Carlo Giuliani

Carlo Giuliani
Biographie
Naissance
Décès
(à 23 ans)
Gênes
Nationalité
Activité
Cippo a Carlo Giuliani.jpg

sépulture

Carlo Giuliani, né le à Rome et mort le à Gênes, est un étudiant et militant « no-global » italien, issu d'une famille engagée à gauche (son père est dirigeant syndical). Il est tué par un policier le durant les émeutes anti-G8 de Gênes.

Circonstances du décès

Carlo Giuliani est tué par balle lors d'une manifestation tournant à la confrontation avec les gendarmes italiens (carabinieri) qui arrosent de gaz lacrymogène, depuis une jeep, les manifestants qui en réponse leur lançaient des pierres.

Carlo Giulani avait attrapé un extincteur et s'apprêtait apparemment à le lancer sur la jeep[1] lorsqu'un policier lui tire et roule dessus.

Enquête et suite

Toutes les charges contre Mario Placanica, le carabinier de 24 ans qui a tiré, ont été abandonnées, la commission d'enquête ayant conclu que la balle fatale a été déviée à mi-course par une pierre[2].

Cette conclusion fut vite mise à mal. Une autre enquête fut poursuivie par Heidi et Giuliano Giuliani, parents du jeune homme décédé. Il a été prouvé que le pistolet du carabinier Placanica n'était pas du tout pointé vers le ciel, comme ce dernier avait voulu le faire croire. Sur les photos prises ce jour-là, il apparaît que l'arme était pointée sur la foule avant même que Carlo Giuliani ne ramasse l'extincteur. Une photographie prise une seconde avant que le carabinier ne tire montre Carlo Giuliani brandissant au premier plan un extincteur et le pistolet du policier pointé directement sur la tête du jeune homme. Par ailleurs, Carlo Giuliani ne se trouvait pas à quelques centimètres de la Jeep, comme les carabinieri ont voulu le faire croire, mais à plus de 3 mètres de distance. Il a par ailleurs été certifié que même s'il avait été collé à l'arrière de la Jeep, Carlo Giuliani ne représentait en aucun cas un danger pour les passagers du véhicule. Les médecins qui arrivèrent sur les lieux pour s'occuper du jeune homme ont témoigné qu'il était encore en vie avant que la Jeep (qui était vraisemblablement paralysée par une poubelle et était donc « prisonnière », selon le témoignage du conducteur) ne roule deux fois sur le corps de Carlo Giuliani.

Certains éléments demeurent obscurs, Mario Placanica ayant déclaré qu'il avait été utilisé pour « couvrir la responsabilité des autres », sans s'expliquer davantage. La famille et les proches de Carlo Giuliani demandent toujours que justice soit faite.

Le mardi 25 août 2009, la Cour européenne des droits de l'homme a condamné l'Italie en première instance pour des « manquements dans l'enquête sur la mort de Carlo Giuliani » et a alloué « 15 000 euros aux parents de la victime et 10 000 à sa sœur »[3]. La même cour a finalement acquitté l'État italien par un jugement définitif en 2011[4].

Mémoire

La place où il fut tué, la Piazza Alimonda, est tenue pour Piazza Carlo Giulani par les manifestants qui ont également érigé un mémorial.

Une autre place, à Berne, la capitale suisse, a également été nommée Carlo-Giuliani Platz. Le changement de nom se fit durant une exposition-mémorial d'art nommée les géométries de la mémoire[5].

Un comité partisan Piazza Carlo Giuliani[6] a été créé pour informer sur les faits de juillet 2001, réaffirmer le droit d'exprimer ses idées et de manifester, et également soutenir des initiatives de solidarité internationale.

Bibliographie

  • Cour européenne des droits de l'homme, Affaire Giuliani et Gaggio contre Italie, Requête n° 23458/02, Strasbourg, 24 mars 2011, texte intégral.
  • Francesco Barilli, Manuel De Carli, Bello Ciao. G8, Gênes 2001 (trad. de l'italien par Emanuela Scalabrin et Jean-Marc Pontier), Golfe Juan, Les enfants rouges, 2013 (Bande dessinée originale : Carlo Giuliani, il ribelle di Genova, BeccoGiallo, 2011).

Filmographie et discographie

  • Carlo Giuliani, ragazzo de Francesca Comencini - Italie - 63 min. Images de la manifestation et interview de Haidi Giuliani, mère de Carlo Giuliani
  • Don’t Clean Up The Blood de Primitivi - 2001 - 45 min. Documentaire sur la répression du G8 de Gênes 2001
  • Le jeune homme exposé : Gènes 2001, pièce de théatre d'André Benedetto
  • Carlo Giuliani du groupe anarcho-punk Conflict
  • Rabbia dentro il cuore du groupe de street-punk italien Los Fastidios
  • Solamente por pensar du groupe de ska punk espagnol Ska-P relate le meurtre de Carlo Giuliani
  • Genova 2001 du groupe français de hip-hop oriental, Hydra
  • Carlo du groupe de street-punk français Brixton Cats
  • Rotta indipendente du groupe italien Assalti Frontali
  • 200701 du groupe de hardcore punk italien Skruigners
  • Sous les balles du groupe de Oi! français Hors Contrôle
  • Muerte accidental de un anarquista du groupe de punk espagnol militant CNT-FAI Los Muertos de Cristo
  • Genoa Libera du groupe de Oi! français Brigada Flores Magon
  • La canzone di Carlo du groupe rock-folk italien Casa del Vento (2002)
  • Piazza Alimonda du chanteur italien Francesco Guccini
  • L'enragé du groupe guérinais Viande Rouge
  • G(enoa)8 du groupe de ska punk français Mister Jingle (2008)
  • Resistancia du groupe Irie Révoltés
  • Genova Brucia du chanteur italien Simone Cristicchi (2010)
  • Carlo Giuliani du groupe de rap anarchiste grec Javaspa
  • Let me bleed du compositeur Luca Francesconi
  • Diaz : un crime d'État, un film italien réalisé par Daniele Vicari (2012)
  • Gênes 01, une pièce écrite par Fausto Paravidino

Notes et références

Articles connexes

Liens externes