Biélorussie

République de Biélorussie
ou République de Bélarus

Рэспубліка Беларусь[1] (be)

Республика Беларусь[1] (ru)

Drapeau
Drapeau de la Biélorussie.
Blason
Armoiries de la Biélorussie.
Description de l'image Europe-Belarus.svg.
Devise nationale (aucune)
Hymne national My Bielaroussy (littéralement « Nous les Biélorusses »)
Administration
Forme de l'État République présidentielle
Président Alexandre Loukachenko
Premier ministre Andreï Kobiakov
Langues officielles Biélorusse et russe
Capitale Minsk

53°55′N 27°33′E

Géographie
Plus grande ville Minsk
Superficie totale 207 600 km2
(classé 86e)
Superficie en eau Négligeable
Fuseau horaire UTC + 3
Histoire
Indépendance De l'URSS
Date
Démographie
Gentilé Biélorusse
Population totale (2016) 9 498 700[2] hab.
(classé 93e)
Densité 45,8 hab./km2
Économie
PIB nominal (2014) en augmentation 77,171 milliards de $
PIB (PPA) (2014) en augmentation 171,175 milliards de $
PIB nominal par hab. (2014) en augmentation 8 195 $
PIB (PPA) par hab. (2014) en augmentation 18 178 $
IDH (2012) en augmentation 0,793 (élevé  ;50e)
Monnaie Rouble biélorusse (BYN​)
Divers
Code ISO 3166-1 BLR, BY​
Domaine Internet .by
Indicatif téléphonique +375

La Biélorussie ou le Bélarus[N 1], en biélorusse : Беларусь (Biélarous'), russe : Белоруссия (Béloroussia) ou Беларусь (Bélarous'), est un pays d'Europe orientale sans accès à la mer, bordé à l'ouest par la Pologne, au nord par la Lettonie et la Lituanie, à l'est par la Russie et au sud par l'Ukraine.

Le pays, vaste plaine au climat continental, est couvert à 40 % de forêts[3], dont une forêt primaire qui abrite des espèces animales disparues dans le reste de l'Europe. Les principales ressources du pays, au sous-sol pauvre, sont l'agriculture et l'industrie. Le Sud du pays, difficile d'accès, surtout pour les étrangers occidentaux, est contaminé par les radiations de l'explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl, comme dans le Nord de l'Ukraine.

La Biélorussie, peuplée de 9 498 700 habitants[2], connaît une des densités de population les plus faibles du continent, 46 hab./km2. Les Biélorusses vivent majoritairement en milieu urbain ; les plus grandes villes du pays sont Minsk (la capitale), Gomel, Grodno, Moguilev, Brest, Vitebsk et Bobrouïsk.

Si le pays fait partie du foyer d'origine des langues slaves, et si l'ancienne Polésie est une région historique autrefois incluse dans de grandes puissances telles le Grand-duché de Lituanie ou l'Empire russe, la Biélorussie est un État jeune. Les Biélorusses ne prirent réellement conscience de leur spécificité qu'au XIXe siècle et ne furent connus par le reste du monde que lorsque leur pays devint une république de l'URSS.

La Biélorussie est indépendante depuis la dissolution de l'URSS, en 1991. Les relations avec la Russie sont cependant très étroites, les pays partageant une langue commune, le russe (le biélorusse est surtout utilisé à l'écrit, pour la signalisation routière ou dans les musées, ou dans le langage courant en milieu rural).

La Biélorussie n'a pas connu de réforme économique d'inspiration libérale comme son voisin russe dans les années 1990 ; son industrie et son agriculture, à l'époque plutôt développées comparativement au reste de l'URSS, sont relativement préservées (notamment la fabrication de tracteurs, de réfrigérateurs et élevage bovin), et les inégalités sont moins fortes qu'en Russie. Depuis juillet 2010, la Russie et la Biélorussie (ainsi que le Kazakhstan) ont formé une union douanière, supprimant notamment les contrôles à leurs frontières communes.

Le pays est considéré par certains gouvernements et médias occidentaux comme étant le dernier régime autoritaire d'Europe, la vague de démocratisation des pays d'Europe centrale et orientale consécutive à la chute des régimes communistes en Europe ayant été rapidement réprimée dès 1992 sous la présidence de Stanislaw Chouchkievitch. L'actuel président biélorusse Loukachenko ainsi que la majorité de ses proches collaborateurs sont interdits de visa au sein de l'UE et des États-Unis depuis février 2011 en raison de leurs pratiques politiques qualifiées de dictatoriales et répressives[4].

Toponymie

Drapeau et armoiries de la Biélorussie au poste frontière de Terespol (Brest).

En français, le nom du pays a connu plusieurs variantes : appelé Russie blanche ou Ruthénie blanche dans les Atlas du début du XXe siècle, puis Biélorussie (francisation du russe Белоруссия) pendant toute la période soviétique, le pays indépendant depuis 1991 est souvent nommé Bélarus dans les documents officiels. La dénomination officielle de l'ONU en français est République de Bélarus (proposée par le gouvernement biélorusse lui-même), adaptation française de la transcription approximative de Беларусь. En revanche, la Commission nationale de toponymie (française), les ministres français des Affaires étrangères et de l'Éducation nationale, l'Académie française, l'Institut national de l'information géographique et forestière (IGN) et la Commission de toponymie du Québec recommandent l'usage du terme Biélorussie[5]. L'ambassadeur de Biélorussie en France a néanmoins redemandé à la Commission de toponymie de revoir sa position (séance du 11 décembre 2007), mais un revirement semble peu probable, essentiellement parce que l'exigence de l'ambassadeur contrevient aux règles orthographiques françaises et contextuellement car la transcription « Belarus » est l'orthographe allemande adoptée par l'État nationaliste mis en place pendant la Seconde Guerre mondiale avec le soutien des nazis[réf. nécessaire].

La forme Bélarus est cependant exigée dans tous les textes officiels par les autorités biélorusses elles-mêmes depuis le [6], quelle que soit la langue, sans tenir compte des particularités grammaticales et orthographiques de chacune d'entre elles, et des autorités compétentes pour la normalisation de chaque langue. Le russe étant une des langues officielles de la Biélorussie, on y trouve le terme Беларусь (bièlarous) dans les documents imprimés en russe en Biélorussie. Le terme Белоруссия (bièloroussiïa) est en revanche utilisé dans la plupart des documents en russe imprimés en Russie et ailleurs. Cependant, l'usage populaire en Russie est de désigner oralement la Biélorussie à l'aide du vocable biélorusse traditionnel (Беларусь), le vocable russe (Белоруссия, créé à l'époque soviétique[réf. nécessaire]) étant souvent jugé artificiel et administratif.

L'ajout de бела- (à prononcer bièla) à la Русь (Rous', Ruthénie) vient, selon certaines sources[7], de ce qu'il s'agissait de désigner par un nom approprié la partie de la Ruthénie insubordonnée aux Tatars. Il faut donc bien comprendre l'adjectif белая (bièlaïa) comme « franche » et non en tant que « blanche », traduction littérale mais donc inexacte. D'autres auteurs ont proposé d'autres étymologies.

Histoire

Article détaillé : Histoire de la Biélorussie.
Article connexe : Russie blanche.
Carte des Voïvodies du Grand-Duché de Lituanie.

Origines et formation

Le Sud de la Biélorussie est pendant l'Antiquité le berceau des Protoslaves. D'après les fouilles archéologiques, ceux-ci se concentraient entre la Vistule, le haut-Dniestr et le haut-Dniepr. Les peuples slaves se dispersent lors des Grandes invasions et s'installent dans toute la moitié orientale de l'Europe, où ils constituent ensuite une multitude d'États, plus tard évangélisés.

Moyen Âge

La Biélorussie actuelle dans le Grand-Duché.

L'ancêtre de la Biélorussie, la principauté de Polotsk, est mentionnée pour la première fois au Xe siècle. C'est alors un État peuplé par des Slaves de l'Est. En 1067, Minsk apparaît dans les chroniques. La principauté est incluse en 1129 dans la Rus' de Kiev. Lors de la séparation des Églises d'Orient et d'Occident, leurs souverains et populations choisissent l'obédience orthodoxe. Les invasions des Mongols et de la Horde d'or au XIIIe siècle provoquent la chute de la Rus' de Kiev et sa dislocation en une multitude de petits fiefs. La principauté de Polotsk, sur le déclin, intègre le Grand-duché de Lituanie, capable de la protéger d'autres invasions. Le Grand-Duché est majoritairement constitué des actuelles Lituanie et Biélorussie ; ses autres territoires sont le Nord de l'Ukraine et la région de Smolensk.

En 1386, le Grand-duché de Lituanie s'unit au Royaume de Pologne et, en 1569, les deux États forment la République des Deux Nations. Minsk, Brest, Polotsk, Vitebsk, Navahrudak et Mstsislaw sont chefs-lieux de voïévodies. Le découpage administratif de l'époque préfigure celui des voblasts de la Biélorussie d'aujourd'hui.

Époque moderne

En 1517, l'humaniste Francysk Skaryna publie la première bible en biélorusse, premier témoignage imprimé de la langue.

Au début du XVIIIe siècle, lors de la grande guerre du Nord, la Biélorussie actuelle est traversée par les armées belligérantes : suédoise, puis russe. Le pays décline. La Russie, la Prusse et l'Autriche profitent de la fragilité politique qui paralyse la République des Deux Nations pour procéder à son partage en 1772, 1793, puis 1795.

La Biélorussie est alors progressivement annexée par l'Empire russe. Vitebsk, Polotsk et Gomel sont rattachées en 1772, Minsk en 1793 et Brest en 1795. Le dernier territoire, Grodno, fut incorporé en 1808.

Empire russe

Le pays est envahi par les troupes de Napoléon Ier en 1812. Quelques mois plus tard, les Français doivent retraverser la Biélorussie et connaissent là un des épisodes les plus éprouvants de la campagne de Russie, le passage de la Bérézina. Une mission française a conduit sur ce site une première campagne de fouilles en 2012, au moment du bicentenaire. La recherche de vestiges des ponts et des fosses communes des soldats de la Grande Armée a fourni de nombreuses informations, permettant une seconde campagne en 2013[8].

Tout au long du XIXe siècle, la Biélorussie subit fortement l'influence de la culture russe. L'importance de Minsk devient incontestable et la ville est le foyer de la résistance culturelle biélorusse. Comme les autres régions industrielles de l'Empire, Minsk connaît les premiers mouvements ouvriers et accueille en 1898 le premier congrès du Parti ouvrier social-démocrate de Russie.

Pendant la Première Guerre mondiale, la Biélorussie est le théâtre de combats entre les Allemands et les Russes et le front se stabilise sur une ligne allant de Pinsk à Braslaw.

Première indépendance et Seconde Guerre mondiale

Après le traité de Brest-Litovsk entre l'Empire allemand et le gouvernement de Lénine, la Biélorussie se proclame indépendante le 25 mars 1918 et devient la République populaire biélorusse : Minsk est choisie comme capitale. Mais la Russie soviétique n'accepte pas cette indépendance et envahit le pays.

Le traité de Riga, signé le 18 mars 1921 après la guerre soviéto-polonaise, partage le territoire de la Biélorussie en deux : la partie occidentale est attribuée à la Deuxième République de Pologne, la partie orientale devient la République socialiste soviétique de Biélorussie en 1922, lors de la création de l'Union des républiques socialistes soviétiques.

En septembre 1939, la Biélorussie polonaise est le point de rencontre des forces allemandes, qui prennent Brest, et des Soviétiques qui envahissent le pays par l'est. Les nazis remettent la ville et la forteresse aux Soviétiques. La Biélorussie ex-polonaise intègre alors la Biélorussie soviétique.

Le 22 juin 1941, la Biélorussie est envahie par les nazis. La Seconde Guerre mondiale est pour le pays un désastre ; la forte minorité juive est anéantie durant la Seconde Guerre mondiale : près de 800 000 juifs disparaissent dans les ghettos organisés par les forces d'occupation allemandes ou assassinée par les Einsatzgruppen, soit 90 % de la population juive du pays[9]. Les villages chrétiens aussi sont des centaines à être entièrement incendiés et pour un soldat allemand tué par les Partisans, dix otages civils sont pendus ou fusillés, femmes et enfants inclus comme pour les juifs. Aucun des belligérants ne respecte la convention de Genève. Les grandes villes sont presque entièrement détruites et au total la population est décimée à hauteur de 25 %. Minsk est reprise le 3 juillet 1944 par les troupes soviétiques, dans le cadre de l'opération Bagration, et l'Ouest de la Biélorussie peu de temps après. 98 % du patrimoine et des monuments historiques du pays sont détruits.

De 1945 à 1990

Le 24 octobre 1945, la Biélorussie devient membre de l’Organisation des Nations unies, ainsi que l'Ukraine. L'Union soviétique dispose ainsi, artificiellement, de trois voix à l'Assemblée générale des Nations unies. C'est une récompense concédée par les Alliés pour son effort de guerre exceptionnel. À la proposition de Joseph Staline de doter chaque république socialiste soviétique d'un siège à l'ONU, Franklin D. Roosevelt proposa d'en faire autant pour chacun des quarante-huit États des États-Unis. On en resta finalement sur ce compromis pour les seules Biélorussie et Ukraine.

Le pays, meurtri par la guerre, se relève peu-à-peu ; l'industrialisation massive orchestrée par le régime stalinien permet la reconstruction des villes avant le début des années 1960.

Le 26 avril 1986, la Biélorussie est touchée par la catastrophe de Tchernobyl. Le pays (qui ne possède aucune centrale nucléaire) reçoit environ 70 % des retombées radioactives de la centrale ukrainienne voisine, avec une contamination « en tache de léopard ». Deux millions de Biélorusses dont 500 000 enfants vivent dans les zones contaminées. Les populations ne sont pas évacuées et généralement très peu informées.

Signe du changement, le pape Jean-Paul II nomme en 1989 le premier évêque catholique biélorusse depuis la guerre. Peu de temps après, le , la Biélorussie proclame sa « souveraineté ». Le c'est alors l'indépendance qui est déclarée cependant que Stanislaw Chouchkievitch est élu chef de l’État en septembre.

Le 8 décembre 1991 sont signés les accords de Minsk qui créent la Communauté des États indépendants regroupant la Russie et l'Ukraine, puis douze des autres anciennes républiques soviétiques. Minsk est choisie pour accueillir le siège de l'organisation et la Biélorussie rejoint la CEI le 21 décembre.

République de Biélorussie

Le drapeau de la République populaire biélorusse de 1918 et de la Biélorussie indépendante entre 1991 et 1995 est aujourd'hui celui de l'opposition au président actuel Alexandre Loukachenko.

Après le bref intermède démocratique de 1991-1992, la Biélorussie présente le 12 mars 1993 sa candidature au Conseil de l'Europe, mais entre-temps les apparatchiks pro-russes reprennent violemment le pays en main, ce qui retarde sine die l'étude de cette candidature : la Biélorussie n'en est toujours pas membre et c'est le seul État européen à ne pas en faire partie. Le pays n'est pas accepté en raison de sa non abolition de la peine de mort[10], de son régime peu démocratique, et, dans cette voie, Alexandre Loukachenko forme un rapport qui mène à la destitution de Stanislaw Chouchkievitch pour corruption.

Loukachenko est élu le 10 juillet 1994 président de la République avec 80 % des voix, il dote la Biélorussie d'une nouvelle constitution « sur mesure ». Il appuie sa politique sur la nostalgie du communisme et sur un régime autoritaire. En 1995 et à la suite du référendum organisé par Alexandre Loukachenko le drapeau de la Biélorussie reprend à nouveau les couleurs de celui de la République socialiste soviétique de Biélorussie. La Biélorussie est également l'une des rares anciennes républiques issues de l'ancienne Union soviétique, avec la Transnistrie, à maintenir le nom de KGB pour sa police politique. En 1996, Loukachenko signe un accord de partenariat avec la Russie et visite la France pour la première fois. Il fait amender la constitution après un référendum, renforçant le pouvoir présidentiel et allongeant la durée du mandat de deux ans.

En 1997, le traité d’union russo-biélorusse est signé à Moscou. Ce traité permet à Alexandre Loukachenko et Boris Eltsine d'envisager une union politique et monétaire entre la Russie et la Biélorussie. Le traité instaure aussi des tarifs préférentiels entre les deux pays pour le commerce, ce qui évite à la Biélorussie la pénurie.

En 1998, la « crise des résidences » secoue les relations diplomatiques entre les pays occidentaux et la Biélorussie : les ambassadeurs occidentaux sont rappelés à la suite de pressions subies en vue de les expulser de la zone résidentielle de Drozdy jouxtant la résidence du président. Il faut attendre 1999 pour qu'un compromis soit trouvé et que les ambassadeurs européens et des États-Unis retournent à Minsk.

Le 16 mai 1999, l’opposition organise une élection présidentielle non officielle à la date correspondant à la fin du mandat du président Alexandre Loukachenko selon les termes précédant la modification de la constitution.

L'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine en 2000 freine le processus de rapprochement entre Russie et Biélorussie, à cause de mauvaises relations avec Loukachenko, notamment sur la question des prix du gaz. Celle-ci continue néanmoins d'être un très proche allié de la Russie, surtout avec l'arrivée au pouvoir en Russie de Dmitri Medvedev.

Alexandre Loukachenko est réélu haut la main en 2001, en 2006 (alors que le KGB biélorusse, en dehors de tout contrôle judiciaire, menace de peine de mort les « terroristes » qui oseraient manifester contre les résultats du scrutin[11]), en 2010 malgré une opposition inspirée par la révolution orange ukrainienne, mais beaucoup plus faible numériquement, puis en 2015.

Politique

Article détaillé : Politique en Biélorussie.

Laïcité

La constitution de 1994 fait de la Biélorussie un État laïc. Les religions principales sont le christianisme orthodoxe et le catholicisme (notamment chez la minorité polonaise).

Le gouvernement d'Alexandre Loukachenko

Le président Alexandre Loukachenko a été élu en 1994 et réélu en 2001, 2006, 2010 et 2015. Il conduit une politique dirigiste sur le plan économique et nationaliste dans ses relations extérieures. La majorité présidentielle le soutenant est formée notamment par :

  • Le Parti communiste de Biélorussie.
  • Le Parti socialiste de Biélorussie, favorable à la préservation du système d’État providence hérité de l'Union soviétique.
  • Le Parti libéral-démocrate de Biélorussie, nationaliste et légèrement libéral pour les questions économiques.
  • Le Parti républicain du travail et de la justice, inspiré par la social-démocratie, le parti entend promouvoir des réformes démocratiques tout en préservant le système social biélorusse.
  • Le Parti agrarien de Biélorussie, une fraction du parti s'en est détachée pour intégrer les rangs de l'opposition
Le siège du gouvernement biélorusse à Minsk.

Le Loukachenko est réélu président de la République. Le déroulement de ces élections est contesté par le Conseil de l'Europe[12] et par l'OSCE[13] alors que toute la Communauté des États indépendants qualifie le scrutin de transparent et d'ouvert[14]. La « République de Bélarus » est parfois désignée comme la « dernière dictature d'Europe »[15],[16],[17]. Le pays est classé dans les régimes autoritaires par l'indice de démocratie qui le place au 125e rang[18]. Le 30 mars 2006, l'Organisation du traité de l'Atlantique nord décide de réévaluer son partenariat avec le Bélarus[19]. Le 16 mai de la même année, les États-Unis interdisent à Loukachenko et un certain nombre d'officiels biélorusses de se rendre sur leur territoire[20].

En 2012, l'association Reporters sans frontières qui dresse une carte mondiale de la cybercensure, place la Biélorussie parmi les ennemis d'Internet[21]. Dans le classement de la liberté de la presse 2015 de Reporters sans frontières, la Biélorussie est classée 157e sur 180 pays[22].

La Biélorussie est le dernier pays européen à pratiquer la peine de mort. Ainsi, Dmitri Konovalov et Vladislav Kovalev, âgés tous deux de 25 ans sont condamnés à la peine de mort par la Cour suprême de Biélorussie, ces derniers ayant été jugés coupables de l'attentat du métro de Minsk le 11 avril 2011 ayant fait quatorze morts et 204 blessés. Ils ont été exécutés le . Le président Loukachenko soutient qu'elle sera abolie quand les États-Unis l'aboliront.

L'opposition politique

Le but des opposants biélorusses est de faire barrage au gouvernement d'Alexandre Loukachenko, qu'ils qualifient d'autoritaire, et d'établir une démocratie. Au nom de la démocratie ou de la transition démocratique, à Vilnius en Lituanie, des camps de formation informatique ont été fondés pour les opposants de ces gouvernements qui « ne sont pas appréciés des USA ». Ces TechCamps[23] forment à l'organisation de l'action politique via internet et les réseaux sociaux[24]. Ces camps sont financés par le gouvernement américain[25].

Des nationalistes conservateurs du Front populaire biélorusse au Parti des communistes de Biélorussie, une coalition s'est mise en place, associée à des ONG opposées au régime Loukachenko.

En octobre 2005, le Congrès des forces démocratiques de Biélorussie a désigné Aliaksandr Milinkievitch comme candidat à l'élection présidentielle. Le Congrès de forces démocratiques de Biélorussie représente la très grande majorité des partis d'opposition. Les principaux partis qui le composent sont :

Dirigé par Alaksiej Janukievich. Il est parfois considéré comme le parti de l'intelligentsia. Il se situe à droite de l'échiquier politique. Ses membres, conservateurs, défendent l'idée d'une renaissance nationale de la Biélorussie (la langue biélorusse n'est parlée couramment que par une minorité de la population, la langue du quotidien dans les villes importantes est le russe). Ce parti est pro-occidental, pro-polonais et anti-russe, reprochant d'ailleurs vivement à Loukachenko sa politique de rapprochement avec la Russie ;
Dirigé par Anatol Liabiedzka, d'orientation libérale ;
Le Parti communiste s'est scindé sur la question de l'attitude à avoir face au régime en place. Le Parti des Communistes de Biélorussie, qui a gardé une influence certaine, appelle au rétablissement de la constitution démocratique qui a été vidée de sa substance par Loukachenko en 1997 à son profit. Le Parti des Communistes de Biélorussie est bien intégré dans l'opposition malgré les différences idéologiques évidentes qui le sépare des autres partis. C'est lui qui est chargé de la campagne électorale de Milinkievitch. Le régime tente de bâillonner son journal "Tavarych". Ce parti a un mouvement de jeunesse assez actif ;
Proche des nationalistes, ce mouvement politique regroupe des jeunes anti-Loukachenko. Il a beaucoup d'activité sur la scène politique. Conservateur, il milite en faveur de la renaissance nationale biélorusse. Il est également vu comme pro-occidental et anti-russe.

Le Mouvement associatif pro-démocratique

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Bien que leurs liens soient assez évidents avec les partis d'opposition, les associations n'inscrivent pas leur action dans un cadre purement politique.

Reprenant le nom de l'animal emblématique de Biélorussie, Zubr est une organisation de jeunesse. Elle revendique environ 2 000 membres. Le but de cette organisation est l'établissement de la démocratie en Biélorussie, l'intégration à l'Union européenne et à l'OTAN. Créée en 2001, cette organisation revendique une certaine filiation avec les Serbes de Otpor (étudiants serbes très actifs dans la lutte contre le régime de Slobodan Milošević) et des Ukrainiens de Pora (actifs dans la révolution orange). Au départ, cette association était surtout estudiantine, beaucoup de ses membres ont par ailleurs été chassés de l'université, depuis elle s'est élargie à l'ensemble de la jeunesse. Mouvement depuis auto-dissous pour se fondre au sein du mouvement d'opposition unitaire.

  • Les Journées de la solidarité

Cela n'est pas à proprement parler une association. À l'initiative d'Iryna Krassouskaïa, veuve d'Anatol Krassouski, un homme d'affaires proche de l'opposition disparu en 1999 et très probablement assassiné, d'Iryna Khalip, journaliste très connue pour son combat contre le régime, et de Mikita Sassim, activiste de Zubr.

Depuis octobre 2005, tous les seize du mois, les Journées de la solidarité appellent à des manifestations silencieuses aux chandelles pour commémorer l'enlèvement de Viktar Hantchar et d'Anatol Krassouski. Plus largement, cette action a comme but d'appeler à la solidarité envers tous ceux qui luttent pour la démocratie en Biélorussie.

Depuis 2006, les Jeunes Européens fédéralistes (JEF-Europe), appellent à la mobilisation contre la « dictature de Loukachenko », mobilisation suivie dans plus de 120 villes à travers le monde, chaque année le 18 mars[26].

Politique extérieure

Relations avec la Russie

Avec la Russie, la Biélorussie s'est engagée en avril 1997 dans un processus d'union de type confédéral qui dépasserait les objectifs d'une simple union douanière et monétaire. La dépendance de Minsk en énergie et en termes de débouchés permet à Moscou de préserver son influence dans cette république slave. Fin 2006, la Biélorussie a ardemment négocié le prix de son gaz, qu'elle payait jusqu'à cette date 47 $ pour 1 000 m3 (contre plus de 250 $ alors sur le marché européen). Menaçant de couper les robinets à moins d'obtenir le prix demandé, la Russie a obtenu un accord final in extremis le à un prix de 100 $ pour 1 000 m3. De plus, elle a obtenu une compensation en 50 % de titres dans la société gazière biélorusse Beltransgaz (dont le montant de 5 milliards de dollars est estimé surévalué par les experts russes). Outrée par cette augmentation, la Biélorussie a appliqué une taxe sur le transit du pétrole russe vers les pays plus à l'Ouest (45 $/tonne) qu'elle a dû enlever quelques jours après sous la pression de la Russie. Cette confrontation des deux alliés traditionnels survient malgré le soutien que la Russie apporte traditionnellement au président Loukachenko, toujours au pouvoir à la suite de l'élection présidentielle controversée du 19 mars 2006, qui lui a valu les critiques des pays européens.

Le projet d'union politique et monétaire entre la Russie et la Biélorussie n'a cependant pas beaucoup avancé. Cela pourrait être lié aux conflits récurrents entre la Russie et la Biélorussie, sur la question gazière mais aussi sur le nom du futur dirigeant de l'Union[27]. À ces problèmes d'organisation interne s'ajoutent également les problèmes géopolitiques aux frontières ouest et sud-ouest de la Russie, liées aux relations conflictuelles avec les anciens pays membres du pacte de Varsovie devenus membres de l'Union européenne, mais aussi avec les guerres du Caucase[28].

En 2007 est lancé le projet de centrale nucléaire d'Astravets à la suite du conflit d'énergie entre la Russie et la Biélorussie .

Relations avec l'Union européenne

À la suite de l'arrivée au pouvoir d'Alexandre Loukachenko en 1994, les relations bilatérales se sont détériorées et distancées. Bien qu'elles se soient améliorées depuis 2008[29],[30], les résultats de l'élection présidentielle biélorusse de 2010, qui ont été contestés par l'opposition et qui ont vu Loukachenko être réélu, ont été source de nouvelles tensions.

La Biélorussie a par ailleurs été exclue de la politique européenne de voisinage.

Élection présidentielle de 2010

Après seize années à la tête de la République, Alexandre Loukachenko brigue sans surprise un quatrième mandat consécutif. Le scrutin de décembre 2010 le crédite de 79,67 % des voix. L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) évoque un dépouillement « imparfait » et une élection « loin des principes démocratiques »[31],[32],[33], [34], [35]

Le dimanche 19 décembre 2010, jour de la proclamation des résultats du scrutin, de nombreuses manifestations protestant contre la falsification des résultats sont émaillées de violence par la police[36]. Des portes et fenêtres du siège gouvernemental sont cassées[37] et des centaines de manifestants d'opposition arrêtés[38]. Sept des neuf candidats de l'opposition sont arrêtés le même jour. L'Union européenne et les États-Unis condamnent la vague de répression[39].

Le 22 décembre, alors que la Russie entend « ne pas commenter cette élection qui est un évènement interne à la Biélorussie et externe à la Fédération russe », le président de la République ukrainienne, Viktor Ianoukovytch reconnaît la victoire de Loukachenko et « félicite le vainqueur, M. Loukachenko, pour sa victoire dans cette élection », tandis que le président de la République du Kazakhstan, Noursoultan Nazarbayev, « salue la victoire de Loukachenko et le reconnaît vainqueur de l'élection présidentielle ».

Sanctions internationales de 2011

En signe de protestation contre les arrestations d'opposants au régime, et malgré plusieurs années d'ouverture diplomatique, l'Union européenne et les États-Unis décident début 2011 une série de sanctions faisant suite à celles initiées en 2006 (puis levées en 2008 après des concessions biélorusses).

Fin janvier, les sanctions européennes prévoient le gel d'importants avoirs financiers et économiques, ainsi que l'interdiction de visa européen pour 158 personnes dont notamment le président Alexandre Loukachenko, deux de ses fils, le ministre de la défense Iouri Jadobine et le chef du KGB de la Biélorussie, Vadim Zaïtsev[4].

De leur côté, les États-Unis ont annoncé un nouveau train de sanctions contre la Biélorussie dont notamment la révocation d'une licence permettant les relations d'affaires entre des citoyens américains et deux filiales de Belneftekhim, la compagnie nationale biélorusse d'hydrocarbures[4].

Par ailleurs, l'Union européenne a interrompu son dialogue avec la Biélorussie et l'OSCE a quitté le pays le 31 mars 2011[40], en signe de protestation et sanction.

Levée de sanctions de l'Union Européenne en 2016

Le 15 février 2016, les ministres des affaires étrangères des États membres de l’Union européenne ont décidé, à l'unanimité de lever la quasi totalité des sanctions européennes frappant la Biélorussie.

Trois entreprises et 170 personnalités biélorusses interdites de visas et dont les avoirs étaient gelés dans l’UE sont concernées, en tête desquelles le président Alexandre Loukachenko.

Toutefois, l’embargo sur les armes reste en vigueur pour une période de douze mois, de même que les mesures restrictives à l'encontre de quatre personnes liées aux disparitions non résolues de deux figures de l’opposition[41].

Découpage administratif

Les voblasts et les raions de Biélorussie.

Les principales divisions administratives biélorusses sont les voblasts (Вобласць en biélorusse). Ces voblasts, au nombre de six, sont nommés d'après leur chef-lieu. Minsk, en tant que capitale et plus grande ville du pays, possède un statut particulier qui fait d'elle un chef-lieu de voblast et une municipalité autonome de ce voblast.

Les voblasts sont eux-mêmes divisés en d'autres unités, qui varient selon l'environnement. Les principales unités sont les raions et les villes.

Villes

Article détaillé : Villes de Biélorussie.

Géographie

Article détaillé : Géographie de la Biélorussie.
Carte de Biélorussie.
Un paysage naturel biélorusse.

La Biélorussie est située sur la bordure orientale de l'Europe, sans accès à la mer. Plus à l'est la Russie avec laquelle elle partage 959 km de frontières. Au sud l'Ukraine avec 891 km de frontières. À l'ouest et au nord, la Pologne (605 km de frontières), la Lituanie (502 km) et la Lettonie (102 km). Soit 3 098 km de frontières terrestres en tout.

La Biélorussie a une superficie de 207 600 km2.

Le territoire biélorusse est un territoire ouvert (sans limites naturelles précises) et dépourvu d'accès à la mer. Il s'agit d'une grande plaine de faible altitude (159 mètres d'altitude en moyenne) dont le point culminant est le mont chauve, appelé par les Soviétiques mont de Dzerjinski (345 mètres).

Ce pays plat possède une des plus vastes régions marécageuses d'Europe (le marais du Pripet) et est couvert de vastes forêts. Il est aussi sillonné par de grands fleuves (la Dvina et le Niémen, qui drainent les cours d'eau du nord et de l'ouest du pays vers la mer Baltique, et le Dniepr ceux de l'est et du sud vers la mer Noire), et de nombreuses rivières. Le territoire est ponctué de plus de dix mille lacs (le plus grand, le lac Naroch, a une superficie de 79,6 km2) qui lui valent le surnom de « pays aux yeux bleus ». Les terres marécageuses ou humides occupent ainsi presque un tiers du territoire, et les forêts un autre tiers.

La Biélorussie connaît un climat continental et humide. La moyenne annuelle des précipitations varie entre 550 et 700 mm. Les températures oscillent entre -4 ⁰C et -8 ⁰C d'ouest en est en janvier, et 17 ⁰C et 19 ⁰C en juillet.

Trois grandes régions naturelles sont généralement distinguées :

  • le Nord : le climat est rigoureux, les terres pauvres, la densité de la population particulièrement faible ;
  • le centre du pays, plus dense et avec des terres plus riches ;
  • le Sud (Polésie et région de Gomel) : marécages et forêts dominent, la densité de la population est faible.

Outre la capitale Minsk (1 950 000 hab.), les principales villes sont Gomel (520 000 hab.), Moguilev (378 000 hab.), Vitebsk (370 000 hab.), Grodno (365 000 hab.), Brest (340 000 hab.) et Bobrouïsk (217 000 hab.). Quinze villes comptent plus de cent mille habitants.

Économie

Article détaillé : Économie de la Biélorussie.
  • Monnaie : Rouble biélorusse (BYN), taux de change (flottant) : environ 2,1 roubles biélorusses (BYN) pour 1 € (décembre 2016)[43]
  • PIB : 63 270 millions de dollars (2012)
  • PIB par habitant (en parité de pouvoir d'achat) : 7 561 dollars (2004)
  • Salaire moyen : 477 dollars (2012)
  • Taux de croissance : 9 % (2005)
  • Part du secteur privé dans le PIB (%) : 25 (2005)
  • Taux de chômage officiel (en % des actifs) : 1,9 (décembre 2004), 1,5 (2011)
  • Salaire moyen mensuel (en dollars) : 261 (décembre 2005)
  • Taux d'inflation : 18,1 % (2004)
  • Exportations (en millions de dollars) : 15 977 (2005)
  • Importations (en millions de dollars) : 16 699 (2005)
  • Investissements étrangers (en millions de dollars) : 210 (1989–2004)
  • Dette extérieure (en millions de dollars) : 745 (décembre 2005)
  • Rang mondial selon l'indicateur de développement humain (IDH) : 67e (2005)
  • Rang mondial selon l'Indice de perception de la corruption : 107e (2005)
  • Main d'œuvre selon les secteurs d'activité : (2016)[44]
    • agriculture : 9,7 %
    • industrie : 23,4 %
    • services : 66,8 %
  • Composition du PIB par secteurs d'activité : (2016)[44]
    • agriculture : 9,2 % (lait, viande)
    • industrie : 40,9 % (pétrochimie, constructions mécaniques)
    • services : 49,8 %
  • Main d'œuvre : 4,381 millions (2016)[44]

Tourisme

Article détaillé : Culture de la Biélorussie.
La vieille-ville de Minsk.
Brest (Biélorussie)-2012- : immeubles à appartements.

L'ouest de la Biélorussie est devenu plus attractif depuis quelques années pour les Baltes de Lituanie et de Lettonie et les Polonais, du fait de leur proximité géographique, de leur connaissance fréquente de la langue russe ou biélorusse et d'un niveau de vie financièrement plus élevé, depuis l'entrée de leurs pays dans l'Union européenne. Le transit frontalier est favorisé par l'utilisation d'autocars affretés auprès d'agences de voyages européennes occidentales ou biélorusses pour organiser du tourisme de groupe.[réf. souhaitée] (Voir, par exemple, le site touristique officiel en polonais dans les liens extérieurs cités en dessous de cet article). La ville de Grodno exerce une attraction importante du fait de son patrimoine religieux restauré qui appartient au catholicisme, à l'orthodoxie et au judaïsme.

Les voyages en Biélorussie de touristes européens individuels sont plus difficiles qu'à l'intérieur de l'Union européenne : obtention d'un visa obligatoire (le séjour doit être authentifié hôtel par hôtel s'ils ne sont pas organisés chez l'habitant), obligation d'une inscription dans des offices de l'immigration pour des voyages de plus de 15 jours. Inversement, les voyages des biélorusses en Europe dans l'espace Schengen leur occasionnent des difficultés similaires.

Dans le Sud du pays, certaines zones militaires sont interdites aux touristes européens, et aux citoyens biélorusses eux-mêmes. Mais surtout, dans le Sud du pays, ce sont les zones contaminées par l'accident nucléaire de la centrale de Tchernobyl, en avril 1986, qui sont interdites aux touristes européens et étrangers. Toutefois, il est possible d'aller en certains lieux en obtenant des « laisser-passer » ou dérogations de l'administration militaire biélorusse, le plus souvent délivrés à des citoyens biélorusses ou russes. Il faut justifier le sens de sa présence en ces lieux, dire si l'on connait quelqu'un etc. Obtenir une autorisation est très long, avec un minimum d'attente de au moins une semaine, qui décourage souvent les visiteurs demandeurs. Globalement, la législation est plus favorables aux citoyens de Biélorussie, et aux visiteurs russes, et de la CEI. Les visiteurs étrangers qui contournent les ordres pour aller vers les zones interdites sont généralement expulsés de Biélorussie, avec signalement au tampon rouge sur les passeports et signalements à l'ambassade à l'étranger, qui refusera toute nouvelle demande de VISA[réf. nécessaire].

Le canal d'Augustów qui relie la ville d'Augustów en Pologne à Grodno en Biélorussie, depuis qu'il a été restauré en 2005 est un exemple des contacts qui se renouent entre les deux pays. La demande d'inscription de ce canal (2004) dans le Patrimoine mondial UNESCO faite conjointement par la Pologne et de la Biélorussie concernant ce canal est un exemple de travail commun entre deux pays voisins en matière touristique. Mais depuis cette période il n'y a pas d'approfondissements.

L'architecture des villes a souffert des ravages de la Seconde Guerre mondiale. La restauration a été marquée par l'architecture stalinienne après la guerre. Actuellement, le patrimoine ancien qui avait été détruit est restauré à l'identique. Le patrimoine nouveau tente d'échapper à la morosité des barres et des tours servant à l'habitation. La ville de Minsk, en est l'exemple le plus important, vu sa taille et son statut de capitale.

Les sites UNESCO de château de Mir et château de Niasvij, la ville de Gomel, la ville de Grodno (Hrodna en biélorusse) avec ses églises bernardines et jésuites ainsi que sa synagogue, sont des sites d’intérêt touristique. La ville de Brest (anciennement Brest-Litovsk) à la frontière avec la Pologne a une histoire et un patrimoine intéressant du fait de sa position géographique au carrefour du monde slave oriental et occidental. La ville de Vitebsk attire aussi les amateurs de Chagall peintre natif de cette ville et un musée lui est consacré. Au nord-est la ville de Moguilev est un lieu historique pour la période de la Seconde Guerre mondiale mais on trouve encore dans les villages des environs de la ville des rares traces du passage des troupes napoléoniennes sous forme de tombes de soldats français après l'épopée.

Le baroque biélorusse est un style architecturale qui est représenté par de multiples édifices religieux appartenant à plusieurs religions (orthodoxe, catholique, greco-catholique). L'Église du Corpus Christi (Niasvij) est le premier édifice baroque construit en Europe orientale suivant le modèle de Gésu à Rome au XVIe siècle.

La forêt de Białowieża (Belovej) est une forêt primaire d'Europe qui est restée à l'écart de la plupart des influences humaines. Les marais du Pripiat ou marais de Pinsk au sud du pays présentent une diversité biologique remarquable et des paysages typiques des zones de marais. Pour les Biélorusses le lac Naratch au nord ouest du pays est une destination touristique privilégiée du fait de l’absence d'accès à la mer.

Démographie

Article détaillé : Démographie de la Biélorussie.
Évolution de la population entre 1960 et 2015 (en milliers d'habitants).

On constate que la population du pays augmente entre 1960 et 1993, diminue entre 1993 et 2012, puis stagne depuis 2012.

En 2005, la Biélorussie comptait 10 350 194 habitants dont 78 % de Biélorusses, 13 % de Russes, 5 % de Polonais et 2,3 % d'Ukrainiens. Les 0–14 ans représentent 16 % de la population, les 15–64 ans 68,21 %, les plus de 65 ans 14,6 %. L'espérance de vie est de 63 ans pour les hommes et 75 ans pour les femmes. Le taux de croissance de la population est de 0,4 %. La natalité est de 10,83 ‰ pour 1,4 enfant par femme, la mortalité de 14,15 ‰. La mortalité infantile est de 13,37 ‰. Le taux de migration est de 2,42 %. La population est majoritairement bilingue, et parle russe, ou possède des notions de cette langue, à plus de 85 %.

Le pays a connu cinq crises démographiques majeures au cours de son histoire :

Le taux de fécondité est estimé à 1,71 enfant par femme en 2015.

Langues

Article détaillé : Langues en Biélorussie.

Les langues officielles de la Biélorussie sont le biélorusse, qui est la langue nationale du pays et la langue maternelle de 53 % des Biélorusses, et, depuis 1995, le russe, qui est la langue maternelle de 42 % de la population du pays.

La population est majoritairement bilingue et parle ainsi également le russe, ou possède des notions de cette langue, à 84 % (soit 7 978 400 Biélorusses en 2009)[45]. La langue biélorusse n'est parlée couramment que par une minorité de la population dans les campagnes (12 % des Biélorusses), la langue du quotidien dans les villes importantes étant le russe (72 %), les 16 % restants utilisent un mélange des deux langues.

29 % des Biélorusses savent parler, lire et écrire le biélorusse, 52 % savent uniquement le parler et le lire sans savoir l'écrire, tandis que 10 % ne comprennent pas du tout le biélorusse[46].

Les actes officiels sont rédigés en russe, ceux qui le sont en biélorusse étant pratiquement inexistants.

Avant 1941, 5 % de la population avait le yiddish comme langue maternelle. En 1944, la langue yiddish avait presque disparu, avec les massacres des juifs lors de l'occupation nazie. En 2010, le yiddish serait parlé par environ 15 000 personnes en Biélorussie.

Sports

Article détaillé : Sport en Biélorussie.
Alexander Hleb sous les couleurs d'Arsenal.
Vadim Devyatovskiy.
  • En athlétisme, la Biélorussie est omniprésente dans les épreuves de lancer, en particulier, le lancer du marteau et du poids. Cependant, les lanceurs biélorusses sont souvent soupçonnés dans des affaires de dopages comme Ivan Tsikhan et Vadim Devyatovskiy qui furent respectivement médaille d'argent et de bronze du lancer du marteau lors des Jeux olympiques d'été de 2008 et qui quelques jours après la fin des JO furent contrôlés positifs. Aksana Miankova, chez les femmes, fut championne olympique du lancer de marteau lors des JO de Pékin.

Alexander Medved, Catherine Karsten-Khodotovic Julia Nesterenko - "White lightning"

Aliaksandr Kuchynski.
Victoria Azarenka.
Max Mirnyi.
  • En tennis, la Biélorussie avait deux bons joueurs au début des années 2000 avec Max Mirnyi (ex no 18 mondial et surtout excellent joueur de double) et Vladimir Voltchkov (ex no 25 mondial et qui est connu pour avoir atteint les demi-finales de Wimbledon en 2000 alors qu'il n'était que 237e mondial). Depuis qu'ils ont mis fin à leur carrière en simple, la relève pourrait venir de Uladzimir Ignatik, qui fait partie des meilleurs jeunes joueurs de la génération née en 1990. La joueuse Victoria Azarenka représente également un grand espoir pour le tennis du pays. Déjà titrée à plusieurs reprises, elle compte un sacre à Miami remporté face à Serena Williams 6/3 6/1 le 4 avril 2009. Elle fait son entrée dans le top 10 mondial le 6 avril 2009 et connaît la consécration en remportant son premier titre majeur en janvier 2012 à Melbourne, accédant ainsi à la première place mondiale.
  • En tennis de table Vladimir Samsonov est un joueur de tout premier plan, vice champion du monde en 1997, plusieurs fois champion d'Europe et vainqueur de la Coupe du monde de tennis de table à trois reprises.
  • En volley-ball, le joueur puis entraineur Vladimir Alekno.
  • En biathlon, la Biélorussie est représentée par Daria Domratchawa, médaillée de bronze du 15 km des JO de Vancouver en 2010 et championne olympique de la poursuite des JO de Sotchi en 2014.
  • En championnat de combat libre UFC, Andrei Arlovski plusieurs fois champion du monde "Heavyweight".
  • En ski acrobatique, Alexei Grishin et Dmitri Dashinski ont remporté plusieurs titres olympiques et mondiaux.

Culture

Fêtes et jours fériés
Date Nom français Nom local Remarques
1er janvier Nouvel an Novy Hod
7 janvier Noël orthodoxe
14 janvier Nouvel an orthodoxe
8 mars Journée internationale des droits de la femme
15 mars Jour de la Constitution Adoptée en 1994
variable Pâques catholique
variable Pâques orthodoxe
9 jours après Pâques orthodoxe Jour du Souvenir Radunitsa
1er mai Fête du Travail
9 mai Jour de la Victoire Victoire sur l'Allemagne durant la Grande Guerre patriotique
3 juillet Jour de l'Indépendance
25 décembre Noël catholique

Chiffres

  • Lignes de téléphone : 4,54 millions (en 2015)[44]
  • Téléphones portables : 11,4 millions (en 2015)[44]
  • Postes de radio : 3 millions (en 1997)
  • Postes de télévision : 2,52 millions (en 1997)
  • Utilisateurs d'Internet : 5.97 millions (en 2015)[44]
  • Nombre de fournisseurs d'accès Internet : 4 (en 2000)
  • Routes : 63 355 km (dont 60 567 km goudronnés) (en 1998)
  • Voies ferrées : 5 512 km (en 2005)
  • Voies navigables : n.c.
  • Nombre d'aéroports : 101 (dont 44 avec des pistes goudronnées) (en 2005)

Codes

La Biélorussie a pour code :

Notes et références

Notes

  1. « Biélorussie » est le terme recommandé en France par la Commission générale de terminologie et de néologie. « Bélarus » est le nom officiel du pays tel qu'utilisé par les Nations unies

Références

  1. a et b prononcé à peu près Respoublika Bièlarouss, avec un l labialisé et un s palatalisé.
  2. a et b Officielle
  3. (en) « Belarus: Window of Opportunity (see Table 15, page 66) » [PDF], United Nations
  4. a, b et c Europe et États-Unis annoncent des sanctions contre la Biélorussie, www.lemonde.fr
  5. Site de l'ambassade française en Biélorussie
  6. Voir l'annonce sur le site de l'ONU
  7. Virginie Symaniec Parlons biélorussien, livre sur la langue et la culture biélorusse (qu'elle appelle « biélorussienne »). Éd. L'Harmattan, 1997. Dans son ouvrage l'auteure fait le point sur la variété des dénominations et leur origine car une grande confusion règne sur les termes employés.
  8. Campagne de fouilles à l'initiative du Centre d'études napoléonienne (CEN) en collaboration avec l'Institut d'histoire de l'Académie des sciences du Bélarus et l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap).
  9. (en) « Belarus marks ghetto's destruction 65 years on », Associated Press, 21 octobre 2008.
  10. Michel Labori, Simion Costea, Le management des politiques de l'union Européenne, Editions Prodifmultimedia, , p. 155
  11. Philippe Marchesin, La Biélorussie, Karthala Editions, , p. 55
  12. « Dans un pays où la liberté d’expression et d’association fait l’objet d’une répression si absolue et si agressive, le vote n’est pas un exercice démocratique mais une farce ». Déclaration prononcée le 20 mars 2006 par le Secrétaire général au Conseil de l'Europe, Terry Davis.
  13. Voir (en) le communiqué de presse de l'OSCE daté du 20 mars 2006.
  14. Voir (en) l'article sur Xinhua
  15. « Bélarus : États-Unis et Russie divergent », Le Nouvel Observateur, (consulté le 1er avril 2013)
  16. Ariane Nicolas, « Biélorussie, voyage au cœur de la dernière dictature d'Europe », Slate.fr, (consulté le 1er avril 2013)
  17. presseurop.eu, « Interview avec le dernier dictateur d’Europe », LeMonde.fr, (consulté en 1er avril2013)
  18. (en) Democracy Index 2014
  19. NATO to Review Partnership Pact With Belarus, MosNews, 30 mars 2006.
  20. (en) U.S. Issues Travel Ban On Belarusian Officials, RFE/RL, 16 mai 2006.
  21. Rapport 2012 sur les ennemis d'Internet
  22. Classement de la liberté de la presse 2015.
  23. Tech Camp
  24. U.S. Department of State Hosts "TechCamp Vilnius" on the margins of the Community of Democracy and Brings Together Civil Society, Technology and Private Sector in Lithuania
  25. Bulletin d'Information et de liaison du comité Internationaliste pour la Solidarité de Classe, no 75, septembre 2011
  26. Dictature en Biélorussie : mobilisation générale des Jeunes Européens
  27. Russie / Biélorussie, De longues fiançailles, RFI, 14 décembre 2007 19h58.
  28. Russie-Biélorussie: la création de l'Union entravée par des problèmes internes et externes (député), Ria Novosti, 1er juillet 2008.
  29. (en) Time to turn the page’ on EU-Belarus ties: OSCE, Reuters, 7 octobre 2008
  30. (en) Lukashenko hails lifting of EU travel ban, AFP, 20 octobre 2008
  31. Présidentielle sans suspense au Bélarus, nouvelobs.com.
  32. « Théâtre d'ombres électoral en Biélorussie », lefigaro.fr.
  33. Biélorussie/scrutin : Loukachenko rejette les critiques de l'OSCE.
  34. (en) Steve Rosenberg, « 'Hundreds of protesters arrested' in Belarus », BBC News, (consulté le 1er avril 2013)
  35. (en) « Belarus still has considerable way to go in meeting OSCE commitments, despite certain improvements, election observers say », Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, (consulté le 1er avril 2013)
  36. Biélorussie, candidat d'opposition blessé, lefigaro.fr
  37. Biélorussie : siège du gouvernement assiégé, lefigaro.fr
  38. Biélorussie : des opposants arrêtés, lefigaro.fr
  39. Tollé après la répression en Biélorussie, Europe 1, 20/12/2010
  40. Julien Arnoult, « Biélorussie : l'isolement coûte que coûte », Carto no 6, juillet-août 2011 (consulté le 16 octobre 2011)
  41. « L'Union Européenne leve ses sanctions contre la Bielorussie », sur Le Monde, (consulté le 14 septembre 2016).
  42. Population au 1er janvier 2016 et population annuelle moyenne en 2015 dans la République du Bélarus par régions, districts, villes et cantons
  43. Официальный курс белорусского рубля
  44. a, b, c, d, e et f (en) Belarus, dans le World Factbook de la CIA, 2017.
  45. (ru) Распределение населения по владению белорусским и русским языками по областям и г.Минску
  46. (es) Tres de cada cuatro bielorrusos emplean en su vida cotidiana el ruso
  47. 1993–2011 tables in the Belarusian Handball Association's website

Voir aussi

Bibliographie

  • Arkadiusz Tieplakoff, « La Biélorussie, une nation qui se cherche », Étvdes, juillet-août 2006. (ISSN 0014-1941)
  • Alena Lapatniova, Biélorussie. Les mises en scène du pouvoir, Paris, L'Harmattan, 2001. (ISBN 2747504174)
  • Jean-Charles Lallemand et Virginie Symaniec, Biélorussie, mécanique d'une dictature, Éditions Les petits matins, 2007. (ISBN 978-2-915-87925-4)
  • (fr) Virginie Symaniec, La construction idéologique slave orientale. Langues, races et nations dans la Russie du XIXe siècle, Paris, Éditions Petra, 2012. (ISBN 978-2-84743-045-5).
  • (pl) (en) Anna Radziukiewicz, Na Wschod od Zachodu - To the East from the West, Knieja, Osm Hajnowka. (ISBN 978-83-913796-5-3).
  • (fr) Witt Raczka, Aux confins de l'Europe de l'Est - Mare Balticum, L'Harmattan, volume 1 (ISBN 978-2-296-10883-7) et volume 2 (ISBN 978-2-296-10884-4).
  • Viviane du Castel, La Biélorussie, une indépendance à la dérive, Paris, L'Harmattan, 1998.

Articles connexes

Liens externes