Bataille de Dinant (1914)

Bataille de Dinant
Description de cette image, également commentée ci-après
Le cimetière militaire français sur la citadelle de Dinant.
Informations générales
Date du 15 au
Lieu Dinant et ses environs (Belgique)
Issue Victoire tactique française
Victoire stratégique allemande
Belligérants
Drapeau de la France France Drapeau de l'Empire allemand Empire allemand
Commandants
Drapeau de la France Henry Victor Deligny
Drapeau de la France Joseph Émile Mangin
Drapeau de la France Henri Edouard Claudel
Drapeau de l'Empire allemand Max von Hausen
Drapeau de l'Empire allemand Karl von Bülow
Forces en présence
148e régiment d'infanterie
3e bataillon du 33e régiment d'infanterie
8e régiment d'infanterie
73e régiment d'infanterie
(Ier et IIe Corps d'armée[1])
12e bataillon de chasseurs de Freyberg
11e bataillon des Garde-Schützen
13e bataillon des Garde-Jäger
(3e armée allemande[1])
Pertes
1 200 soldats tués ou blessés
674 civils belges massacrés
3 000 soldats tués, capturés ou disparus

Première Guerre mondiale

Batailles

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Coordonnées 50° 15′ nord, 4° 54′ est

Géolocalisation sur la carte : Province de Namur

(Voir situation sur carte : Province de Namur)
Bataille de Dinant

Géolocalisation sur la carte : Belgique

(Voir situation sur carte : Belgique)
Bataille de Dinant

La bataille de Dinant est une bataille de la Première Guerre mondiale qui opposa les troupes françaises à l'armée allemande, du 15 au 23 août 1914.

Elle est devenue tristement célèbre le 23 août 1914 par le massacre de 674 civils par les forces allemandes, notamment dans le quartier des Rivages et dans le village de Neffe.

Contexte historique

Article détaillé : Bataille des Frontières.
Vue de la ville de Dinant en 1914.

Au début de la Première Guerre mondiale, l'armée allemande, qui combat sur deux fronts, décide de frapper vite et fort, dès le mois d'août. L'invasion de la Belgique et du Grand-duché de Luxembourg n'est qu'une étape dans l'avancée vers la France. Dinant, sur la Meuse, est située sur l'axe principal de l'invasion de l'armée impériale allemande.

La ville dispose d'une importance stratégique, située entre Mons et Liège et près des frontières française et allemande[2].

À partir du 6 août, les Allemands mènent des patrouilles de reconnaissance dans la région de Dinant.

Le 9 août, peu de temps après que l'Empire allemand ait déclaré la guerre à la France, le 148e régiment d'infanterie de l'armée Française venant de Givet se déploie à Dinant et occupe la rive gauche de la Meuse[3].

Déroulement de la bataille

Tentative de prise de la ville par les Allemands (15 août)

Destructions à Dinant pendant la Première Guerre mondiale.

Le 15 août, à l'aube vers 6 h du matin, les 12e bataillon de chasseurs de Freyberg et 13e bataillon des Garde-Jäger lancent une attaque sur la ville. L'artillerie allemande, déployée à l'ouest de Sorinnes ouvre le feu sur Dinant, touchant notamment la citadelle. À 11 h, le général Henry Victor Deligny ordonne à l'artillerie française (21e RAC) de répliquer. À 11 h 40, la citadelle tombe aux mains des Allemands malgré la défense des Français[1].

Le duel d'artillerie continue et les obus allemands pleuvent sur les positions françaises. Vers 13h20, le général Deligny ordonne de reprendre chaque recoin de la ville. Vers 16 h, le 8e régiment d'infanterie (RI) se regroupe et traverse la Meuse afin de reprendre la citadelle. La victoire est totale, le drapeau allemand est déhissé et une vingtaine de soldats allemands sont faits prisonniers.

La population dinantaise acclame les troupes françaises en chantant La Marseillaise. Les pertes allemandes s'élèvent à 3 000 soldats tués, prisonniers disparus au total[4] tandis que le 8e RI perd 54 hommes et subit 9 officiers blessés au cours de la reprise de la citadelle[1].

À la fin de la journée, les tirs d'artillerie allemands cessent et les troupes allemandes battent en retraite[1].

Les jours suivants, la région de Dinant est survolée par les avions allemands, quelques escarmouches continuent d'avoir lieu, les unités françaises se replient sur la rive gauche de la Meuse prêtes à intervenir en cas d'attaques allemandes[5].

Le massacre de Dinant (23 août)

Monument aux 674 victimes civiles à Dinant de la furie teutonne, le 23 août 1914, dont 116 fusillées à cet endroit.

Dinant est parmi les villes les plus durement touchées par les atrocités allemandes en 1914.

Dans la nuit du 21 au 22 août, des cavaliers allemands soutenus par des automitrailleuses s’engagent dans la rue Saint-Jacques non-défendue et mettent le feu aux habitations. Dans la journée du 22 août, 2 500 civils tentent de fuir derrière les lignes françaises et sont accueillis par les troupes françaises. Le quartier-général donne bientôt l'ordre de battre en retraite.

Le 23 août, les Allemands, suspectant de compter dans la population dinantaise des francs-tireurs, rassemblent un grand nombre d'habitants qu'ils fusillent. On recense 674 hommes, femmes et enfants passés par les armes lors de ce massacre et plus d'un millier d'habitations incendiées. Quelques compagnies françaises tentent encore sans répit de défendre Dinant[3].

Les nombreux massacres et pillages perpétrés par les Allemands donna l'avantage moral aux Alliés. En effet, le concept de « guerre du droit » joua un rôle central dans l'engagement des États-Unis en 1917.

Commémoration

Un cimetière militaire a été inauguré sur la citadelle en 1923, où reposent les 1 200 soldats français tombés pendant les combats d'août 1914.

Un monument du nom de L'Assaut, sculpté par le belge Alexandre Daoust, est par ailleurs situé près du cimetière, commémorant la reprise de la citadelle par les Français le 15 août 1914[6].

Anecdotes

Le lieutenant Charles de Gaulle, futur chef de la France libre et président de la République française, est touché à la jambe pendant cette bataille, le 15 août (« fracture du péroné par balles avec éclats dans l'articulation »)[7]. Il rejoindra ensuite le 33e RI sur le front de Champagne pour commander la 7e compagnie.

Une statue du lieutenant Charles de Gaulle de 2,5 mètres de haut a été inaugurée le 15 août 2014 par le petit-neveu de Charles de Gaulle et du petit-fils du Chancelier Konrad Adenauer[8], en présence des autorités locales et de l'ancien délégué Général de la Wallonie et de Bruxelles à Paris Paul-Henry Gendebien. Elle est l'œuvre du dernier artisan dinandier de Dinant Guido Clabots.

Jusqu'au 6 mai 2001, le drapeau allemand n'a pas flotté sur le pont de Dinant en raison de l'épisode du massacre des 674 civils par l'armée allemande. C'est la date choisie par les autorités communales pour organiser une cérémonie de « rapprochement » avec l'Allemagne, et « tourner » la page de ces évènements. Ce jour-là, le ministre allemand de la Défense est venu exprimer officiellement les regrets de son peuple aux Dinantais[9].

Notes et références

  1. a, b, c, d et e Combat de Dinant (15 août 1914), Sambre-Marne-Yser.be, 9 décembre 2006
  2. (en) THE BATTLE OF DINANT - Couturier's HABFANFOREVER, consulté le 7 juin 2013
  3. a et b LA MORT DE DINANT Résumé des massacres d’août 1914, genedinant.be
  4. (en) 20 Aug 1914 - THE BATTLE OF DINANT SERIOUS GERMAN REVERSE, consulté le 7 juin 2013
  5. LE SAC DU 23 AOUT 1914, Ville de Dinant, Site officiel
  6. CIMETIERE MILITAIRE FRANCAIS DE DINANT, Horizon 14-18
  7. Philippe Foro, « Charles de Gaulle et François Mitterrand : regards croisés sur l'Allemagne à partir de leur expérience de la captivité », dans : Sylvie Caucanas/Rémy Cazals/Pascal Payen (Dir.), Les prisonniers de guerre dans l'Histoire. Contacts entre peuples et cultures, Privat, Toulouse, 2003, p. 279.
  8. [1]
  9. « Partners - lesoir.be », sur lesoir.be (consulté le 27 décembre 2015)

Voir aussi

Articles annexes

Liens externes