Bataille de Raqqa (2013)

Bataille de Raqqa
Description de cette image, également commentée ci-après
Vue de la ville de Raqqa en 2003.
Informations générales
Date 2 -
Lieu Raqqa
Issue Victoire des rebelles
Belligérants
Drapeau de la Syrie République arabe syrienne Ahrar al-Cham
Flag of Jihad.svg Front de libération de Raqqa Flag of Jabhat al-Nusra.jpg Front al-Nosra
Flag of Jihad.svg Jabhat al-Wahida wa'l Tahrir al-Islamiyya
Commandants
• Hassan Jalili White flag icon.svg
• Souleiman al-Souleiman White flag icon.svg
• Abu Saad al-Hadrami
Forces en présence
inconnues inconnues
Pertes
plusieurs dizaines de morts[1],[2]
300 prisonniers[3]
plusieurs dizaines de morts[1],[2],[4]
~ 100 à 200 morts au total[1],[2]

Guerre civile syrienne

Coordonnées 35° 57′ 00″ nord, 39° 01′ 00″ est

Géolocalisation sur la carte : Syrie

(Voir situation sur carte : Syrie)
Bataille de Raqqa

La bataille de Raqqa a lieu du 2 au pendant la guerre civile syrienne. Elle oppose les rebelles aux forces armées syriennes pour le contrôle de la ville de Raqqa.

Forces en présence

L'offensive est menée principalement par Ahrar al-Cham, qui est alors le plus puissant groupe rebelle de la région, par le Front al-Nosra, qui joue un rôle plus marginal, par le Jabhat al-Wahida wa'l Tahrir al-Islamiyya, une formation salafiste, et par plusieurs groupes rassemblés au sein d'une alliance locale appelée le Front de libération de Raqqa, au sein duquel figurent notamment la Brigade al-Farouq, la Brigade Ahfad al-Rassoul, la Brigade des révolutionnaires de Raqqa et le Liwa Muntasir Billah, affiliées à l'Armée syrienne libre[5],[6],[7].

Déroulement

Carte de l'offensive rebelle sur Raqqa.
  •      Contrôlé par le gouvernement syrien et ses alliés
  •      Contrôlé par les rebelles

La bataille débute le 2 mars lorsque les forces rebelles attaquent la ville par le nord[1],[8]. Dés le 4 mars, la ville tombe presque entièrement entre leurs mains et des dizaines de manifestants en liesse abattent la statue en bronze de l'ancien président Hafez el-Assad[9],[10].

La nuit du 4 au 5 mars, des combats ont encore lieu autour du siège du gouvernorat de la province de Raqqa. Le bâtiment est pris et le gouverneur, Hassan Jalali, est fait prisonnier, ainsi que Souleiman al-Souleiman, le secrétaire-général local du Parti Baas[11],[2],[10]. Le 5 mars, les affrontements se poursuivent pour le contrôle de deux bâtiments du régime : le siège du renseignement militaire et le siège de la sécurité de l'Etat[2],[12]. Mais les soldats loyalistes, encerclés, finissent par se rendre[3]. Les rebelles déclarent que la ville est presque entièrement sous leur contrôle[13].

L'armée de l'air gouvernementale mène des frappes aériennes sur Raqqa le 5 et 6 mars ; 39 personnes sont tuées, dont 17 en un seul raid mené sur une place de la ville[14],[15]. Le 10 mars, 14 personnes sont encore tuées par des frappes aériennes[16].

Les dernières poches de résistance loyalistes tombent le 6 mars, Raqqa devient alors la première capitale d'un gouvernorat à passer entièrement sous le contrôle des rebelles[17].

Le régime syrien conserve cependant le contrôle de la base militaire de la division 17, située au nord de la ville[18]. À l'exception de cette base et de l'aéroport de Tabqa, tout le gouvernorat de Raqqa est alors aux mains des rebelles[6].

Les pertes

Le 2 mars, l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) affirme que les combats ont fait des dizaine de morts dans les deux camps, mais sans pouvoir donner de bilan précis[1]. Le 5 mars, il déclare que la bataille a fait plus de 100 morts en deux jours[2]. Il indique également que plus de 300 soldats du régime ont été faits prisonniers par les rebelles[3].

Notes et références

  1. a, b, c, d et e Syrie : la guerre fait rage, Le Point avec AFP, 2 mars 2013.
  2. a, b, c, d, e et f (en) Syrian jets bomb northern city overrun by rebels, AP, 5 mars 2013.
  3. a, b et c (en) Syrian Rebels Interview Captured Government Officials, The New York Times, 7 mars 2013
  4. (en) Syria crisis: Warplanes 'bomb Raqqa after rebel gains', BBC News, 5 mars 2013
  5. Baczko, Dorronsoro et Quesnay 2016, p. 240-241.
  6. a et b Frantz Glasman, Raqqa en Syrie du nord. Domination islamiste, résistance civile et surenchère confessionnelle, Un œil sur la Syrie, 4 octobre 2013.
  7. Lister 2016, p. 112.
  8. (en) Syria opposition says captures eastern city of Raqqa, Reuters, 4 mars 2013
  9. Syrie : les rebelles prennent la ville de Racca, AP, 4 mars 2013.
  10. a et b Khaled Sid Mohand, Les rebelles syriens prennent le contrôle de la ville de Raqqa, dans le nord du pays, Le Monde, 5 mars 2013.
  11. (en) Massacre of Syrian Soldiers in Iraq Raises Risk of Widening Conflict, The New York Times, 5 mars 2013
  12. Agnès Rotivel, La ville de Raqqa est aux mains des rebelles syriens, La Croix, 5 mars 2016.
  13. (en) Syria rebels capture northern Raqqa city, Al Jazeera, 5 mars 2013
  14. L'aviation syrienne bombarde la ville de Rakka, Le Monde avec AFP et Reuters, 5 mars 2016.
  15. (en) 39 killed in air raids in Syria city of Raqqa as attacks intensify, Reuters, 6 mars 2013
  16. (en) Syria refugee numbers may triple this year - UN, BBC News, 10 mars 2013
  17. (en) Syrian activists say rebels seize security buildings in Raqqa, declare it 1st 'liberated' city, AP, 6 mars 2013
  18. En Syrie, les djihadistes de l'EI capturent une importante base de l'armée dans le Nord, Le Monde avec AFP, 8 août 2014.

Liens externes

  • Hala Kodmani, Ville rebelle, Raqqa brûle-t-elle ?, Libération, 28 septembre 2013.

Bibliographie

  • Adam Baczko, Gilles Dorronsoro et Arthur Quesnay, Syrie : Anatomie d'une guerre civile, CNRS Éditions, , 412 p. (ISBN 978-2271091666).
  • Charles Lister, The Syrian Jihad : Al-Qaeda, the Islamic State and the Evolution of an Insurgency, Oxford University Press, , 540 p. (ISBN 978-0190462475).