Bataille d'al-Qaïm (2017)

Bataille d'al-Qaïm
Description de cette image, également commentée ci-après
Avancées des forces irakiennes dans le sud de la province d'Al-Anbar.
  •      Territoire contrôlé par le régime irakien et ses alliés
  •      Territoire contrôlé par l'État islamique
  •      Territoire contrôlé par le régime syrien et ses alliés
  •      Territoire contrôlé par les Forces démocratiques syriennes
Informations générales
Date
(22 jours)
Lieu Al-Qaïm et Rawa
Issue Victoire de l'Irak et de la coalition
Belligérants
Drapeau de l'Irak Irak
Iraqi Popular Mobilization Units Official Logo.png Hachd al-Chaabi

Seal of Combined Joint Task Force – Operation Inherent Resolve.svg Coalition

Drapeau de l'Iran Iran
Drapeau de l'État islamique État islamique
Commandants
Drapeau de l'Irak Qassem al-Mohammedi
Drapeau de l'Irak Nomane al-Zobaï
Forces en présence
inconnues 1 500 hommes[1]
Pertes
inconnues inconnues

Seconde guerre civile irakienne

Coordonnées 34° 23′ 28″ nord, 40° 59′ 16″ est

Géolocalisation sur la carte : Irak

(Voir situation sur carte : Irak)
Bataille d'al-Qaïm

La bataille d'al-Qaïm a lieu lors de la seconde guerre civile irakienne. Elle débute le par une offensive des forces irakiennes et alliées visant à reprendre la ville d'al-Qaïm et ses envions, qui forment alors la dernière poche tenue par l'État islamique en Irak. Al-Qaïm est reprise le 3 novembre, suivie par la petite ville voisine de Rawa le 17 novembre. Au terme de l'offensive, l'État islamique perd les derniers territoires qu'il contrôlait en Irak.

Prélude

La ville d'Al-Qaïm est contrôlée par l'État islamique depuis juin 2014, elle se situe sur les bords de l'Euphrate, à l'ouest de la province d'al-Anbar, près de la frontière syrienne face à la ville de Boukamal[2]. Au cours de la seconde guerre civile irakienne, la province d'al-Anbar connait de rudes combats entre l'été 2014 et l'été 2016, voyant notamment ses deux principales villes, Ramadi et Falloujah, être prises par les djihadistes, puis reprises par les troupes irakiennes[3],[4].

Fin 2016, l'armée irakienne a regagné du terrain dans la région mais elle concentre ensuite ses efforts dans la bataille de Mossoul ; les opérations à al-Anbar connaissent alors une pause jusqu'à la chute de la ville, en juillet 2017[5]. Le 16 septembre 2017, l'armée irakienne relance une offensive dans l'ouest de la province d'al-Anbar et s'empare le premier jour d'Akachat, une ville située dans le désert au sud-ouest d'al-Qaïm[6],[7].

L'armée irakienne attaque ensuite depuis l'est, en longeant l'Euphrate en direction d'al-Qaïm : le 19 septembre, elle reprend la localité de Rayhana[8] ; puis le 21 septembre, elle s'empare de la ville d'Anah[9],[10],[11]. Les troupes irakiennes passent ensuite des jours à désamorcer plus d'un millier de mines et d'engins explosifs dans les environs[12]. À l'ouest d'Anah, al-Qaïm et Rawa sont alors les dernières villes contrôlées par l'État islamique en Irak[13].

Lorsque l'offensive débute en octobre 2017, le nombre d'habitants présents dans la région tenue par l'EI est estimé à 150 000, dont 50 000 dans la ville d'al-Qaïm[1]. La population de Rawa est quant à elle de 20 000 habitants[14].

Forces en présence

L'offensive est menée par le général irakien Qassem al-Mohammedi[15]. Elle engage les forces armées irakiennes, les unités du contre-terrorisme — dites de la division d'or — la police fédérale et les Hachd al-Chaabi, composées majoritairement de milices chiites mais aussi de milices tribales sunnites[15]. L'armée engage notamment la 7e division, commandée par le général Nomane al-Zobaï[16]. Ces forces sont soutenues par la force aérienne irakienne et les forces aériennes de la coalition internationale[15] ; notamment des États-Unis, de la France[17], du Royaume-Uni et de l'Australie[18]. L'armée française engage également ses CAESAR de la Task force Wagram[17].

Les forces de l'État islamique dans la région sont quant à elles estimées à 1 500 hommes par l'armée irakienne[1].

Déroulement

Le 26 octobre, le premier ministre Haïder al-Abadi annonce le début de l'offensive contre l'État islamique à al-Qaïm et Rawa[15] ; il déclare : « Les légions héroïques fondent vers le dernier repaire du terrorisme en Irak. Les gens de l'EI n'ont d'autre choix que de mourir ou de se rendre »[13]. La coalition internationale déclare également qu'il s'agit « du dernier grand combat » en Irak contre l'État islamique[13].

L'offensive est lancée sur quatre axes : à l'est, en suivant l'Euphrate, ainsi qu'au nord, au sud et au sud-est, à travers les régions désertiques[15],[13].

Le matin du 3 novembre, après un pilonnage des positions djihadistes par l'aviation et l'artillerie de l'Irak et de la coalition, l'armée irakienne, la division d'or et les Hachd al-Chaabi entrent dans la ville d'al-Qaïm[16]. Elles lancent l'assaut sur Saada, Husseiba et al-Karabla, en périphérie, puis elles s'emparent d'un premier quartier, Gaza, situé au sud-ouest de la ville[16]. La résistance des djihadistes est faible et le reste de la ville est reconquis dans l'après-midi, de même que son poste-frontière avec la Syrie à Husaybah[19]. Le 5 novembre le premier ministre Haïder al-Abadi se rend à al-Qaïm, où il hisse symboliquement le drapeau irakien[20],[21].

Rawa est alors la dernière ville irakienne contrôlée par l'État islamique[19]. Le 11 novembre, l'armée irakienne annonce le début de l'offensive pour sa reconquête[22]. Deux divisions d'infanterie et des milices tribales sunnites prennent part à l'assaut[22]. Le 17 novembre, ces forces entrent dans la ville par le côté ouest et s'en emparent en totalité en quelques heures[23]. L'État islamique perd alors la dernière ville qu'il contrôlait en Irak ; les derniers djihadistes se replient alors dans le désert d'al-Anbar, ratissé par l'armée irakienne et les milices sunnites[23],[24].

Déplacés

Au premier jour de l'offensive, l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) déclare que 65 000 civils ont déjà fui la province d'al-Anbar depuis le début de l'année[15]. Le Norwegian Refugee Council (NRC) déclare pour sa part que plus de 10 000 habitants de la région d'al-Qaïm ont fui vers les camps de réfugiés de Ramadi depuis début octobre[15].

Notes et références

  1. a, b et c La région d'Al-Qaïm, dernier bastion de l'EI en Irak, AFP, 26 octobre 2017.
  2. Irak : les insurgés prennent un poste-frontière avec la Syrie, AFP, 21 juin 2014.
  3. Angélique Férat, Irak: pourquoi Ramadi est tombée aux mains du groupe Etat islamique, RFI, 18 mai 2015.
  4. L’armée irakienne annonce avoir totalement libéré Fallouja des mains de l’Etat islamique, Le Monde avec AFP, 26 juin 2016.
  5. L'Irak se prépare à un nouvel assaut contre l'EI dans l'ouest, AFP, 16 septembre 2017.
  6. L'Irak reprend une localité à l'EI dans l'ouest, AFP, 16 septembre 2017.
  7. Maher Chmaytelli, Ellen Francis, Eric Faye et Jean-Stéphane Bross, Offensive irakienne pour chasser l'EI du bassin de l'Euphrate, Reuters, 16 septembre 2017.
  8. Les forces irakiennes attaquent un fief de l'EI près de la Syrie, AFP, 19 septembre 2017.
  9. Irak : Les mines freinent la progression de l'armée vers un fief de l'EI, AFP, 20 septembre 2017.
  10. Syrie: combats à Raqa pour réduire les dernières poches jihadistes, AFP, 21 septembre 2017.
  11. Irak: les forces gouvernementales à Al-Charqat, fief de l'EI sur la route de Hawija, AFP, 22 septembre 2017.
  12. Irak : l’armée a repris Hawija, l’un des deux derniers bastions irakiens de l’Etat islamique, Le Monde avec AFP, 5 octobre 2017.
  13. a, b, c et d L'Irak lance "le dernier grand combat" contre le groupe terroriste Etat islamique, Franceinfo avec AFP, 26 octobre 2017.
  14. Sleimane al-Kobeissi, Après Rawa, le "califat" ne régentera plus la vie des Irakiens, AFP, 18 novembre 2017.
  15. a, b, c, d, e, f et g « L'Irak à l'assaut du dernier bastion de l'EI sur son sol », sur AFP, .
  16. a, b et c Les forces irakiennes progressent dans al-Qaïm, dernier bastion de l'EI, AFP, 3 novembre 2017.
  17. a et b Point de situation des opérations du 9 novembre 2017, Ministère de la Défense, 9 novembre 2017.
  18. Operation OKRA – ADF Airstrikes for the period 20 Oct – 02 Nov 17, Headquarters Joint Operations, 7 novembre 2017.
  19. a et b « Acculé en Syrie et en Irak, l'EI perd sa dernière grande ville », sur AFP, .
  20. « Le groupe jihadiste EI tue 75 civils dans un attentat en Syrie », sur AFP, .
  21. « En Irak, les rares civils d'al-Qaïm sortent timidement de chez eux », sur AFP, .
  22. a et b « L’armée irakienne lance une offensive pour reprendre Rawa à l’Etat islamique », sur Le Monde avec AFP, .
  23. a et b « L'Irak a repris Rawa, la dernière ville du pays tenue par Daech », sur Le Point avec AFP, .
  24. « L'EI perd sa dernière localité en Irak », sur AFP, .