Bibliothèque Jagellonne

Bibliothèque Jagellonne
Image illustrative de l’article Bibliothèque Jagellonne
Biblioteka Jagiellońska
Présentation
Coordonnées 50° 03′ 41″ nord, 19° 55′ 25″ est
Pays Drapeau de la Pologne Pologne
Ville Cracovie
Fondation 1364
Informations
Site web https://bj.uj.edu.pl
Entrée principale de la bibliothèque Jagellonne

La bibliothèque Jagellonne (en polonais : Biblioteka Jagiellońska, en abrégé « Jagiellonka ») est la plus ancienne bibliothèque de Pologne. Elle est partie intégrante de l’Université Jagellon depuis sa fondation en 1364. Elle compte près de 6 millions de références (5 961 807 exemplaires indexés en 2006). Elle est fréquentée par près de 600 000 personnes chaque année.

Histoire

La bibliothèque, tout comme l’université attenante, est qualifiée de jagellonne en raison de la dynastie Jagellon qui régna sur une partie de l’Europe centrale (de nos jours : Lituanie, Pologne, Ukraine, Lettonie, Estonie, Kaliningrad, une partie de la Russie, et de la Hongrie), entre le XIVe siècle et le XVIIIe siècle. La bibliothèque n'est pourtant nommé bibliothèque Jagellonne qu'à la moitié du XIXe siècle[1].

La première collection, axée sur la théologie et les arts, est hébergée au sein du Collegium Maius, la bâtisse historique et centrale de l'université. Suite à l'incendie du bâtiment au XVe siècle, la bibliothèque est déplacée dans une nouvelle aile du Collegium Maius en 1515. Cette aile resta l'emplacement de la bibliothèque jusqu'en 1940. En 1536, une fondation est créée pour organiser l'accés à la bibliothèque. À partir de 1773, la Commission Nationale d'Éducation alloue des fonds financiers réguliers à la bibliothèque. Plusieurs collections de l'université sont alors réunies au sein de la bibliothèque Jagellonne qui prend des allures de bibliothèque universitaire. Un travail méticuleux d'organization et d'indexation est alors entrepris[1].

Un nouveau bâtiment est construit de 1931 a 1939, au sein duquel la collection de la bibliothèque est transférée en 1940 sous l'occupation allemande[1].

En 1941, les Allemands craignent des bombardements alliés sur Berlin et font évacuer la Bibliothèque de Prusse. Une partie des biens culturels est déposée dans le monastère bénédictin à Krzyżowa, qui redevient territoire polonais après la guerre. Ce trésor est gardé secret et transféré à la bibliothèque Jagellonne entre la fin de la guerre et 1977, année où la Pologne reconnait officiellement détenir ce fonds exceptionnel. L'État polonais considère, selon les accords de Potsdam, que les biens de la Bibliothèque de Prusse lui appartiennent légalement. Pour Berlin, il s'agit ni plus ni moins d'un trésor de guerre détenu illégalement[2].

En 1995, la bibliotheque s'associe à une entreprise privée pour produire des CD-ROMs de De revolutionibus orbium coelestium de Copernic[3].

En 1999, la numérisation des œuvres des bibliothèques de Cracovie est lancée[3]. Cette même année, des œuvres de Galileo Galilei, Johannes Kepler et Basilius Bessarion sont volées. Certaines d'entre elles furent retrouvées.

En 2001, la bibliothèque ouvre une nouvelle annexe destinée à l’accueil du public et aux services liés à cette mission (projet de l’architecte Romuald Loegler). En 2003, la bibliothèque se dote de ses propres moyens de numérisation de ses œuvres[3].

En 2010, le ministère de la culture polonais signe un accord pour co-financer directement l'inventaire digital de la bibliothèque Jagellonne[3].

Emplacement

La bibliothèque universitaire Jagellonne se situe dans l'enceinte de l'université de Cracovie, près du Collegium Maius construit au XVe siècle et du Collegium Novum construit entre 1873 et 1887.

Direction

  • 1811-1835 : Jerzy Samuel Bandtkie
  • 1835-1868 : Józef Muczkowski
  • 1868-1905 : Karol Estreicher

Fonds

Image Auteur Description
De revolutionibus orbium coelestium.jpg Nicolas Copernic Manuscrit De revolutionibus orbium coelestium
Jan Długosz Écrits
Balthasar Behem Codex Tanner.jpg Balthasar Behem Codex de Balthasar Behem
Samizdat Publications clandestines avec notamment de nombreux samizdat, appelés drugi obieg, publiés pendant le régime communiste polonais
Johannes Faust. Etching after Rembrandt, 1651-52. Wellcome V0001876.jpg Rembrandt Faust
Chopin Scherzo de Chopin
Imprimé par Giunta au frais d'Urbain Kaym Unique exemplaire existant d’une édition du Breviarium Cracoviense, imprimé le 10 juin 1516 (qui révèle relations encore inconnues entre Cracovie et la Hongrie dans le domaine de l'édition), acquis par la bibliothèque en 1981[4]
Fonds historique de la Bibliothèque de Prusse de Berlin (Berlinka)
Image Auteur Description
Anonyme Histoire de la Reine Berthe et du Roy Pepin, manuscrit unique de la version en prose[5]
Collections de musique ancienne de la Bibliothèque d'État de Berlin[6]
Alexandre de Humboldt Isle de Cube. Antilles en général, carte du bassin de l'Orénoque
Karl August Varnhagen von Ense Chroniques
Fragments sur parchemin du Roman d'Alexandre du XIIIe siècle
Recensement d'Aztèques en langue nahuatl datant d'au moins 500 ans
Mozart Partitions originales
Goethe Textes
Deutschlandlied.jpg August Heinrich Hoffmann von Fallersleben Manuscrit de l'hymne national allemand

Références

  1. a b et c (en) « History of the Jagiellonian Library », sur Bj.uj.edu.pl
  2. « Des trésors de la célèbre Bibliothèque de Prusse exposés à Cracovie », sur Levif.be,
  3. a b c et d (en) « Genesis of the project », sur Jbc.bj.uj.edu.pl
  4. « 42. Breviarium Cracoviense z r. 1516. i jego wydawca z Budy, Urban Kaim (Bulletin de la blibliothèque Jagellonne) », sur Mek.oszk.hu,
  5. Piotr Tylus (édition), « Histoire de la reine Berthe et du roy Pepin : mise en prose d'une chanson de geste », sur Droz.org
  6. Un catalogue de ce fonds richissime a été publié : voir Aleksandra Patalas, Catalogue of early music prints from the collections of the former Preussische Staatsbibliothek in Berlin, kept at the Jagiellonian Library in Cracow. Kraków : Musica Iagellonica, 1999.

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes