Carte à bâtonnets

Les cartes à bâtonnets ou stick charts en anglais sont des cartes nautiques produites par les habitants des îles Marshall afin de se repérer sur l'océan et de rallier les différentes îles du Pacifique.

Sur ces cartes, les îles sont figurées par de petits coquillages et les intersections marquent le croisements des houles contraires ainsi que leurs mouvement (par les grands bâtonnets en demi-cercle). La précision de ces cartes est telle qu'une superposition de celles-ci avec des cartes faites par des moyens modernes est parfaitement exacte[1]. Les cartes à bâtonnets ont été généralement fabriqués à partir de la nervure médiane des feuilles de cocotier attachés ensemble pour former un cadre ouvert.

Souvent ces cartes étaient individuelles et donc variaient en forme : le navigateur, personne qui avait fait la carte, était la seule personne qui pouvait bien l'interpréter et l'utiliser. L'utilisation des cartes à bâtonnets et de la navigation à l'aide de la houle apparemment prirent fin après la Seconde Guerre mondiale, lorsque de nouvelles technologies électroniques permirent une navigation plus accessible, et que les voyages entre les îles en canot se firent moins nombreux.

Carte à bâtonnets (Musée du Quai Branly)
Carte à bâtonnets superposée à une carte moderne (Musée national d'ethnologie de Munich)

Connaissances nautiques

Les Marshallais reconnaissent quatre principales vagues de l'océan : le rilib, kaelib, bungdockerik et bungdockeing. Ainsi chaque vague permet de produire un type de carte différent[2]. Les marins se concentrent aussi bien sur la houle et ses effets que sur la contre-houle, celle qui créée par la rencontre entre l'océan et la terre. Ces cartes sont d'une très grande précision malgré une conception simple.

Rilib

Le rilib est la houle la plus forte des quatre vagues de l'océan et a été désigné comme la «colonne vertébrale» de la houle. Il est généré par les nord-est alizés et est présent pendant toute l'année, même quand ils ne pénètrent pas aussi loin au sud que les Îles Marshall . Les Marshallais considèrent que les rilib viennent de l'est, même si l'angle des vents ainsi que l'impact des courants océaniques peuvent varier en fonction de la direction de la houle.

Kaelib

La houle kaelib est plus faible que la rilib et ne peut être détecté que par des personnes compétentes, mais ce vent est également présent ronde de l'année.

Bungdockerik

Le bungdockerik est présent toute l'année ainsi et souffle dans le sens sud-ouest. Cette houle est souvent plus forte que la rilib dans les îles du sud.

Bundockeing

Le bundockeing est la plus faible des quatre houles, et est principalement ressenti dans les îles du Nord.

Typologies des cartes

Les cartes à bâtonnets se répartissent généralement en trois catégories principales: mattang, Meddo (ou medo) , et rebbelib (ou rebbelith ).

Mattang

Le mattang était un tableau abstrait utilisés pour l'enseignement et des principes d'enseignement de la lecture des perturbations de la houle engendrée par les îles.

Meddo

Le Meddo montrait les îles réelles et leurs positions relatives ou exactes. Le Meddo indiquait également la direction des principales houles profondes de l'océan, la façon dont des bosses courbées autour des îles les indiquaient et par recoupement permettaient de connaître la distance à partir d'un canot à laquelle une île pouvait être détectée. Les Meddo dépeignent une partie seulement de l'une des deux principales chaînes d'îles.

Rebbelib graphiques

Rebbelib dépeint la même information sous forme de diagramme que le Meddo, mais la différence réside dans l'inclusion des îles. Les Rebbelib contrairement auxMeddo incluraient toutes ou la plupart d'une ou deux chaînes d'îles.

Notes et références

  1. p. 15 in Atlas de l'Océanie par F. Argounes, S. Mohamed-Gaillard et L. Vacher ; Autrement, Paris, 2011
  2. We, the Navigators: The Ancient Art of Landfinding in the Pacific by David Lewis. Second Edition, University of Hawaii Press 1994