Carte des Chasses du Roi

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La Carte des chasses du roi ou plus exactement la Carte Topographique des Environs de Versailles ou des Chasses Impériales représente une grande partie des territoires de l'Île-de-France au sud de la Seine. L'entreprise est due à Jean-Baptiste Berthier. Elle valut à son auteur des lettres de noblesse et une pension de 12 000 livres.

Histoire

Cette carte, née de l'engouement de Louis XV pour la chasse et d'une décision royale de copier l'ancienne carte du duché de Rambouillet, a été levée durant deux périodes de 1764 à 1773 et de 1801 à 1807.

On dit souvent que la paix consécutive à la guerre de Sept Ans menaça de dissolution le corps des ingénieurs-géographes du Dépôt de la Guerre. Soutenu par Choiseul, Berthier trouva en la continuation de la carte une occasion d'occuper son personnel. Passées quelques années, ne s’offrit plus à lui de contexte si favorable et Berthier vit réduire le nombre de ses ingénieurs géographes des camps et armées imposant des lenteurs aux levées des territoires de la Carte des chasses du roi. En 1792, 5 feuilles sur 12 sont gravées notamment par l’emploi de Joseph Perdoux, graveur, actif entre 1788 et 1792 à l’hôtel de la Guerre au château de Versailles[1]. Au début de la Révolution française, les crédits alloués pour la gravure lui furent supprimés par la Convention nationale en 1792.

Débutée par le Dépôt de la Guerre dont Berthier était aussi le directeur, avec l’emploi de huit ingénieurs géographes, sa réalisation fut mise en suspens par les constituants de la Révolution française, suivant la formule d’Alexandre de Beauharnais au nom du Comité militaire chargé de réaliser des économies dans le budget de ce ministère[2]. La gravure reprit en 1801 sur ordre du Premier Consul. Berthier mourut avant l’achèvement complet de l'œuvre à laquelle il avait consacré toute son énergie et que les directeurs du Dépôt de la Guerre et même Louis-Alexandre Berthier fils de l'auteur et ministre de la Guerre en 1799 considéraient tous comme une œuvre futile.

D’autres cartes des chasses

Hormis la célèbre Carte topographique des environs de Versailles (des chasses du roi), il existe pour de nombreux territoires propices à la chasse des représentations cartographiques, tel l’exemple de carte présentée au public dans le vestibule du département des cartes et plans' de la Bibliothèque nationale de France [3] dite la Carte des chasses des environs de Brunoy.

Une grande carte topographique de 320 x 425 cm peinte à l’huile sur toile représente le pays situé entre Boissy-Saint-Léger, Brie-Comte-Robert, Châtillon et Corbeil avec la forêt de Senart et le cours de la Seine, actuellement dans les départements du Val-de-Marne, de l’Essonne et de Seine-et-Marne est disposée face à l'entrée du département des cartes et plans. Les costumes des chasseurs font présumer la date de ce travail, lequel doit remonter aux premiers temps du règne de Louis XV (ca 1740-1743). Une source éditée dans le Bulletin de la Société de géographie[4] précise que la carte a été commandée en 1742 pour le château de Choisy. En 1785, ce monument de topographie ornait le château de Mongeron et faisait pendant à un tableau représentant un combat de chiens et de sangliers – c’est ce qui résulte d'une mention écrite au dos de la pièce.

Bibliographie

  • La carte des chasses royales par Sylvie Bourcier. Vincennes, État major de l'armée de terre, service historique, 1972. - 1 vol. (132 p.), en usuel dans la salle de lecture du département des cartes et plans
  • Plus accessible, l'article de Jean-Claude Dupuis paru dans Trois siècles de Cartographie en Île-de-France, Cahiers de l'IAURIF, no 119, décembre 97 coédité avec l'IGN.
  • Du paysage à la carte, trois siècles de cartographie militaire de la France, par Anne-Marie Corvisier de Villèle, Alain Morgat et Agnès Beylot, Paris, Vincennes, 2002.

Liens externes

Notes et références

  1. Dictionnaire général des artistes…, Paris, 1885, vol. 2, p. 232.
  2. « L’Assemblée Nationale, ouï le rapport de son comité militaire sur les employés, hôtels de la guerre de Paris, Versailles, Compiègne et Fontainebleau, décrète ce qui suit : Article II. Le traitement des trois ingénieurs géographes employés à la carte des chasses du Roi, sera renvoyé à la liste civile, à compter du même jour [et non plus aux frais de l’Hôtel de la guerre] » (extrait de Correspondance du département de Maine-et-Loire à l’Assemblée nationale, tome 8, Angers, 1791, p. 439).
  3. Rés. Ge A 1042
  4. 2e série, t. XIV, 1840, p. 318-321