)


 Giraffoidea 

Giraffidae (girafes, okapi...)





Bovidae (bovins, caprins...)




Cervidae (cerfs, rennes...)



Moschidae (cerfs porte-musc)









Maladie

Iconographie

Article connexe : Cerf élaphe#Symbolique.
  • Les cervidés figurent parmi les animaux les plus représentés du bestiaire pariétal paléolithique[4].
  • Dans l'iconographie antique, la biche figure aux côtés d'Artémis ou de Diane chasseresse, le cerf, dans les scènes de chasse et les représentations d'Actéon. La peau des Cervidés, appelée nébride, est un attribut du culte de Dionysos.
  • Dans l'iconographie chrétienne, le cerf est un symbole du Christ[5] de Julien l'Hospitalier[5]. Un cerf crucifère accompagne les représentations de saint Hubert, patron des chasseurs[5] ou de saint Eustache. Le cerf est présent dans certaines représentations du paradis terrestre, et celles de l'entrée des animaux dans l'arche de Noé.
  • Dans l'art profane, le cerf figure dans les scènes de chasse. Avec le loup et le chien, il représente la mélancolie dans les représentations des tempéraments ou des humeurs[6].

Voir aussi

Cervidés peints par Gustave Courbet.

Articles connexes

  • Dieu cornu
  • Malgré l’orthographe du mot en français, le terme de cerf-volant n’a probablement pas de lien avec le cerf, mais signifierait « serpent volant » (ancien français serp-volante)[7].

Références taxonomiques

Liens externes

  • (fr) Schéma détaillé du bois de cerf

Notes et références

  1. (en) Price SA, Bininda-Emonds OR, Gittleman JL, « A complete phylogeny of the whales, dolphins and even-toed hoofed mammals (Cetartiodactyla) », Biol Rev Camb Philos Soc., vol. 80, no 3,‎ , p. 445-473 (DOI 10.1017/S1464793105006743, lire en ligne)
  2. (en) M Spaulding, MA O'Leary et J Gatesy, « Relationships of Cetacea (Artiodactyla) Among Mammals: Increased Taxon Sampling Alters Interpretations of Key Fossils and Character Evolution », PLoS ONE, vol. 4, no 9,‎ , e7062 (PMID 19774069, PMCID 2740860, DOI 10.1371/journal.pone.0007062, Bibcode 2009PLoSO...4.7062S)
  3. Voir Grotte de Lascaux
  4. a, b et c La Bible et les saints, guide iconographique, Gaston Duchet-Suchaux et Michel Pastoureau,1990
  5. La Mélancolie: génie et folie en occident, François-René Charon, p. 78, Exposition au Grand Palais, janvier 2006
  6. Voir l’entrée Cerf-volant.