Caravelle (navire)

Modèle de caravelle portugaise à voiles latines

Une caravelle (du portugais caravela[1]) est un navire à voiles à hauts bords inventé par les Portugais au début du XVe siècle pour les voyages d'exploration au long cours.

Étymologie

Le mot français est issu du terme portugais caravela. C'est un dérivé de cáravo « sorte de bateau », terme portugais issu du latin tardif carabus « barque recouverte de peaux » (VIe siècle), transposition de carabus « crabe » (voir FEW t. 2, s.v. carabus)[2].

Caractéristiques

La combinaison d'une coque haute, d'un faible tirant d'eau et d'une voilure très manœuvrable fait des caravelles des bateaux révolutionnaires.

Initiales

La caravelle Boa Esperança dans le port de Lagos (Portugal).

Évolution marine de la caraque du Moyen Âge, qui servait au cabotage de marchandises principalement le long des côtes méditerranéennes, la caravelle s'en distingue par une taille plus élevée, entre 20 et 30 mètres, un tonnage moindre d'environ 200 tonnes et un tirant d'eau allongé.

Les bords élevés permettent d'affronter les lames d'eau de l'océan Atlantique. Ils se révéleront adaptés à la navigation en haute mer au cours des campagnes d'exploration d'Henri le Navigateur. La coque large n'a qu'une faible calaison[3], le fond est plat et renforcé ce qui favorise une exploration côtière.

La caravelle dispose de plusieurs mâts sur lesquels sont fixées des voiles triangulaires aptes à capter la direction du vent et des voiles carrées favorables à la propulsion avec vent arrière. Les voiles latines tournant autour des mâts, grâces à de longues vergues — ou antennes — désolidarisées du mât (cf. image de la Boa Esperança ci-contre) permettent de naviguer contre le vent. La crainte d'un retour difficile par des vents et des courants qui avaient été favorables à l'aller disparaît et les explorateurs portugais se permettent alors toutes les audaces.

Évolutions

La reconstitution du Lisa von Lübeck

Au Moyen Âge, les coques étaient construites à partir d'un assemblage de bordés renforcé ensuite de membrures. À la fin du XVe siècle, une nouvelle technique est apparue, accompagnant le développement des caravelles, celle qui consiste à procéder dans l'ordre inverse. Les membrures assemblées en premier dans la quille, les bordés venaient les garnir ensuite.

Le gaillard d'avant et le château arrière augmenté sont apparus ultérieurement (cf. image de la Lisa von Lübeck ci-contre). Ils conféraient aux caravelles une plus grande stabilité et une meilleure manœuvrabilité. Cette évolution a été conçue notamment pour permettre une meilleure remontée du vent.

Utilisation

De grands navigateurs ont utilisé la caravelle.

Bartolomeu Dias arrive au cap de Bonne-Espérance en 1487-1488. C'est avec les caravelles la Pinta et la Niña, ainsi qu'une caraque, la Santa Maria, que Christophe Colomb découvre l'Amérique en 1492. Le Portugais Vasco de Gama, qui a été le premier Européen à atteindre l'Inde en passant par les deux grands océans, utilise une caravelle pour ses exploits maritimes. En 1522, Cristóvão de Mendonça longe les côtes australiennes de La Grande Jave à la tête de trois caravelles.

Notes et références

  1. Définitions lexicographiques et étymologiques de « caravelle » (sens 2) du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales
  2. Caravelle, étymologie : Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (CNRTL), « caravelle », sur www.cnrtl.fr, CNRTL, (consulté le 9 janvier 2010)
  3. Calaison : enfoncement dans l'eau

Voir aussi

Bibliographie

(en) John M Hobson, The Eastern origins of Western civilization, Cambridge, UK New York, Cambridge University Press, , 376 p. (ISBN 0-521-83835-5 et 0-521-54724-5)

Articles connexes