Camille Lhuissier

Camille Lhuissier
Fonctions
Député (1945 - 1948)
Gouvernement IVe République
Groupe politique Socialiste
Biographie
Date de naissance
Date de décès
Résidence Mayenne

Camille Lhuissier, né le à Vautorte et mort à Laval le , est un homme politique français. Il a été notamment été député de la Mayenne de 1945 à 1948.

Biographie

Origine

Son père, cabaretier anticlérical, animateur d'un cercle républicain était connu comme un « rouge ». Il va au cours complémentaire de Gorron, puis rejoint avec une dispense d'âge[1], l'Ecole Normale de Laval[2].

Instituteur et syndicaliste

Il fut instituteur dans le département de la Mayenne de 1897 à 1933[3]. Il est un des piliers du mouvement syndical des instituteurs. Il est membre de l'Amicale des Instituteurs de la Mayenne, fondée en 1902[4]. Délégué de l'École émancipée, il donne une grande audience à ce mouvement. Il a de nombreux engagements en dehors de son métier.

Il participe par exemple à la création de l'Université populaire lavalloise installée à la bourse du travail. Il est sociétaire de la Coopérative ouvrière de Renazé, et l'un des responsables de la Maison du peuple de Laval.

Il est l'un des principaux promoteurs de l'ouvrage Nouvelle Histoire de France, publiée en 1927. Cet ouvrage, qui ne sera autorisé que dans 3 départements : les Bouches-du-Rhône, le Cantal et la Mayenne, fit aussi partie des ouvrages détruits sous le régime de Vichy.

Première Guerre mondiale

Il est lieutenant d'infanterie territoriale pendant la Première Guerre mondiale. Il est blessé à la tête en juin 1915[5], il a été fait chevalier de la Légion d'honneur et croix de guerre avec palme, et grand invalide de guerre réformé à 100 %. Il reprend alors ses activités syndicales et milite à la SFIO. Il s'occupe aussi en Mayenne des activités de la Ligue française pour la défense des droits de l'homme et du citoyen.

Politique

Il est initié à la franc-maçonnerie à la Loge Volney de Laval le 22 janvier 1922[6]. Nommé en 1930 secrétaire de la fédération socialiste de son département, il affronte pour la première fois le suffrage universel aux élections cantonales de 1931 dans le canton de Laval-Est[7]. Il échoue aux élections législatives de 1936[8] où il n'est battu que de quelques centaines de voix[9].

Résistance et Libération

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il soutient activement la Résistance intérieure française[10]. Il est affilié au mouvement Libération-Nord[11].

Il fait partie en 1944 du Comité départemental de libération de la Mayenne et redevient secrétaire fédéral de la SFIO. Il est élu député à la première assemblée constituante le 21 octobre 1945[12] où il siège à la Commission de l'éducation nationale et des beaux-arts, de la jeunesse, des sports et des loisirs.

Il est à l'origine avec 4 autres députés SFIO d'une proposition de loi portant sur l'organisation de la recherche agronomique, qui sera à l'origine de l'Institut national de la recherche agronomique. Il soutient le projet constitutionnel rejeté par référendum le 5 mai 1946. Il est réélu le 2 juin suivant. Après l'adoption de la constitution de la Quatrième République, il est une nouvelle fois élu député et le reste jusqu'à sa mort le 18 janvier 1948.

Notes et références

  1. Il était âgé de 15 ans.
  2. Il en sort major.
  3. Il est instituteur à Évron, Bouère, puis dans les dernières années, il enseigne à l'Ecole Annexe de Laval, où il forme les futurs instituteurs à la pédagogie.
  4. Il participe en 1905 à la première campagne syndicaliste des instituteurs dans le département.
  5. Il doit subir une trépanation.
  6. Histoire de la franc-maçonnerie en France, p.400
  7. Il obtient plus du tiers des suffrages exprimés.
  8. Il se présente dans la 2e circonscription du Mans.
  9. Il est battu par Paul Goussu.
  10. Il assure des liaisons et accueille des résistants traqués.
  11. C'est un mouvement d'inspiration à la fois syndicale et socialiste. Pour la Mayenne, il voit le jour à Laval, au printemps de 1943, à la suite d'une réunion clandestine à la Maison du Peuple, 14, rue Noémie-Hamard, où se retrouvent d'une part, venant de Paris, François Tanguy-Prigent et Pierre Neumeyer, d'autre part des Mayennais parmi lesquels Pierre Boursicot, Auguste Beuneux, Pierre Coste.
  12. Il recueille, à la tête de la liste d'union de la gauche, 19 993 voix sur 124 109 suffrages exprimés ; il doit au système de la répartition des restes à la plus forte moyenne de remporter, aux côtés de Jean-Marie Bouvier O'Cottereau, Jacques Soustelle et Robert Buron, l'un des quatre sièges à pourvoir.

Sources