Bolloré

Bolloré
logo de Bolloré
Logo du groupe Bolloré

Création 1861
Action Euronext : BOL
Siège social Ergué-Gabéric (Finistère)
Drapeau de France France
Direction Vincent Bolloré, PDG
Actionnaires Financière de l'Odet : 63,6 %
Flottant : 30,0 %
Activité Transport
Logistique
Énergie
Plastiques ultrafins
Automobile
Papiers spéciaux
Médias
Télécommunications
Participations
Filiales Bolloré Transport & Logistics + 36 filiales détenues de 10 à 100%
Effectif 55 000[1]
Site web bollore.com

Capitalisation 11,38 milliards d'€ (2018)
Fonds propres en augmentation 31,858 milliards d'€ (2017)
Dette Increase Negative.svg 4,8 milliards d'€ (2017)
Chiffre d’affaires en augmentation 18,325 milliards d'€ (2017)
Résultat net en augmentation 2,081 milliards d'€ (2017)

Bolloré est un groupe français international essentiellement de transport, de logistique, et de communication. Il est dirigé par Vincent Bolloré. Ses origines remontent à 1861 date à laquelle Jean-René Bolloré reprend les papeteries d'Odet fondées en 1822 par Nicolas Le Marié.

Il œuvre dans le transport, la logistique, la distribution d'énergie à travers sa filiale Bolloré Transport & Logistics ou encore dans le film plastique ultra fin. Il est présent dans d'autres industries, dont celle historique du papier. Depuis les années 2000, il se développe dans l'automobile, la communication et la publicité, les médias et les télécommunications. En 2004, il figure parmi les deux cents premiers groupes industriels européens et les cinquante premiers français. En 2017, il réalise plus de 18 milliards d'euros de chiffre d'affaires et il emploie 55 000 personnes dans le monde.

Histoire

Issu d'une longue tradition papetière, le groupe, qui a réussi sa mutation industrielle à la fin du XXe siècle en se positionnant dans la production de films plastiques ultra fins, est devenu un important conglomérat dans le transport, la logistique, l'industrie, la communication et la finance.

La famille Bolloré, une tradition papetière depuis 1861

Les papeteries d'Odet ont été créées en 1822 par Nicolas Le Marié (1797-1870)[2], dans la commune d'Ergué-Gabéric, près de Quimper. Ces papeteries, dirigées depuis 1861 par Jean-René Bolloré (neveu par alliance de Nicolas Le Marié), sont à l'origine une entreprise industrielle familiale moyenne, spécialisée dans la production de papier, puis dans les papiers minces (sachets de thé, papier bible, filtres, etc.)[3]. L'image du groupe pour le grand public sera longtemps associée, mais réduite, au papier à cigarette et son nom sera repris dans une chanson espagnole de Cathy Claret, Bollore, qui deviendra célèbre grâce à la version de Raimundo Amador et B. B. King, « Bollore te quita las penas / Bollore pa toda la vida / Bollore nos vuelve locos / Bollore !! que papel !! » (« Bollore t'enlève les peines / Bollore, pour toute la vie / Bollore nous rend tous fous / Bollore, quel papier ! »). L'une des marques phare de cette tradition papetière est OCB (Odet-Cascadec-Bolloré), qui est, elle aussi, chantée en 1993 par le groupe Billy Ze Kick et les Gamins en Folie dans la chanson OCB : « OCB, occis carton blindé ! OCB, fais tourner, fais tourner, fais tourner ! OCB, c'est toujours moi le dernier ! »

L'entreprise reste durant toute son histoire, une entreprise familiale. Ainsi, Jean-René Bolloré, qui devient médecin en 1863, est directeur de la papeterie d'Odet. René Bolloré est le directeur des Papeteries Bolloré de 1935 à 1974, hormis cinq années de guerre. Gwenn-Aël Bolloré est vice-président des Papeteries de 1952 à 1974 et son frère, Michel, président. L'entreprise OCB a été vendue au groupe Republic Tobacco en 2000[4]

La diversification industrielle et financière

L'entreprise familiale, en grande difficulté est prise en main en 1981 par Vincent Bolloré et son frère Michel-Yves Bolloré[5], assistés de Jean Lassal, elle se recentre d'abord sur les sachets de thé puis sort de sa longue tradition papetière pour devenir dans les années 1990 l'un des leaders mondiaux du film plastique ultrafin[6],,[5].

Ainsi sorti de l'industrie papetière et spécialisé dans une niche technologique (polypropylène) et industrielle (celle de l'ultrafin) très pointue, le groupe Bolloré se trouve à l'abri de toute tentative de rachat par les grands groupes mondiaux, qui préfèrent utiliser les produits, films et plastiques minces, de haute technologie du groupe Bolloré, plutôt que de racheter l'entreprise.

Dans le même temps, Vincent Bolloré, formé à la finance par son expérience chez l'alliée de la famille à la compagnie Financière Edmond de Rothschild, transforme le groupe en un conglomérat d'activités très diverses, mêlant participations financières et investissements industriels[5].

En 1992, Bolloré commet une erreur de stratégie avec le rachat de la compagnie de transport maritime Delmas-Vieljeux, depuis cédée et intégrée à la CMA-CGM en 2005. Depuis, Bolloré intervient dans des domaines aussi variés que la finance (rachat en 1997 de la banque Rivaud[8], raid financier décisif dans la constitution de l'empire Bolloré[9] ; participation dans l'assureur italien Generali, contrôle de la banque italienne d'investissement Mediobanca en 2001, dont il restera actionnaire, etc.), les médias en 2000, les terminaux portuaires (concession des ports d'Abidjan en 2008, la plupart des terminaux portuaires du golfe de Guinée), les lignes ferroviaires (en particulier en Afrique), les plantations tropicales, la distribution de produits pétroliers (Bolloré Énergie), le vin (Domaine de la Croix, La Bastide Blanche en Côtes de Provence).

Si cette diversification est la marque personnelle de Vincent Bolloré, il conserve cependant la tradition industrielle du groupe familial dans le film ultrafin, l'énergie et le transport, tout en le développant dans l'automobile (Batscap et la Blue Car), et, vraisemblablement pour sa descendance dans la publicité et la communication (Havas en 2004, Aegis en 2006[5]), la presse gratuite (Direct Soir, Direct Matin[5]), l'institut de sondages CSA en 2006[10], les médias (Bolloré Média, après la revente de ses chaînes Direct 8 et Direct Star au Groupe Canal+ via un échange d'actions, le groupe devient en 2012 le 1er actionnaire de Vivendi[5]) mais aussi, les télécommunications (Bolloré telecom), etc. En mars 2015, le groupe Bolloré vend 22,5 % de Havas pour 601 millions d'euros, dans le but d'augmenter le flottant de l'action Havas[11].

En mai 2017, le groupe Vivendi annonce l'acquisition de la participation de 60 % du groupe Bolloré dans Havas pour un montant de 2,36 milliards d'euros[12], en cas de réussite de cette opération, les 40 % autres pourcents d'Havas devrait être repris également par Vivendi, pour un total de 3,881 milliards d'euros[13],[14].

Activités

Bolloré développe ses activités dans le transport, la logistique, la distribution d'énergie, les films plastiques, les batteries et supercapacités, les véhicules électriques, la communication et les médias. Le Groupe gère aussi un portefeuille de participations qui se compose d’une part du portefeuille de Bolloré (Mediobanca, Vallourec, Generali…) et d’autre part du portefeuille de Vivendi (Telecom Italia, Mediaset…) ainsi que d'actifs agricoles (plantations).

Transport et logistique

Née fin 2014 de la fusion de trois filiales (Bolloré Logistics, Bolloré Africa Logistics, Bolloré Energy), Bolloré Transport & Logistics[15] est dirigé par Cyrille Bolloré et représente 43% du chiffres d’affaires de Bolloré en 2017. L’entité s’organise autour de quatre métiers :

  • Logistique (anciennement SDV et SAGA): gestion de la chaîne d’approvisionnement, gestion des stocks, transport multimodal (frêt maritime, terrestre ou aérien), opérations douanières...
  • Concessions portuaires : terminaux, manutention et agences maritimes (dont une présence dans 42 ports et 17 concessions de terminaux à conteneurs en Afrique : Côte d’Ivoire, Ghana, Nigeria, Cameroun, Gabon, Congo, Togo, Guinée…)
  • Distribution d’énergie : logistique pétrolière et distribution de produits pétroliers (fioul domestique, gazole routier et non routier auprès de 600 000 clients, particuliers et professionnels). L’activité est pilotée en Allemagne (Calpam), en Suisse (CICA) et en France (LCA et Charbons Maulois en Île-de-France, SFDM..)
  • Chemins de fer : transport de passagers, de marchandises, pose et entretien des voies, maintenance. 2700 kilomètres de voie en Afrique sont exploitées via trois concessions : Sitarail, Camrail et Benirail.

Avant d’être intégrée à Bolloré Transport & Logistics en 2016, Bolloré Africa Logistics était le fruit de la fusion en 2008 de plusieurs filiales (SDV, Saga, Afritramp, Socapo, Antrak, etc.)[16]. Les activités de transport et de logistique en Afrique comptent 23500 employés pour un chiffre d’affaires de 2,4 milliards d’euros.

Industrie

L'activité industrie, qui représente 6 % du chiffre d'affaires de Bolloré en 2007, fabrique et commercialise des films plastiques et de papiers minces, en particulier du papier mince pour l'édition, le film polypropylène et les films thermorétractables. Jusqu'en 2000, l'entreprise possédait les marques de papier à cigarette Zig Zag, OCB et Job[17].

Cette activité, prolongement de l'activité historique de fabrication du papier, nécessite la maîtrise de procédés industriels de haute précision.

Bolloré fabrique des supercondensateurs (batteries de haute performance) pour les véhicules électriques.

Bolloré développe, fabrique et distribue tout un éventail de solutions d’identification automatique : bornes interactives, bornes de péages, lecteurs de codes à barres, terminaux de saisie portables et embarqués, imprimantes d’étiquettes codes à barres, solutions de réseaux radio.

Bolloré est également présent dans l'automobile avec la BlueCar, via sa filiale Batscap et Bathium, et dans les véhicules de transport urbains par un partenariat avec le carrossier Gruau.

Communication et médias

Bolloré est un acteur important dans les médias, la production audiovisuelle et la presse française. Selon Stratégies, cet investissement se comprend par la volonté du groupe de trouver des leviers d'opinion pour ses investissements industriels à long terme que sont la voiture électrique, les batteries solides et l'Afrique[18].

En plus de ses participations dans Havas, le groupe a investi dans la télévision, à travers deux chaînes gratuites de la TNT. Il a lancé en mars 2005 Direct 8 et racheté en juin 2010 au Groupe Lagardère Virgin 17, rebaptisé Direct Star. En septembre 2011, le groupe a annoncé la cession de 60 % de ses deux chaînes au groupe Canal+, en échange d'actions Vivendi évaluées à 279 millions d'euros. Une option de vente a été négociée avec Canal+ sur les 40 % restants dans trois ans.

En 2015, Bolloré a acquis 14,52 % du capital de Vivendi.

Par ailleurs, sa filiale Bolloré Médias est aussi un acteur important de la presse gratuite. À la mi-2011, il diffuse 1 million d'exemplaires du quotidien Direct Matin, réalisé pour partie en coopération avec le journal Le Monde. En décembre 2010, le groupe a arrêté Direct Soir, son quotidien gratuit du soir. Il diffuse, en remplacement, des hebdomadaires gratuits thématiques (Direct Sport, Direct Femme, etc.).

Le groupe a également investi dans la production audiovisuelle, en rachetant en 2001 la Société française de production, regroupé depuis avec d'autres sociétés dans Euro Media France, filiale d'Euro Media Group. En avril 2014, PAI Partners devient l'actionnaire majoritaire d'Euro Media Group, dont Bolloré se désengage[19].

Le , le groupe a acquis 40 % du capital social de l'institut de sondages CSA[10] ; il en est aujourd'hui détenteur à 100 %[20].

Bolloré Telecom (détenue à 90 % par Bolloré et à 10 % par Hub télécom) est titulaire de douze licences régionales WiMAX[21] : Aquitaine[22], Auvergne[23], Bretagne[24], Corse[25], Franche-Comté[26], Île-de-France[27], Languedoc-Roussillon[28], Limousin[29], Midi-Pyrénées[30], Picardie[31], Provence-Alpes-Côte d'Azur[32] et Rhône-Alpes[33].

En 2015, il fait beaucoup parler de lui dans les médias en attaquant en justice[34] ou en tentant d'empêcher la diffusion dans les médias[35] des reportages émettant des critiques contraires à ses intérêts.

Il opère en octobre 2015 une entrée agressive de Vivendi au capital de la société de jeux vidéo Ubisoft[36].

Plantations

Le groupe Bolloré est un groupe agricole qui cultive des palmiers à huile et des hévéas en Afrique et en Asie sur plus de 100 000 hectares, par l'intermédiaire de la SocFin (Société Financière des caoutchoucs) basée au Luxembourg, des céréales aux États-Unis et des vignes en France.

Controverse au Cameroun : le vendredi 3 décembre 2010, l'association Sherpa formée de juristes et d'avocats ainsi que deux organisations camerounaises (le CED et la Focarfe) se sont associées pour déposer une plainte devant l’OCDE contre le Groupe Bolloré ainsi que trois entités juridiques (à savoir la Financière du Champ de Mars en Belgique, Socfinal et Intercultures au Luxembourg) qui contrôlent directement ou indirectement le capital de la Société camerounaise de palmeraies (Socapalm), pour violation des « principes directeurs » (non contraignants) édictés par l'OCDE à l’intention des entreprises multinationales. Il reste à savoir quelle est la part de responsabilité du groupe Bolloré et/ou de ses partenaires[37],[38]. Le paysan Emmanuel Elong milite contre l'expropriation des terres[39] pour les palmeraies exploitées par le groupe Bolloré[40] au Cameroun.

À la suite de la diffusion d'un article de Rue89 concernant les plantations au Cameroun intitulé « Socapalm au Cameroun, l'épine du groupe Bolloré »[41] le site Rue89 et la radio France Inter sont poursuivis en justice, le magazine en ligne et France Inter sont poursuivis en justice. Plus précisément, le directeur de publication de Rue89 et l'auteur de l'article en question sont mis en examen en août 2011, de même qu'un journaliste de France Inter (Benoît Collombat)[42].

En 2012, Oakland Institute publie un rapport concernant l'opposition de la population de Sierra Leone et sa répression, face au développement des plantations de palmiers à huile de SocFin. Il dénonce également les conditions de travail et les bas salaires pratiqués sur ces exploitations[43].

En 2013 le groupe poursuit en diffamation deux magazines en ligne, Basta ! et Rue89, à la suite d'un article sur l'accaparement des terres[44]. Plusieurs journalistes sont mis en examen le 1er aout 2013 au tribunal de grande instance de Paris.

En 2015, des paysans cambodgiens assignent en justice, en France, la société Bolloré ainsi que la SocFin pour la perte de leurs ressources économiques, la destruction de leurs lieux de culte et la dégradation de leur environnement à la suite du développement des cultures d'hévéa[45].

En 2016, dans son jugement concernant la plainte en diffamation contre Basta !, la 17e chambre du Tribunal a estimé que la relaxe s’imposait. Lundi 25 avril, le groupe Bolloré fait appel[46].

Participations financières

L'une des activités du groupe, initiée sur l'action personnelle de Vincent Bolloré (le petit prince de la finance[47]) durant les années 1990, est la prise de participations financières.

Bolloré est ainsi, à des degrés très divers, directement ou indirectement, présent dans le capital social de Pierre et Vacances, Paris Orléans, Mediobanca, Gaumont / Europalaces (10 %), Cinéma Mac Mahon, Streampower (75 %), CNews, Havas (26 %), Aegis (29 %), Groupe CSA (100 %)[48], Wifirst (45 %)[49], etc.

Liens avec le monde politique

Le directeur général du groupe, Gilles Alix, indique en 2008 au sujet des relations entre le groupe et les dirigeants africains que « Les ministres, on les connaît tous là-bas. Ce sont des amis. Alors, de temps en temps — je vais être clair —, on leur donne, quand ils ne sont plus ministres, la possibilité de devenir administrateurs d’une de nos filiales. C’est pour leur sauver la face. Et puis on sait qu’un jour ils peuvent redevenir ministres[50]. »

Selon Le Monde diplomatique, les journaux possédés par Vincent Bolloré Matin plus et Direct soir « soignent l’image des chefs d’États amis, qui, manquant pour la plupart de légitimité électorale, ne se maintiennent au pouvoir que par la répression interne et la propagande d’exportation. C’est ainsi que Matin plus, quotidien réalisé en partenariat avec Le Monde, dresse un bilan flatteur des vingt-cinq années de règne du chef de l’État camerounais Paul Biya. Le gouvernement de Yaoundé, apprend-on avec surprise, se démène pour « revaloriser le pouvoir d’achat » des Camerounais et « renforcer les institutions de promotion des droits de l’homme »[50]. Pour remporter la concession du port de Dakar en 2007, Bolloré fait consacrer une émission spéciale au président sénégalais sur la chaîne de télévision de son groupe, Direct 8, et une double « une » dans ses journaux Matin plus et Direct soir : « Abdoulaye Wade : un grand d’Afrique »[50].

En France, le groupe est soupçonné d'user des relations personnelles entre Vincent Bolloré et plusieurs hommes politiques (Nicolas Sarkozy, Alain Madelin, Gérard Longuet, François Léotard) pour favoriser ses intérêts auprès de pays africains. Le groupe a par ailleurs intégré des responsables politiques dans sa direction. Ainsi, Michel Roussin (ancien ministre de la Coopération d’Édouard Balladur) est l'un des « Messieurs Afrique » du groupe pendant plus de dix ans. Alain Minc et le député Jean Glavany sont nommés au comité stratégique du groupe[50].

Controverse

Des entreprises associées au groupe Bolloré ont été mises en cause par l'ONU pour leur « exploitation illégale » de ressources naturelles, dont en particulier le colombo-tantalite, dans certaines régions d'Afrique, dont le commerce nourrit le trafic d’armes. Dans un rapport d'avril 2001, l'ONU indique que SDV, filiale à 100 % du groupe Bolloré, figure « parmi les principaux maillons de ce réseau d’exploitation et de poursuite de la guerre. Des milliers de tonnes de colombo-tantalite ont ainsi été chargées à partir de Kigali (Rwanda) ou ont transité par le port de mer de Dar es Salam (Tanzanie). » Un rapport de 2002 place SDV sur la liste des entreprises qui « violent les principes directeurs de l’Organisation de coopération et de développement économiques [OCDE] à l’intention des entreprises multinationales »[50].

Relations avec les médias et tentatives de censure

Un reportage de Benoît Collombat, diffusé le 29 mars 2009 et intitulé Cameroun, l'empire noir de Vincent Bolloré, lance une controverse sur certaines activités africaines du groupe, qui soutient la fondation de Chantal Biya, épouse du président de la République du Cameroun, ainsi qu'une radio tenue par un prêtre proche du pouvoir. Cette controverse est relayée, notamment, par les sites Mediapart[51] et Rue89[52]. Elle aboutit à un procès en diffamation contre France Inter[53],[54] gagné par Vincent Bolloré le 6 mai 2010, le tribunal estimant cependant que l'analyse proposée par Benoît Collombat était « critique, sinon polémique », mais qu'il s'agissait « d'éléments s'intégrant dans un libre débat d'opinion »[55].

Il est débouté d'une autre plainte contre Bastamag le 14 avril 2016, qui avait décrit des conditions des droits humains « catastrophiques » dans les plantations au Libéria où travaillent « des enfants de moins de 14 ans »[56]. Le 22 juillet 2016, c'est au tour de la chaîne France 2 d'être attaquée en justice par le groupe Bolloré. Celui-ci reproche à la chaîne nationale de le « dénigrer gravement » à la suite d'une seconde diffusion de l'émission Complément d'enquête consacré à l'activité de groupe, qui décrivait des conditions de travail exécrables et avait filmé un travailleur de 14 ans[57]. Le groupe Bolloré intente dès lors de multiples recours, en France et au Cameroun notamment[58]. Le 5 juin 2018, le tribunal correctionnel de Nanterre déboute à nouveau le groupe Bolloré et condamne celui-ci à verser 3 500,00 € à France 2 et au journaliste Tristan Waleckx au titre des frais de justice[59]. Le 11 juin 2018, une plainte que le groupe Bolloré avait déposé sur le même sujet auprès du tribunal de commerce a également été rejetée[60].

Les pressions sur la presse sont telles qu'en janvier 2018 ving-six associations, vingt trois médias d'horizons très variés (tels que Mediapart, Bastamag, TF1 et BFMTV) et de nombreux journalistes (par exemple Benoît Collombat, John-Paul Lepers, Tristan Waleckx) s'expriment dans une tribune publique intitulée « Face aux poursuites-bâillons de Bolloré: nous ne nous tairons pas ! » contre ce qu'ils appellent les « entraves à la liberté de la presse dont est désormais coutumier le groupe Bolloré »[61]. Plusieurs sociétés de journalistes et ONG, dont Sherpa, Attac et Reporters sans frontières, rappellent que le groupe Bolloré et sa filiale Socfin ont initié depuis 2009 plus de 20 procédures en diffamation contre des articles ou journaux, en France et à l'étranger, ceci afin de « contourner la loi de 1881 sur la liberté de la presse », et assimilent ces procédures judiciaires à des poursuites-bâillons[62]. Avant cette tribune, la possibilité de mettre en cause le groupe Bolloré avait déjà été questionnée en 2016 par un des média poursuivi, texte repris par une association de surveillance des médias [63]. En Novembre 2015, un communiqué concernant les attaques d'entreprises contre la presse dont celles du groupe Bolloré avait été publié par une petite association, la CPML [64]

Fait exceptionnel, des poursuites ont été entreprises contre deux particuliers qui avaient seulement mis un lien sur leurs sites Internet vers un article de Bastamag [65]. Les sociétés plaignantes ont été déboutées de ces plaintes en première instance et en appel mais l’affaire a été portée en cassation. Ces particuliers n’ont reçu aucune aide et ne pourront pas être compensés des torts causés.

Cette plainte pose des questions juridiques sur le statut d’un lien hypertexte.

Direction de l'entreprise

En 2018, les membres du Conseil d'Administration sont[66]:

  • Vincent Bolloré, président-directeur général
  • Cyrille Bolloré, directeur général délégué et vice-président administrateur délégué
  • Yannick Bolloré, vice-président
  • Cédric de Bailliencourt, vice-président
  • Gilles Alix, représentant Bolloré Participations et directeur général du Groupe Bolloré
  • Nicolas Alteirac, administrateur représentant les salariés
  • Elsa Berst, administrateur représentant les salariés
  • Chantal Bolloré
  • Marie Bolloré
  • Sébastien Bolloré
  • Valérie Coscas
  • Marie-Annick Darmaillac, représentant Financière V
  • Hubert Fabri
  • Janine Goalabré, représentant Omnium Bolloré
  • Dominique Hériard-Dubreuil
  • Céline Merle-Béral
  • Alexandre Picciotto
  • Olivier Roussel
  • Martine Studer
  • François Thomazeau

Communication

Activité de lobbying auprès des institutions de l'Union européenne

Bolloré - Blue solutions est inscrit depuis 2017 au registre de transparence des représentants d'intérêts auprès de la Commission européenne. Il déclare en 2017 pour cette activité des dépenses annuelles d'un montant de 200 000 euros[67].

Données financières

Données financières en millions d'euros
Années 2003 2004 2005 2011 [68] 2012 [69] 2015 [70]
Chiffre d'affaires 4 517 4 620 5 980 8 491 10 200 10 824
Résultat d'exploitation 118 34 292 407 701
Résultat net part du groupe 123 00 640 669 564
Fonds propres 833 850 e000 11 285
Dettes financières 243 308 e000 4 281

Données boursières

En 2006

Données boursières au 1er janvier
Années 2004 2005 2006
Nombre d'actions cotées en millions 00 7,558 00
Capitalisation boursière en millions d'euros 00 3 000 00
Nombre de transactions quotidiennes 00 70 00

Actionnariat

Le groupe, coté en bourse, est contrôlé majoritairement par une holding, Financière de l'Odet, société détenue à plus 54,30 % par la Sofibol (société financière Bolloré), qui appartient à Vincent Bolloré[71].

Notes et références

  1. [1]
  2. Nicolas Le Marié (1797-1870), maire et entrepreneur - Historial du Grand Terrier.
  3. Ergué-Gabéric : le berceau des papeteries Bolloré - Historial du Grand Terrier.
  4. « Le nom de Bolloré reste attaché à la commune », sur www.ouest-france.fr, (consulté le 9 juillet 2018)
  5. a, b, c, d, e et f AFP, « Financier habile, Vincent Bolloré a bâti un empire très diversifié », sur dhnet.be, (consulté le 19 juillet 2014)
  6. http://www.bollorefilms.com/dielectrique/default.html
  7. Renaud Lecarel, « Rivaud, une saga financière (2). Bolloré, le tombeur de dynastie. En deux mois, l'industriel a ravi le contrôle du groupe à la famille de Ribes. », sur liberation.fr,
  8. « Rivaud, un jackpot décisif dans la constitution de l'empire », sur lesechos.fr, .
  9. a et b CSA Groupe
  10. Bolloré cède 22,5 % du capital d'Havas pour augmenter sa liquidité, Le Monde, 26 mars 2015
  11. Bollore makes first step to merge Vivendi and Havas with 2.4 billion euro deal, Mathieu Rosemain et Gwénaëlle Barzic, Reuters, 11 mai 2017
  12. Vivendi lance le rachat d'Havas, Alexandre Debouté , Jacques-Olivier Martin, Le Figaro, 11 mai 2017
  13. « Havas s'envole en Bourse après l'annonce du rapprochement avec Vivendi », sur La Tribune,
  14. « Le groupe Bolloré réorganise sa branche transport et logistique, poids-lourd de son chiffre d’affaires », sur usinenouvelle.com,
  15. « Bolloré fédère son offre africaine sous la marque Bolloré Africa Logistics », sur lesechos.fr,
  16. « OCB, Zig-Zag et Job passent à l'ouest », sur L'Obs, https://plus.google.com/+LeNouvelObservateur (consulté le 20 novembre 2015)
  17. http://www.strategies.fr/actualites/medias/136141W/bollore-un-pouvoir.html
  18. Enguérand Renault, « Le fonds PAI rachète Euro Media Group », sur Le Figaro, (consulté le 9 février 2015)
  19. https://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2008/07/10/le-groupe-bollore-rachete-l-institut-csa_1068435_3236.html
  20. Communiqué de presse de l'ARCEP, 7 juillet 2006
  21. Journal Officiel, décision no 2006-0727, 25 juillet 2006
  22. Journal Officiel, décision no 2006-0728, 25 juillet 2006
  23. Journal Officiel, décision no 2006-0729, 25 juillet 2006
  24. Journal Officiel, décision no 2006-0730, 25 juillet 2006
  25. Journal Officiel, décision no 2006-0731, 25 juillet 2006
  26. Journal Officiel, décision no 2006-0732, 25 juillet 2006
  27. Journal Officiel, décision no 2006-0733, 25 juillet 2006
  28. Journal Officiel, décision no 2006-0734, 25 juillet 2006
  29. Journal Officiel, décision no 2006-0735, 25 juillet 2006
  30. Journal Officiel, décision no 2006-0736, 25 juillet 2006
  31. Journal Officiel, décision no 2006-0737, 25 juillet 2006
  32. Journal Officiel, décision no 2006-0738, 25 juillet 2006
  33. « Liberté de la presse : Bolloré porte de nouveau plainte contre Basta ! », sur Basta ! (consulté le 8 octobre 2015)
  34. Alexandre Piquard, « Canal+ : Bolloré accusé d’avoir censuré un documentaire », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  35. Sandrine Cassini, « Y. Guillemot (Ubisoft) : « Vincent Bolloré se comporte avec nous comme un activiste » », Les Echos,‎ (lire en ligne)
  36. Cameroun : le groupe Bolloré visé par une plainte, Thomas Deltombe, Le Monde diplomatique, 9 décembre 2010
  37. [2] L’impact de la privatisation de la SOCAPALM sur les communautés et l’environnement au Cameroun, Association SHERPA, décembre 2010
  38. « 7 - Emmanuel Elong », sur Vimeo (consulté le 22 juin 2017)
  39. Christian Locka, « Emmanuel Elong, le paysan qui affronte Vincent Bolloré - Info Cameroun », Info Cameroun,‎ (lire en ligne)
  40. « Socapalm au Cameroun, l'épine du groupe Bolloré: Rue 89 »
  41. « Rue89 et France Inter mis en examen sur plainte de Bolloré », Rue89.com, mardi 30 août 2011.
  42. « Comprendre les investissements fonciers en Afrique le projet SOCFIN en Sierra Leone: Oakland Institute Avril 2012 »
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  60. « Une vingtaine de médias et des journalistes dénoncent les pressions de Vincent Bolloré », sur 20minutes.fr, (consulté le 24 janvier 2018).
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  69. « Chiffre consolidés de Bolloré 2015 », sur bollore.com (consulté le 13 janvier 2017)
  70. l'actionariat de la Financière de l'Odet sur le site du groupe Bolloré http://www.bollore.com/telechargement/organigramme_fr.pdf

Liens externes

Article connexe

Sites officiels

  • Site du groupe Bolloré
  • Site de Bolloré Transport & Logistics
  • Site de Bolloré Logistics
  • Site de Bolloré telecom

Divers

  • Vincent Bolloré aux entretiens de Dauphine, en novembre 2005

Bibliographie

  • Vincent tout puissant, Nicolas Vescovacci et Jean-Pierre Canet, JC Lattès, 2018, 400 p., (ISBN 978-2709-6567-19)
  • L'Empire. Comment Vincent Bolloré a mangé Canal+, Raphaël Garrigos et Isabelle Roberts, Seuil, 2016, 192 p., Broché: (ISBN 978-2021-3471-80) epub: (ISBN 978-2021-3471-97)
  • Vincent Bolloré. Le nouveau roi des médias européens, Fiorina Capozzi, GoWare, 2016, 92 p., Broché: (ISBN 978-8867-9749-79)
  • Vincent Bolloré. Enquête sur un capitaliste au-dessus de tout soupçon, Nathalie Raulin et Renaud Lecadre, Denöel, 2000, 336 p., (ISBN 978-2207-2494-68)