Bruno Le Roux

Bruno Le Roux
Bruno Le Roux en 2012.
Bruno Le Roux en 2012.
Fonctions
Député de Seine-Saint-Denis
Élu dans la 1re circonscription

(1 mois et 29 jours)
Prédécesseur Yannick Trigance
Successeur Éric Coquerel

(19 ans, 6 mois et 25 jours)
Élection
Réélection

Législature XIe, XIIe, XIIe, XIVe (Cinquième République)
Prédécesseur Raoul Béteille
Successeur Yannick Trigance
Ministre de l'Intérieur

(3 mois et 15 jours)
Président François Hollande
Gouvernement Bernard Cazeneuve
Prédécesseur Bernard Cazeneuve
Successeur Matthias Fekl
Président du groupe socialiste, écologiste et républicain à l'Assemblée nationale[N 1]

(4 ans, 5 mois et 15 jours)
Législature XIVe législature
(Cinquième République)
Prédécesseur Jean-Marc Ayrault
Successeur Seybah Dagoma (intérim)
Olivier Faure
Maire d'Épinay-sur-Seine

(5 ans, 8 mois et 21 jours)
Prédécesseur Gilbert Bonnemaison
Successeur Hervé Chevreau
Conseiller général de la Seine-Saint-Denis
Élu dans le canton d'Épinay-sur-Seine

(5 ans, 3 mois et 8 jours)
Président Georges Valbon
Robert Clément
Prédécesseur Serge Méry
Successeur Serge Méry
Biographie
Date de naissance (52 ans)
Lieu de naissance Gennevilliers (Seine, France)
Nationalité Française
Parti politique Parti socialiste
Diplômé de Université Paris X-Nanterre

Bruno Le Roux, né le à Gennevilliers (Seine, aujourd'hui Hauts-de-Seine), est un homme politique français. Député socialiste de la première circonscription de la Seine-Saint-Denis de 1997 à 2017, il préside le groupe socialiste, écologiste et républicain à l'Assemblée nationale de juin 2012 à décembre 2016. Il est ministre de l'Intérieur du au .

Biographie

Formation

Bruno Le Roux grandit à Épinay-sur-Seine, commune de l’ouest de la Seine-Saint-Denis, où il est élève du collège Roger-Martin-du-Gard. Il est titulaire d'une maîtrise en sciences économiques, d'une maîtrise en gestion et d'un DEA en stratégie et management, délivré par l'université Paris X-Nanterre, « en partenariat avec HEC et l'ESSEC »[1],[2].

Parcours politique

Bruno Le Roux est vice-président de la Mutuelle nationale des étudiants de France (MNEF) de 1988 à 1991[3],[4].

Il commence sa carrière politique en 1989 lorsqu'il devient adjoint au maire socialiste d'Épinay-sur-Seine Gilbert Bonnemaison, chargé de la culture. Entre 1990 et 1992, Pierre Mauroy, alors premier secrétaire du Parti socialiste, le nomme directeur adjoint de son cabinet[5]. Il est alors également premier secrétaire de la fédération socialiste de la Seine-Saint-Denis. Il est élu conseiller général de la Seine-Saint-Denis en 1992, puis maire d’Épinay-sur-Seine en juin 1995. Ayant perdu les élections municipales de mars 2001, il reste conseiller municipal d'Épinay jusqu'aux élections de 2008.

En 1995, alors qu'il est membre du conseil national du Parti socialiste, il devient délégué national du PS chargé des questions de sécurité et de police à la demande de Lionel Jospin. Ses travaux en matière de sécurité de proximité inspirent le programme du futur Premier ministre en 1997.

Il intègre la promotion 1998 des « Young Leaders » de la French-American Foundation[6].

Il est élu député de la première circonscription de la Seine-Saint-Denis (incluant Épinay-sur-Seine) en juin 1997 avec l’arrivée de la Gauche plurielle au pouvoir.

Il préside depuis 2000 la Fédération Léo-Lagrange, réseau d'associations d'éducation populaire dans le domaine de la culture, des loisirs et de la formation professionnelle[7].

Au printemps 2001, il est le rapporteur du projet de loi sur la « sécurité quotidienne » pour le Parti socialiste. Il a également travaillé sur le dossier de la Corse sur laquelle il a rendu un rapport. Il est auteur d'un ouvrage intitulé La Sécurité pour tous ; une exigence de justice sociale, paru aux éditions Balland en janvier 2001.

Il est réélu député dans la même circonscription en juin 2002, en juin 2007 et en juin 2012. Il est candidat sur la liste « Une ambition nouvelle pour Saint-Ouen » aux élections municipales à Saint-Ouen en mars 2014. La liste arrive en troisième position au premier tour et se retire au profit de la liste menée par la maire Front de Gauche sortante Jacqueline Rouillon, laquelle est battue au second tour par l'UDI William Delannoy.

Il est élu président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale le 21 juin 2012. Il y défend les réformes libérales menées par le gouvernement prenant même appui sur la victoire de David Cameron aux élections britanniques de 2015 pour affirmer qu'elles apporteront le succès électoral au PS[8]. Cependant, il ne semble plus en mesure de discipliner les Frondeurs ni d'aplanir les tensions entre les composantes de sa majorité[5].

Figurant parmi les 89 personnalités européennes auxquelles la Russie a décidé d'interdire l'accès à son territoire en riposte aux sanctions européennes, il décrit comme « une honte pour le Parlement français » le voyage en juillet 2015 de dix parlementaires français en Crimée, territoire annexé par la Russie[9].

Le , il est nommé ministre de l'Intérieur du gouvernement Cazeneuve[5]. Pendant la primaire citoyenne de 2017, il soutient Manuel Valls[10]. Il démissionne du gouvernement le 21 mars 2017, à la suite de révélations sur la signature de 24 contrats de collaboratrices parlementaires à ses filles dès l'âge de 15 ans, et redevient député. En mai 2017, il laisse l'investiture socialiste pour la première circonscription de la Seine-Saint-Denis à son suppléant Yannick Trigance pour les législatives de juin[11].

Mandats et fonctions

Mandats

  • Communauté d'agglomération Plaine Commune
    • 1999-2008 : conseiller communautaire

Fonctions

Prises de position

Contrôle des armes à feu

Bruno Le Roux s'est beaucoup investi dans la lutte contre les armes légères. En 1998, il est l'initiateur d'une proposition de loi visant à interdire la possession de toute arme à feu aux civils, exception faite des tireurs licenciés FFTir et des chasseurs disposant d'un permis de chasse, estimant dangereux les civils armés : « C'est quand on a autour de soi des civils armés qu'on est en insécurité[12]. » Il a notamment travaillé sur les mesures du gouvernement Jospin pour renforcer le contrôle des armes détenues par les tireurs sportifs après la tuerie de Nanterre. En 2010, il rédige, avec deux députés de la majorité UMP, Claude Bodin et Jean-Luc Warsmann, la proposition de loi no 2773[13]. La maire de Saint-Ouen, Jacqueline Rouillon (DVG), indique dans ses propos sur la fermeture de trois armureries dans sa ville que la proposition de loi sur laquelle travaille Bruno Le Roux va vers un durcissement de la législation sur la vente d'armes[14]. La loi sur le contrôle des armes est adoptée le tard dans la nuit, devant un hémicycle où siègent seulement 16 députés.

Légalisation du cannabis

Confronté à l'important trafic de drogue qui ronge Saint-Ouen et aux limites de la répression (« depuis 20 ans, je constate que chaque fois que les policiers réussissent une belle opération, le trafic repart les jours suivants. L’ordre public n’arrive pas à régler la question du trafic dans notre pays »), il propose d’« ouvrir le débat » sur la légalisation ou la dépénalisation du cannabis[15].

Controverses

Diplômes usurpés

Jusqu'au jeudi 8 décembre 2016, différents curriculums vitae de Bruno Le Roux en ligne sur des sites officiels indiquaient qu'il avait étudié à l'ESSEC et à HEC, deux écoles de commerce réputées, alors que Bruno Le Roux ne figure pas sur les annuaires des anciens élèves de ces deux établissements. L'entourage du ministre parle d'une erreur. L'information a été effacée sur toutes les plateformes, le vendredi 9 décembre 2016[1],[2],[16].

Contrôle des armes à feu

Dans le milieu sportif, Bruno Le Roux est connu pour avoir été à l'origine d'une polémique en 2011 suite à l'adoption de la proposition de loi no 2773 sur le contrôle des armes. Il est alors accusé d'avoir qualifié les détenteurs légaux d'armes à feu (tireurs sportifs et chasseurs) de « fêlés de la gâchette »[17] alors qu'au contraire il relevait que « ces personnes tout à fait responsables sont occultées, dans le débat public, par quelques fêlés de la gâchette, ceux qui hantent nos forums, ceux qui m’adressent les messages les plus abominables. » Dans la même allocution il confirme être « convaincu que la possession d’une arme à feu doit demeurer un droit en France[18]. »

Soupçons d'emplois fictifs concernant ses filles

Cette affaire prend place pendant l'élection présidentielle de 2017, en parallèle de l'affaire Fillon. Elle débute le 20 mars 2017. Edwy Plenel, dans l'émission C à vous sur France 5, annonce des « révélations » sur un membre du gouvernement[19], tandis que l'émission Quotidien sur TMC révèle les emplois des deux filles de Bruno Le Roux comme collaboratrices parlementaires de leur père, alors député de la Seine-Saint-Denis, lorsqu'elles étaient lycéennes et étudiantes entre 2009 et 2016. Ces faits sont confirmés par le cabinet du ministre le même jour dans l'émission de Yann Barthès. L'affaire concerne respectivement 14 et 10 CDD conclus avec ses filles (âgées de 15 et 16 ans le jour des premières signatures), pour un montant total de 55 000 euros. Des soupçons d'emplois fictifs concernent des CDD qui auraient été effectués en même temps que des stages en entreprises ou sur du temps universitaire, respectivement pendant l'été 2013 pour une des filles et 20 jours en mai 2015 pour l'autre[20].

Cette affaire renvoie aux révélations du Canard enchaîné sur les contrats d'attachée parlementaire de Penelope Fillon. « [Il] devrait y avoir une règle simple, [l'emploi d'un conjoint par un parlementaire] ne devrait pas être autorisé, […] ça peut prêter à suspicion », avait alors réagi Bruno Le Roux, dénonçant ensuite « les turpitudes de François Fillon »[21].

Bruno Le Roux est convoqué le à Matignon par Bernard Cazeneuve pour s'expliquer sur l'emploi de ses filles à l'Assemblée[22]. En fin de journée, depuis Bobigny, il annonce en conférence de presse « avoir adressé [sa] démission au président »[23]. Il est remplacé par Matthias Fekl, alors secrétaire d'État chargé du Commerce extérieur, de la Promotion du tourisme et des Français de l'étranger.

Le Parquet national financier ouvre une enquête préliminaire le jour même[24]. Il est ensuite entendu par les policiers de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF), le 28 mars[25].

Pratiques de lobbying

Bruno Le Roux a été plusieurs fois attaqué dans les médias pour être à l'initiative d'amendements à l'Assemblée Nationale en faveur d'une "sulfureuse société suisse" active sur la traçabilité des produits du tabac (SICPA)[26]. Pour le journaliste Matthieu Pechberty sur BFM TV, "L'éphémère ministre de l'Intérieur a largement participé à cette bataille de lobbying menée de longue date par la société suisse Sicpa.", en particulier en déposant des amendements ou en faisant soutenir ces amendements par des députés. Et le journaliste d'insister : "La présence de Bruno Le Roux sur ce sujet ne date pas d'hier. Président du groupe socialiste à l’assemblée nationale, il avait déjà tenté de supprimer le système de traçabilité du tabac à deux reprises, en novembre et décembre 2015, lors de la loi de finances 2016. Son initiative s’était heurtée au secrétaire d’Etat au Budget, Christian Eckert." Le Nouvel Observateur avait aussi attaqué Bruno Le Roux sur ses pratiques de lobbying en 2016[27], propos repris aussi dans d'autres médias[28].

Notes et références

Notes

  1. Président du groupe socialiste, républicain et citoyen jusqu'au .

Références

  1. a et b « Bruno Le Roux, le nouveau ministre de l'Intérieur, a gonflé son CV en prétendant avoir étudié à HEC et l'ESSEC », sur France Info, .
  2. a et b « Bruno Le Roux gonfle son CV en se prétendant "ancien élève" de HEC et l'ESSEC », sur Marianne , .
  3. « Bruno Le Roux élu président du groupe socialiste à l'Assemblée », lexpress.fr, 21 juin 2012
  4. « De la MNEF à la Mutuelle des Étudiants: à qui profite le crime? », mediapart.fr, 5 juillet 2014.
  5. a, b et c Reuters, Gérard Bon, « PORTRAIT-France-Le Roux à l'Intérieur, la fidélité récompensée », boursorama.com (reprise de Reuters),
  6. (en) « Past Classes », sur French American Foundation,
  7. Organisation de la Fédération Léo Lagrange, consulté le 24 juillet 2015.
  8. « Cameron a gagné par courage de réformer », lefigaro.fr, (consulté le 9 mai 2015)
  9. « Parlementaires en Crimée : "Une honte pour le Parlement français" », lepoint.fr, (consulté le 24 juillet 2015).
  10. Voir sur lejdd.fr.
  11. « Bruno Le Roux renonce à un nouveau mandat de député », sur liberation.fr, (consulté le 10 mai 2017).
  12. Marc Pivois, « Une proposition de loi pour mettre hors la loi les citoyens armés. L'Assemblée discute du texte de Bruno Le Roux (PS), qui veut réserver les armes à l'État », Libération, 29 mai 1998.
  13. Proposition de loi no 2773.
  14. « La gérante des armureries bientôt au tribunal », leparisien.fr, 25 septembre 2010.
  15. Nathalie Perrier, « Saint-Ouen : Le Roux veut « poser un débat autour du cannabis » », leparisien.com (reprise de Reuters), .
  16. Selon le journal Le Point, une polémique semblable avait touché le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis.
  17. « Bruno Le Roux insulte les tireurs et chasseurs "Fêlés de la gâchette" », vidéo sur youtube.com.
  18. « Fiche nominative « Bruno Le Roux, président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale », sur www.tv5monde.com (consulté le 21 mars 2017)
  19. Voir sur mediapart.fr.
  20. « Interrogations autour des multiples contrats des filles de Bruno Le Roux à l'Assemblée », sur lefigaro.fr, (consulté le 20 mars 2017)
  21. « Enquête ouverte sur l'emploi des filles de Le Roux à l'Assemblée », sur ladepeche.fr, .
  22. « Bruno Le Roux convoqué à Matignon pour s'expliquer sur l'emploi de ses filles à l'Assemblée », sur lefigaro.fr, (consulté le 21 mars 2017)
  23. « "J'ai adressé au président ma démission", annonce Bruno Le Roux après les révélations sur l'embauche de ses filles comme collaboratrices parlementaires », Franceinfo,‎ (lire en ligne)
  24. « Le parquet national financier ouvre une enquête sur l'emploi des filles de Bruno Le Roux », Europe 1,‎ (lire en ligne)
  25. « Bruno Le Roux entendu par des enquêteurs », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  26. Bruno Le Roux, lobbyiste de luxe d'une sulfureuse société suisse, BFM TV
  27. Le Nouvel Observateur
  28. Closer


Voir aussi

Liens externes