Basilique rouge

La Basilique rouge en 2010.

La Basilique rouge (dite Salle rouge) est un temple romain en ruine situé dans l'ancienne ville de Pergame, à l'ouest de la Turquie. La basilique a probablement été bâtie par l'empereur Hadrien et c'est l'un des plus grands édifices de la ville conservés jusqu'à maintenant. On pense que le temple servait au culte de plusieurs dieux égyptiens. Plus tard, il a été transformé en église chrétienne par les Byzantins.

Description

La basilique a été construite au pied de la colline sur laquelle se trouvait l'acropole de Pergame, et à l'extrémité est du téménos, une enceinte sacrée entourée de murs en pierre d'au moins 13 mètres de haut. Les visiteurs pouvaient entrer dans le téménos par une porte monumentale en marbre. Le temple s'étendait sur 60 mètres d'est en ouest et sur 26 mètres du nord au sud. La hauteur des murs encore conservés est environ de 19 mètres. Le toit en bois du temple et le mur de l'est n´existent plus. Apparemment, seul le mur de l'ouest avait des fenêtres[1]. On entrait dans le temple par une immense porte de 7 mètres de large sur 14[2]de haut. Le sol du temple était recouvert de dalles de marbre et de granite importées d´Égypte[3]. Par ailleurs, le temple était bâti massivement en briques rouges (d´où le nom de la basilique), inhabituelles en Anatolie à l´époque, mais relativement courantes en Italie. C´est pourquoi l´architecte du temple pourrait être originaire de l´Italie, peut-être commis par Hadrien qui avait une prédilection pour les dieux égyptiens et leur a fait construire plusieurs autres temples[4].

Seuls les prêtres et leurs acolytes avaient accès à la partie est du temple qui était généralement fermé au public et abritait la statue du culte placée sur un podium, d'au moins 10 mètres de hauteur, comparable à la statue chryséléphantine de Zeus à Olympie. Il y avait un orifice d'entrée à la base de la statue, ce qui indique qu´on pouvait probablement entrer à l´intérieur de la statue pour la faire « parler » pendant les cérémonies et donc tromper les spectateurs[2].

Le temple était flanqué de deux rotondes bien conservées d'un diamètre de douze mètres et d'une hauteur de 18 mètres. Au XIXe siècle, la rotonde du sud abritait des machines utilisées pour la production d'huile d´olive. Celle du nord est actuellement une mosquée[5].

Utilisation

Le temple servait certainement au culte de plusieurs dieux égyptiens comme Sarapis, Isis (dont on a retrouvé une petite tête en terre cuite dans le téménos), Harpocrate, Osiris, Apis ou Hélios. Il a pu être dédié à Sérapis ou à Isis[6].

Contrairement aux temples grecs où le bâtiment tout entier était considéré comme la maison du dieu, le culte du dieu, ici, était seulement limité à la partie est du temple. Le téménos était utilisé pour des cérémonies diverses. La hauteur considérable des murs du téménos servait probablement à empêcher les étrangers d'être témoins des cérémonies et des rituels mystérieux[7].

Il semble que l'eau a joué un rôle très important, étant donné l'abondance des bassins et de canalisations. Les bassins, à l'extérieur du temple, étaient apparemment purement décoratifs, tandis que ceux de l´intérieur étaient utilisés pour les cérémonies, par exemple des rituels de purification pendant lesquels les fidèles étaient aspergés d'eau[8].

Destruction et restauration

À l´ère chrétienne, le temple a été en partie ravagé par un incendie. Mais une basilique chrétienne a été aménagée dans les façades endommagées du temple ; elle fut détruite plus tard par les forces arabes qui assiégèrent la cité[9]. L´Institut archéologique allemand a entrepris plusieurs fois des fouilles dans la ville et restauré le temple.

Notes et références

  1. (en) Helmut Koester, Paul & his world: interpreting the New Testament in its context, Minneapolis, , 171 p. (ISBN 978-0-8006-3890-0)
  2. a et b (en) Helmut Koester, Paul & his world: interpreting the New Testament in its context, Minneapolis, , 172 p. (ISBN 978-0-8006-3890-0)
  3. (en) Robert A. Wild, Water in the cultic worship of Isis and Sarapis, Leiden, , 57 p. (ISBN 978-90-04-06331-0)
  4. (en) Reginald Eldred Witt, Isis in the ancient world, , 235 p. (ISBN 978-0-8018-5642-6)
  5. The Southern Rotunda (Plaque at location). Kızıl Avlu, Bergama, Turkey. German Archaeological Institute
  6. (en) Helmut Koester, Paul & his world: interpreting the New Testament in its context, Minneapolis, , 174-175 p. (ISBN 978-0-8006-3890-0)
  7. (en) Helmut Koester, Paul & his world: interpreting the New Testament in its context, Minneapolis, , 175 p. (ISBN 978-0-8006-3890-0)
  8. (en) Robert A. Wild, Water in the cultic worship of Isis and Sarapis, Leiden, , 58 p. (ISBN 978-90-04-06331-0)
  9. (en) David W. Jonsson, The Clash of Ideologies, Longwood, , 274-275 p. (ISBN 978-1-59781-039-5)